Info luttes – Pour un printemps d’espoir jaune et rouge- n° 10 – mars 2019

Le Front syndical de classe vient de lancer une pétition dénonçant l’attitude des états-majors syndicaux de la CGT et FSU face au puissant mouvement social des Gilets jaunes. Cette pétition dénonce également la politique antisociale de Macron et appelle au « tous ensemble en même temps » afin de construire un véritable rapport de forces en utilisant toutes les formes de luttes.

De la prise de la Bastille en 1789 et du mouvement des Sans-Culottes en 1793, de la révolte des Canuts en 1831, stoppée par une sanglante répression, de l’insurrection ouvrière de 1848 férocement écrasée, de la Commune de Paris, première tentative d’émancipation ouvrière en 1871 qui avait tenu le pouvoir pendant deux mois à Paris et détruiteavec plus de 50 000 morts, aux grandes grèves de 1936, de 1947-1948 etde 1968, le grand patronat, la grande bourgeoisie aux affaires, la « social-démocratie » et le capital ont toujours utilisé la force contre les travailleurs qui voulaient bénéficier des richesses produites par leur travail.

Sous la Cinquième République, les gouvernements de droite et de la fausse gauche ont également utilisé la force contre des manifestations pacifiques à partir du moment oùelles mettaient en cause les privilèges des plus riches et un grand patronat toujours en quête de profits maximums au détriment des travailleurs, qu’ils soient manuels ou intellectuels. 

C’est pourquoi face à cette politique répressive contre le peuple, la commission luttes du PRCF réaffirme la nécessité d’unifier les colères et de mettre en œuvre un rapport de forces, en utilisant toutes les formes de luttes (grèves, manifestations, blocage des profits capitalistes, manifestation pacifique nationale de masse « tous ensemble en même temps »)afin de battre le gouvernement de l’oligarchie et de mettre en perspective une démocratie véritable agissant par le peuple et pour le peuple. Et ainsi de signer et faire signer l’appel-pétition du Front syndical de classe, de syndicalistes et de travailleurs en lutte pour un printemps d’espoir jaune et rouge 

Jo Hernandez pour la commission luttes du PRCF

Les grèves à venir :

  • Du 01/03/2019 au 26/03/2019 : Grève dans les cantines scolaires de Marseille en mars 2019
  • Le 19/03/2019 : Grève générale et nationale le 19 mars 2019

Revue de presse :

Des luttes gagnantes :

A – Triton (73)

Source : CGT – 26/02/2019

Lors de la première réunion NAO, la direction a proposé 1,2 % d’A.G. (Augmentations générales) et 0,7 % d’A.I. (Augmentations Individuelles) pour les ouvriers et 1,9 % A.I. pour les cadres.

Les représentants CGT ont donc consulté l’ensemble des travailleurs qui ont décidé de se mettre en grève pour soutenir leurs revendications. 

A noter l’engagement des employés des « bureaux » qui en avaient plus que marre des A.I. qui les divise et qui les met en concurrence.

Après 1 jour ½ de piquet de grève, soutenu par les syndicats de l’UL de Chambéry, la direction cède et accorde : suppression des A.I., 2,7 % d’A.G.,+ 0,7 % sur la prime d’ancienneté et 75 € de plus de prime de vacances.

Ce résultat est le fruit d’une démarche syndicale visant à former les syndiqués, informer au quotidien l’ensemble des salariés et travailler en amont des NAOS.

Cette démarche de proximité a permis l’élaboration d’une plateforme revendicative grâce à un questionnaire.

B – Au Centre Courrier (la Poste) de Magny (78) Les Hameaux

Source : CGT – 26/02/2019

Après le dépôt d’un préavis de grève, avoir contacté les médias locaux et fait intervenir le maire de Magny les Hameaux dans le conflit, les agents obtiennent satisfaction sans même un seul jour de grève.

Une manifestation devait avoir lieu dans la ville ce 20 février lors d’un mouvement de grève. La mobilisation des collègues s’annonçait très forte, la grève aurait été suivie à quasi 100% chez les fonctionnaires et CDI.

