Grèce : L’UE désigne son candidat officiel

L’ingérence de l’UE dans les affaires intérieures grecques n’est pas nouvelle mais elle est particulièrement choquante.

pour la première fois, la Commission européenne ose désigner son « candidat officiel » dans une élection nationale

grece20111Elle crée en outre un précédent : pour la première fois, la Commission européenne ose désigner son « candidat officiel » dans une élection nationale : c’est une étape supplémentaire dans l’humiliation des nations et dans la construction de l’UE transatlantique de l’Axe Berlin-Washington.

En fait ce qui effraie l’UE c’est la victoire possible de Syriza aux législatives. Non pas que Syriza soit porteur d’un programme de rupture avec l’euro et l’UE : il s’agit clairement d’un parti euro-réformiste qui, à l’unisson du PGE, diffuse le mensonge social-maastrichtien de « l’Europe sociale » et de l’ « euro au service des peuples » ; mais parce qu’une situation politique n’est pas déterminée par les états-majors des partis politiques mais, en définitive, par les attentes et les actions des masses qui en ont assez de souffrir en vain, comme le montrent les luttes de ces derniers mois à l’initiative du PAME.

De plus existe en Grèce un parti, le Parti communiste de Grèce (KKE), qui indique la voie de la sortie de l’UE dans la perspective du socialisme. Et donc de la conquête de la souveraineté véritable  de la Grèce. Un parti dont l’audience de masse dépasse les scores électoraux, d’ailleurs eux-mêmes en phase de remontée (Municipales à Késseriani)..

Cette dynamique potentielle sème la panique au sein des classes dirigeantes d’Europe, d’autant que la crise systémique du capitalisme et les manœuvres irresponsables des USA et de l’UE contre la Russie mettent le monde capitaliste au bord de l’effondrement boursier. Même les idéologues médiatiques sont contraints par les faits “têtus” de reconnaître que la politique que l’UE impose à la Grèce ne peut pas permettre à ce pays de rembourser la dette et que le peuple grec a été torturé inutilement. Sauf pour ceux qui profitent des mesures de la Troïka: le grand capital grec et européen car c’est cela que les Hollande, Macron et autres dirigeants UMP cherchent à imposer en France !

Ephialtis, le traître de la bataille des Thermopyles

BRISONS LES CHAINES DE L UNION EUROPEENNEPour ce qui est des présidentielles, ce ne serait pas la première fois que le pouvoir en place achèterait des députés. Les Grecs ont même donné un nom à ces corrompus celui d’ Ephialtis, le traître de la bataille des Thermopyles : comme quoi, les peuples n’oublient pas l’histoire de leur nation et de ses luttes patriotiques millénaires.

Reste de ce constat que entretenir la mystification d’une UE capable de devenir sociale comme le fait le PGE et chez nous son président Pierre Laurent est non seulement une trahison pure et simple des intérêts populaires et nationaux mais aussi une négation d’une réalité implacable: la loi d’airain de l’euro et de l’UE est et ne peut être que la loi du capital, et aussi, de plus en plus, de la guerre sociale contre les peuples, de la fascisation et de la marche à une nouvelle guerre mondiale.

L’UE veut éviter l’arrivée de la gauche radicale au pouvoir en Grèce

L’Europe a de nouveau les yeux tournés vers la Grèce. Les marchés sont fébriles, la Bourse d’Athènes a plongé. Mercredi 17 décembre doit se tenir le premier tour de l’élection par les députés du président de la République. Le scrutin est à haut risque car si le candidat du gouvernement, l’ancien commissaire européen conservateur Stavros Dimas, ne parvient pas à se faire élire au terme du troisième tour, prévu le 29 décembre, il y aura dissolution de l’Assemblée. Et des législatives anticipées dont le parti de gauche radicale Syriza – favori dans les sondages – pourrait sortir vainqueur.

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Si le candidat du gouvernement ne parvient pas à se faire élire par les députés au terme de ces trois tours, il y aura dissolution de l’Assemblée et convocation d’élections législatives anticipées, qui auront lieu au plus tôt le 1er février.

Dans les rangs de Syriza, un climat de précampagne règne. Son président, Alexis Tsipras, se dit prêt à prendre les rênes du pays et promet la sortie des mémorandums, ces grands accords qui organisent les réformes imposées à la Grèce en échange de 240 milliards d’euros de prêts depuis 2010. Hausse du salaire minimum, moratoire sur les dettes privées aux banques, annulation de près des deux tiers de la dette publique et augmentation des dépenses de l’Etat : le programme de Syriza entrerait clairement en conflit avec les objectifs fixés par les créanciers de la Grèce.

Bruxelles n’a pas hésité à intervenir dans le débat. Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a soutenu le candidat de M. Samaras, en expliquant qu’il souhaitait « revoir des visages familiers en janvier ». C’est dans ce contexte tendu que le commissaire européen à l’économie, Pierre Moscovici, est arrivé lundi 15 décembre en Grèce pour une visite de deux jours. M. Moscovici est venu pour « saluer les progrès faits par la Grèce » et « défendre les réformes structurelles ». Quant à « l’idée d’envisager de ne pas rembourser une dette énorme », elle est « suicidaire ». Aucune rencontre n’est prévue avec M. Tsipras.

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