Maduro bien mieux élu et plus légitime que Trump… et Macron

Nicolas est l’un des présidents les mieux élus d’Amérique Latine. Un président légitime choisi lors d’une élection démocratique, transparente et surveillée internationalement. Un président reconnu par la communauté internationale et notamment par l’ensemble des pays indépendants du joug de l’impérialisme américain. Démocratique, le bolivarien l’est assurément. Bien plus que la Colombie où règnent les paramilitaires fascistes. Bien plus que le Brésil où l’extrême droite s’est emparée du pouvoir après un coup d’État parlementaire. Au , depuis l’élection de Chavez, ce sont plus de 19 élections qui ont été organisées. Quasi toutes remportées par le bloc bolivarien. Se sachant minoritaire, l’opposition d’extrême droite n’a donc eu de cesse que de tenter des putschs, et de refuser de se soumettre aux suffrages du peuple du

Maduro bien mieux élu et plus légitime que Trump et Macron

Les chiffres sont nets : Maduro est un président bien mieux élu que Trump, et encore mieux que Macron. Le petit banquier qui s’est emparé du fauteuil de l’Élysée à la faveur d’un odieux et opportun chantage à la Le Pen est en effet ultra minoritaire. Ses procès en illégitimité sur twitter et ses leçons de démocratie font rire la planète qui voit que la réalité du régime Macron c’est de faire tirer sur des manifestants pacifiques et sans armes. Causant des centaines de blessés graves, 1 mort. Et lançant des milliers d’arrestations politiques.

Maduro soutenu par la communauté internationale

Cuba, Russie, Chine, Mexique, Bolivie, Uruguay, Nicaragua, Iran, Turquie, les soutiens du Venezuela sont nombreux.
La Russie par la voix de son président a répondu avec fermeté à l’agression américaine:

« Le président de la Russie a exprimé son soutien aux autorités légitimes du Venezuela dans le contexte d’une crise politique intérieure exacerbée provoquée de l’extérieur »

La Chine condamnait l’ingérence étrangère au Venezuela, soulignant qu’elle ne reconnaissait que le président démocratiquement élu comme légitime, Nicolas Maduro.

Il n’y a guère que les États vassaux des États Unis, ses régimes d’extrême droite en Amérique latine, son extension en Union Européenne à soutenir la violence et le coup d’État.

Le Conseil mondial de la paix (CMP), une plate-forme internationale réunissant des organisations de 192 pays du monde entier, a condamné mercredi “l’offensive contre le gouvernement légitimement élu du président Nicolás Maduro ” au Venezuela .

Les dictatures et les coups d’États: une spécialité capitaliste, le mode d’action de l’impérialisme américain

La situation au Venezuela en direct sur twitter avec le PRCF


https://www.youtube.com/watch?v=dYGRyNsCL04

[COUP D’ÉTAT] Comprendre la nouvelle offensive contre le Venezuela, par Romain Migus

Source : Romainmigus.info, 9 janvier 2019

L’investiture de Nicolas Maduro, ce 10 janvier, provoque déjà des remous politiques et médiatiques. Élu le 20 mai 2018, le président vénézuélien doit faire face à une opération concertée et planifiée des États-Unis et de leurs alliés. Prenant pour prétexte initial les conditions électorales qui ont permis la victoire de Maduro, une poignée de gouvernements, repeinte pour l’occasion en «communauté internationale» par le truchement des transnationales de la communication, a décidé d’augmenter d’un cran la pression sur le Venezuela bolivarien.

Comme c’est devenu l’habitude dans le cas du Venezuela, la plupart des médias dominants se vautrent dans les fausses informations et oublient jusqu’au sens même de la déontologie journalistique.

Il convient, pour le lecteur scrupuleux et avide de démêler le vrai du faux, d’exposer les faits, de revenir sur les conditions de l’élection de Maduro, et d’analyser la stratégie de Washington pour punir un peuple jugé, depuis maintenant 20 ans, trop rebelle et encombrant.

