Le Parti Communiste Libanais rejette et condamne explicitement ce conflit et ce retour à la guerre civile, qui vise à plonger le pays – qui s’effondre – dans une atmosphère de guerre civile, de combats internes avec un fédéralisme de facto. Alors que le pays est plongé dans une période de misère et de dévastation, les partis au système sectaire ont été incapables de trouver des solutions aux crises de son système politique, économique et social.

Ces partis portent la responsabilité de ce qui s’est passé et de ce qui se passe, ils sont responsables de la mobilisation sectaire qui force à la confrontation dans les rues. Les menaces et accusations de politisation de l’enquête sur le crime de l’explosion du port, visant le Hezbollah et le mouvement Amal, aurait pu prendre une autre tournure si les immunités avaient été levées. Ces partis auraient pu réfuter les accusations avec des preuves irréfutables, pour montrer la vérité et obtenir la justice.

Le Parti communiste condamne fermement l’initiative des forces libanaises d’utiliser des armes. Il condamne tous ceux qui ont participé aux violences armées et qui ont terrorisé la population. Ils portent une responsabilité sévère et sont un avertissement contre la tendance explicite à raviver les conflits. Le Parti communiste exprime ses profonds regrets pour les victimes et les blessés causés par ces affrontements.

Le système au pouvoir trouve, dans l’usage de la violence et des conflits internes, un moyen d’obscurcir le problème fondamental dont souffrent les Libanais.es, à savoir les répercussions de l’effondrement économique dont il porte la responsabilité, avec la pauvreté, le chômage, l’immigration, l’exploitation qui en découlent, et l’anxiété existentielle sur le destin. Il y trouve également un moyen de dissimuler ses crimes, son pillage de l’argent public, sa destruction du port, ses crimes pour lesquels personne n’a été tenu pour responsable, ni jugé dans des postes de décision clés, confirmant l’ampleur de la corruption politique que pratiquent les forces au pouvoir.

Parallèlement, le Parti communiste condamne l’acharnement des responsables religieux qui exploitent cette question pour s’ingérer dans les affaires judiciaires, que ce soit pour protéger les responsables accusés ou pour mobiliser l’opinion publique et exploiter les sentiments des familles des victimes afin de pour obtenir des gains factionnels. Le Parti communiste condamne également, dans le même contexte, les délégués américains et leurs alliés qui ne manquent pas une occasion pour exploiter cette question, comme ils le font habituellement dans tous les dossiers, dans le but d’alimenter la division interne libanaise, afin de garder la main au Liban et dans la région.

Le violent affrontement qui se déroule actuellement à Beyrouth et sa banlieue est dans l’intérêt des projets américains et sionistes dans la région, et pousse le Liban vers une fédération sectaire, et il est certain qu’il sera utilisé – si des élections ont lieu – comme un outil de mobilisation électorale et de mobilisation pour renouveler le serment d’allégeance aux dirigeants sectaires et aux forces de classe qui perpétuent la misère du pays, avec les graves dangers que cela comporte pour l’unité, la sécurité et la stabilité du pays.

Le Parti communiste libanais appelle les forces de sécurité à arrêter immédiatement ces combats, et à clore l’enquête afin qu’elle puisse suivre son cours juridique, en toute transparence, afin de révéler la vérité et garantir les droits des familles des victimes, et de demander des comptes à tous les auteurs, quelle que soit leur parti.

La seule garantie pour le peuple libanais est la transition vers un État laïc et démocratique, qui protège l’indépendance de la justice et arrête les ingérences locales et extérieures pour mettre le/la citoyen.ne et ses droits démocratiques, économiques et sociaux au-dessus de toute considération.