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Accueil articles 4-EUROPE: en sortir, s'en sortir !

De quel capitalisme, la marchandisation de l’éducation est-elle le nom ? Partie 2

23 février 2026
Temps de lecture23 mins de lecture
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Jean-François Dejours, membre de la Commission éducation du PRCF, professeur de philosophie retraité et syndicaliste enseignant propose une analyse en profondeur des objectifs délétères du capital européen dans son entreprise de destruction du service public national d’éducation.

Cette analyse détaillée et argumentée avec précision démontre combien il est nécessaire de sortir de l’UE et de ses critères de convergence et de stabilité pour préserver le service public d’enseignement des appétits obscurantistes et vénaux du marché.

Nous souhaitons que chaque défenseur de l’école publique et de l’idéal émancipateur issu des Lumières se saissise de ce travail permettant d’outiller les luttes contre la marchandisation de l’école moteur, accélérateur des inégalités et de l’obscurantisme, de la dissolution de l’idéal républicain et donc de la fascisation.

Initiative-communiste.fr publie ici la seconde de cette analyse abordant spécifiquement le poids des monopoles numériques et de l’IA sera publiées dans une semaine.

Liens vers parties 1 et la présentation :

3e partie : Derrière la logique « féodale » de la rente, un capitalisme impérialiste de « nouvelle » génération ?

Progrès technique, IA et lutte des classes :

L’histoire de l’IA a fait l’objet de nombreux travaux qui méritent un premier détour. D’autant que le postulat sur lequel repose le projet d’une intelligence artificielle, ne doit pas effrayer un penseur matérialiste, s’il est vrai comme l’objectait Hobbes à Descartes que « … nous ne pouvons séparer la pensée d’une matière qui pense »(18). La conférence de Dartmouth (1956) est communément présentée comme un événement fondateur dans l’histoire de l’IA. On y associe les travaux du mathématicien John McCarthy, comptant avec Marvin Minsky parmi les pères de l’IA de première génération, dite « symbolique ». Les succès ne seront pas au rendez-vous, signant la mise en sommeil des « machines experts » incapables par exemple de guider un véhicule autonome dans le désert (19). Doug Engelbart – principal concurrent de McCarthy à l’université de Stanford (Californie) – sera à l’origine de l’approche dite « connexionniste » fondée sur des réseaux de « neurones » artificiels (20). Cette IA de seconde génération est aujourd’hui utilisée dans les apprentissages automatiques (machine learning), dont les apprentissages profonds – superposant plusieurs couches de « neurones » (deep learning) – qui équipent les IAs génératives. Si l’IA symbolique cherchait à imiter l’intelligence (symbolique) humaine, en se perdant dans le labyrinthe des principes logiques de la pensée, l’IA connexionniste imite le cerveau humain et ses réseaux neuronaux inspirés du modèle de la vision. Du coup, l’IA traite des signaux (1 / 0) et non des inférences logiques entre des signes (signifiant/signifié). Si l’IA « reconnaît » l’image d’un chat, ce n’est pas par la compréhension d’une représentation symbolique (du chat réel), mais par association probabiliste d’un ensemble de pixels, à d’autres ensembles de pixels, constituant les « grains » des images numériques. Reste à « nourrir » l’IA connexionniste à partir d’une base de données la plus vaste possible, d’où l’enjeu des Datacenters et de leur approvisionnement numérique, relevant trop souvent du piratage de sources. Plus la source est prestigieuse (articles savants, ouvrages de chercheurs, bibliothèques numérisées), plus l’apprentissage sera de qualité. Hélas, le risque inverse est plus probable, l’IA étant susceptible de se polluer elle même par ses propres productions (on parle alors de « slop », sorte de soupe numérique). Enfin, un algorithme dit d’association identifie dans le stock de données (data), les corrélations les plus fréquentes, permettant des prévisions statistiques (anticipation du prochain mot dans ma phrase, de mon prochain achat sur internet, etc.). L’IA générative, génère donc du neuf avec du vieux et ne va pas au-delà d’un repérage statistique de corrélations « empiriques », et non de causalité « rationnelle ». Elle recycle le plus souvent la doxa dominante, comme le souligne Yves Meyer (cf. note 19), en référence à la distinction platonicienne entre l’opinion (doxa) et la science (logos). En un mot, l’IA ne pense pas. En revanche, elle calcule très vite. Une IA de 3e génération sera peut-être capable un jour d’effectuer le saut qualitatif qui lui reste à franchir, pour dépasser l’intelligence humaine dans tous les domaines… Hypothèse plausible à terme, qui ouvrirait une nouvelle ère d’incertitude pour une humanité confrontée pour la première fois de son histoire, à une intelligence non humaine, qui lui serait supérieure. Des auteurs comme le philosophe suédois Nick Bostrom mettent d’ores et déjà en garde contre le risque émergeant d’un conflit d’intérêts entre une super IA (ayant par exemple pour tâche de produire des trombones) et l’humanité tout entière, menacée de disparition dans un monde dédié à la production infinie… de trombones. Remplaçons le trombone de Bostrom par la recherche illimitée du profit des GAFAM, et on aura une idée du problème qui nous est posé dès aujourd’hui.