Des prétextes fallacieux pour une nouvelle offensive politique

Dans ce nouveau scénario de déstabilisation du Venezuela, les justifications principales invoquées par les gouvernements opposés à Caracas tournent toutes autour des conditions de l’élection de Nicolas Maduro en mai dernier.

Afin de comprendre ces prétextes fallacieux, il nous faut revenir un peu en arrière.

En mai 2016, quelques mois après la victoire de l’opposition aux élections législatives, un processus de dialogue entre le chavisme et ses opposants a débuté en République Dominicaine. Une série de 150 réunions, sous l’égide de l’ancien président du gouvernement espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero, de l’ancien président de la République Dominicaine, Leonel Fernandez et l’ancien président du Panama, Martin Torrijos, a abouti en janvier 2018, à la rédaction d’un accord portant sur la convocation à une élection présidentielle anticipée ainsi que sur ses garanties électorales.

Or comme l’a souligné Jorge Rodriguez, chef de la commission de dialogue pour le gouvernement : «Tout était prêt [pour la signature de l’accord] jusqu’au pupitre où nous devions faire nos déclarations officielles. Et puis, dans l’après-midi, Julio Borges, l’ancien président de droite de l’Assemblée nationale, a reçu un appel téléphonique de la Colombie de l’ancien secrétaire d’État américain, Rex Tillerson […] L’opposition nous a alors annoncé qu’elle ne signerait pas l’accord. De retour à Caracas, José Luis Rodriguez Zapatero a envoyé une lettre à l’opposition pour lui demander quelle était son alternative dès lors qu’elle refusait de participer à une élection présentant les garanties sur lesquelles elle avait elle-même travaillé.»1 .

L’opposition vénézuélienne se scinde sur la stratégie à adopter. Alors que sa frange la plus radicale décide de ne pas participer, la partie de l’opposition qui n’a pas renoncé à reconquérir le pouvoir par la voie démocratique présentera un candidat, Henri Falcón. Deux autres prétendants participeront à cette élection2

Notons ici que le score de Bertucci s’explique plus par la nouveauté de cette offre électorale dans un climat de méfiance face aux partis politique que par une percée de l’évangélisme politique au Venezuela. En effet, le vote des évangélistes est lui-même divisé. Le parti évangéliste Organisación Renovadora Auténtica (ORA) soutenait Nicolas Maduro. . Il est donc tout simplement faux de prétendre que l’opposition a boycotté ce scrutin ou que Nicolas Maduro s’est présenté tout seul.3 Il s’agit là d’un story-telling obéissant à des desseins politiques bien peu démocratiques.

Un système électoral transparent et démocratique

Une des rengaines de Washington et de ses satellites latino-américains ou européens est d’affirmer que les élections au Venezuela ne s’alignent pas sur les standards internationaux en la matière. Ce qui est évidemment faux, mais nécessaire dans ce processus politico-médiatique visant à ne pas reconnaître la légalité de l’élection du 20 mai 2018, et la légitimité du résultat. Pour saisir l’hypocrisie de ces gouvernements sur le pied de guerre, attardons-nous un instant sur les conditions électorales offertes au peuple vénézuélien depuis l’approbation par référendum de la Constitution bolivarienne, le 15 décembre 1999. Notre lecteur pourra aisément se faire une idée de la transparence des élections au Venezuela en comparant ces mécanismes électoraux avec ceux à l’oeuvre dans son propre pays.

Au Venezuela, pour éviter les fraudes, les élections ne sont pas organisées par l’exécutif via le ministère de l’Intérieur. La Constitution de 1999, qui reconnaît l’existence de cinq pouvoirs indépendants – l’exécutif, le législatif, le judiciaire, le moral et le pouvoir électoral- laisse à ce dernier la tâche d’organiser les processus électoraux, en fonction de la Loi organique des processus électoraux.

