Info luttes – Il faut en finir avec cette dictature présidentielle – n° 11 – mars 2019

Sous des airs de jeune premier, Macron en vérité est un vieux réactionnaire : aux ordres de l’UE, des grands groupes du CAC 40, de Merkel, des banques et du capitalisme, il est en train de mener notre pays dans une voie sans issue pour la population laborieuse.

Macron restera dans l’histoire comme le Président qui a fait tirer sur des manifestants pacifiques, qui a emprisonné des opposants à sa politique, qui revient sur la séparation de l’Église et de l’État, qui veut substituer à la « souveraineté nationale » « une souveraineté européenne » et une « armée européenne », celui qui veut casser les retraites par répartition, la fonction publique après avoir démantelé le Code du travail et engagé la privatisation d’EDF et de la SNCF et  l’Aéroport de Paris.

Les gilets jaunes ont raison de demander la démission de ce président des hyper-riches et de cette nuisible UE. Il faut en finir avec cette “dictature présidentielle”. C’est pourquoi en plus de bloquer l’économie de pays, de manifester tous les samedis, comme en 2005, il faut dire NON à l’UE par une abstention citoyenne aux prochaines élections européennes.

Jo Hernandez pour la commission luttes du PRCF

Les grèves en cours :

 – le syndicat CGT appelle à nouveau les employés municipaux travaillant dans les cantines scolaires de la ville de Marseille à faire grève 

– Le syndicat CGT appelle les salariés des compagnies maritimes La Méridionale et Corsica Linea, qui assurent le transport de passagers par bateau depuis Marseille vers la Corse et d’autres destinations, à faire grève

– Les syndicats CGT et FO appellent les surveillants des établissements pénitentiaires à faire grève et à organiser des blocages dès le mercredi 6 mars 2019.

Revue de presse :

Des luttes gagnantes :

A – à l’EHPAD Korian Poissy – Source Cgt – 4/03/2019

Suite à de nombreux dysfonctionnements qui perduraient, 90% des salariés se sont mis d’accord pour une grève, unis et déterminés, les revendications étaient, le maintien des 4 Postes de soignants pour les étages actuellement les plus lourds et n’ayant aucun lit vide à ce jour. Les remplacements à 100% des collègues qui sont en RTT et/ou en congés de courte durée, qui n’étaient pratiqués, la direction prétextant qu’elle ne trouvait pas de vacataires.

Les conditions de travail des salariés étant devenues difficiles, épuisements, accidents de travail, surmenages devenaient le quotidien de leurs journées.

Les salaires qui ne sont pas à la hauteur du travail fourni par les soignants qui ont d’autres tâches que le nursing, sont aussi l’une des revendications. La direction nous parle des NAO.

Alors qu’il existe 1 enveloppe annuelle remise par le Siège à leur intention, pour l’augmentation des salariés qui “le méritent”, une information que nous avons apprise hier, n’ayant jamais été informée de ce fait.

Suite aux diverses réunions de cette journée, un protocole de fin de conflit est signé par les parties.

La direction s’engage à maintenir au 2ème et 3ème étage, les 4 postes de soignants, la mise en place dans les plus brefs délais de l’application MEDGO, pour les remplacements à 100%.

Les délégués resteront vigilants quant à l’engagement de la direction concernant ces 2 revendications.

B- au service collecte dans le 73

Source : CGT 5/03/2019

Le syndicat CGT a récolté les revendications, rédigé un tract, déposé un préavis de grève, communiqué avec la presse, organisé un rassemblement, négocié avec la direction (sans les syndicats représentatifs exclus par les agents) et a su finir le conflit dans l’unité.

Ainsi les 60 grévistes sur 60 (dont des travailleurs précaires) ont obtenu :

§  Versement d’une prime exceptionnelle de 1 000 € pour les agents ayant plus de 25 ans d’ancienneté et de 750 € pour tous les autres.

§   Versement d’une prime mensuelle de 50€

§  Reconnaissance de la pénibilité et de l’insalubrité du travail en réduisant le temps de travail effectif à 32h30 payé 35h.

Réduction de la précarisation des emplois en titularisant 2 agents par an.

C – Les coursiers, salariés comme les autres 

Source : L’humanité du 6 mars 2019

Les prud’hommes de Paris ont ordonné lundi que la relation de travail qui unissait Take Eat Easy et deux de ses ex-coursiers à vélo soit requalifiée en CDI. 

