Info Luttes – Au congrès de la CGT, la FSM enfin reconnue ! n° 21 – mai 2019



Au congrès de la CGT, des organisations confédérées, sont intervenues pour que, sur le plan du syndicalisme international, la CGT entre comme observateur à la FSM. 

Et ce, malgré une prise de position forte de l’ancien secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, aujourd’hui recasé par le gouvernement au conseil d’administration des Jeux olympiques de Paris, qui est entré dans le débat du congrès de la CGT, en déclarant que

« pour peser sur les événements il faut être présent dans le concert européen… ». « On peut comprendre que, face aux ravages générés par l’Union européenne dans sa forme actuelle, le sentiment puisse se développer que la CES joue un rôle insuffisant et insatisfaisant. La CES est un outil indispensable qui peut être davantage mis au service d’une nécessaire transformation institutionnelle et politique de l’Union européenne. Sans elle il ne peut y avoir d’Europe sociale. » 

l’ancien secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, aujourd’hui recasé par le gouvernement au conseil d’administration des Jeux olympiques de Paris

Quand on sait que la C.E.S. a approuvé la constitution européenne rejetée par la CGT et par le peuple français, qu’elle n’a apporté aucun appui aux travailleurs français en lutte (Code du travail, statut des cheminots, Gilets jaunes luttant pour le pouvoir d’achat, luttes contre la réforme Blanquer…), il faut faire preuve de beaucoup de naïveté pour  penser que dans cette assemblée de rapaces où les lobbyistes sont rois la CES peut jouer un rôle en faveur de la classe ouvrière.

« jaune, jaune, jaune, la C.E.S. est jaune, rouge, rouge, rouge, la FSM est rouge !”

les participants au grand meeting du PRCF le 4 novembre 2017 (100ème anniversaire de la Révolution d’Octobre)

En réalité, elle n’est qu’une courroie de transmission de la Commission européenne au sein du mouvement ouvrier et les participants au grand meeting du PRCF le 4 novembre 2017 (100ème anniversaire de la Révolution d’Octobre) ont joué leur rôle d’avant-garde en scandant par centaines le slogan « jaune, jaune, jaune, la C.E.S. est jaune, rouge, rouge, rouge, la FSM est rouge !”. Sauf que ce jaune n’est pas celui, combatif, des vaillants Gilets jaunes, mais celui des briseurs de grève à la Laurent Berger !

L’intervention de Thibault et la prise de position de Martinez qui avait déclaré être contre tout rapprochement avec la FSM ont été battues en brèche par les congressistes CGT : qu’ils en soient chaleureusement félicités et remerciés, cela fera du bien à la CGT et donnera de l’élan à tout le mouvement ouvrier ! C’est donc contre l’avis de la direction de la CGT que l’amendement ajoutant la mention de la FSM à la suite de la CES et de CSI a été largement adopté par 469 voix contre 294 et une centaine d’abstentions.

La commission luttes du PRCF, qui n’a cessé de dénoncer l’UE et la C.E.S. et de défendre l’affiliation de tous les syndicats de classe à la FSM se félicite de voir enfin reconnue par la CGT l’importance du syndicalisme international à travers la FSM qui regroupe plus de 99 millions de travailleurs à travers le monde.

José Minard, Georges Gastaud, Alain Rondeau, Jo Hernandez pour la commission luttes du PRCF. 

Revue de presse :

Des brèves :

§ – Essonne – La SNCF déraille

Pour le Parisien, la maintenance du réseau est en cause dans le déraillement du train en gare de Brétigny-sur-orge, en juillet 2013 ; Bilan : 7 morts et des dizaines de blessés. l’alarme sur l’état du réseau avait aété tirée trois mois avant le drame par la direction de l’infrastructure Ile-de-France , dans un courrier demandant l’embauche d’au moins 150 agents. Ces révélations corroborent les observations de la CGT qui dénonçait l’érosion des effectifs de maintenance des mais 2013.

§ – Rhône – Employé rugissant

Les syndicats des employés de la ville de Lyon ont appelé à faire grève les 19, 29, 30 avril, ainsi que les 2et 3 mai. Ils exigent un meilleur dialogue avec les instances publiques et une amélioration de leurs conditions de travail. Les employés réclament aussi une revalorisation a des salaires pour ceux qui touchent moins de 27000 euros annuels.

§ – Loire-Atlantique – Gériatrie indigne

Dans une lettre ouverte adressée au CHU de Nantes, la CGT dénonce un secteur de la gériatrie en souffrance, victime de suppressions de postes. Le syndicat évoque des toilettes faites à la chaînes dès 5 heures du matin par l’équipe de nuit. Une situation délétère qui se traduit par des démissions et un nombre reccord d’arrêt de travail. 

§ – Meurthe-et Moselle – Saint-Gobain PAM : la tentation chinoise

Les syndicats craignent la possible cession de 60ù du capital de Saint-

Saint-Gobain Pont-à Mousson – un fleuron industriel spécialisée dans les canalisations en fonte – au géant chinois du secteur XinXing.. La Cgt, qui considère que l’approvisionnement en eu et l’assainissement sont essentiels à l’indépendance française., défens un vrai projet capable de consolider les sites de production.

