UE : Privatisation des publications de recherche un vrai scandale

UE services publics interditsAlors qu’il est devenu quasiment impossible pour un jeune chercheur de trouver un emploi stable en France, alors que l’euro-austérité conduit à des coupes sombres dans tous les budgets de la recherche, il est surprenant et même scandaleux de constater que les budgets publics de recherches sont aspirés par les éditeurs privés à comités de lecture.

Dans le même temps, nous apprenons que 200 millions d’euros du aux universités ne leur auraient pas été versés…

En effet, dans le monde neo-libéral fils naturel d’Ubu et d’Huxley, le citoyen français paie trois fois les travaux de recherche :

Une première fois lorsque par ses impôts il finance le salaire des personnels et le matériel du laboratoire de recherche (jusque là c’est normal !).

Puis, une seconde fois lorsque l’organisme de recherche public doit s’abonner (avec les deniers publics si « chers » à M. Juncker !) à une revue privée à comités de lecture ayant pignon sur rue et évidemment privée.

Enfin, une troisième fois quand la communauté scientifique souhaite accéder au contenu des articles publiés…

Si l’on ajoute à cela le fait que les comités de lectures sont constitués pour partie de chercheurs publics travaillant bénévolement on comprend que l’on a affaire à un véritable scandale…

Celui de la privatisation des articles scientifiques, dont la diffusion est verrouillée par des groupes d’ privés.

Pourtant, sans échange, sans communication au sein de la communauté de la recherche, il n’est pas d’avancées possibles ! Rappelons que le web fut créé originellement pour permettre et faciliter le libre échange de connaissances scientifiques…
On ne peut que constater que le libre-échange pour les libéraux, c’est permettre la rapine du capital sur toutes les productions humaines, y compris les productions intellectuelles financées par la puissance publique.

Cette économie injuste et accapareuse est d’ailleurs florissante, c’est ainsi qu’alors que le budget de la recherche va être amputé de 400 millions d’euro, l’Etat français s’apprête à payer près de 170 millions d’euro au Néerlandais Elsevier le leader mondial de l’édition scientifique pour pouvoir accéder à des articles que ses propres chercheurs auront produits …. Sic !

Il est d’ailleurs remarquable que dans l’empire de la « concurrence libre et non-faussée », cet abonnement aux revues d’Elsevier se fasse sans appel à concurrence.

Remarquable aussi que les quatre leaders de ce marché (tous anglo saxons) affichent des taux de marges supérieurs à 30%…

Remarquable que ces quatre « éditeurs » publient exclusivement en globbish conduisant à un arrachage linguistique au cœur même de la Recherche française (ce qui ne sera pas pour déplaire à la Fioraso, fidèle servante du rouleau compresseur There.Is.No.Alternative !).

Remarquable que plutôt que de combattre ces entraves à la libre recherche, qui ne sont pas nouvelles, à la diffusion de la connaissance, au contraire sous prétexte de “mesure de la performance” “d’évaluation de la recherche”, de “labélisation” des pôles de recherche, les très libéraux ministres Firaso (droite complexée) et Pécresse (droite décomplexée) on renforcé la main mise de ces groupes sur l’édition scientifique d’évaluation individuelle reposant … sur la publication des travaux dans ces revues privés à comité de lecture. Obligeant donc les chercheurs à livrer gratuitement leurs travaux à ces négriers du savoirs. Quant aux financements de l’UE (plaisanterie au moins aussi douteuse pour ne pas dire couteuse)… il repose également sur la labellisation d’équipe projet reposant deviner sur quoi…. le même genre de critère !

Décidément dans l’Empire de Juncker d’Obama et d’Angela, on sait comment ne pas faire payer Apple ou les banques, comment jouer à cache cache au Luxembourg, et comment tirer jusqu’au dernier cent (en euro ou en dollar on dit pareil en globbish) du cochon de payeur qu’est le travailleur.

l’UE vampirise les budgets de la Recherche en France

Il faut également souligner qu’en raison de la complexification des financements des projets de recherches – non plus directement par l’Etat et ses organismes publics tels que le CNR – via les ubuesques subventions européennes, la recherche en France se voit priver de centaines de millions d’euros pourtant payés par le contribuable.

Car sous prétexte d’évaluation des “projets” et des chercheurs, de plus en plus les chercheurs se transforment en chercheur de budget. Dans ces conditions, alors que la France contribue très fortement aux programmes de recherche européens, ses chercheurs reçoivent nettement moins que ce ses travailleurs finance. Dans ces conditions, grâce à l’UE, c’est 600 millions d’euros qui tous les ans échappent à la recherche en France

les financements européens se font donc suivant des dossiers complexes reprenant toute la doxa des critères d’évaluations ultra-libéraux. Perdant leur temps à faire la chasse à des financements. Devant se plier à d’innombrables comité d’évaluation, à multiplier les publications dans ces revues privés à Comité de Lecture -dans les formes c’est à dire ne Globish. En un mot pour complaire à la vision de la recherche impulsée par l’Union Européenne du Capital et sa stratégie de Lisbonne, les chercheurs en sont réduis à faire du chiffres et à devoir se transformer en commerciaux. Qui voudra bien mesurer le cout de ces perte de temps? sans compter le fait que cette manière de faire contraint à travailler les sujets à la mode au risque de stériliser le travail de recherche.

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com/2014/11/10/france-prefere-payer-deux-fois-les-articles-chercheurs-255964