Ce cadre légal, adopté en 2009, n’a pas été modifié depuis4. Il a notamment permis l’élection de multiples représentants de l’opposition à des pouvoirs publics. Aucun d’entre eux n’a d’ailleurs jamais émis de doute sur le bon déroulement du suffrage qui l’a donné vainqueur, et l’opposition n’a elle-même jamais remis en cause le cadre légal des processus électoraux. Ce qu’elle aurait pourtant pu faire au moyen d’un référendum d’initiative citoyenne, prévu pour abroger des lois par l’article 74 de la Constitution. Elle s’est toujours contentée de dénoncer les résultats des élections lorsqu’elle perdait, ou préventivement lorsqu’elle savait qu’elle allait perdre.

En ce qui concerne le vote des citoyens5, le Venezuela utilise un double système électronique et manuel. Lorsqu’on entre dans le bureau de vote, on s’identifie aux assesseurs avec sa carte d’identité et l’on active la machine à voter au moyen d’une reconnaissance biométrique. Il est donc impossible de voter deux fois. Après avoir choisi le candidat de son choix, la machine à voter émet un ticket avec le nom du candidat, que l’électeur place dans une enveloppe et dépose dans une urne. Pour finir, après avoir signé le registre électoral, il trempe son petit doigt dans de l’encre indélébile pour s’assurer une deuxième fois qu’il ne répètera pas son vote.

Dans les jours précédant l’élection, Le Centre National Électoral (CNE), organe recteur du pouvoir électoral, convoque tous les partis politiques participants à l’élection à une série de 14 audits préalables. Ainsi, sont mis à l’épreuve les listes d’électeurs, le logiciel utilisé pour la collecte des données électorales, les machines à voter ainsi que leur mode d’assemblage, le système biométrique de reconnaissance des électeurs, l’encre indélébile, le réseau de transmission des données électorales ainsi que le système de totalisation des données.6

Des observateurs de chaque parti politique participent à ces différents audits précédant le vote des citoyens. Chaque étape doit être approuvée préalablement par tous les participants pour assurer la plus grande transparence de l’élection. Et de fait, elles ont toujours été acceptées jusqu’à maintenant. Ajoutons à cela que tous les partis politiques en présence ont le droit de postuler leurs partisans comme assesseurs, ainsi que de faire participer les observateurs nationaux et internationaux de leurs choix à la surveillance des bureaux de vote.

Le soir des résultats, le CNE procédera à un nouvel audit où seront tirés au sort, devant les responsables des différents partis, 54,4% (au minimum selon la loi) des bureaux de vote ou l’on vérifiera le résultat électronique. Il s’agira alors de comparer les résultats obtenus dans l’urne après dépouillement avec le résultat électronique. Jamais une erreur n’a été détectée au cours des multiples processus électoraux.

Ces garanties pour garantir le résultat ont conduit l’ancien président étasunien Jimmy Carter à définir le système électoral vénézuélien comme étant «le meilleur du monde».7

Ce sont les mêmes procédures qui ont assuré la transparence de toutes les élections au Venezuela, que se soit par exemple, pour les élections législatives du 5 décembre 2015 (gagnées par l’opposition) ou pour l’élection présidentielle du 20 mai 2018 (gagné par le chavisme).

Comme on peut le voir, le Venezuela apporte plus de garanties électorales que dans de nombreux pays occidentaux, pour ne pas parler des pays du groupe de Lima. La transparence de l’élection de Nicolas Maduro a d’ailleurs été validée par plus de 2000 observateurs internationaux provenant notamment de la Communauté Caribéenne (Caricom), de l’Union Africaine et du Conseil des Experts Électoraux Latino-Américains (Ceela).

Au vu de ce système, on comprend aussi pourquoi une partie de l’opposition a refusé de se présenter à une élection qu’elle aurait perdue. Accepter de participer aux élections revient à s’associer aux audits et à valider la transparence du système électoral vénézuélien. Ce refus de prendre part au processus démocratique a ouvert la voie à la tentative de déstabilisation que nous voyons aujourd’hui.

