Pologne, face à la fascisation, le silence des chiens de garde !

Dans la nuit du 31 janvier 2018, le sénat polonais – acquis aux ordres du parti d’extrême droite PiS – a donc voté une loi visant “à pénaliser ceux qui disent la vérité sur les délateurs polonais et ces citoyens polonais qui assassinaient leurs voisins juifs” pour reprendre les mots de citoyens polonais de confession juive cités par RTL. Une loi qui a provoqué une timide levée de boucliers et surtout l’indifférence médiatique en France. Une loi qui pourtant s’ajoute aux symptômes inquiétants d’un régime qui chaque jour bascule plus proche de la fascisation. Un régime qui s’en prend aux femmes et qui attaque les militants antifascistes, à commencer par les communistes. De fait, le régime du PiS est le fruit de ces dernières décennies de campagne anticommunistes et de l’idéologie réactionnaire impulsée par l’Union Européenne.

Pologne, le silence des chiens de garde

Monsieur Guetta le matin du 30 janvier sur France Inter, France 2 la veille dans son JT et d’autres nous parlent de la Pologne.

Bravo.

Les mêmes dénoncent la réécriture de l’histoire par le pouvoir polonais du PIS de Kaczyński à propos des camps d’extermination en territoire polonais ou de la participation des certains Polonais à l’extermination de leurs compatriotes juifs.

Bravo également à ces journalistes soucieux de vérité historique…

Les mêmes font référence à l’anniversaire de la libération d’ Auschwitz “oubliant” de dire que c’est l’ Armée rouge qui, au prix de 27 millions de morts soviétiques provoqués par la guerre d’extermination nazie, a pu libérer le camp et, plus généralement, l’ Europe occupée par Hitler.

Mais surtout les mêmes taisent, censurent, cachent, dissimulent, camouflent, mentent par omission, trompent les citoyens en ne disant pas un mot de la répression qui s’abat sur les communistes de Pologne où ceux-ci sont menacés de prison du seul fait de leurs opinions.

Une telle attitude de la part des médias d’État ou de ceux qui sont la propriété directe du grand capital est proprement scandaleuse et obscène. Non seulement du point de vue des valeurs démocratiques dont ces plumitifs-mercenaires osent se réclamer, mais de la plus élémentaire honnêteté intellectuelle et de la déontologie journalistique.

Cent personnes se sont réunies samedi 27 janvier devant l’ambassade de Pologne par solidarité avec les communistes victimes d’une chasse aux sorcières odieuse de la part des cléricalo-fascistes au pouvoir à Varsovie. Soyez certains que nul parmi ces chiens de garde ne vous en dira un mot.  De même qu’aucun média de l’ainsi-dit « service public » n’a, ne serait-ce que signalé le meeting du 4 novembre organisé à Paris par le PRCF, en présence de près de 400 personnes et avec l’appui de plus de 30 partis communistes étrangers, en défense de la Révolution d’Octobre. Après quoi l’on s’étonnera que les Français fassent de moins en moins confiance aux médias officiels…

La réalité est que ces faux journalistes bien-pensants sont alignés sur l’UE. Celle-ci feint de critiquer les manquements aux libertés en Pologne (dès lors qu’ils gênent certains membres du haut appareil d’Etat polonais), mais elle cautionne la chasse aux sorcières dans les pays de l’Est, tout en fermant les yeux sur l’énorme vague fascisante qui, à l’abri de l’anticommunisme d’État, submerge les ex-pays socialistes satellisés par l’UE/OTAN : à commencer par l’Ukraine ouvertement pronazie de Porochenko. Sans parler de la montée en puissance des nostalgiques du Reich à Berlin (plus de 90 députés de l’AFD siègent au Bundestag), capitale réelle de l’UE, ou à Vienne, où le FPÖ occupe les principales places dans le gouvernement en place.

C’est ainsi que l’on prépare le terrain du fascisme, l’anticommunisme justifiant toute les bassesses et toutes les trahisons.

