Pour une France, Libre, Forte, Indépendante, Démocratique et Souveraine – l’appel de Léon Landini

, résistant FTP MOI, président de l’amicale des bataillons FTP MOI Carmagnole Liberté,  président du PRCF a prononcé une allocution à l’occasion du 8 mai  2015 70e anniversaire de la victoire contre le nazisme que nous reproduisons ci-dessous, renouvelant l’appel à la résistance contre la dictature de l’Union Européenne du Capital, un appel à la résistance qui demeure d’une vibrante actualité.

Mesdames, Messieurs chers amis,

C’est toujours avec une certaine émotion que j’évoque cette date du  8 mai 1944.

Je suis ému. Oui ! Je suis ému en pensant à 50 % de mes compagnons, des bataillons Carmagnole Liberté, qui n’ont pas eu la chance de vivre assez longtemps pour connaitre la Libération et la fin de la guerre.

En écrivant cette allocution, bien malgré moi, j’ai revécu quantité de souvenirs que je croyais effacés.

Ceux-ci me sont réapparu comme si cela venait de ce passé il y a seulement quelques jours.

La mémoire ! Oui, la mémoire est une force impérieuse, impossible de la contrôler, impossible de lui échapper. Elle me fait revivre des images que je croyais oubliées et qui pourtant me serre le cœur et m’arrache une sueur glacée.

Je ne peux pas enlever de devant mes yeux l’image de 52 de mes camarades et amis, morts sous la torture, sans avoir lâché un seul nom à Barbie et à ses tortionnaires.

Si mes camarades ont pu supporter l’insupportable et s’ils se sont sublimés à leur insu, c’est parce qu’ils avaient la conviction qu’après la Libération, les français  pourraient vivre dans une France, où il ferait bon vivre, comme cela avait d’ailleurs été défini dans le programme du Conseil National de la Résistance.

Si mes camarades ont pu supporter tant de souffrances sans parler, c’est parce qu’ils avaient la conviction qu’après la Libération, la France serait redevenue une grande Nation, Libre, Forte, Indépendante, Démocratique et Souveraine.

Le programme du Conseil National de la Résistance, était d’ailleurs là pour nous assurer que nous n’allions pas mourir pour rien et que ceux qui nous survivraient pourraient vivre heureux.

Aujourd’hui mes camarades et moi-même constatons avec amertume que notre France  n’a plus rien à voir avec celle que nous avions rêvé devant la mort.

Pourtant à une certaine époque et dans un passé relativement présent, diverses personnalités nous avaient alerté sur les dangers auquel notre pays allait avoir à se  confronter.

Voici comment le général de Gaulle, s’exprimait lorsqu’il parlait de l’avenir de la France :

« Un tel régime politique, social, économique, devra être conjugué avec une organisation internationale des rapports entre toutes les nations, telles que, dans un monde dont l’interdépendance est désormais la loi, chaque peuple puisse se développer suivant son génie propre et sans subir aucune oppression politique ni économique. »

Ce qui malheureusement je constate avec peine que ce n’est pas le cas.

Je vais à présent vous lire quelques phrases d’un texte, pour dire comment une personnalité politique de premier plan, s’exprimait lorsqu’il évoquait l’Europe en création :

« Il est des heures graves dans l’histoire, où sa sauvegarde tient toute dans sa capacité de discerner les menaces qu’on lui cache. L’Europe que nous attendions et désirions, dans laquelle pourrait s’épanouir une France digne et forte, cette Europe nous savons qu’on ne veut pas la faire. Tout nous conduit à penser, que, derrière le masque des mots et le jargon des technocrates, on prépare l’inféodation de la France, on consent à l’idée de son abaissement. En ce qui nous concerne, nous devons dire NON. En clair, de quoi s’agit-il ? Les faits sont simples, même si certains ont cru gagner à les obscurcir. Une Europe fédérale ne manquerait pas d’être dominée par les intérêts américains. C’est-à-dire que les votes de majorité, au sein des institutions européennes, en paralysant La volonté de la France, ne serviront ni les intérêts français, ni les intérêts européens. Telle est bien la menace dont l’opinion publique  doit être consciente. Il est de fait que cette Communauté tend à n’être, aujourd’hui, guère plus qu’une zone de libre échange favorable peut être aux intérêts étrangers les plus puissants, mais qui voue au démantèlement des pans entiers de notre industrie laissée sans protection. On ne saurait demander aux français de souscrire ainsi à leur asservissement économique, au marasme et au chômage. La politique européenne du gouvernement ne peut, en aucun cas, dispenser la France d’une politique étrangère qui lui soit propre. L’Europe ne peut servir à camoufler l’effacement d’une France, qui n’aurait plus sur le plan mondial ni autorité, ni idée, ni visage. Nous récusons une politique étrangère qui cesse de répondre à la vocation d’une grande puissance, membre permanent du Conseil de Sécurité des Nations Unies et investie de ce fait de responsabilités particulières dans l’ordre  international. ** C’est pourquoi nous disons  NON.