Au soir de l’élection présidentielle

Au-delà des garanties électorales, les pays qui contestent la légitimité du président vénézuélien s’emploient à critiquer les résultats de l’élection présidentielle. Une fois encore, il ne s’agit que d’un prétexte pour légitimer la déstabilisation du Venezuela. Attardons-nous un instant sur ces résultats.

L’élection présidentielle au Venezuela est une élection au suffrage universel direct à un tour. Le président est élu non pas en fonction d’accords parlementaires ou par le choix de « grands électeurs » mais directement par le peuple.

Le 20 mai 2018, 9 389 056 électeurs se sont exprimés dans les urnes, soit 46,07% des citoyens inscrits sur les listes électorales. Le taux d’abstention élevé est encore aujourd’hui utilisé par les adversaires de la Révolution Bolivarienne pour disqualifier la victoire de Nicolas Maduro. Bien évidemment aucun de ces critiques ne mentionnera les dizaines de sanctions financières et de rétorsions à l’économie du pays depuis 2014.8 Une persécution qui a fortement découragé nombre de Vénézuéliens, et a augmenté leur défiance face à une solution électorale de sortie de crise. De plus, l’appel au boycott des urnes par plusieurs partis de l’opposition a eu aussi une conséquence sur le taux de participation.

Malgré cela, 30,45% des électeurs inscrits ont voté pour Nicolas Maduro au premier tour. Soit un résultat supérieur à ceux du président chilien Sebastián Piñera (26,5%), du président argentin Mauricio Macri (26,8%) ou du président Donald Trump (27,20%). Sans parler des scores réalisés au premier tour par le président colombien (21%) ou par le président Emmanuel Macron (18,19%). Personne évidemment ne conteste la légitimité de leurs élections malgré la faible proportion d’électeurs qui les a choisis.

Une stratégie coordonnée et planifiée depuis Washington

Dès l’élection de Nicolas Maduro, les États-Unis vont renforcer la coalition contre le Venezuela dans la région. Le 27 juin 2018, le vice-président américain, Mike Pence, annonçait déjà la couleur depuis le Brésil : «La liberté et la démocratie seront restaurés au Venezuela. Les États-Unis demandent au Brésil d’adopter une attitude ferme contre le régime de Nicolas Maduro.»9 Lui faisant écho, le secrétaire d’État, Mike Pompeo, affirmera, le 21 septembre 2018, que les États-Unis «continueront d’accroître le niveau de pression» contre le pays bolivarien. Ce même Pompeo réalisera plusieurs rencontres avec les responsables des gouvernements brésiliens, péruviens et colombiens afin de préparer l’opération du 10 janvier.

Mais c’est la réunion du Groupe de Lima, tenue le 4 janvier 2019, qui va véritablement définir le scénario. Au cours de ce cénacle, les gouvernements membres de cette internationale anti-bolivarienne10, se sont accordés sur une série d’actions à mener contre Caracas. Notons que le gouvernement mexicain, désormais dirigé par le président progressiste Andrés Manuel López Obrador, n’a pas souscrit à ce document et a réaffirmé la volonté de son pays de ne pas s’immiscer dans les affaires internes d’une autre nation, tranchant avec les positions bellicistes du gouvernement précédent et du groupe de Lima.

