Rassemblement de solidarité avec les communistes polonais

Initié par le Comité internationaliste pour la solidarité de classe (CISC), Les Amis d’Edward Gierek et le PRCF,
et porté par une dizaine d’organisations, le rassemblement de solidarité avec les communistes polonais a été couronné de succès, ce samedi 27 janvier 2018.

En dépit de demandes répétées, Tomasz Młynarski, l’ambassadeur de Pologne à Paris, a refusé de recevoir la délégation qui souhaitait lui exposer ses doléances.

VARSOVIENNE A PARIS : la lutte antifasciste

Ce samedi 27 janvier 2018, une bonne centaine de militants franchement communistes et internationalistes se sont retrouvés devant l’ambassade de Pologne à Paris à l’appel des Amis d’Édward Gierek, du Comité internationaliste pour la solidarité de classe et d’une dizaine d’associations parmi lesquelles le PRCF et les JRCF, extrêmement dynamiques et visibles avec des dizaines de drapeaux et une banderole « Pologne antifasciste ». Etaient également présents un représentant de la Coordination du nord et plusieurs militants du PCRF, des Polonais de Paris, une déléguée du PC polonais, le représentant d’un PC russe, un membre du CN du PCF présent à titre personnel, une personnalité communiste indonésienne, un camarade communiste italien, ainsi que nos camarades Annie Lacroix-Riz et Georges Gastaud, soulignant ainsi le caractère international de ce rassemblement réussi. Des manifestants s’étonnaient toutefois de l’absence inexpliquée de certains signataires de l’appel aux autorités polonaises.

Les slogans scandés par les militants dénonçaient non seulement le fascisant président polonais Kaczynski, mais aussi la totale complicité de l’UE qui “bénit les fascistes et traque les communistes” en multipliant les poursuites contre les dirigeants et contre les journalistes communistes. Au titre du PRCF, Fadi Kassem a souligné que cette action n’était pas une fin en soi mais le début d’une action de longue haleine pour la défense des libertés fondamentales et la pleine liberté d’expression du KPP, le vaillant PC polonais. Le rassemblement s’est conclu aux accents de l’Internationale et de la Varsovienne, l’un des chants de combat de la Révolution d’Octobre.

A bientôt MM. les diplomates polonais, qui avez courageusement préféré – sans doute au nom de l'”anti-totalitarisme” et de l’amour du “pluralisme – fermer votre ambassade plutôt que d’engager le dialogue avec les Français qui ne pensent pas comme vous !

PRCF ile de France

https://youtu.be/RgZXwKwpNV4


Solidarité avec les communistes polonais, au nom de l’internationalisme prolétarien

« KPP, solidarité ! » « Kaczynski fasciste, vive le Parti communiste ! » « Elle est pourrie l’Union européenne qui bénit les fascistes et traque les communistes ! »

Les slogans fusent. Il est 14h 30 ce samedi 27 janvier 2018 lorsque des dizaines de personnes manifestent devant l’ambassade de Pologne à Paris leur solidarité avec le Parti communiste polonais (KPP) dont deux militants sont poursuivis par la « Justice » polonaise.

Ils risquent deux ans de prison pour avoir écrit des articles… Pour avoir exprimé une opinion, dans Brzask, la revue du KPP, et sur le site internet d’une organisation pourtant légale ! Quel bel exemple de « démocratie » et de « respect du pluralisme » que cette Pologne de la restauration capitaliste !À l’ombre des drapeaux rouges marqués du marteau et de la faucille ou aux couleurs du pays de Mickiewicz, les intervenants se succèdent*.

La situation économique dans cette Pologne capitaliste devenue un « réservoir de main-d’oeuvre taillable et corvéable à merci ». La répression anticommuniste qui affecte non seulement la Pologne, mais aussi la Hongrie, les pays baltes ou encore l’Ukraine. La montée de l’autoritarisme en France même, à travers la criminalisation soutenue du mouvement social (4 300 militants poursuivis dans le cadre de la lutte contre la loi Travail). La fascisation qui « accompagne la marche de l’Europe supranationale et néolibérale » et la nécessaire solidarité internationaliste de classe qui unit les communistes par-delà les frontières. Le ton est à la contre-offensive.

Un premier pas vers la délégalisation du KPP

Une représentante du KPP est alors invitée à prendre la parole. Une ovation lui est réservée.