Antoine Manessis


Message du KPP lu devant l’ambassade de Pologne à Paris lors du rassemblement de soutien aux communistes polonais,

 le 27 janvier 2018

« Nous remercions toutes les organisations et les personnes présentes à cette manifestation, notamment ceux qui soutiennent depuis 1 an et demi notre lutte contre les répressions anti-communistes en Pologne. Depuis deux ans les membres du Parti Communiste Polonais KPP doivent faire face à ce procès ou on les accuse de « propager le communisme » dans leur journal « Brzask » et sur leur site internet. Ils sont accusés en effet d’avoir appelé à une révolution pour mettre fin à ce qui est le vrai totalitarisme, le capitalisme. Les autorités de la Pologne répriment de plus en plus les opinions communistes en les portraiturant en « idées totalitaires ». Il y a un an le tribunal avait arrêté les poursuites mais le procureur a fait appel et la procédure a été renouvelée. L’audience prochaine aura lieu le 1 février 2018.

Pour avoir écrit de simples articles, les membres du KPP peuvent être condamnés jusqu’à deux ans de prison !

Ce procès est un élement clé des répressions contre la gauche révolutionnaire et communiste qui ont lieu en Pologne. Cette accusation est un instrument visant à interdire, délégaliser le Parti Communiste Polonais et de criminaliser les idées communistes. Depuis la prise du pouvoir fin 2015 le parti Droit et Justice PiS intensifie les répressions et l’anti-communisme devient une composante primordiale de l’idéologie officielle de l’Etat. De l’espace public on détruit et élimine tous les monuments et signes de mémoires du temps du socialisme et de la lutte contre le fascisme.

Dans le cadre de la loi sur la décommunisation des noms de rues liées à l’histoire du mouvement ouvrier ont été débaptisées. Les autorités détruisent aussi les monuments erigés en mémoire des soldars de l’Armée Rouge qui sont morts en libérant la Pologne du nazisme. Des destructions sont opérées y compris dans les cimetières ce qui à juste titre susciste colère et incompréhension au niveau international. Ces détructions barbares s’accompagnent d’une propagande mensongère réécrivant l’Histoire et éliminant toutes les réalisations positives du socialisme. La campagne de mensonge envahit même les manuels scolaires.

L’acteur clé de cette campagne est l’Institut de mémoire nationale, de sinistre mémoire ! Cette institution, née en 1997 de la première loi de « lustration » est une institution non prévue dans la Constitution et pourtant disposant d’un gigantesque pouvoir. Elle est une agence d’Etat à mi chemin entre une institution d’archives (l’IPN s’est progressivement accaparé la totalité des Archives du 20ème siecle après avoir mis la main sur les archives de l’ancienne police des services secrets UB) et un tribunal. Ce tribunal statue sur la base des archives sur la vie des citoyens sans que ces citoyens puissent faire appel de sa décison ! Une juridiction d’exception qui peut briser les carrières, des vies, diffamer publiquement des gens et empécher des personnes d’excercer leur citoyenneté (en effet toute personne postulant à un poste public doit remplir une « fiche de lustration » qui est contrôlée par l’IPN) est complètement contraire à la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), aux droits de l’homme, aux valeurs de l’Union européenne (UE)… Mais l’UE, si prompte à accuser la Russie détourne les yeux depuis des décennies sur les violations des droits humains en Pologne !

L’Institut de mémoire nationale reçoit de plus en plus de subventions publiques afin de pouvoir empoisonner les esprits, notamment des jeunes. Chaque année les subventions sont plus grandes afin de lui permettre de manipuler la mémoire nationale, porter au pinacle comme prétendus « résistants soldats maudits », les fascistes polonais des Narodowe Sily Zbrojne (NSZ) ou banaliser l’Insurrection de Varsovie comme étant un jeu bon pour les enfants. Certains membres du comité de direction de l’IPN ont en effet des liens avec le mouvement néofasciste.

La Pologne de 2018 n’est pas un pays respectant la liberté d’expression ; ni la liberté de réunion, ni d’association. C’est pour cela que la solidarité des forces révolutionnaires internationales est si importante. Le KPP a besoin de votre soutien parce qu’il va continuer la lutte malgré tout.

Les pouvoirs peuvent interdire un parti ou une organisation mais on ne peut interdire une idée.

Le KPP a besoin de ce qui a toujours fait la force du mouvement communiste révolutionnaire : La Solidarité Internationale !

A bas la répression anticommuniste en ¨Pologne !

Vive la solidarité internationale communiste !