
En Espagne, les prix des logements, à l’achat comme en location explosent. Sur la période 2015-2023, les loyers ont augmenté de +60%à +80%. La situation est similaire en France avec une hausse de +30% à +50% à Paris. À l’achat, le prix du m² a été multiplié par 4.3 depuis les années 1990 à Madrid et à Paris.
| Année | Madrid (achat) | Barcelone (achat) | Paris (achat) | Lyon (achat) |
|---|---|---|---|---|
| 1990 | ~ 800 € | ~ 750 € | ~ 2 000 € | ~ 1 200 € |
| 2000 | ~ 1 800 € | ~ 2 000 € | ~ 4 000 € | ~ 2 000 € |
| 2007 | ~ 3 800 € | ~ 3 500 € | ~ 8 000 € | ~ 3 500 € |
| 2013 | ~ 2 500 € | ~ 2 700 € | ~ 9 000 € | ~ 4 000 € |
| 2020 | ~ 4 000 € | ~ 4 200 € | ~ 10 500 € | ~ 5 000 € |
| 2024 | ~ 4 300 € | ~ 4 400 € | ~ 10 000 € | ~ 5 500 € |
| 2025* | ~ 4 200 € | ~ 4 300 € | ~ 9 800 € | ~ 5 400 € |
Même corrigée de l’inflation et ramenés en euros constants, la hausse est spectaculaire, témoignant en réalité de la dépréciation des salaires, eux complétement bloqués sous la pression de l’euro austérité.
| Année | Madrid (achat) € constants | Barcelone (achat) € constants | Paris (achat) € constants | Lyon (achat) € constants |
|---|---|---|---|---|
| 1990 | ~ 1 600 € | ~ 1 500 € | ~ 3 636 € | ~ 2 182 € |
| 2000 | ~ 2 647 € | ~ 2 941 € | ~ 5 714 € | ~ 2 857 € |
| 2007 | ~ 4 578 € | ~ 4 217 € | ~ 9 412 € | ~ 4 118 € |
| 2013 | ~ 2 660 € | ~ 2 872 € | ~ 9 677 € | ~ 4 301 € |
| 2020 | ~ 4 082 € | ~ 4 286 € | ~ 10 825 € | ~ 5 155 € |
| 2024 | ~ 4 300 € | ~ 4 400 € | ~ 10 000 € | ~ 5 500 € |
| 2025* | ~ 4 116 € | ~ 4 214 € | ~ 9 604 € | ~ 5 292 € |
Avec pour conséquence d’installer dans la précarité et la misère des pans entiers et croissants de la population. Les victimes sont les classes populaires, et en particulier parmi eux les jeunes ménages.
Espagne, France… Mêmes causes, mêmes effets, la spéculation capitaliste pousse les classes populaires de nos peuples vers la paupérisation.
Dans une analyse publiée par la revue Dualéctica, les marxistes espagnols montrent que derrière la crise du logement, se trouve le système capitaliste lui même.
Leur conclusion doit être partagée, par-delà les Pyrénées : « De notre capacité à tisser le plus grand dénominateur commun de ces luttes partielles dépendra notre aptitude à ce que, comme une boule de neige, elles grandissent jusqu’à converger avec la cause de la classe ouvrière et d’autres secteurs populaires, en confrontant les politiques d’austérité de Bruxelles, en exigeant l’expropriation des logements aux mains des fonds vautours et la nationalisation des banques. Il n’y a pas d’autre moyen de garantir le « droit au logement » promis démagogiquement par la Constitution mais nié par la « démocratie » capitaliste. »
JBC pour www.initiative-communiste.fr
Espagne : le prix pour accéder à un logement (ne parlons même pas d’un logement digne) ne cesse d’augmenter.
En août dernier, la plus forte hausse des prix des logements de seconde main en un an a été enregistrée, à 17,7 %, ce qui, ajouté aux hausses de la dernière décennie, représente une augmentation de 66,3 % entre 2015 et 2025. La hausse des taux d’intérêt, appliquée entre 2022 et 2023 par la Banque centrale européenne pour contenir l’inflation et ainsi protéger les grandes fortunes, a durci les conditions d’accès aux crédits immobiliers, dont les coûts sont ensuite restés élevés malgré la baisse des taux. Dans 9 villes d’Espagne, les mensualités de crédit dépassent désormais le prix des loyers.
Du côté de ces derniers, la situation n’est pas plus réjouissante : selon les données d’Idealista, le prix moyen des loyers a augmenté de 95 % au cours de la dernière décennie. Dans des villes comme Madrid ou Barcelone, le loyer moyen dépasse les 1 200 € par mois. Cela signifie que, compte tenu du salaire médian de la population (1 945,75 € bruts par mois), la part consacrée au paiement du loyer atteint 60 % du revenu mensuel d’un individu.
Dans ce contexte d’appauvrissement de larges couches de la population, diverses initiatives ont resurgi, cherchant à apporter une réponse à la « problématique du logement ».
