Journée de solidarité avec le #venezuela : pour la souveraineté populaire contre la violence et les ingérences impérialistes.

Crise au pour l’autodétermination, contre la violence

Alors que la campagne pour l’élection de l’assemblée constituante est lancée au Venezuela, pour surmonter par la volonté démocratique la guerre économique et les opérations de déstabilisation lancée avec le soutien des USA et de l’UE contre le pays, la mobilisation sociale se fait plus forte dans le pays, contre l’exploitation et contre la violence. En témoignent ces paysans qui occupent – alors que la réforme agraire piétienne – les terres de riches latifundistes qui finances les violences. De ce coté, loin du pays totalitaire si souvent décrit dans la propagande occidentale, la cour suprême vient de commuer pour raison de santé la peine de prison d’un des leaders de l’opposition d’extrême droite condamné pour son rôle dans les émeutes violentes de 2014 qui ont causé plusieurs dizaines de mort, en une assignation à résidence.

www.initiative-communiste.fr vous propose en cette journée internationale de solidarité avec le Venezuela une sélection d’articles et d’analyse pour faire le point sur la situation au venezuela.

Crise au Venezuela pour l’autodétermination, contre la violence, le communiqué de France Amérique Latine

Crise au Venezuela. Pour l’autodétermination, contre la violence !

Depuis plusieurs mois, le Venezuela et le processus bolivarien connaissent une crise sans précédent et particulièrement inquiétante: pénurie de nombreux produits de première nécessité, effondrement économique renforcé par la chute brutale des cours du pétrole ; tensions et violences politiques, ayant entraîné des dizaines de morts ; difficultés régionale, continentale et internationale enfin, puisque le Venezuela doit faire face à l’hostilité des gouvernements de droite sud-américains  (Brésil, Argentine, Colombie….), aux manœuvres répétées de Washington, de l’OEA et à une campagne médiatique globale caricaturale, y compris dans notre pays.

Le dernier événement en date est le coup de force, que nous condamnons, ourdi par un membre du groupe d’élite de la police, qui a survolé en hélicoptère le Ministère de l’Intérieur et le Tribunal Suprême de Justice, lançant des tirs et appelant l’armée et la population à se joindre à lui pour renverser le gouvernement constitutionnel de Nicolás Maduro.

Face à cette situation de plus en plus dangereuse pour la démocratie vénézuélienne et les acquis sociaux des années Chávez, France Amérique Latine appelle tout d’abord au strict respect de la souveraineté du pays et au droit à l’autodétermination du peuple vénézuélien. Notre association rejette catégoriquement toute forme d’ingérence qu’elle soit le fait de paramilitaires colombiens ou des États-Unis d’Amérique. Nous condamnons fermement la stratégie de violence, voire de coup d’état, défendue par plusieurs dirigeants de l’opposition, aussi bien au sein de l’appareil institutionnel qu’au travers de manifestations de rues. D’autre part, nous ne pouvons accepter l’usage excessif de la force de la part de la police et des forces de sécurité vénézuéliennes ainsi que la violence de certains « colectivos ». Nous sommes également très inquiets face aux détentions arbitraires décrites par les derniers rapports de Amnesty international.

Dans ce contexte, France Amérique Latine appuie toutes les initiatives qui cherchent une sortie politique non violente de la crise, alors qu’il est clair que les classes dominantes vénézuéliennes, elles, rêvent d’une revanche historique brutale de restauration conservatrice.

FAL demeure avant tout solidaire des mouvements sociaux, syndicaux et populaires vénézuéliens qui, dans des conditions très difficiles, continuent à s’auto-organiser, à exiger le respect de la Constitution de 1999, à lutter contre la corruption et la violence pour défendre la perspective du pouvoir populaire et les conquêtes sociales et démocratiques du processus bolivarien.

Paris, le 30 juin 2017

Au Venezuela des paysans récupèrent des terres d’un grand propriétaire qui finance la violence

Par Marco Teruggi, 25 juin 2017

150 familles paysannes de la municipalité d’Obispo Ramos de Lora, dans l’état de Mérida, ont récupéré 560 hectares de terres du grand propriétaire Ivan Guillermo Rondon Ruiz. Leur action est doublement motivée : d’une part, l’improductivité de deux de ses propriétés, le Trebol et le Cristo, déjà signalées, il y a deux ans, à l’Institut National des Terres (Inti) ; et, d’autre part, le financement par Rondon des violences de la droite commises sur la municipalité en mai dernier.