Le document approuvé à Lima est une véritable déclaration de guerre.11 En présence du secrétaire d’État des États-Unis (par visioconférence), les gouvernements opposés à la révolution bolivarienne se sont entendus pour augmenter la pression diplomatique contre le Venezuela, et persévérer dans leur intention de faire ouvrir une enquête à la Cour Pénale Internationale contre l’État vénézuélien. Une demande soutenue, d’ailleurs, par la France.12

Les membres du groupe de Lima condamnent la crise économique au Venezuela, mais adoptent une résolution pour renforcer le blocus financier contre ce pays. Le texte adopté prévoit d’établir des listes de personnalités juridiques avec lesquels ces pays «ne devront pas travailler, devront empêcher l’accès à leur système financier, et si nécessaire congeler leurs actifs et ressources économiques». De même, la résolution oblige les pays membres du groupe de Lima à faire pression sur les organismes financiers internationaux auxquels ils appartiennent pour empêcher l’octroi de nouveaux crédits à la République bolivarienne du Venezuela.

Plus surprenant encore, cette déclaration commune exige que le gouvernement «de Nicolas Maduro et les Forces armées du Venezuela renoncent à tous types d’actions qui violeraient la souveraineté de ses voisins». Cette accusation se base sur une réaction récente du Venezuela à une exploration pétrolière autorisée par le Guyana dans une zone territoriale réclamée par les deux nations voisines.13 Il s’agit là encore d’un prétexte qui fait écho à des fait dénoncés par le président du Venezuela, le 12 décembre 2018.

Lors d’une allocution télévisée, Nicolas Maduro avait parlé de la présence de 734 mercenaires sur les bases militaires d’Eglin en Floride et de Tolemaida en Colombie. Selon lui, leur but supposé aurait été d’agresser le Venezuela ou de préparer une attaque dans le but de justifier une intervention militaire contre la nation bolivarienne. Maduro a aussi déclaré que le conseiller national à la sécurité des États-Unis, John Bolton aurait incité le nouveau vice-président brésilien, Hamilton Mourao, à organiser des provocations militaires à la frontière avec le Venezuela.14 La déclaration du Groupe de Lima semble donc renforcer les suspicions d’agression émises par l’État vénézuélien.

Après avoir rappelé que l’élection de Nicolas Maduro était illégitime, le groupe de Lima exhorte le président vénézuélien à ne pas assumer la présidence et à « transférer le pouvoir exécutif, de manière provisoire, à l’Assemblée nationale ». Peu importe que Nicolas Maduro ait été élu grâce au même système électoral qui a permis l’élection du pouvoir législatif. Le but recherché par Washington et ses alliés n’est pas d’ordre démocratique, il est politique : remettre l’opposition à la tête du pays pétrolier.

Cette tentative de coup d’État institutionnel, déjà mise en œuvre dans d’autres pays de la région15, s’inscrit dans une stratégie de substitution des pouvoirs politiques légitimes. Dès juillet 2017, en toute illégalité, l’opposition a créé un Tribunal Suprême de Justice «en exil» basé au Panama, ainsi qu’un poste de Procureur Général de la Nation «en exil» depuis Bogota. Ces instances fantoches essaient depuis de se substituer aux pouvoirs légitimes vénézuéliens.

En lien avec une Assemblée nationale, elle-même déclarée en outrage judiciaire en mars 201716, ces parodies de pouvoirs publics réaliseront un simulacre de procès depuis le siège du Parlement colombien (sic), et condamneront le président vénézuélien Nicolas Maduro à une peine de 18 ans et 3 mois de prison.17

Pour illustrer cette situation saugrenue, imaginons un instant qu’un groupe de Gilets jaunes français désigne un Garde des Sceaux et une Cour de Cassation «en exil» et que celles-ci organisent un simulacre de procès pour condamner Emmanuel Macron à 18 ans de prison depuis la Douma russe. Cela prêterait à sourire, mais que se passerait-il si plusieurs états de par le monde reconnaissaient comme légitimes ces pouvoirs judiciaires «en exil» ? Il y a fort à parier que l’on entendrait un grand nombre de voix crier, à juste titre, à l’ingérence étrangère voire à la tentative de coup d’État. L’exemple que nous venons de mentionner peut paraître ridicule, mais c’est bien ce qui est en train de se dérouler au Venezuela.

