À propos de la situation en Corée.

Le déploiement d’une énorme armada américaine dans le cadre des manœuvres américano-sud-coréennes, qui se déroulent jusqu’au 31 août a vivement attisé la tension dans la région.. Samedi 26 août Rodong Sinmun, le quotidien du Parti du travail, a vivement réagi et souligné la capacité de riposte de la RPDC  si les États-Unis « font planer les nuages d’une guerre d’agression ».

Le tir par la d’un missile au-dessus du Japon démontre que le « feu et la fureur » promis à la République populaire démocratique de par l’irresponsable et criminel Trump ne font pas plier le pays. S’estimant à juste titre menacée par les États-Unis depuis la guerre de Corée (1950-1953), la RPDC fait valoir le droit souverain de tout État à sa défense. Ce n’est pas de Gaulle qui condamnerait une telle attitude…. Si la RPDC poursuit ses tirs (et se livrera éventuellement un nouvel essai nucléaire souterrain) c’est aussi pour des raisons techniques : afin de rendre sa force de dissuasion crédible en écartant le moindre doute sur ses capacités.

Rappelons un peu l’histoire récente : face aux progrès défensifs de la RPDC, le président Bill Clinton (1993-2001) dépêcha à Pyongyang William Perry, ancien secrétaire à la défense (1994-1997) afin de préparer une réorientation de la politique américaine et en 2000, il recevait à la Maison Blanche le vice-maréchal Jo Myong-rok, vice-président de la commission de défense nationale, la plus haute instance du pays. Les deux parties s’engageaient à « mettre fin à leur hostilité ».

Deux semaines plus tard, la secrétaire d’État, Madeleine Albright, se rendait à Pyongyang pour préparer une visite de Bill Clinton : un accord global sur les missiles et le nucléaire semblait à portée de main. Mais en fin de mandat, le président renonça in extremis à cette visite sans doute sous la pression du complexe militaro-industriel. Quant à  George W. Bush, il torpilla en 2002 l’accord-cadre de 1994 qui avait effectivement gelé le programme nucléaire nord-coréen.
Que les loups crient au loup, que les incendiaires se prétendent pompiers, les États-Unis nous y ont habitué depuis longtemps fabriquant, avec la CIA, des provocations leur permettant de mener leur politique impérialiste d’agression et de conquête. Dignes successeurs des Hitler et Goering.
Que l’Exécutif français macronesque, sans même tenter de jouer un rôle diplomatique visant à faire baisser la tension, adopte un suivisme servile à l’égard des États-Unis est grave et inquiétant. Certes les prédécesseurs avaient aussi enterrer depuis longtemps la politique étrangère indépendante de la France. Mais la conjoncture actuelle est tellement inflammable qu’on pourrait attendre une attitude un tantinet plus responsable du pouvoir. Il n’en n’est rien.
Proche-Orient, Ukraine, Corée, Venezuela….l’impérialisme attise les braises et le risque d’embrasement augmente sans cesse : “leur guerre, nos morts” scandait-on dans les rues de Barcelone fort justement.
Rien jamais rien de bon ne peut sortir du ventre de la Bête. L’impérialisme reste l’ennemi numéro des peuples. Et notre peuple n’oublie pas le mot d’ordre de Karl Liebknecht, héros de la révolution spartakiste allemande de 1918, “L’ennemi principal de chaque peuple est dans son propre pays !”.
C’est d’autant plus vrai que l’aventurisme extérieur s’accompagne toujours de la réaction sociale la plus agressive à l’intérieur. Il n’y a pas deux fronts mais un seul : en luttant pour la paix on lutte contre la démolition des conquêtes sociales, contre la démolition du droit du travail, contre la dictature du grand capital et contre son Union Européenne qui en est le metteur en scène.
 
À l’approche du 4 novembre où nous nous retrouverons par centaines à Paris pour célébrer Octobre 1917, nous ne serons pas dans la commémoration, nous serons au cœur de la lutte pour la paix mondiale et la République sociale.Nous serons au cœur de la lutte pour défendre nos conquêtes si chèrement acquises et pour faire reculer ce pouvoir d’autant plus violent et autoritaire qu’il est faible et sans assise populaire. Nous serons au cœur de la renaissance de l’outil de l’émancipation sociale et nationale qu’est le Parti Communiste.
Qui n’aurait pas à cœur de dire en ce centenaire de lutte et d’espoir: j’y étais?
Communiqué de la Commission internationale du PRCF