IA

Or, la guerre entre l’homme et la machine, n’est pas pour demain, mais pour hier. Pensons à l’invention des métiers à tisser semi-automatiques du tout début du 19e s. déclenchant en Angleterre des actions de destruction (« luddisme »), réprimées dans le sang par l’armée. Idem en 1834 à Lyon, où la répression des canuts (artisan de la soie) sera brutalement réprimée par l’armée d’Adolphe Thiers, faisant des centaines de morts et des milliers d’arrestations ! Pourtant, l’inventeur du métier à tisser – un certain Joseph-Marie Jacquard fils de canuts – souhaitait lui aussi alléger les « tâches » de ses contemporains, dont celles des enfants. Mais la guerre entre l’homme et la machine est une guerre d’homme à homme, par machines interposées, dès lors que le marché capte à son seul avantage, les inventions techniques. Si le progrès technique semble souvent échapper à notre contrôle, c’est en tant qu’ « incarnation technique du capital »(21), contre le travail. L’ouvrier du métier à tisser coûte moins cher que l’artisan de la soie, car « dès que le maniement de l’outil échoit à la machine, la valeur d’échange de la force de travail s’évanouit en même temps que sa valeur d’usage »(cf. note 21). Ainsi, poursuit Marx, l’histoire des progrès techniques depuis le 19e pourrait s’écrire comme une contre-histoire défensive du capital contre les émeutes ouvrières (idem). Et désormais, c’est en amont de la technique que se joue cette captation marchande, à savoir au niveau même de la recherche scientifique. Le danger n’est pas dans la machine – tel le robot mis en scène dans la science-fiction-, ni dans une « essence » métaphysique de la technique, précise encore Lucien Sève en réponse à Heidegger, mais dans le fait que « le marché capitaliste » soit devenu LE «pilote automatique de la recherche» (22). Voilà pourquoi la supposée « neutralité » de la technique est un leurre. Si l’invention de Jacquard siphonne le savoir-faire des canuts, en dévaluant les métiers manuels, les algorithmes de l’IA siphonnent les savoir-faire des cols blancs, en dévaluant les métiers intellectuels. Quant à savoir à quoi ressemble un algorithme, la carte perforée cartonnée qui programme le métier à tisser Jacquard en donne un bon exemple. L’algorithme peut être comparé à une « recette » de tissage, ou plus simplement de cuisine, comprenant : 1) des ingrédients de départ, 2) des instructions guidant un protocole (sorte d’impératifs de l’habileté dirait Kant), et 3) un résultat final. Avec l’algorithme en carton, c’était l’habileté de l’artisan qui passait dans la machine. Avec l’algorithme informatique, ce sont désormais les compétences intellectuelles qui se passent de l’humain. Ainsi, le grand marché des compétences dont rêvait le capital des années 90, semble se fondre dans le marché numérique des algorithmes et des logiciels, bradant au passage la valeur d’échange (le salaire) de la force de travail (intellectuelle). Le bénéfice premier pour le marché, sera donc une déqualification des métiers intellectuels intermédiaires, le métier d’enseignant illustrant cruellement ce risque potentiel, a fortiori dans le primaire et le secondaire. Certes, le capitalisme numérique aura toujours besoin d’intellectuels de haut niveau, charge aux établissements du supérieur (privés et payants) de les former, afin de les mettre au service de cette nouvelle oligarchie de la Tech post-démocratique (euphémisme), dont la Silicon Valley aura été le berceau, et dont J.D. Vance (vice-président des Etats-Unis) est désormais le bras armé… 