L’exploitation 2.0 aurait-elle du plomb dans l’aile ? À travers deux décisions rendues lundi par le conseil de prud’hommes de Paris, le salariat déguisé promu par les plateformes numériques a connu un nouveau revers. Deux ex-coursiers à vélo de la défunte application de livraison de repas Take Eat Easy ont obtenu en première instance la requalification de leur statut d’indépendant en CDI. « C’est la première fois devant le conseil de prud’hommes de Paris qu’un contrat de travail est reconnu. Plus de 17 000 euros ont été attribués à chaque coursier (rappels de salaires, dommages et intérêts, indemnités pour licenciement sans cause réelle et sérieuse et rappels de congés payés, outre la régularisation des cotisations sociales) », a fait savoir l’avocat des salariés, Me Kevin Mention. L’entreprise ayant fait faillite en 2016, ce sont les AGS (régime de garantie des salaires) qui régleront l’ardoise. 

À l’échelle hexagonale, ces décisions avaient connu des précédents : fin janvier, le conseil de prud’hommes de Nice avait déjà reconnu à six ex-coursiers de la start-up belge le statut de salarié et ordonné leur indemnisation. Surtout, un arrêt de la Cour de cassation avait affirmé en no- vembre qu’il existait bien un lien de subordination entre la plateforme numérique et ses travailleurs pseudo-indépendants. La juridiction suprême se fondait par exemple sur la possibilité de Take Eat Easy de géolocaliser les coursiers pour les contrôler et le pouvoir de sanction disciplinaire dont disposait l’entreprise pour justifier sa décision. « Cela va donner du courage à tout un tas de livreurs », a réagi hier au micro d’Europe 1 le militant anti-ubérisation membre du Clap (Collectif des livreurs autonomes de Paris) Jérôme Pimot, pour qui ces jugements devraient servir d’appui aux livreurs dans le rapport de forces qui les oppose aux plate- 

formes, pour « réformer un système (…) de hold-up social ». D’autres décisions sur des dossiers similaires sont attendues début avril du côté du conseil de prud’hommes de Toulouse. Au total, une centaine d’ex-coursiers à vélo travaillant pour Take Eat Easy ont déjà déposé des dossiers aux prud’hommes. Ils devraient être suivis par une cinquantaine d’autres, d’après Me Mention. En parallèle, une centaine d’entre eux ont également déposé plainte au pénal pour travail dissimulé contre la plateforme de livraison, procédure toujours en cours d’instruction. Un mouvement qui pourrait bien faire boule de neige au-delà du monde des coursiers, l’ensemble des plateformes employant de prétendus indépendants s’étendant désormais à de nombreux domaines. ■ 

Des grèves et manifestations :

1 – Chez Comdata, les salariés réclament leur « prime Macron » 

Source : L’Humanité du 4/03/2019

Pour protester contre le refus de la direction de leur verser cette prime, des téléopérateurs de plusieurs villes de France vont arrêter le travail cette semaine, avec le soutien des gilets jaunes.

Dans les centres d’appels, la prime Macron est aussi appelée « prime gilets jaunes », car elle a été créée à la suite du mouvement. Raison pour laquelle les téléopérateurs ont décidé de se mobiliser avec leurs amis des ronds-points, solidaires de leur lutte. Ainsi, dans plusieurs villes de France, ils vont débrayer et manifester cette semaine. Pour des raisons d’organisation, ils préfèrent pour l’heure garder secret le jour choisi. Au moins quatre centres d’appels dans des villes différentes devraient être mobilisés. À l’annonce de la création de la « prime Macron », les syndicats de Comdata, numéro 3 des centres d’appels en France, en pleine croissance, ont directement demandé à la direction d’en faire bénéficier les salariés. Celle-ci a répondu qu’elle allait y ré- fléchir mais n’a ouvert aucun espace de dialogue et n’a pas consulté les représentants du personnel. Le directeur du groupe a fini par envoyer, fin février, un e-mail à chaque salarié, dans lequel il écrivait : « Je suis conscient des difficultés rencontrées par un certain nombre de nos collaborateurs mais je ne pense pas qu’une prime uniforme y réponde de manière satisfaisante. » Une réponse qui a suscité colère et incompréhension. « C’est vraiment ce passage qui a poussé les salariés à prendre la décision de débrayer », explique Anousone Um, délégué syndical SUD de l’un des centres d’appels nouvellement acheté par Comdata. Le directeur « reconnaît que les salariés font un boulot difficile, payé entre 800 et 1 200 euros, ce sont beaucoup de 