Avec leurs nuances et particularités propres, fruit du développement et de la composition concrète que chaque initiative a pris sur chaque territoire, nous identifions principalement trois lignes d’intervention en matière de logement : l’anarchiste, les Syndicats socialistes du logement et les Syndicats de locataires.
La première ligne provient des milieux proches de l’anarchisme et propose une sorte de mobilisation constante et d’action directe débouchant sur des vagues de « squats » qui remettent en question la propriété privée du logement. Bien que l’occupation soit dans la plupart des cas la seule alternative pour de nombreuses personnes face au coût élevé du logement, la répression qu’elle entraîne, à la fois physique, légale et idéologique, empêche de construire une stratégie de lutte principalement basée sur celle-ci. Elle a également tendance à considérer « l’ensemble des propriétaires » comme l’ennemi, sans distinction entre petits et grands propriétaires, personnes physiques ou entreprises.
En ce qui concerne les Syndicats socialistes du logement, soutenus par le Mouvement socialiste et sa jeunesse (CJS), la proposition est de créer des syndicats socialistes « pour le prolétariat » et avec les « principes communistes » comme moyen de « reconstituer le prolétariat révolutionnaire en tant que sujet » à travers la lutte pour le logement. Lors de la présentation du programme du syndicat au Pays basque, ils réclamaient « l’abolition des loyers, des crédits immobiliers et de la dette », « la fin de la spéculation et de la rente » ou « l’expropriation des logements appartenant aux fonds vautours et aux banques », des objectifs que l’on pourrait presque résumer par « abolir le capitalisme ». Sans remettre en cause ces nobles objectifs, la question à résoudre serait : comment commencer à améliorer le rapport de forces pour être mieux en mesure de disputer le pouvoir (le seul moyen d’atteindre ces objectifs) ?
Depuis la ligne d’intervention révolutionnaire que nous défendons, la proposition du Syndicat socialiste du logement n’assume pas la crise du mouvement communiste en mélangeant les plans d’intervention : aucun syndicat ayant une projection de masse (et encore moins un syndicat de locataires) ne devrait être par définition « socialiste », du moins comme point de départ.
Enfin, surtout après les mobilisations massives d’octobre 2024, des Syndicats de locataires ont émergé dans les principales villes d’Espagne. Ils apparaissent sous l’égide des Syndicats de locataires de Madrid et du Sindicat de Llogateres de Catalogne, qui existent déjà depuis un certain temps.
La pratique syndicale qu’ils proposent s’est avérée efficace pour mobiliser un grand nombre de personnes affectées par la question du logement, en partant d’un problème réel et perçu, pour les accompagner peu à peu dans la prise de conscience à travers l’organisation pour le résoudre. Dans une tension constante entre l’accompagnement social et l’instrumentalisation des personnes affectées, l’enjeu est de favoriser l’auto-organisation de groupes de personnes confrontées à des difficultés similaires, avec un soutien technique et militant, et de passer de la demande individuelle à la demande collective. L’exemple le plus ambitieux de cette stratégie est représenté par la grève des loyers au niveau national qu’ils proposent et pour laquelle un travail est en cours.
Reconnaissant le potentiel mobilisateur des Syndicats de locataires, il est nécessaire de signaler certaines dérives qui pourraient devenir à court terme des limites, dans le but d’orienter le travail nécessaire pour contribuer à construire un mouvement anti-oligarchique qui affronte, entre autres, le problème du (manque de) logement.
L’axe « rentiers versus locataires » qu’ils proposent a surtout servi à connecter avec une large couche de jeunes personnes incapables d’accéder autrement au logement que par la location, dans un contexte inflationniste où les salaires réels valent de moins en moins. Cependant, l’exagération (ou la réduction à l’absurde) de cet axe entraîne à son tour des limites pour le mouvement, par exemple en excluant les propriétaires endettés par un crédit et toute leur expérience de lutte accumulée lors du cycle précédent de mobilisations pour le droit au logement. À l’autre extrême, du côté des rentiers, tous les types de propriétaires sont mis sur le même plan : du travailleur qui hérite d’un bien et le met en location jusqu’aux grands propriétaires espagnols, comme le fonds d’investissement Blackstone ou CaixaBank, qui achètent des logements en cash pour spéculer et dont la tendance à l’accaparement va croissant.
C’est en dépassant les limites signalées que nous serons mieux en mesure de construire le référent politique de masse dont nous avons besoin pour résoudre le problème du logement, en sachant que celui-ci ne se résout pas en luttant (uniquement) pour le logement ; mais aussi pour la Santé publique, les services de base ou la vie dans les quartiers. De notre capacité à tisser le plus grand dénominateur commun de ces luttes partielles dépendra notre aptitude à ce que, comme une boule de neige, elles grandissent jusqu’à converger avec la cause de la classe ouvrière et d’autres secteurs populaires, en confrontant les politiques d’austérité de Bruxelles, en exigeant l’expropriation des logements aux mains des fonds vautours et la nationalisation des banques. Il n’y a pas d’autre moyen de garantir le « droit au logement » promis démagogiquement par la Constitution mais nié par la « démocratie » capitaliste.
traduit depuis : https://redroja.net/revistas/dualectica-no4-otubre-2025/

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