Il ne faut pas prendre ces manœuvres à la légère. L’attentat manqué au moyen d’un drone chargé d’explosifs C4, qui a eu lieu le 4 août 2018, ne visait pas seulement à éliminer Nicolas Maduro mais tous les pouvoirs publics de la nation, dans le but de leur substituer leurs homologues fantoches et illégaux.18 La constitution de pouvoirs parallèles n’est pas un cirque politico-médiatique mais fait partie intégrante d’un coup d’État institutionnel en préparation.

De même, déclarer Nicolas Maduro illégitime est un message virulent pour les principaux partenaires économiques de Caracas (la Chine, la Russie ou la Turquie) leur notifiant que les accords signés avec le gouvernement bolivarien ne seront pas reconnus dès lors que Nicolas Maduro aura été renversé. Un conflit avec le pays caribéen pourrait avoir des répercussions bien au-delà de ses frontières. Sergueï Riabkov, le vice-ministre des Affaires étrangères russes a, en ce sens, appelé «les exaltés de Washington à ne pas tomber dans la tentation d’une intervention militaire» au Venezuela.19

D’autre part, c’est aussi un message destiné aux Forces armées nationales, car, si le président Maduro est illégitime, cela revient à décapiter le pouvoir militaire de son commandant en chef.

C’est dans cette optique qu’il convient de décrypter le scénario élaboré par les États-Unis et ses alliés. En conformité avec la résolution du Groupe de Lima, l’Assemblée Nationale du Venezuela, en outrage judiciaire et dont les décisions sont nulles et non avenues20, a déclaré que la prise de fonction de Nicolas Maduro était une «usurpation de pouvoir». En conséquence, elle s’apprête illégalement à assumer le pouvoir exécutif durant «une période de transition». Le 8 janvier, une loi sur la transition a été discutée au sein de l’hémicycle vénézuélien dans le but de s’emparer du pouvoir exécutif à partir du 10 janvier.

Durant les discussions, le député Americo de Grazia a appelé tous les secteurs à s’aligner sur les autorités parallèles créées par l’opposition et appelé à prendre la rue pour «harmoniser les actions internationales, nationales et institutionnelles».21

Quant au nouveau président de l’instance législative, Juan Guaidó, il a appelé les militaires vénézuéliens à renverser le gouvernement à partir du 10 janvier.22)

Le décor est planté. L’épreuve de force imminente. Reste à savoir quelles personnalités politiques et médiatiques justifieront la violation de la souveraineté du Venezuela et le non-respect de ses institutions.

Source : Romainmigus.info, 9 janvier 2019

Article initialement paru sur le site de RT France. Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans cette section sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT ou au site Les-Crises.fr.


L’analyse de Maurice Lemoine :

Forte mobilisation populaire et de gouvernements du monde entier pour la prise de fonctions du président Nicolas Maduro (Brasil de Fato)

Fania Rodrigues

« Je vous déclare président de par la Constitution de la République Bolivarienne du Venezuela, par la volonté du peuple, pour la période 2019-2025″ : c’est ainsi que s’est adressé le juge Maikel Moreno, président de la Cour Suprême de justice du Venezuela (TSJ) à Nicolas Maduro. Celui-ci a officiellement prêté serment ce jeudi 10 janvier 2019. Selon l’article 231 de la Constitution, en cas de désobéissance légale de l’Assemblée législative – qui a refusé de reconnaître le verdict de la Justice sur des fraudes électorales -, c’est devant la Cour Suprême que le président élu doit prêter serment.