3.3  Techno-dollars et « néo » impérialisme : l’arme de la dette publique.     

     Mais ne passe-t-on pas à côté de l’essentiel ? Trois objections viennent à l’esprit. Tout d’abord, la rente basée sur les prédictions comportementales, est principalement une rente publicitaire. Les clients prêts à s’arracher ces prédictions mises aux enchères par les Gafam, sont surtout des vendeurs cherchant à cibler efficacement une clientèle. Il suffit en effet de faire une recherche Google sur le prix des tondeuses à gazon pour recevoir immédiatement des offres en lien avec le jardinage. Si on arrêtait de produire des tondeuses, les publicités ciblées autour de cette marchandise cesseraient également, mettant fin à la rente de Google sur ce segment de marché. On a donc affaire à une rente secondaire, dérivée d’un marché principal produisant des marchandises, certes de plus en plus connectées, mais appartenant au monde « réel ». Le tribut ici, vit sur le dos du capital, condition « sine qua non » de sa rentabilité. Si le mode de production féodal se suffisait à lui même, le techno-féodalisme n’a aucune autonomie à l’extérieur du mode de production capitaliste marchand qu’il parasite. Cette rente féodale est au capitalisme ce que le gui est à l’arbre qu’il colonise. Si le gui pompe la sève de l’arbre hôte, il n’en affecte pas la composition organique. Coupez l’arbre, le gui meurt. C’est donc à une forme parasitaire du capitalisme – « parasitisme » spécifique à  l’impérialisme ajouterait Lénine – que nous avons affaire : soit un crépuscule plutôt qu’une étrange renaissance… médiévale. La deuxième remarque, anticipée par Cédric Durand pour être honnête, concerne le grand retour de l’Etat, mais était-il vraiment absent ? L’ère ouverte par le second mandat de Donald Trump, lève ici toute ambiguïté. Pas de rente pour les oligarques des réseaux, sans le bras armé qui lui ouvre les marchés. Rappelons nous la mise au pas du commissaire européen Thierry Breton. Le partage du monde – et donc des marchés – se compte en nombre de portes-avions. Quant aux seigneurs de la Tech, combien de divisions ? Enfin, et nous arrivons à l’essentiel, si le capitalisme est un « processus » (et non une « chose » figée), de quel processus s’agit-il ? Le capitalisme d’aujourd’hui change de « forme », c’est entendu. Mais il ne disparaît pas dans un devenir gazeux. Nous avons donc conjointement à en penser les transformations ET ce qu’il conserve d’essentiel, à savoir, un processus d’accumulation du capital, par le truchement de la propriété « lucrative » précise Frédéric Lordon (29). Certes, il existe des propriétés non-lucratives (ma voiture ou mon vélo, ma maison ou mon sac à dos…), voire des propriétés lucratives que l’on appellerait de subsistance (mon outil de travail si je suis artisan ou agriculteur). Mais la propriété lucrative d’accumulation (du capital) – bien différente de la propriété féodale foncière – se fait nécessairement sur le dos de la terre et du travailleur(30)  – et ajoutons désormais, sur le dos de la connaissance. Il ne s’agit donc pas de couper les cheveux en quatre, car si la théorie se trompe, le reste suit. Et il ne suffira pas de collectiviser les réseaux (numériques et autres) ajoute Lordon, pour que le communisme advienne. Quant à l’espoir d’une révolution citoyenne – et donc pacifique – ,   il faudra se souvenir d’Allende en 1973. Car si la classe ouvrière change de forme, la classe des propriétaires du capital obéit elle aussi à des constantes – et ce ne sont pas des enfants de cœur. « Tenir le pas gagné »(31), même par les urnes, restera un dur combat auquel il faut se préparer.