La directrice départementale s’est engagée par écrit, à suspendre la réorganisation et surtout à annuler le transfert des colis chez Coliposte dans le cadre de cette future réorganisation !

C – Nouvelle victoire chez Ondulys st Quentin, direction et Cfdt déboutée 

Source : CGT 1/03/2019

Dernièrement nous faisions état de la situation dans l’entreprise Ondulys st Quentin  ou la CGT a gagné  sa représentativité aux dernières élections malgré les pressions et tentatives de la direction.

Depuis la Cfdt voulait l’annulation de l’élection et modifier la représentativité dans l’entreprise, dans le même temps, la direction avait assignée Alice (DS) et la FILPAC CGT pour contester le mandat de la déléguée syndicale.

Les décisions du Tribunal d’Instance mettent en évidence :

§  La légitimité des mandats d’Alice de membre CSE et de déléguée syndicale CGT.

§  La collaboration Cfdt/direction pour tenter de se débarrasser de la CGT.

§  La stratégie d’acharnement de la direction contre la CGT et ses représentants.

Forte de cette nouvelle victoire, la CGT invite les salariés à la rejoindre pour défendre et faire valoir leurs droits, pour en gagner de nouveaux face à une direction qui se croit tout permis

Des grèves et manifestations :

1 – Les ArjoWiggins réclament la nationalisation de la papeterie 

Source : Le Parisien du 27/02/2019

Une trentaine de salariés de l‘entreprise en liquidation judiciaire ont manifesté hier devant Bercy… en distribuant du papier sécurisé de cartes grises. 

Nous avons demandé aux représentants de l’Etat de nationaliser temporairement l’entreprise, le temps qu’un repreneur sérieux soit trouvé, mais aussi d’accompagner cet éventuel repreneur. Nous avons également menacé de brûler tout le stock de papier sécurisé si nous ne tou- chions pas des indemnités complémentaires de 50 000 € par salarié licencié. » 

Dès sa sortie du ministère de l’Economie, c’est dans une déclaration en forme d’ultimatum que Patrice Schaafs égrène de nouveau les revendications des salariés d’ArjoWiggins, la papeterie de Jouy-sur-Morin liquidée le 16 janvier, entraînant 238 licenciements (lire notre édition d’hier). Ces derniers jours, chacun a reçu sa lettre de licenciement. 

Hier, le délégué syndical CGT a été reçu avec une délégation par le secrétaire général du comité interministériel de restructuration industrielle, Louis Marguerite. 

Depuis 10 h 30, une trentaine de salariés de la papeterie placée en liquidation judiciaire manifestaient devant le ministère de l’Economie, à Bercy (Paris XII e), pour sauver leurs emplois, et avec l’espoir d’être reçus par le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire (LREM). 

« On nous a répondu que nos revendications seraient transmises au ministre de l’Economie et au Premier ministre. Je pense qu’ils ont compris qu’on est sérieux, le message est passé ! », confie Patrice Schaafs. Contacté hier midi, le ministère n’a pas encore répondu à nos questions. 

Le matériel et le stock de papier bien gardés 

« Une bonne partie des salariés est restée sur le site pour garder le matériel en cas d’intervention des forces de l’ordre. De toute façon on n’a plus de boulot donc a le temps de manifester ! », ironise Rémy, un salarié venu en car depuis Jouy-sur-Morin hier matin. Devant le ministère de Ber- cy, les salariés distribuent symboliquement du papier sécurisé servant à la fabrication de cartes grises. Si les mentions « non conforme » et « anomalie, traitée le 27 février 2019 » tamponnées sur les feuilles garantissent qu’elles ne peuvent pas servir pour fabriquer des faux, c’est bien le papier sécurisé qui est distribué gratuitement. 

« Aujourd’hui, nous distribuons une bobine, soit l’équivalent du papier nécessaire pour fabriquer les cartes grises d’un département pendant un an. Nous avons redémarré les chaînes de l’usine pour les confectionner. C’est la preuve que nous sommes prêts si un repreneur se manifeste », insiste Patrice Schaafs. 