Cette mesure est aussi une réponse à l’attaque des grands propriétaires contre les paysans, et à leur tentative de revanche économique et politique coordonnée dans le cadre de la tentative en cours de Coup d’État. Rondon, avec d’autres grands propriétaires, a financé et fourni en aliments et armes ceux qui, le 16 mai, ont attaqué la Mairie et une cantine populaire ainsi que ceux qui ont barré la route durant plusieurs jours.

« Nous allons reprendre les terres que Chavez leur a données », « lorsque le gouvernement Maduro tombera nous allons leur ôter ces terres » affirment publiquement les grands propriétaires.

L’appui de ces derniers a été constant dans les actions violentes qui ont commencé depuis le début avril. Le même schéma a été appliqué dans l’État de Táchira et de Barinas – à Socopo, ils ont même livré des génisses pour alimenter les troupes de choc et les monteurs de barrages – mettant ainsi en évidence la trame politique et économique de ceux qui veulent reprendre le pouvoir au Venezuela. Leur composition est une radiographie de classe : grands propriétaires, chefs d’entreprise puissants, partis déplacés du pouvoir ; un bloc qui se trouve, à son tour, lié et subordonné au réseau international qui finance, met au point et opère depuis les États-Unis. C’est dans le financement de la violence que l’on voit les intérêts réels qui sont en jeu dans le conflit.

Ce n’est pas la première action menée contre un grand propriétaire impliqué dans l’appui aux destructions, les blocages de route et les attaques d’institutions ou des forces de sécurité de l’État. Il y a peu, des terres ont été récupérées sur la municipalité de Pedraza, Barinas, terres d’un grand propriétaire qui avait mis à disposition une excavatrice utilisée lors des journées de terreur à Socopo, http://www.latabla.com/terrateniente-de-barinas-presto-retroexcavador-para-saqueos-y-demoliciones-en-socopo/

Dans les deux cas, il s’agit d’actions impulsées par des conseils paysans, et, dans le cas de Mérida, ceux-ci ont été appuyés par le Courant Révolutionnaire Bolivar et Zamora. Il s’agit d’une réponse face à l’avancée qui se déploie sur les territoires où, depuis le début de ce cycle de violence ouverte, la droite a réalisé, grâce à ses groupes de choc et à ses forces paramilitaires, des actions telles que des sièges, des blocages de route, des persécutions, des dégâts sur des institutions, domiciles de dirigeants- comme celui du maire de la municipalité d’Obispo Ramos de Loba- des institutions militaires et policières.

C’est également une réponse au scénario de stagnation de la réforme agraire avec des signes de régression en zone rurale. La récupération et la régularisation de terres s’est vu freinée au point de s’immobiliser : dans certains états, comme à Barinas, on a même vu des cas de paysans re-dépossédés de leurs terres, au début de cette année.

C’est dans ce tableau complexe que se déroule l’action de Mérida ; il est urgent que l’Institut National des Terres (INTI) accompagne les paysans. Pour le moment, la délégation régionale de cette institution a fait le contraire de ce qu’on attendait : elle s’est présentée sur les terres récupérées aux côtés d’un grand propriétaire, en lui montrant son appui. Une situation semblable a été vécue à Barinas, où cette entité régionale a été dénoncée comme partie prenante dans les expulsions.

Ces actions paysannes ne pas doivent pas être ignorées pas plus que l’on doit leur attribuer une dimension plus importante que celle qui est la leur. Il s’agit là d’une tentative de retrouver les niveaux d’initiative populaire d’avant l’offensive d’une droite qui cherche à renverser le gouvernement et à donner libre cours à un revanchisme social dont on voit les premiers échantillons. Il est fondamental que les institutions se placent du côté des paysans pour leur permettre de ne pas faire marche arrière et, en même temps, ôter du pouvoir à ceux qui financent la violence.

Dans ces mesures, il y a un acte de résistance, une avancée, et une justice : 5000 plants de bananes ont déjà été semés. Les terres à ceux qui les travaillent.