mères isolées, en temps partiel ou en intérim, des gens vraiment précaires. Une prime, ne serait-ce que de 100 euros, c’est beaucoup quand on est au Smic, et il peut largement se le permettre. Pour moi c’est une forme de mépris, à l’image de Macron, “vous pouvez parler, mais on ne vous entend pas”, nous disent-ils ! » s’indigne le délégué syndical. Dans le même domaine d’activité, plusieurs entreprises ont pourtant versé ces primes : Téléperformance, 600 euros, Altice France, 1 000 euros, BlueLink 400 euros, Mondial Assistance, 1 000 euros… « Macron a créé une véritable attente dans certaines entreprises comme la nôtre où cette prime aurait vraiment été utile aux tra- vailleurs. Elle a cristallisé des attentes et renforcé un sentiment d’injustice qui était déjà là, d’autant que certains groupes du secteur l’ont versée et d’autres non », analyse le syndicaliste. 

Un élan de solidarité sur les ronds-points 

Plusieurs représentants du personnel des centres d’appels de Comdata, sur leur temps personnel, étaient mobilisés sur les ronds-points, depuis plusieurs semaines. Ils ont partagé, échangé avec les gilets jaunes, porté le fait que les grands groupes qui font des millions en exploitant l’humain doivent aussi être au cœur des revendications des gilets jaunes. Et lorsque les salariés de ces centres d’appels ont parlé de leurs difficultés, de leurs salaires et conditions de travail, et du 

refus de leur patron de leur verser la prime, cela a créé immédiatement un élan de solidarité sur les ronds- points. « Cela s’est organisé tout simplement, en fait, tout naturellement, à force d’être ensemble depuis plusieurs semaines, une solidarité s’est créée et plusieurs gilets jaunes dans plusieurs villes ont décidé de venir soutenir les salariés lors de leur débrayage », raconte Anousone Um. Comdata est un prestataire de services implanté dans plusieurs secteurs, mais il est particulièrement présent dans le domaine des télécoms en France puisque, avec le rachat récent et houleux d’un centre d’appels à Free – Mobipel –, il est sous-traitant des quatre opérateurs français. Le groupe affiche l’ambition de devenir le numéro 1 mondial du centre d’appels. Il réalise déjà plus de 300 millions d’euros de chiffre d’affaires en France et se développe à grande vitesse en Europe. 

« Et, pour atteindre ce but, la stratégie est de rogner au maximum les “coûts humains”, on est à l’extrême limite basse du droit du travail, ils assument être un prestataire très low cost, et faire un maximum d’économies de bouts de chandelle », déplore Anousone Um. Par exemple, lors des négociations annuelles obligatoires (NAO), il n’a pas été décidé d’augmentation collective, seulement des enveloppes fixes, centre d’appels par centre d’appels, ce qui ampute dra- matiquement la marge d’action des syndicats. ■ 

2 – Grève illimité à la société de transport Kéolis Armor.

Source : Médiapart 4/03/2019

Depuis le 4 mars, les salariés de la société de transport de voyageurs Kéolis Armor, personnel conducteur, des ateliers et cadres sont en grève illimité, sous forme de débrayages quotidiens, face à une direction qui n’a rien voulu entendre aux revendications syndicales portées lors des dernières NAO (Négociations Annuelles Obligatoires).

Les salariés et leurs syndicats demandent que les plannings des journées soient retravaillés, afin d’en finir avec des amplitudes journalières frôlant les 13h, donnant lieu à des coupures de plusieurs heures, coupures faites la plupart du temps sur le le lieu de travail, dans le car ou dans un dépôt du département, de par l’impossibilité ou inutilité de rentrer chez soit.

Est également demandé une hausse du taux horaire de 3,5% pour tous les salariés afin de rattraper la hausse du coût de la vie, là où la direction, pour calmer la colère, ne propose que 1,5%.

L’ensemble des revendications, portant également sur des primes, est chiffré par la direction à plus d’un million d’euros. Elle oppose cet argument afin de faire du chantage sur l’impossibilité pour la boite de financer toutes les revendications, argument erroné quand on sait que ses salariés crééent beaucoup de bénéfices mais n’en voient jamais la couleur puisque ceux-ci s’envolent dans les poches de la société mère, Kéolis SA (5,3 milliards de bénéfices en 2017) qui elle s’est permit une augmentation moyenne de 4,3% du salaire de ses 1511 salariés (87% de cadres), ainsi qu’une augmentation de 17% pour les 9 plus hauts dirigeants.*

3 – Une colère aux racines profondes dans la pénitentiaire 

Source : L’Humanité du 7/03/2019 -par Christopher Dorangeville 

La force du mouvement de protestation apparu hier après l’agression, mardi, de deux gardiens par un détenu « radicalisé » ne doit pas surprendre, selon Christopher Dorangeville, du syndicat CGT des surveillants. Entretien. 

