Equateur : la majorité parlementaire appelle le président Moreno à l’unité avec le vice président Jorge Glas

Après la crise qui s’est déclenchée début août entre le président Moreno et le vice- président – sur fond de différends quant à la politique à mener – Allianza Pais, la majorité parlementaire, appelle à l’unité. Depuis Bruxelles, l’ancien président s’est étonné de certaines décisions politiques de son successeur et ancien vice-président. Les principaux responsables de l’Allianza Pais se sont rendus à Bruxelles pour une réunion avec pour étudier les meilleures solutions à cette crise politique.

Appels à l’unité après la mise à l’écart du vice-président équatorien.

Raphael Correa, , Jorge Glas

Les députés du parti au pouvoir agissent pour restaurer les relations après que le président Moreno a démis Jorge Glas de ses responsabilités.

Les 74 représentants du parti au pouvoir à l’Assemblée nationale équatorienne ont lancé un appel à la réconciliation et à l’unité politique après que le président Lenin Moreno a démis son vice-président Jorge Glas de ses responsabilités.

Les députés du parti disent qu’ils déplorent profondément les déclarations du vice-président et la décision du président de le relever de toutes ses fonctions. Ils réaffirment leur soutien total aux deux hommes et déclarent qu’ils se mettront immédiatement au travail « pour restaurer des relations politiques fondées sur les principes de notre projet ».

Avant, dans son texte en dix points, le bloc parlementaire Alianza Pais salue la politique économique adoptée par l’ancien président, Rafael Correa, et les réalisations de sa Révolution citoyenne pour le progrès de l’égalité sociale et la réduction de la pauvreté. Le groupe dit qu’il reconnaît l’importance du geste du président Moreno pour faire progresser le dialogue avec tous les secteurs de la société équatorienne. Il insiste cependant sur le fait que cela doit être basé sur le programme du parti que le peuple a voté plus tôt cette année, et rejette vigoureusement tout accord secret avec des représentants de l’opposition de droite ou de l’ancienne oligarchie.

Quelques heures auparavant, le vice-président Jorge Glas a déclaré que la décision de le démettre de ses responsabilités est « clairement une mesure de représailles » du président Lenin Moreno parce qu’il a critiqué sa politique et dénoncé les pressions « d’importants hommes d’affaires et des dirigeants de l’opposition ».

S’exprimant lors d’une conférence de presse, Glas a déclaré : « Je l’avoue : je me sens libéré, parce que je pense qu’après deux mois au pouvoir, le nouveau gouvernement a trahi les principes de la Révolution citoyenne. »

« Est-ce que cela faisait partie de la Révolution citoyenne de remettre la CNEL – la société publique de l’énergie – à la famille Bucaram ? », a-t-il demandé, en se référant à l’ancien candidat à la présidence Dalo Bucaram, chef du parti d’opposition Fuerza Ecuador. « Mais Bucaram n’a pas été choisi par le peuple équatorien. C’est une trahison. Tout comme le dialogue national avec le parti chrétien-démocrate », a-t-il ajouté.

« (Moreno) savait que je ne soutiendrais pas la réduction des impôts pour les riches, ni l’augmentation de la TVA, ni l’abrogation de la Loi sur la valeur ajoutée destinée à empêcher la spéculation foncière, ni d’autres mesures économiques censées résoudre une « crise économique » qui n’existe pas, comme l’a expliqué Ricardo Patiño (ancien ministre de l’Économie. »

Le décret présidentiel avait été publié auparavant par Lenin Moreno.

Il déchoit Glas de ses responsabilités et le retire des conseils présidentiels dont il était responsable, y compris la Commission pour la reconstruction des zones touchées par le tremblement de terre du 16 avril 2016.

Mais cela ne signifie pas qu’il perdra son mandat, qu’il a gagné dans l’élection d’il y a trois mois en tant que colistier de Moreno sur la liste du parti Alianza Pais.

Glas a ajouté qu’il était toujours le vice-président de tous les Équatoriens, élu dans un vote populaire, et qu’il tient le président pour responsable de sa sécurité puisque que sa sécurité gouvernementale officielle a été supprimée.

« On m’a refusé l’usage de l’avion présidentiel, mais je vais parcourir le pays en voiture, en empruntant ses superbes routes rénovées par la Révolution citoyenne », a-t-il déclaré, confirmant qu’il « continuera à travailler avec la même passion et le même engagement pour le pays » et pour « l’éradication de la pauvreté ».

La décision de Moreno d’écarter Glas a suivi une déclaration du vice-président mercredi dans laquelle il affirmait qu’un accord de Moreno avec d’anciens politiciens « jetterait les bases d’un état de corruption ».

Dans le décret, Moreno a déclaré que son vice-président « n’a pas compris » l’engagement de la Révolution citoyenne, qui « consiste à servir le pays dans un effort commun ».

L’ancien président Rafael Correa a critiqué le geste de Moreno, appelant à soutenir Glas et accusant le gouvernement d’essayer de le chasser de son poste pour avoir dénoncé une corruption présumée.

Glas et Moreno étaient tous deux vice-présidents pendant les dix ans de Correa à la présidence, à partir de 2007.

Glas a déclaré que Moreno avait accepté de livrer la gestion du secteur de l’électricité – l’un des plus rentables – à la famille Bucaram, dirigée par l’ancien président Abdala Bucaram, qui avait été démis de sa fonction en 1996 après avoir été accusé de pots de vin.

Le vice-président a dit que le peuple avait voté à l’élection présidentielle pour poursuivre une révolution qui a changé l’Équateur, luttait contre la corruption et faisait honneur au pays.

source : Le 3 août 2017 – Source Telesur – traduction DG pour www.initiative-communiste.fr