Source : hastaelnocau.wordpress.com/2017/06/27/campesinos-de-merida-rescatan-tierras-de-un-terrateniente-financista-de-la-violencia

Traduction : Sylvie Carrasco

URL de cet article : http://wp.me/p2ahp2-2Ke

L’un des chef de l’opposition vénézuélienne condamnés en raison des émeutes ayant tué 43 personnes en 2014, assigné à résidence

Le chef de l’opposition au Venezuela Leopoldo Lopez a vu sa peine commuée en assignation à résidence après plus de trois ans de prison, a déclaré la Cour suprême du pays samedi 8 juillet, invoquant des problèmes de santé.

« Maikel Moreno, président [de la Cour suprême] a accordé une mesure humanitaire conforme au droit », a tweeté le tribunal samedi matin.

Lopez, âgé de 46 ans, a étudié dans des écoles privées et de la Ivy League aux Etats-Unis, et a obtenu un diplôme dans un internat privé, la Hun School de Princeton dans le New Jersey, ainsi qu’à la Kennedy School gouvernementale de l’Université Harvard. Selon ses dires, et à son crédit, longtemps avant que le mouvement Occupy ait popularisé le terme, Lopez a reconnu ses propres origines de classe.

« J’appartiens au 1% de privilégiés, et avoir fait de bonnes études me permettra, j’espère, de faire quelque chose pour aider mon pays », a déclaré Lopez à un journal étudiant alors qu’il étudiait à Princeton.

Après avoir terminé ses études aux Etats-Unis, Lopez est retourné au Venezuela, occupant un poste lucratif d’analyste dans la compagnie pétrolière publique Petroleos, la PDVSA, entre 1996 et 1999. Durant cette période, la compagnie semi-privatisée était une aubaine pour des gens comme Lopez qui avaient des liens avec l’establishment politique vénézuélien. Une enquête a conclu que Lopez « a volé de l’argent et pratiqué le trafic d’influences », détournant des fonds au profit de son mouvement politique. Les actes de Lopez ont conduit à sa suspension.

Plus tard, Lopez a participé en 2002 à la tentative de coup d’Etat contre l’ancien président Hugo Chavez. Il été filmé pendant qu’il détenait le ministre de l’Intérieur et de la Justice de l’époque, Ramon Rodriguez, Chacin pendant le coup raté. Il a également été déclaré coupable de corruption par l’administration de Chavez, mais il a été ensuite grâcié par le dirigeant de la Révolution bolivarienne.

En 2014, Lopez, un temps maire du riche district de Caracas, Chacao, a fait les gros titres de la presse internationale lorsqu’il a appelé, planifié puis encouragé de violents barrages dans les rues au Venezuela.

Ces barrages, connus sous le nom de « Guarimbas », ont coûté la vie à 43 personnes, en ont blessé des centaines et provoqué des milliards de dollars de dégâts aux bâtiment et aux infrastructures publics. Il a été arrêté, jugé et condamné à la prison cette même année. La procureure générale Luisa Ortega Diaz, devenue depuis lors l’une des figures dirigeantes de l’opposition au président Nicolas Maduro, a aidé à conduire le procès contre Lopez.

Maduro, qui avait refusé pendant des années de grâcier Lopez, l’a décrit comme un « dangereux terroriste » cherchant à le renverser par la violence de rue.

Malgré cela, l’opposition a longtemps qualifié Lopez de « prisonnier politique » et des dirigeants du monde entier, y compris le président étasunien Donald Trump, ont fait pression en faveur de sa libération.

Depuis l’emprisonnement de son mari, Lilian Tintori s’est engagée dans une campagne internationale de dénigrement du gouvernement démocratiquement élu de Maduro et de la Révolution bolivarienne.

Le parti de Lopez, La Volonté du peuple, a boycotté le processus de dialogue visant à réduire les tensions entre le gouvernement et l’opposition, même si certains secteurs de cette dernière acceptent de participer aux pourparlers. Le groupe a également appelé les citoyens à boycotter la prochaine Assemblée nationale constituante appelée par Maduro pour restaurer la paix dans le pays, tandis que des manifestations dirigées par l’opposition ont conduit à de violents affrontements dans lesquels au moins 94 personnes ont été tuées.

Source : http://www.telesurtv.net/english/news/Who-is-Leopoldo-Lopez–20150129-0022.html
Traduction DG pourwww.initiative-communiste.fr