     Notre hypothèse est donc qu’il nous faut repenser l’impérialisme – servi désormais à toutes les sauces…-  sans occulter la relation spécifique qu’il entretient avec le capitalisme tardif. En un mot, relire Lénine, en prolongeant son geste…  car il y a en effet de l’ancien et du nouveau. Pour l’ancien, le partage et les repartages géographiques du monde ne sont pas une nouveauté : partage de l’Afrique au bénéfice des empires européens, à la conférence de Berlin (1884-1885) ; partage de l’Amérique latine au bénéfice des Etats-Unis, par le corollaire Roosevelt (1904) de la doctrine Monroe ; repartages du monde à l’issue de la première, puis de la seconde guerre mondiale, avec en sus, une partition Est-Ouest. Mais si on laisse de côté l’épisode de la guerre froide et la légende d’une Amérique mettant son arsenal au service de la démocratie après 45, rien de surprenant dans  les annonces successives de la nouvelle stratégie US de sécurité (novembre 2025) puis de défense (janvier 2026), revendiquant la réactivation du corollaire Roosevelt et le maintien de son statut militaire de « premier arsenal du monde ». La nouveauté tient désormais comme nous l’avons vu, dans le partage  du monde numérique, avec une avance considérable des Etats-Unis sur la Chine, l’UE étant pour l’heure, une colonie des Gafam. Rien de nouveau non plus dans la concurrence internationale entre pays impérialistes, définis économiquement par la domination de la finance et des monopoles (cf. note 33), politiquement par l’autoritarisme réactionnaire (jusqu’au fascisme), et géopolitiquement par des rapports de force inévitablement belliqueux (32). Les nouveautés tiennent à la nature de la financiarisation de l’économie, décuplée par la mondialisation financière des années 1980 et du coup, aux flux de capitaux  et de marchandises. L’Angleterre a cessé d’être la manufacture du monde qu’elle était dans la seconde moitié du 19e s. et les capitaux refluent parfois des pays pauvres vers les pays riches (paradoxe de Lucas des années 90), a fortiori dans un contexte de crise de la dette des pays du Sud. Néanmoins, si l’impérialisme évolue quant à ses formes et ses acteurs dominants (chacun ayant remarqué que l’Europe – et l’Angleterre dans l’Europe – n’a plus la place dominante de la fin du 19e s.), le noyau  impérialiste du capitalisme  demeure (cf. note 30). Comme l’illustre sans fard la politique étrangère actuelle des Etats-Unis, la diplomatie a souvent besoin d’investissements privés (comme au Venezuela pour s’accaparer l’industrie pétrolière), pour court-circuiter  une puissance rivale (la Chine)  et offrir au capital qui le sert, de nouveaux marchés… sous  la protection de l’US Navy. Même scenario en Iran, où on peut s’attendre à une variante du coup d’état américano-britannique de 1953 contre le 1er ministre Mossadegh  – un laïque démocrate socialisant qui avait eu l’imprudence de nationaliser le pétrole. Le régime tyrannique et héréditaire du Chah – ou un de ses clones, pourvu qu’il soit très favorable aux intérêts impérialistes israëlo-américains – pourrait être  à nouveau une alternative « acceptable » à la tyrannie des Mollahs. On pourrait faire la même hypothèse en Europe, où la guerre en Ukraine coche opportunément toutes les cases : affaiblissement des puissances rivales, dont l’Europe désormais sous dépendance US accrue (énergie, technologie numérique, défense) et la Russie, potentiellement alliée à la Chine. 