« En Pologne, on se sent parfois bien seuls, envahis par l’anticommunisme et aux prises avec la démonisation de notre passé et de la Pologne populaire », commente-t-elle. Elle se dit « ravie de vous voir ici. C’est un grand espoir pour nous ».

Et de rappeler que « ce procès est un élément clé des répressions contre la gauche révolutionnaire et communiste en Pologne. Cette accusation est le premier instrument afin d’interdire, de délégaliser le Parti communiste polonais et de criminaliser l’idée communiste ». À ses côtés ont pris position une figure de la résistance communiste en Indonésie, un membre du conseil national du PCF et aussi des « camarades italiens »… Le rassemblement se termine aux sons de La Varsovienne et de L’Internationale interprétée en polonais !

Manifestations en Europe

De Varsovie, prévenus du succès de cette mobilisation, les dirigeants du KPP se félicitent ! Des manifestations similaires ont eu lieu à Berlin, Londres, Moscou, Leningrad, Madrid et Barcelone… Une ombre au tableau cependant : Tomasz Młynarski, l’ambassadeur de Pologne à Paris, a refusé de recevoir une délégation sous prétexte d’un « agenda chargé ». « La valeur d’un homme ne se mesure pas à son statut. La valeur d’un homme réside dans son courage », révèle une citation célèbre. D’aucuns en manquent assurément…

Ont successivement pris la parole lors de ce rassemblement : Les Amis d’Edward Gierek, le Comité internationaliste pour la solidarité de classe (CISC), la Coordination communiste 59/62, le Front syndical de classe (FSC), Jeunes pour la renaissance communiste en France (JRCF), Parti communiste de la Fédération de Russie, Parti communiste révolutionnaire de France (PCRF), Pôle de renaissance communiste en France (PRCF), Parti communiste polonais (KPP).

JK – pour les amis d’Edward Gierek.

Le message du KPP :

Message du KPP lu devant l’ambassade de Pologne à Paris  lors du rassemblement de soutien aux communistes polonais,  le 27 janvier 2018

« Nous remercions toutes les organisations et les personnes présentes à cette manifestation, notamment ceux qui soutiennent depuis 1 an et demi notre lutte contre les répressions anti-communistes en Pologne. Depuis deux ans les membres du Parti Communiste Polonais KPP doivent faire face à ce procès ou on les accuse de « propager le communisme » dans leur journal « Brzask » et sur leur site internet. Ils sont accusés en effet d’avoir appelé à une révolution pour mettre fin à ce qui est le vrai totalitarisme, le capitalisme. Les autorités de la Pologne répriment de plus en plus les opinions communistes en les portraiturant en « idées totalitaires ». Il y a un an le tribunal avait arrêté les poursuites mais le procureur a fait appel et la procédure a été renouvelée. L’audience prochaine aura lieu le 1 février 2018.

Pour avoir écrit de simples articles, les membres du KPP peuvent être condamnés jusqu’à deux ans de prison !

Ce procès est un élement clé des répressions contre la gauche révolutionnaire et communiste qui ont lieu en Pologne. Cette accusation est un instrument visant à interdire, délégaliser le Parti Communiste Polonais et de criminaliser les idées communistes. Depuis la prise du pouvoir fin 2015 le parti Droit et Justice PiS intensifie les répressions et l’anti-communisme devient une composante primordiale de l’idéologie officielle de l’Etat. De l’espace public on détruit et élimine tous les monuments et signes de mémoires du temps du socialisme et de la lutte contre le fascisme.

Dans le cadre de la loi sur la décommunisation des noms de rues liées à l’histoire du mouvement ouvrier ont été débaptisées. Les autorités détruisent aussi les monuments erigés en mémoire des soldars de l’Armée Rouge qui sont morts en libérant la Pologne du nazisme. Des destructions sont opérées y compris dans les cimetières ce qui à juste titre susciste colère et incompréhension au niveau international. Ces détructions barbares s’accompagnent d’une propagande mensongère réécrivant l’Histoire et éliminant toutes les réalisations positives du socialisme. La campagne de mensonge envahit même les manuels scolaires.

