
Indonésie : entre alignement géopolitique et répression sanglante, le retour des fantômes de l’Ordre nouveau
L’Indonésie, archipel stratégique aux ressources naturelles immenses et carrefour des routes commerciales entre l’océan Indien, l’Asie et le Pacifique, traverse une période de tensions extrêmes. Sous la présidence de Prabowo Subianto, ancien général et gendre de l’ex-dictateur Suharto, le pays semble revenir aux heures les plus sombres de son histoire : répression brutale des manifestations, écrasement des droits sociaux, le tout pour maintenir la main mise de l’oligarchie ultra-riche, forgée dans le régime fasciste de l’Ordre nouveau (1966-1998).
Prabowo, figure controversée et directement issue du clan Suharto, a accédé au pouvoir en 2024 dans un ticket électoral avec Gibran Rakabuming, fils du président sortant Joko Widodo (Jokowi). Cette passation de pouvoir, largement perçue comme un exemple criant de népotisme, marque le retour des élites qui avaient plongé l’Indonésie dans des décennies de dictature sanglante après le génocide anticommuniste de 1965-1966, faisant entre 500 000 et un million de morts. Ce massacre, soutenu par les États-Unis et les puissances occidentales, avait servi de laboratoire à la contre-révolution mondiale, inspirant plus tard les coups d’État fascistes en Amérique latine, comme au Chili en 1973, où le slogan « Jakarta est en marche » était devenu le mot d’ordre des putschistes.
Depuis son arrivée au pouvoir, Prabowo a systématiquement refermé les timides ouvertures démocratiques des années précédentes. Les manifestations de l’été 2025, réprimées dans le sang, ont révélé la brutalité d’un régime déterminé à écraser toute opposition. Les droits sociaux, déjà précaires, ont été encore réduits, tandis que l’oligarchie, solidement installée, continue de s’enrichir sur le dos d’une population majoritairement pauvre, malgré la richesse colossale du pays en nickel, pétrole, gaz et autres ressources stratégiques.
Sur le plan international, l’Indonésie joue un double jeu. D’un côté, elle renforce ses liens avec Washington, héritage des relations étroites que Prabowo a entretenues avec les États-Unis depuis les années 1990. Formé dans les académies militaires américaines, il a longtemps été perçu comme un allié clé dans la région, notamment pour contrer l’influence chinoise. Pourtant, Jakarta multiplie aussi les rapprochements avec les BRICS, cherchant à profiter du dynamisme économique de ce groupe et à diversifier ses partenariats. Les relations avec la Chine, en particulier, se sont intensifiées, notamment dans les secteurs miniers et infrastructurels, où Pékin investit massivement.
Ce positionnement ambigu reflète une stratégie de survie pour un régime qui, malgré sa répression intérieure, ne peut ignorer les réalités géoéconomiques. Pourtant, cette ouverture économique ne se traduit pas par une amélioration des conditions de vie pour la majorité des Indonésiens. Au contraire, la concentration des richesses entre les mains d’une élite corrompue et violente rappelle les pires heures de la dictature de Suharto, où la répression politique allait de pair avec le pillage des ressources nationales.
Le retour de Prabowo au pouvoir sonne comme un avertissement : celui d’un capitalisme indonésien totalement inséré dans l’Axe impérialiste hégémonique américain qui, pour se maintenir, continue de recourir aux méthodes les plus brutales. L’histoire semble se répéter, confirmant que le fascisme et l’exterminisme restent les outils privilégiés d’un système capitaliste déterminé à écraser toute velléité de justice sociale, de souveraineté nationale et populaire.
Ce qui est certain c’est que la censure en Indonésie, la silenciation ailleurs qui l’accompagne notamment en France, du génocide de 1965-66, est un acte politique constant pour maintenir le joug sur les peuples. Il faut rappeler que la répression des communistes, de leur famille sur plusieurs générations, et de tous ceux supposés tels ou proche, s’est fondé sur une violente campagne de criminalisation du communisme et des forces progressistes. Après avoir écrasé dans le sang d’une répression militaire féroce, appuyée sur les forces réactionnaires religieuses notamment islamiste, organisée par les USA, le systéme capitaliste a utiliser cette terreur à la fois pour poursuivre la répression anti populaire, mais aussi pour interdire que soit montrer à travers cette terrible tragédie la nature profonde du capitalisme. Un système génocidaire multirécidiviste.
Depuis le début des années 2010, le PRCF et ses médias – Initiative Communiste – n’ont eu de cesse que de travailler à faire connaître cette histoire, à dénoncer ce crime contre l’Humanité, ce crime anticommuniste.
Et de soutenir toutes les courageuses initiatives poursuivies par les indonésiens en France, à travers les associations de solidarité ainsi qu’à travers la parole des victimes du génocide et de la répression anticommuniste.
C’est dans ce cadre que le PRCF se félicite d’avoir pu participer, représenter par Jean Paul Baptiste du PRCF ile de France, à un événement important donnant la parole aux victimes du génocide anticommuniste ce 22 février 2026 à Paris, un évènement animé par le chercheur de l’INALCO Bruno Drewski.