     Ainsi l’impérialisme, dans sa lecture léniniste, n’est pas lié au capitalisme par accident mais par essence, comme son devenir pluriel, mondialisé et où la concurrence fabrique inexorablement des monopoles. Car il ne s’agit pas de réduire l’impérialisme à un seul pays capitaliste, mais à hiérarchiser les relations inter-impérialistes, à partir de son centre hégémonique du moment. Et les impérialismes des « non-alignés » russes ou chinois – à proportion de leurs ambitions capitalistes structurelles ou conjoncturelles…- ne doivent pas occulter l’impérialisme européen boosté par la guerre en Ukraine, bien qu’inféodé à l’impérialisme crépusculaire dominant des USA. Le lien génétique entre capitalisme et impérialisme,  réside donc dans une dépendance réciproque entre le capital financier et l’Etat capitaliste. Le premier parce qu’il cherche par tous les moyens de nouveaux marchés pour écouler ses capitaux en surplus, et qu’il ne peut étendre son périmètre (notamment géographique) sans le bras armé d’un Etat-gendarme (et huissier) extraterritorial… Or, cette sur-accumulation du capital est une tendance inhérente au capitalisme en tant que symptôme récurrent de la baisse tendancielle du taux de profit (33).  Le second, parce qu’il peut ainsi ménager sa classe ouvrière (sur le dos d’une sur-exploitation exportée hors de ses frontières)(34). Le succès des politiques MAGA aux Etats-Unis – et chez ses admirateurs d’extrême droite – repose explicitement sur cette promesse. S’y ajoute désormais, l’extrême dépendance des Etats à l’égard des marchés financiers pour  éponger leurs dettes publiques, à mesure qu’ils abaissent l’impôt sur le capital et augmentent leur budget militaire. Or pendant la guerre froide, la capacité à s’endetter a joué un rôle  décisif(35), notamment dans la phase revancharde reaganienne des années 80 (guerre des étoiles engageant un bras de fer budgétaire abyssal avec l’URSS, sur fond de chantage à l’apocalypse nucléaire)(36). Mais pour tenir, il fallait pérenniser la dollarisation de l’économie après la fin des accords de Bretton Woods (1973). Des auteurs comme Evgeny Morozov décrivent la crise pétrolière de 1974 comme une stratégie américaine pour (re)dollariser l’économie mondiale (via les pétrodollars) et financer la dette américaine : « Entre 1974 et 1981, une part substantielle des 450 milliards de dollars d’excédents accumulés par l’OPEP est donc réinvestie dans l’économie américaine. Un pétrodollar après l’autre, les Etats-Unis reconstituent leur domination monétaire. »(37) Même opération – actuellement en cours, selon Morozov, ainsi que Frédéric Lemaire et Dominique Plihon (38) – avec les « techno-dollars » de la Tech américaine. Cette fois-ci, la guerre sino-américaine se joue sur les cryptomonnaies  avec pour enjeu, une division monétaire du monde : stablecoins adossés au dollar versus e-yuan (la monnaie numérique de la banque centrale chinoise lancée en 2014). Le deal de Trump avec la Silicon Valley est donc hautement (techno)-impérialiste : soutien inconditionnel de l’offensive de la Big Tech américaine (Thierry Breton en sait quelque chose) et de sa monnaie privée adossée au dollar. En échange : « re-dollariation de l’économie mondiale » et « surcroît de financement de la dette américaine »(cf. note 38). « La plupart des entreprises de la Tech qui émettent des stablecoins en dollars agissent ainsi comme des pseudo-banques… »(idem), finançant la dette américaine, mais sans aucun  garde-fou… Nous voilà rassurés ! 

On comprend dès lors, que la privatisation du numérique et de ses prolongements éducatifs ne sera pas un adversaire commode en ce qu’elle touche de manière existentielle au cœur de l’impérialisme américain. En accouchant d’un monstre insatiable – dont Trump est le symptôme  arrogant – la fin de la guerre froide laissera aux cocus de la mondialisation heureuse, une sacrée gueule de bois.

Conclusion  

     La marchandisation de l’éducation obéit donc à un double processus. L’un de substitution, visant à remplacer les diplômes par une évaluation par compétences, l’autre d’infiltration de l’école par les produits de l’EdTech. Dans le premier cas, le rêve patronal d’élaborer une carte européenne des compétences en 1995 a dû réviser à la baisse ses ambitions, au bénéfice d’un super CV : l’Europass. Ce dernier crédite potentiellement des compétences linguistiques (assurance de  mobilité ), numériques (gage d’employabilité) et garantit les diplômes universitaires obtenus (convertibles à l’échelle européenne via le LMD) (39). Mais pour l’heure, l’intérêt des industriels est moins dans la mobilité des salariés, que dans celles du capital et des marchandises, d’où l’insistance de l’ERT pour de nouveaux élargissements de l’UE (a fortiori vers des pays de l’Europe de l’Est à bas salaires comme l’Ukraine…).  Le second, boosté opportunément par le covid 19, tient dans le développement des produits de l’EdTech, « vendus » aux usagers de l’école avec la complicité active du gouvernement. Mais  dans ce nouveau marché, l’Europe ne joue pas dans la cours des grands. Selon un classement international du Time cité par Cécile Gorré et Nico Hirtt : « seules onze des cinquante premières entreprises du secteur EdTech sont européennes, et on n’en trouve aucune dans les dix première »(40). Si la motivation politique pro EdTech se dissimule hypocritement derrière une efficacité pédagogique fort discutable, la raison principale de cet engouement est budgétaire : « réduire les coûts de l’éducation », de l’aveu même de l’OCDE (41). 