« Je jure au nom du peuple du Venezuela, je jure par l’héritage de nos ancêtres comme le chef indigène Guaicaipuro, je jure par notre héros Negro Primero et nos peuples de descendance africaine, je jure par le libérateur Simón Bolívar et les armées libératrices de notre Amérique, je jure par l’héritage de notre commandant Hugo Chavez, je jure devant les fils du Venezuela, que je ne reposerai ni mon bras ni mon âme pour réaliser tous les mandats de la Constitution du Venezuela » a poursuivi Nicolas Maduro, élu en mai 2018 avec près de 68 % des suffrages, après 26 jours de campagne officielle qui ont permis aux quatre candidats d’exposer leurs projets antagoniques dans les médias privés comme publics. Le Centre National Electoral avait installé 14.638 bureaux de vote sur l’ensemble du territoire. Étaient présents près de 2000 observateurs internationaux, venus notamment du CARICOM, de l’Union Africaine ou du CEELA, le respecté et pluraliste Conseil des Experts Électoraux Latino-américains qui a pleinement validé les élections, tout comme l’ex-président espagnol Rodriguez Zapatero pour qui “si le gouvernement bolivarien avait voulu frauder, il n’aurait pas invité le monde entier à observer les élections”. 17 audits du système électoral avaient été organisés et l’opposition avait signé le rapport concluant à la transparence de ce système de scrutin que Jimmy Carter a qualifié de “meilleur du monde”… (1)

À l’extérieur du Palais de Justice, une foule nombreuse attendait le président. Au moment du serment, beaucoup ont levé la main, en signe de loyauté. « On dirait qu’ils se sentent un peu présidents » commente un journaliste étranger. En effet. La population est venue en masse. L’avenue Baralt, l’une des plus importantes du centre de Caracas, était comble. L’atmosphère était solennelle et calme. Vêtus de rouge, comme le veut la tradition chaviste, les vénézuéliens étaient arrivés tôt depuis diverses régions du pays.

JPEG - 129.4 ko
Photo : Fania Rodrigues

Beatriz Pinto, une alphabétisatrice d’adultes, a quitté son état, Anzoátegui, la veille à 23 heures et a voyagé toute la nuit pour arriver à 4 heures du matin à Caracas. « Nous sommes venus apporter notre soutien moral à notre président. Nous ne permettrons à aucun satellite de l’Empire de le renverser, il a été élu par nous et nous le voulons à la présidence« .

Le prof de math Elieser Mendonza a débarqué de l’état de Monagas, à 4 heures de Caracas, pour défendre ce qu’il croit être la meilleure option pour son pays. « Nous sommes venus ici pour accompagner le président lors de sa prise de fonction parce que nous sommes engagés dans ce processus politique. Nous avions promis au commandant Chavez de défendre la révolution avec nos vies si nécessaire, hé bien nous sommes ici pour accompagner Nicolas Maduro ».

JPEG - 2.3 Mo
Photo : Fania Rodrigues

Difficile de ne pas remarquer l’ouvrier Wilmer José Valero, habillé en Che Guevara, et portant sur son dos un tableau du visage du libérateur Simón Bolívar : «  Ces symboles sont importants pour le Venezuela et pour le monde, moins pour l’Empire qui veut humilier le peuple vénézuélien mais nous ne le permettrons pas » explique cet habitant de Caracas.

JPEG - 97 ko
Photos : AVN

Invités internationaux

Le gouvernement vénézuélien a reçu des les délégations de plus d’une centaine de gouvernements de l’Inde à la Palestine et au Mexique, d’organismes internationaux (OPEP, ONU, OUA, CELAC, ALBA, CARICOM, OCS – groupe euro-asiatique de Shangaï, etc..) mais également de mouvements sociaux, d’intellectuels et d’organisations de jeunesse. La Russie a envoyé le haut représentant du Conseil de la Fédération alors que sa chancellerie vient de réitérer sa mise en garde aux Etats-Unis contre les conséquences d’une intervention militaire et leur demande fermement de cesser de fomenter la déstabilisation interne. Moscou a également dénoncé l’intention de Washington de créer un gouvernement parallèle au Venezuela et a réaffirmé sa volonté de coopérer avec le gouvernement et le peuple vénézuélien. La Chine a dépêché son ministre de la Défense, Wei Fenghe et son ministre de l’Agriculture, Han Changfu.