L’acteur clé de cette campagne est l’Institut de mémoire nationale, de sinistre mémoire ! Cette institution, née en 1997 de la première loi de « lustration » est une institution non prévue dans la Constitution et pourtant disposant d’un gigantesque pouvoir. Elle est une agence d’Etat à mi chemin entre une institution d’archives (l’IPN s’est progressivement accaparé la totalité des Archives du 20ème siecle après avoir mis la main sur les archives de l’ancienne police des services secrets UB) et un tribunal. Ce tribunal statue sur la base des archives sur la vie des citoyens sans que ces citoyens puissent faire appel de sa décison ! Une juridiction d’exception qui peut briser les carrières, des vies, diffamer publiquement des gens et empécher des personnes d’excercer leur citoyenneté (en effet toute personne postulant à un poste public doit remplir une « fiche de lustration » qui est contrôlée par l’IPN) est complètement contraire à la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), aux droits de l’homme, aux valeurs de l’Union européenne (UE)… Mais l’UE, si prompte à accuser la Russie détourne les yeux depuis des décennies sur les violations des droits humains en Pologne !

L’Institut de mémoire nationale reçoit de plus en plus de subventions publiques afin de pouvoir empoisonner les esprits, notamment des jeunes. Chaque année les subventions sont plus grandes afin de lui permettre de manipuler la mémoire nationale, porter au pinacle comme prétendus « résistants soldats maudits », les fascistes polonais des Narodowe Sily Zbrojne (NSZ) ou banaliser l’Insurrection de Varsovie comme étant un jeu bon pour les enfants. Certains membres du comité de direction de l’IPN ont en effet des liens avec le mouvement néofasciste.

La Pologne de 2018 n’est pas un pays respectant la liberté d’expression ; ni la liberté de réunion, ni d’association. C’est pour cela que la solidarité des forces révolutionnaires internationales est si importante. Le KPP a besoin de votre soutien parce qu’il va continuer la lutte malgré tout.

Les pouvoirs peuvent interdire un parti ou une organisation mais on ne peut interdire une idée.

Le KPP a besoin de ce qui a toujours fait la force du mouvement communiste révolutionnaire : La Solidarité Internationale !

A bas la répression anticommuniste en ¨Pologne !

Vive la solidarité internationale communiste !

Le compte rendu et le discours des JRCF

Depuis presque trois ans nos camarades communistes polonais du KPP sont poursuivis pour avoir écrit un article dans leur journal, un texte qui comparait la situation industrielle sous la Pologne populaire et celle du retour au capitalisme. On leur reproche de faire de la propagande totalitaire, mais pendant ce temps-là les mouvements fascistes (qui sont aussi les électeurs du parti Droit et justice au pouvoir) peuvent manifester, se balader avec des symboles fascistes, appeler à un nouvel holocauste, à massacrer leurs ennemis et à une Europe blanche, cela ne pose aucun problème.

C’est face à cette situation que Les amis d’Edward Gierek, le Comité internationaliste de solidarité de classe et le PRCF ont décidé d’organiser le 27 janvier un rassemblement devant l’Ambassade de Pologne à Paris, pour protester contre cette injuste poursuite d’une justice de classe et montrer notre solidarité avec le KPP.

Nous étions une centaine de personnes et ce fut un beau moment de solidarité internationaliste.

Parmi les autres intervenants nous avons eu l’immense plaisir d’avoir la participation de représentants du PCRF, de la Coordination communiste 59/62, de FVR-PCF, du Front syndical de classe, de deux camarades communistes polonais et aussi, de manière inattendue, d’un camarade communiste russe !

Les JRCF ont bien sûr prononcé un discours pour assurer de leur soutien les camarades polonais.

Ce rassemblement n’est pas une fin en soi. Nous rappelons que nos camarades passent en procès le jeudi 1er février prochain. Les JRCF tiennent à rappeler leur engagement contre la répression des communistes partout dans le monde, mais aussi de tous ceux qui sont persécutés pour leurs activités progressistes. Nous tenons donc à rappeler qu’il n’y a pas que la Pologne qui se fascise, car chez nous en France depuis les manifestations contre la loi travail de 2016, plus de 4000 personnes ont été poursuivies pour leur activité syndicale, politique ou associative. Que notre cher président ne trouve rien de mieux que de matraquer les migrants à Calais et d’envoyer au tribunal les personnes qui les aident !

Hier comme aujourd’hui : SOLIDARITÉ DE CLASSE !  

 

RÉPRESSION ANTICOMMUNISTE EN POLOGNE

Henri Dudzinski, le consul de Pologne à Lille, aux abonnés absents !