** NON à la politique de supranationalité. ** NON à l’asservissement économique. ** NON à l’effacement international de la  France.

Favorables à l’organisation européenne, oui, nous le sommes pleinement. Nous voulons, autant que d’autres, que se fasse l’Europe. Mais une Europe européenne où la France conduise son destin de grande nation. Nous disons NON à une France vassale dans un empire de marchands, NON à une France qui démissionne aujourd’hui  pour s’effacer demain. Puisqu’il s’agit de la France, de son indépendance et de son avenir, puisqu’il s’agit de l’Europe, de sa cohésion et de sa volonté, nous ne transigerons pas. Mais comme toujours quand il s’agit de l’honneur de la France, partout des hommes vont se lever pour combattre les partisans du renoncement et les auxiliaires de la décadence. Avec gravité et résolution, je vous appelle dans un grand rassemblement de l’espérance, à un nouveau combat, celui pour la France de toujours dans l’Europe de Demain. »  Ce texte, Mesdames et Messieurs à été écrit par Jacques Chirac.

A présent voici quelques lignes de ma propre composition publiées en septembre 1990, c’est-à-dire il y a 25 ans, par la revue « La Presse Nouvelle ». J’écrivais alors :

« Nous sommes inquiets, parce qu’à l’évidence un géant allemand domine désormais l’Europe.

Il ne sert à rien de se leurrer avec les mots. Soyons réalistes ! Le marché unique de 93, la charte sociale européenne, rien ne saurait masquer que nous vivons dans une Europe allemande, où la puissance économique de Bonn affirme son hégémonie industrielle et financière écrasante ».

En effet, deux ans plus tard, pour confirmer mes dires, Joschka Fischer député vert allemand, ex-Ministre des affaires étrangères de ce pays affichait la couleur, en écrivant :

« Est-ce que l’Allemagne va enfin obtenir ce que le monde lui a refusé au cours des deux dernières guerres mondiales, c’est-à-dire une sorte de douce hégémonie sur l’Europe, résultat de son poids, de sa position géopolitique, de sa puissance industrielle ».

Plus près de nous, c’est Patrick Le Hyaric, Député européen, directeur du journal L’Humanité.

Voici ce qu’il écrit dans son livre  intitulé : « Le Pacte des Rapaces ».

« L’Union Européenne est conçue pour se soumettre à la haute finance en spoliant le monde du travail et les retraités. Ce n’est même pas le retour à la monarchie. C’est la dictature de l’argent ».

Pour terminer les citations je vais vous lire quelques lignes d’une interview de Madame Anne Hidalgo, Maire de Paris.

Elle déclare :

« Il est évident que la politique conduite au niveau européen n’est pas bonne. S’il y avait une réussite dans cette politique d’austérité, cela se saurait. »

Chers amis, si vous ne souhaitez pas que votre avenir et surtout celui de vos enfants, ne soit fait que de misère et  d’austérité.

Si vous désirez que la France redevienne une grande Nation, c’est à vous qu’il appartient de vous unir et de vous battre pour que cela soit.

En ce qui me concerne, tout comme Jacques Chirac, je ne peux que vous appeler  avec gravité et résolution, à un grand rassemblement de l’espérance, à un nouveau combat, pour obtenir, une France, Libre, Forte, Indépendante, Démocratique et Souveraine».          Je vous remercie.

Léon Landini