Grande Bretagne : une gauche combative crée la surprise contre les sondages, preuve qu’une élection se joue en allant voter.

C’est là sans doute le principal enseignement des élections générales en : une gauche combative crée la surprise contre les sondages. Avec une forte mobilisation de la jeunesse et des classes populaires.

A la veille du première tour des législatives en France, les médias du système jouent eux la démobilisation en s’appuyant de la même manière sur des sondages qui comme des prophéties autoréalisatrices veulent faire croire que les résultats sont joués d’avance.

Grande Bretagne : une gauche combative crée la surprise contre les sondages

Donné largement perdant par les sondages et les principaux médias britanniques – détenus et contrôlés comme en France par les milliardaires – c’est le parti travailliste de Jeremy Corbyn qui sort principal gagnant des élections parlementaires anticipées déclenchée par la première ministre Theresa May. Il ne s’en est fallu que de 700 000 voix pour que le Labour sorte en tête de ces élections.

A l’évidence ces résultats spectaculaires confirment le potentiel mobilisateur et rassembleur qu’aurait un vrai programme de gauche, un résultat à rapprocher de la percée du vote Mélenchon au premier tour de la présidentielle en France. Surtout, ils démontrent qu’à l’opposé des campagnes de presse annonçant depuis des mois que le retour à gauche du Labour de Corbyn lui promettait une cinglante défaite dans les urnes – sondages à l’appui ! – une fois de plus les électeurs ne se sont pas laissé impressionner et ont refusé d’accorder une majorité à la droite de May. Une leçon à méditer en France alors que les électeurs sont appelés aux urnes demain : ni les sondages, ni les éditoriaux, ni les JT ne devraient dicter le résultat d’une élection ! A condition que chaque électeur se mobilise et fasse en conscience son devoir démocratique. En France aussi la gauche populaire et de lutte a les moyens de créer la surprise dans les urnes dimanche.

Les résultats :

  1. Conservateurs : 42.4% en progression de +5.5% – 318 sièges (-14)
  2. Travaillistes : 40.%en progression de +9.5 % – 263 sièges (+31)
  3. Libéraux démocrates : 7.3% – en recul de 0.5% – 12 sièges (+4)
  4. Nationalistes écossais : 3% – en recul de 1.7% – 35 sièges (-21) [Le SNP demeure le premier parti en Ecosse avec 36.9%, mais en recul de 13.1%)
  5. Souverainistes de droite (UKIP) : 1.9% – en recul de 10.8% – 0 siège ( -1)
  6. Verts : 1.6% en recul de 2.1% – 1 siège
  7. Parti démocrate unis (DUP) : 0.9% en progression de +0.3% – 10 sièges (+2) [premier parti en Irlande du Nord avec 36% – +10%)
  8. Sin Fein (indépendantiste irlandais) : 0.7%  – 7 sièges (+3) [second parti en Irlande du Nord avec 29.4% – 4%)

Retrouvez les résultats détaillées communiqués par la BBC : http://www.bbc.com/news/election/2017/results

Un brexit de gauche ?

Alors que May avait déclenché ces élections anticipées pour pouvoir donner le champ libre aux Conservateurs pour mener un Brexit de droite, les travailleurs britanniques et notamment les jeunes ont bouleversé ses plans. En votant massivement pour le Labour de Corbyn, un parti reconnaissant le Brexit mais qui propose un programme de plus en plus à gauche, avec notamment des nationalisations. Ce résultat électoral démontre d’ailleurs s’il le fallait la nature de classe et le contenu politique du vote en faveur du Brexit. On retrouve en effet une parfaite superposition du vote en faveur du Brexit et du vote Labour à ces élections générales. Le Brexit et le Labour réalisant les meilleurs scores dans les circonscriptions industrielles du pays, celles de la classe ouvrière.

JBC pour www.initiative-communiste.fr

Le communiqué de veille d’élection du CPB (parti communiste de Grande Bretagne)

Traduction www.initiative-communiste.fr

Le Parti communiste a salué les progrès du Labour dans les sondages d’opinion, mais observe que 18 mois d’attaques acharnées des médias de masse contre Jeremy Corbyn et au sein de son propre parti ont laissé le Labour devant une montagne à franchir.

S’adressant au comité politique du CPB, Ben Chacko a rappelé le manifeste électoral du Labour comme un tournant dans la campagne qui a vu le tassement des Tories mener de plus de 20 points à une avance réduite à un seul chiffre

«Un parlement instable est maintenant plus que probable et une victoire du Labour n’est plus impossible», a commenté l’éditorialiste du Morning Star, le journal du CPB, en particulier avec l’inscription massive des jeunes électeurs. L’un ou l’autre résultat représenterait une «humiliation» pour la première ministre Theresa May.

Contrairement à une campagne tory faite de personnalisation, de mantras infantiles, d’abus personnalisés et de programme politique dissimulé, le programme du Labour s’engage à abolir les contrats zéro heure, augmenter les revenus, imposer les riches et les grandes entreprises et renationaliser les chemins de fer, la Poste et les services publics.

« Cela montre la superficialité de décennies de domination idéologique néolibérale que l’opinion publique reste constamment en faveur de ce qui a été stigmatisé sur tous les bancs de la Chambre des Communes comme impensable, lointain,ou comme politique de dinosaures », a souligné M. Chacko.

Il a fait preuve d’un mépris particulier pour les Tory et les accusations médiatiques de droite que Jeremy Corbyn est « faible contre le terrorisme » parce qu’il s’oppose aux guerres des impérialismes britannique et américain à l’étranger.

«C’est profondément hypocrite, compte tenu de la preuve que le poseur de bombes de Manchester s’est radicalisé dans la guerre pour renverser le colonel Khadaffi en Libye, où la Grande-Bretagne a soutenu les rebelles islamistes et semble avoir supprimé les contrôles au frontières afin que leurs partisans en Grande-Bretagne puissent aller en Libye et les rejoindre ‘, accuse l’éditorialiste du Morning Star.

Mais les communistes britanniques ont averti que Brexit restait un point faible dans la plate-forme électorale du Labour, même si les efforts de Tory et LibDem pour en faire la principale question électorale étaient en échec.

«Le Labour Party doit préciser que la question n’est pas principalement celle de savoir quel leader du parti sera plus fort dans les négociations de sortie – mais quels intérêts de classe seront représentés par lui », insiste M. Chacko.

«Est-ce que ce seront les intérêts des gens à travers les politiques du Labour pour rapatrier les pouvoirs d’investir dans l’industrie et la production, élargir la propriété publique et étendre les droits des travailleurs – ou les intérêts de la City de Londres et les grandes entreprises?” voila la question posée

Le comité politique du Parti communiste a exhorté les membres du parti et les partisans à redoubler d’efforts pour la dernière semaine de la campagne électorale afin d’éviter une victoire pour «l’austérité, la privatisation et la guerre» et pour l’élection historique d’un gouvernement du travail dirigé par la gauche ‘.