Secrétaire général de la CGT pénitentiaire 

Blocages, rassemblements, débrayages… plus de 70 centres de détention ont répondu, hier matin, à l’appel de syndicats minoritaires (SNP-FO et CGT pénitentiaire) après l’agression dont ont été victimes deux surveillants de la prison de Condé-sur-Sarthe (Orne). Dans cet établissement ultramoderne, presenté comme le plus sûr de France, les deux gardiens – dont les jours ne sont pas en danger – ont été attaqués au couteau par un détenu de 27 ans, Michaël Chiolo, qui s’est ensuite retranché avec sa compagne dans l’unité de vie familiale de la prison. Ils en ont été délogés au bout de dix heures par les policiers du Raid, un assaut au cours duquel la compagne du dé- tenu a été mortellement blessée. Nicole Belloubet, la ministre de la Justice, évoquait dès mardi matin un acte « terroriste », de la part d’un détenu qui se serait « radicalisé » en prison. D’après le procureur de la République de Paris, Rémy Heitz, l’agresseur aurait souhaité, par cet acte, « venger » Cherif Chekatt, l’auteur de l’attentat du marché de Noël de Strasbourg, le 11 décembre 2018. Alors que le premier syndicat des surveillants, l’Ufap-Unsa, n’appelait pas au mouvement d’hier, le secrétaire général de la CGT pénitentiaire nous explique pourquoi cette colère a des racines plus profondes que la simple émotion.

Pourquoi avez-vous appelé à cette mobilisation ? 

Christopher Dorangeville D’abord pour montrer notre solidarité aux collègues qui ont été gravement blessés mardi, tout en rappelant que ces agressions sont notre quotidien. Mais la genèse de ce mouvement part de plus loin : de la non-résolution du conflit de janvier 2018, après – déjà – l’agression de trois surveillants par un détenu condamné pour terrorisme, et de l’absence de réponse aux revendications qui avaient été exprimées à ce moment-là. À l’époque, nous avions refusé de signer le protocole d’accord. Depuis janvier, nous demandons à la ministre de pouvoir se mettre autour d’une table afin de discuter de ces revendications non satisfaites, mais elle refuse de ré- pondre. 

Nicole Belloubet annonce qu’une enquête doit chercher les « failles » du système pénitentiaire… 

Christopher Dorangeville La faille, c’est elle ! Elle sait comment fonctionnent les établissements. Les problématiques sont connues. Nous n’avons pas peur de ce qu’ils peuvent prétendre trouver. 

À Vendin-le-Vieil comme à Condé-sur-Sarthe, ces agressions se produisent dans les deux pri- sons réputées les plus sûres de France. Peut-on l’expliquer ? 

Christopher Dorangeville Ce sont des établissements où on place les détenus les plus dangereux. On les concentre : cette démarche doit être mise en question. Et puis la sécurité, c’est d’abord de l’humain, une question de personnel. Nous avons besoin de recruter, mais le métier manque d’attractivité. Là-dessus, les revendications de 2018 n’ont pas été entendues. La ministre prétend qu’en début de carrière un gardien touche 2 000 euros par mois : c’est faux, c’est 1 450 euros net. Ajoutez à ça les difficultés du métier : l’an dernier, seulement 20 % des inscrits au concours se sont présentés ! Et il faut ajouter les nombreux abandons pendant la période de formation qui suit le concours, quand les gens découvrent la réalité du métier… Il devient urgent de faire évoluer nos missions, également. 

Que demandez-vous dans ce domaine ? 

Christopher Dorangeville Nous ne sommes pas là seulement pour ouvrir et fermer des portes, pour « gérer les flux », comme dit l’administration. Nous devons pouvoir influer sur le parcours carcéral des détenus, intervenir sur le volet insertion, l’accès aux activités… car nous sommes ceux qui les connaissent le mieux. Les revalorisations de différentes indemnités qui ont été concédées l’an dernier ne suffisent pas. Aujourd’hui, il y a des gardiens qui partent aux impôts, dans la police municipale ou ailleurs parce que, dans ces métiers-là, on peut être payé pareil mais sans les contraintes et les risques de la pénitentiaire. Nous demandons à être re- connus comme des fonctionnaires de catégorie B, et non plus C. Ce serait aussi une réponse au problème des rémunérations, mais surtout ce serait la reconnaissance de l’évolution de nos missions – et une reconnaissance tout court. Le refus qui est opposé à cette demande est très mal perçu sur le terrain.