Si l’ambiance est bon enfant, les présents ne décolèrent pas à l’encontre de la direction, du liquidateur judiciaire (lire encadré) et de l’Etat. « Nous avons l’impression d’être à l’abattoir. Pour la plupart, nous avons construit nos vies dans les en- virons. La papeterie la plus proche se trouve dans les Vosges !», estime César, conducteur de machine depuis 19 ans. 

« Jusqu’à présent l’Etat n’a rien fait pour nous aider à trouver un repre- neur. Il nous fait croire que le secteur est sinistré alors que nous avions des commandes jusqu’en juillet. On dirait même qu’il a participé au dé- mantèlement de l’entreprise lorsqu’il a approuvé la reprise par les fonds d’investissement vautours Blue Mo- tion Technologies et Parter Capital Group », renchérit Patrice Schaafs. ■ 

Paris (XIIe), hier matin. Une trentaine des 238 employés de l’entreprise, qui ont reçu officiellement leur lettre de licenciement mardi, sont venus réclamer à Bercy des indemnités complémentaires de 50 000 € par salarié licencié. 

2 – Ford Blanquefort : la CGT met la pression sur Bercy 

Source : L’humanité du 27/02/2019

Le syndicat exige la réquisition de l’usine, fermée par la multinationale, et le remboursement des aides publiques que celle-ci a perçues sans contrepartie. 

Alors que le gouvernement a pris acte, lundi, de la décision, de Ford de fermer son usine de Blanquefort (Gironde), la CGT contre-attaque. Pour empêcher la disparition de 800 emplois, le délégué cégétiste Philippe Poutou a appelé le pouvoir à « réquisitionner l’usine » afin de préserver une activité industrielle sur le territoire. « On nous dit que l’État n’a pas vocation à “nationaliser” ou à “réquisitionner” et à fabriquer des boîtes de vitesses ? Mais l’État a-t-il vocation à laisser disparaître les usines et les emplois ? », a interrogé le syndicaliste. 

Philippe Poutou a déploré que le gouvernement n’ait pas pu contraindre le constructeur améri- cain à accepter l’offre de reprise de Punch Powerglide. Cette décision entraîne l’arrêt du site et condamne quelque 800 emplois. À l’État de « sortir d’une posture d’impuissance, en se confrontant réellement à la multinationale », à ses « logiques destructrices et antisociales ». 

15 millions d’euros d’aides ont été versés au constructeur américain 

De son côté, le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, a jugé «indigne » le comportement du constructeur américain. « Nous regrettons que cette offre, une nouvelle fois, n’ait pas été acceptée par Ford et que la porte soit restée fermée », a- t-il déclaré, en conférence de presse, au terme d’une réunion à Bercy avec les représentants du personnel et les élus locaux. Pour le ministre, Ford doit « payer ce qu’il doit aux salariés (…). Nous voulons que le plan social soit le plus solide possible pour l’ensemble des employés ». 

Face à ces injustices, la CGT a exigé un remboursement des aides publiques perçues par la multinationale ces dernières années. Interrogé sur le sujet par France Info, le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, a précisé que les sommes versées, sans contrepartie, au constructeur américain, s’élèvent à 15 mil- lions d’euros. Mais « on ne peut pas les demander, car ces 15 millions d’aides étaient liés à des engagements sur l’emploi que Ford a tenus », a-t-il osé justifier, alors que l’entreprise laisse sur le carreau quelque 800 salariés. 

De son côté, Bruno Questel, le vice- président du groupe la République en marche à l’Assemblée nationale, se dit, lui, prêt à « travailler sur une évolution de la loi avec une obligation de restitution de tout ou partie de l’argent ou d’investissements lourds dans la requalification du site ou l’ac- compagnement en requalification professionnelle des salariés concernés ». En attendant, la CGT ne compte pas rester spectatrice du désastre industriel. « Il y a encore une chance de sauver un bout d’usine et le plus d’emplois possible », estime le syndicat. ■