§ – Liberté de la presse – Délit d’informer

Le syndicat des journalistes CGT a fustigé les violences et intimidations policières à l’encontre de journalistes lors des actes des « gilets jaunes ». Il a en outre apporté son soutien au journaliste Gaspart Glanz, interpellé le 20 avril pour « participation à un groupement en vue de commettre des violences ou des dégradations », qui a reçu l’interdiction de couvrir les prochaines manifestations à Paris. En utilisant ce délit « le pouvoir cherche à intimider les journalistes », estime le SNJ-CGT.

§ – Carlton – palme d’or pour la CGT

Sur la croisette de Cannes, la Cgt reste majoritaire au sein du palace Carlton. Avec une représentativité de 70,86 %, elle rafle six siège sur sept au sein du collège employés et deux sièges sur trois au sein du collège agent de maitrise. De la même manière, la Cgt remporte huit poste de titulaire sur douze au Majestic.

§ – Restalliance – Mauvais traitements

Les salariés de la société de restauration et de nettoyage dénoncent des discriminations et des pratiques sociales douteuses. Mise à pied par SMS, heures supplémentaires toujours pas payés, mutations expéditives, propos tendancieux… La coupe est pleine ! A quatre reprise, ils ont manifesté leur colère devant les fenêtres de maisons de retraite parisiennes ou ils officient.

Les grèves à venir :

§ – Mobilisation des fonctionnaires

Suite à la grève nationale du 9 mai, les syndicats de la fonction publique se sont réunis le 16 mai afin de décider de la suite à donner à cette mobilisation.
Le lendemain, sept organisations syndicales ont publié un communiqué commun (lien) appelant les fonctionnaires à se mobiliser le lundi 27 mai, le mardi 28 mai et le mercredi 29 mai 2019. Les revendications concernent le projet de loi de transformation de la fonction publique.

§ – Mobilisation nationale des cheminots

La CGT-Cheminots appelle les cheminots actifs et retraités de la SNCF à une manifestation nationale à Paris le mardi 4 juin 2019. Ils dénoncent la réforme ferroviaire.

Des grèves et manifestations :

1 – Les territoriaux grévistes maintiennent la pression

Source : nouvelle république 13/05/2019 – par Xavier Le Roux 

Un nouvel échange hier après-midi avec la municipalité n’a toujours rien donné. Les territoriaux en grève ont reconduit leur mouvement jusqu’à lundi. Certes, hier dans la matinée, un comité technique paritaire de la Ville a connu une issue favorable (lire par ailleurs). Mais elle ne cache pas pour autant le conflit social qui s’en- racine dans les couloirs de la Ville, de la CAN et du CCASS. Initiée le 30 avril par l’intersyndicale CGT-FO- UNSA *, la grève a été reconduite hier midi jusqu’à lundi (et la tenue d’une nouvelle AG à la mi-journée) par environ 70 grévistes réunis en assemblée générale devant la mairie. “ Sans réponse, le mouvement va forcément finir par se durcir ! ”

Hier lors d’une nouvelle AG devant la mairie, la poursuite de la grève jusqu’à lundi, midi, a été votée à l’unanimité… « Mais chaque jour depuis le début, il y a environ 200 grévistes. Il y en a 100 % encore ce matin à la collecte des poubelles (lire par ailleurs) et aussi 100 % à la voirie » précise David Bodin (CGT), «sans oublier ceux qui sont sur les quatre piquets de grève » (aux services de la propreté urbaine, des déchets ménagers, de la voirie et à la déchetterie principale). « Et notre pétition atteint les 800 signatures, ce qui est très majoritaire ». L’échec des longues négociations – pendant trois heures – de la veille (NR d’hier) a laissé des traces. Hier en début d’après-midi, une dé- légation d’une trentaine de grévistes a remis le couvert en entrant en mairie pour obtenir un nouvel entretien, qu’ils finiront par décrocher trois quarts d’heure plus tard (avec le directeur général des services de la Ville et le chef de cabinet). Mais là encore, ce fut l’échec : quand l’inter- syndicale demande une revalorisation mensuelle du régime indemnitaire de 40 E bruts pour tous, dont la moitié versée dès juillet et l’autre en janvier (ainsi qu’une compensation d’une partie des journées de grève), la collectivité répond par une augmentation comprise entre 20 E et 40 E selon les catégories. 

« Ce n’est pas suffisant ! Et c’est un peu léger pour mettre fin au mouvement » a de nouveau martelé David Bodin. « Va falloir arrêter de faire les moutons ! Sans réponse, le mouve- ment va forcément finir par se dur- cir » enrageait une cégétiste hier midi lors de l’AG. « Depuis le début de la grève, on n’a pas reculé, mais presque ! » ajoutait un camarade. 

