Libye, monde arabe, l’ennemi principal de la révolution populaire, c’est plus que jamais l’impérialisme !

Déclaration du 1er mai 2011

Abusant grossièrement de la résolution, par ailleurs indigne, votée à l’ONU, le trio Obama-Sarko- Cameron pilonne Tripoli, cherche à assassiner le chef de l’Etat et sa famille et prétend même investir le collectif insurrectionnel de Bengazi (qui ne représente qu’une partie des Libyens), du titre de « gouvernement provisoire » d’un Etat souverain…

Le but réel de l’intervention menée par l’OTAN à la demande des va-t-en guerre BHL--Cameron n’est pas la « protection des populations civiles » et encore moins le soutien aux révolutions arabes dont les Etats impérialistes se moquent éperdument, eux qui, pendant des décennies, n’ont pas hésité à armer les pires dictatures. Le but de ces prédateurs est désormais clair, même pour qui appelait encore il y a peu Sarkozy « à sauver la révolution arabe » (!) : il s’agit d’utiliser la guerre civile pour recoloniser la Libye en installant à Tripoli des gens qui n’auront rien à refuser aux « libérateurs » occidentaux.

Du coup, non seulement l’intervention de l’OTAN n’a rien d’une action émancipatrice, mais son objectif s’affiche avec cynisme : il s’agit pour les chefs de file du monde capitaliste de feindre de « protéger » le mouvement de contestation, d’en dévoyer les finalités démocratico-patriotiques, d’en gommer la signification  anti-impérialiste, pour installer des gouvernements à la botte des transnationales du pétrole et du « nouvel ordre mondial » du néolibéralisme.

Dire cela n’est en rien dédouaner Khadafi qui, dans les années 2000 s’était rapproché des Occidentaux en larguant les positions anti-impérialistes qui caractérisaient les premiers temps de la révolution anti-coloniale libyenne. Mais aujourd’hui les chefs des « insurgés » de Bengazi sont devenus des fourriers de la recolonisation violente de leur propre pays. Tant qu’à l’intérieur de la Libye, les Libyens s’affrontaient entre eux, on pouvait hésiter sur le camp à soutenir, d’autant que Khadafi se perdait en propos fulminants contre la révolution tunisienne. Mais aujourd’hui une partie des élites libyennes, conduites par la bourgeoisie pro-US et monarchiste de Bengazi, a appelé l’impérialisme à la rescousse sans crainte d’ouvrir les portes de la bergerie au renard occidental. Dans ces conditions, ceux qui  défendent aujourd’hui la dignité nationale du peuple libyen, sont ceux qui résistent aux frappes aériennes, d’ailleurs illégales du point de vue même du droit international « onusien ».

C’est d’autant plus vrai que dans le même temps BHL n’a pas un mot de compassion pour le peuple palestinien massacré par l’Etat-gangster de Tel Aviv, ni pour le Bahreim annexé de fait par les dirigeants moyenâgeux de Riyad, ni pour le peuple marocain en lutte contre la monarchie réactionnaire, ni pour le peuple yéménite que le régime pro-occidental de Saleh noie sous des flots de sang.

Non, le seul pays qui attire la bienveillante attention des médias est la Syrie : non parce que nombre de Syriens manifeste leur aspiration à la démocratie et à la lutte anti-corruption, mais parce que les USA veulent dévoyer ces manifestations pour renverser le régime « baasiste » : malgré ses lourds défauts, ce dernier a au moins eu le mérite de soutenir la résistance anti-sioniste en Palestine et au Liban, de faire régner une certaine laïcité, d’assurer la mainmise de l’Etat-nation sur les principales richesses du pays, et de refuser le « Grand Moyen-Orient » cher aux Etats-Unis d’Amérique.

Dans ces conditions, le dénonce l’agression de Sarkozy contre la Libye car elle vise à détruire et à dévoyer le mouvement révolutionnaire des pays arabes, elle empêche le peuple libyen de disposer de lui-même, elle crée un précédent dangereux en faveur du « droit d’ingérence » impérialiste cher à BHL ; de plus cette intervention, sanglante pour le peuple libyen, est ruineuse pour le peuple français. Le principal ennemi de notre peuple n’est pas à Tripoli ; il est dans l’oligarchie française et dans son pouvoir politique qui jour après jour détruisent en France même les acquis sociaux, le pouvoir d’achat, les services publics, l’indépendance nationale, les libertés, dans le but d’aligner la France sur l’Europe atlantique. Le rôle d’une véritable défense nationale n’est pas d’aller faire la loi à Abidjan, à Kaboul ou à Tripoli ; il est exclusivement de défendre la souveraineté du peuple français dont les ennemis principaux sont les grands actionnaires du CAC 40, l’UE, l’Otan , l’OMC et le FMI.

Honte au PS et à ses satellites, y compris Mélenchon qui, tout en soutenant la dissolution de la France dans la « construction européenne » au nom de la fumeuse « Europe sociale », appuie la nouvelle « union sacrée » contre les peuples libyen et ivoirien.

L’argent du contribuable ne doit plus être détourné vers une intervention ruineuse, il doit servir à satisfaire les besoins sociaux en cessant notamment de désosser l’emploi dans la fonction publique.
L’intérêt du peuple français converge avec celui des peuples arabes car « un peuple qui en opprime d’autres ne saurait être libre » (Marx).

* Halte aux bombardements sur la Libye, retrait des troupes françaises terrestres, navales et aériennes !
* Retrait de la France de l’OTAN ; l’armée française doit se cantonner à la défense du territoire national !
* L’argent pour l’éducation nationale, l’équipement, la santé, le pouvoir d’achat, pas pour la guerre.
* Sarkozy, UMPS, UE, DEGAGEZ de l’horizon des peuples, vite !

Et que vive partout le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et à s’insurger s’il le faut contre ceux qui les oppriment dans leur propre maison, comme le garantissait la 1ère constitution républicaine de notre pays