Le Comité internationaliste pour la solidarité de classe, l’association Les Amis d’Edward Gierek, le Pôle de renaissance communiste en France (PRCF) et la Fédération du Pas-de-Calais du Parti communiste français (PCF) souhaitaient rencontrer Henri Dudzinski, le consul honoraire de Pologne à Lille, afin de lui exposer leurs préoccupations concernant la situation du Parti communiste polonais (Komunistyczna Partia polski / KPP). Celui-ci fait, outre-Oder, l’objet d’une répression impitoyable. Deux de ces militants sont, aujourd’hui, menacés de prison pour le simple fait d’avoir exprimé des opinions dans Brzask, la revue du parti, et sur leur sites internet. Leur procès se déroulera à Dabrowa Gornicza (Haute-Silésie), ce jeudi 1er février 2018[1].

Le consul a opposé à ces quatre organisations une fin de non-recevoir sous prétexte de « n’avoir aucun pouvoir » et qu’elles allaient « perdre leur temps à aller le voir » ! Et le diplomate d’affirmer qu’il n’exerçait qu’une « fonction honorifique ». Quel « honneur » en effet que de servir le gouvernement « national-catholique » de Varsovie sur la pente de la fascisation… Ancien journaliste à La Voix du Nord, Henri Dudzinski, s’était, après de longs mois de silence, finalement exprimé dans les colonnes de ce quotidien[2] au sujet des débaptisations des rues et places évoquant la Pologne populaire ou plus largement l’idéal communiste. Il y affirmait refuser « la dictature, qu’elle soit brune, rouge ou noire ». Plutôt paradoxal quand, dans ces mêmes colonnes, le consul lançait un plaidoyer en faveur de cette Union européenne supranationale et néolibérale. Une véritable machine de guerre imaginée dès ses débuts au service de la classe capitaliste, destinée à broyer la liberté des peuples à disposer d’eux-mêmes, à briser la protection sociale ou à détricoter le droit du travail…

Une insulte à la mémoire de la Résistance

En refusant de recevoir une délégation dans ses locaux de Lens[3], Henri Dudzinski fait donc bien peu de cas de la répression qui affecte les communistes polonais. Ou un sens des Droits de l’homme à géométrie variable pour ce thuriféraire de l’inénarrable Lech Walesa qui a livré son pays aux appétits capitalistes ! Un refus d’autant plus malvenu qu’Henri Dudzinski, figure de la Polonia[4] du Nord-Pas-de-Calais, travaille aujourd’hui à la célébration du centenaire de la convention franco-polonaise de septembre 1919. Un accord qui organisa l’émigration massive de citoyens polonais fuyant la misère de la Pologne nobiliaire pour les mines de charbon du Nord de la France. Parmi ces émigrés, les Burczykowski, Bronislaw Kania, Józef Kolorz, Antoni Kochanek, autant de résistants communistes qui tombèrent sous les balles des nazis en France ou des fascistes en Espagne. Des résistants luttant « pour votre et notre liberté », dont le KPP revendique justement la filiation. Ignorer une demande légitime d’organisations porteuses des revendications d’une frange de l’opinion publique[5] revient aussi à insulter la mémoire de cette aile gauche de la communauté franco-polonaise du Nord. A l’instar de Thomas Olszanski ou d’Edward Gierek, ses acteurs luttèrent pourtant sur le front de classe pour l’amélioration de la condition ouvrière. Mais, sans doute, s’agit-il pour notre consul de ne pas heurter la sensibilité du gouvernement polonais susceptible de financer, en 2019, les cérémonies du centenaire ?

« La valeur d’un homme ne se mesure pas à son statut. La valeur d’un homme réside dans son courage », révèle une citation célèbre. D’aucuns en manquent assurément…

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[1] Un rassemblement de solidarité avec le KPP s’est déroulé à Paris, ce samedi 27 janvier 2018. Le lien : https://www.initiative-communiste.fr/articles/europe-capital/rassemblement-de-solidarite-communistes-polonais/

[2] La Voix du Nord (édition de Lens), 13 septembre 2017

[3] Henri Dudzinski dirige l’Institut des civilisations et études polonaises (ICEP) dont les locaux se trouvent à l’université de Lens.

[4] Ce terme désigne l’ensemble des immigrés polonais et de leurs descendants.

[5] A l’initiative de l’association Les Amis d’Edward Gierek, une pétition (dite « Appel des 118 ») a été adressé à Tomasz Młynarski, l’ambassadeur de Pologne en France, et à Henri Dudzinski. Aucun n’a daigné accuser réception de ce courrier. Le lien : https://www.initiative-communiste.fr/wp-content/uploads/2017/12/Appel-des-118-pologne.pdf