Parmi les présidents on apercevait notamment Evo Morales de Bolivie, Miguel Díaz-Canel de Cuba, Daniel Ortega du Nicaragua, ou Salvador Sánchez Cerén d’El Salvador. Mais aussi la sénatrice colombienne Piedad Cordoba, ex-candidate présidentielle et militante des droits humains, l’ex-président du Honduras, renversé par un coup d’Etat, Mel Zelaya, ou l’ex-chancelier et ex-Ministre de la Défense de Rafael Correa, Ricardo Patiño. Pour le Brésil était présente la députée et Présidente du Parti des Travailleurs (PT) Gleisi Hoffmann, ainsi que le coordinateur du Mouvement des Travailleurs Sans Terre (MST), João Pedro Stedile.

Le “groupe de Lima” composés de régimes de droite (Brésil, Colombie, Chili, Honduras, etc..) sous influence de Washington et de l’Union Européenne, a déclaré cette élection “illégitime” mais ces pays que les grands médias tentent de faire passer pour la “communauté internationale” sont en réalité minoritaires et isolés.


Gleisi Hoffmann la Présidente du Parti des Travailleurs du Brésil a souligné la nécessité d’apporter le soutien et la solidarité au peuple et au président du Venezuela : “l’attitude agressive du gouvernement Bolsonaro contre le Venezuela suscite une forte opposition au Brésil et contredit notre tradition diplomatique“. Au nom du Mouvement des Travailleurs Sans Terre, Joao Pedro Stedile a “salué le président vénézuélien Nicolás Maduro, qui commence un nouveau mandat constitutionnel. Le peuple vénézuélien sait que l’opposition soumise aux États-Unis n’a pas l’intention de sortir le pays de la crise. Le Venezuela suit sa propre voie et n’acceptera jamais une intervention de l’impérialisme”.

Actes officiels

Lundi, le président prononcera un discours devant l’Assemblée Nationale Constituante, où il rendra compte de ce qui a été entrepris au cours de son mandat antérieur, remettra aux députés le Plan de la Patrie 2019-2025 pour proposer d’en faire une loi de rang constitutionnel, et annoncera les mesures économiques les plus urgentes face à une guerre économique qui a vu le secteur privé augmenter les prix à des niveaux inouïs tandis qu’un leader peu connu de l’extrême droite, Juan Guaido, coorganisateur des violences meurtrières de 2017, élu président par l’assemblée législative en désobéissance légale, a tenté de s’autoproclamer “président de la république”, avec la reconnaissance immédiate des Etats-Unis et de la droite latino-américaine, et a aussitôt exigé que “les forces armées chassent l’usurpateur Maduro” (sic).

Dans son discours inaugural, le président Maduro a appelé à l’unité nationale, soulignant l’importance de la souveraineté du Venezuela : “le monde est plus grand que l’Empire américain et ses gouvernements satellites, le monde n’est plus homogène ni unipolaire. Les choses ont changé, il y a un monde debout, qui ne veut plus obéir, qui ne fera plus marche arrière, et le Venezuela ouvre ses bras à ce nouveau monde de respect, de coopération et de fraternité“.

Fania Rodrigues












Photos : AVN/ Alba Ciudad

Note :

(1) Lire (PHOTOS 🙂 NICOLAS MADURO EST RÉÉLU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE AVEC 68 % DES VOIX

Source de cet article : publié initialement sur Brasil de Fato, https://www.brasildefato.com.br/2019/01/10/maduro-e-declarado-oficialmente-presidente-da-venezuela-para-o-periodo-2019-2025/

Traduction : Thierry Deronne

»» https://wp.me/p2ahp2-4r3
URL de cet article 34402
https://www.legrandsoir.info/forte-mobilisation-populaire-et-de-gouvernements-du-monde-entier-pour-la-prise-de-fonctions-du-president-nicolas-maduro-brasil.html