“ Nous sommes prêts à signer ” ;En attendant « des propositions concrètes, chiffrées et détaillées », l’intersyndicale ne baisse donc pas les bras et repousse toute idée de pourrissement du mouvement : « La mobilisation prend plus d’ampleur qu’elle n’en perd » croit savoir David Bodin qui s’empresse d’ajouter : « Si en face, on tend vers nos propositions, nos sommes prêts à signer. Nous savons qu’il y a une enveloppe possible. Cela nous donne l’espoir d’une sortie de crise rapide ».Début de réponse lundi. … plus tard en début d’après-midi, une délégation d’une trentaine de per- sonnes est entrée dans la mairie pour décrocher un nouveau rendez-vous de négociation. 

2 – Quatre salariés CGT de la centrale devant le tribunal – Uniper-Gardanne les a assignés pour mettre un terme au mouvement de grève

Source : La Provence 14/05/2019

Quatre salariés de la centrale de Gardanne, tous élus CGT dans les instances représentatives du personnel, étaient assignés hier à comparaître en référé par la direction pour trouble manifestement illicite. De fait, voilà quasiment cinq mois que la grève est à l’ordre du jour à la centrale, le syndicat protestant contre la décision du gouvernement d’arrêter d’ici 2022 toute production d’énergie au charbon. Alors pourquoi la direction passe-t-elle désormais par la case justice ? 

L’avocat d’Uniper, Me Joël Grangé du barreau de Paris, décrit une situation apocalyptique : “pneus accumulés, terrain de boules devant le local de la CGT, stigmatisation des non grévistes avec affichage de leurs noms”. Malgré la demande de la direction de remettre les choses en l’état et permettre l’accès au site, “la situation se dégrade” et atteint son acmé ces dernières semaines avec l’affrontement entre le député MoDem Laqhila et la CGT : intrusion active de manifestants lors d’une de ses réunions, demande de celui-ci de voir dissoudre le mouvement, re-manif et noms d’oiseaux… Le secrétaire départemental de la CGT était convoqué mardi 7 au commissariat d’Aix pour insulte. 

Or, plaide Me Grangé, “la centrale vit une période clé. Car la tranche biomasse, unité d’avenir, n’a pas vocation à fermer. Des investissements importants sont actuellement consentis, l’entreprise fait appel à des entreprises sous-traitantes pour entamer un programme de révision nécessaire pour sa mise en fonctionnement au 1er juillet, date de la première période commerciale. La CGT prend en otage ce calen- drier car le 2 mai était convoqué le secrétaire général de la CGT”. Déroulant un PV d’huissier attestant du nombre de sous-traitants qui n’ont pu accéder à la centrale ce jour-là -une perte financière estimée à 100 00 euro;-, il alerte : “Deux jours de retard seule- ment peuvent planter la saison commerciale, c’est 300 00 euro; de perte par jour ; cela va peut-être motiver l’actionnaire (actuel ou futur, les négociations de rachat par le Tchèque EPH sont bien avancées) à renoncer à tout investissement”. Voilà pourquoi ce 2 mai, la direction a introduit le référé et que, relève l’avocat d’Uniper avec ironie, le calme est revenu. Il réclame la protection de l’entreprise et des astreintes journalières en cas de nouveau blocage du site qui n’est “ni celui du syndicat, ni un jouet pour faire pression sur le gouvernement”. 

Pourquoi assigner ces salariés précisément, MM. Casoni, Hadjali, Soto et Pascal : “parce que l’huissier, à force, les connaît, qu’ils ont tous des fonctions syndicales, à la CGT, forcément puisque dans cette entreprise, elle réalise 90 % des votes, ce qui n’est pas en général signe de grande démocratie !” 

L’argument fait sourire l’avocat de la partie adverse, Me Sophie Panaias. Elle rappelle que saisi à l’époque sur les élections, le tribunal de Colombes avait relevé des irrégularités mais aucune fraude. “Le nouveau scrutin a donné un meilleur score à la CGT. Je comprends que cela vous embête.” 

Elle rebondit sur le terrain juridique : “Où est le trouble manifestement illicite alors qu’il n’est pas caractérisé et que l’avocat même d’Uniper reconnaît qu’à cet instant, il n’y en a pas ? On n’a rien à faire ici. Le dommage imminent n’est pas plus caractérisé pour la santé et la sécurité des salariés. En cinq mois, il n’y a pas eu un accident, la moindre entrave à la liberté d’aller et venir, aucune exaction. Ils défendent leur em- ploi, leur outil de travail. La grève est un droit constitutionnel et un gréviste perd son salaire. Mais pour le préserver, cet outil de travail, les grévistes ont participé aux opérations d’essai : quand la direction leur demandait cinq jours, ils en ont proposé dix. Le problème est que cette direction ne communique pas sur la situation actuelle et s’adresse au tribunal pour ses vertus pédagogiques… Tout en demandant 10 000 euro; en dommages et intérêts à titre provisionnel. On veut casser le mouvement de grève.” Le tribunal rendra sa décision mardi prochain. ■