Élections au Japon, résistance populaire au revanchisme belliciste de Shinzo Abe

Les résultats des élections législatives au sont le résultat d’une manœuvre réussie du pouvoir réactionnaire.
Certes la victoire de S. Abe et de son parti libéral-démocrate ( droite conservatrice et belliciste) est incontestable cependant des remarques doivent être faites pour ne pas céder à une analyse unilatérale.
Première remarque le système électoral du Japon est fait pour bénéficier aux partis du système mis en place par les États-Unis et l’oligarchie capitaliste japonaise à la fin de la guerre pour casser une gauche puissante, un parti communiste très influent et mener la guerre froide. Le Japon est doté d’un parlement bicaméral dont la Chambre des représentants se compose de 465 députés élus pour un mandat de quatre ans selon un mode de scrutin mixte :

  • 289 sièges sont ainsi pourvus au scrutin uninominal à un tour dans autant de circonscriptions
  • Les 176 sièges restants sont pourvus au scrutin plurinominal proportionnel de liste dans 11 circonscriptions plurinominales de 6 à 29 sièges.

Shinzo Abe a vu sa popularité baisser en flèche avec son projet de réforme de la constitution pacifiste de 1947 pour y reconnaître les Forces japonaises d’ autodéfense comme une armée conventionnelle (ce qui a donné lieu à d’importantes manifestations), son attitude souvent jugée « arrogante » à l’égard de ses opposants, ses déclarations taxées de révisionnisme voire de négationnisme, l’impopularité de son projet d’augmenter à nouveau la taxe sur la consommation d’ici à 2019 ou le bilan social catastrophique de sa politique. Ces critiques ne ce sont pas évaporées. Reste que S. Abe a profité de la crise régionale autour de la péninsule coréenne pour dissoudre la Chambre et organiser des élections dans un climat de peur savamment entretenu.

Abe parvient à obtenir une majorité des deux tiers qui lui permet de changer la Constitution et de doter le pays d’une armée susceptible ” d’opérations extérieures” c’est-à-dire de participer aux agressions impérialistes. Cette mauvaise donne politique menaçante fait peser sur la seule résistance populaire l’opposition au changement constitutionnel.

Un certain nombre de partis allant du social-libéralisme, à la gauche réformiste et au PC Japonais tentent de s’opposer à ce processus dangereux de reconstitution d’une armée au service de l’impérialisme japonais. Le est l’un des plus grands partis communistes d’opposition au monde. Il compte environ 400 000 membres répartis dans 25 000 sections et il a d’ailleurs constitué une alliance  électorale avec le PDC( social-libéral) et le PSD(social-démocrate). Reste que le résultat est surtout favorable au PDC (social-libéral) qui gagne 34 députés alors que le PCJ passe de 21 à 11 députés.

Toujours est-il que le nationalisme agressif de Shinzo Abe est parvenu à masquer la politique anti-sociale acharnée menée par son parti et son gouvernement. De même que les graves affaires de corruption touchant le premier ministre et ses proches.

L’ Asie aussi connait donc une vaste offensive impérialiste qui réveille des monstres dans le ventre toujours fécond du capitalisme.

 

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