     Les mécanismes de cette marchandisation mobilisent les rouages du capitalisme mondialisé à travers ses acteurs étatiques, tant au niveau national & européen, qu’à l’international. Si l’Etat français soigne moins bien ses enseignants que ses startups de l’EdTech (EvidenceB), la Commission européenne n’est pas en reste avec son « plan d’action pour l’éducation numérique » débloquant pour l’EdTech européenne « 1,6 milliards d’euros pour la seule année 2023 »(cf. note 40). Quant à l’international, on compte plus de 7000 entreprises de l’Edtech, dont 39,4 % sont américaines, 9,4 % indiennes et 6,6 % chinoises. La Chine occupait 6 des 10 premières places en 2025, dans un marché qui couvre les besoins de toutes les tranches d’âges – et ce dès 6 ans…(42). On devine que ce marché concurrentiel va évoluer vers la constitution d’oligopoles, où les géants de l’IA seront les maîtres du jeu. Car si l’IA déborde largement le marché de l’éducation, elle en constitue désormais un acteur structurel.  Cécile Gorré et Nico Hirtt citent un rapport de l’ONU de 2025, estimant que « le marché mondial de l’IA passera de 189 milliards de dollars en 2023 » à  potentiellement… « 4800 milliards en 2033 », dont « 100 milliards » de dollars pour le seul secteur de l’éducation (cf. note 40). Ajoutons que le dollar (et ses crypto-techno-monnaies) joue un rôle central dans l’architecture mondiale du capitalisme, au bénéfice  de l’impérialisme US qu’il soutient. Mais pour combien de temps ? 

     Conçue à l’image de la biosphère, la noosphère (sphère de la réflexion et de la conscience humaine) a été conçue au siècle dernier, par les savants et philosophes, Vladimir Vernadski, Pierre Teilhard de Chardin et Edouart Le Roy. En un certain sens, une noosphère numérique est en construction, le monde de la connaissance étant désormais à portée de « clic ». Mais comme pour la biosphère, cette noosphère naissante est dangereusement polluée, privatisée et exploitée par le capital. En l’état, elle nous entraîne vers une bipolarisation de la formation, à l’image de la bipolarisation des métiers : une élite intellectuelle sur-diplômée et une masse d’exécutants sous-diplômés – les professions intermédiaires étant « remplacées par la robotique intelligente »(43). On imagine volontiers le futur écrémage du monde enseignant dans ce nouveau marché… Alors que faire ? Les syndicats enseignants diffusent une contre-information critique nécessaire (44), et appellent à se mobiliser contre l’IA générative à travers manifestes (45) et collectifs (46). Car ce nouveau danger global est à la fois écologique, économique, politique et au final, anthropologique. Le monde enseignant est désormais au pied du mur : soit collaborer (en se recyclant dans l’Edtech par exemple…), soit résister en nommant l’ennemi. Et l’objection de conscience individuelle ou collective ne suffira pas (voir note 45). Pour entrer dans un nouveau monde de la connaissance qui soit émancipateur et humaniste, la sortie du capitalisme (et donc de l’UE qui lui court après…) n’est plus négociable.     

Notes & sources :

Partie III

  • –18 : Thomas Hobbes (17e s.), 3e objection aux Méditations métaphysiques de Descartes (pour qui ce n’est pas le cerveau, mais l’âme immatérielle qui pense. Ce courant de pensée est appelé spiritualisme, on le retrouve au 20e s. chez Bergson par exemple) 
  • –19 : Yves Mayer, histoire de l’IA via une conférence très instructive du mathématicien, mai 2025, université de Nantes :  https://youtu.be/Fs0ZeSS7eZ4?si=yT-5CYpPRdDWpKdS
  • –20 : Dominique Cardon (sociologue, directeur du médialab de Sciences Po),  conférence très pédagogique sur l’histoire de l’IA (à travers ses 2 écoles symbolique vs connexionniste)  :   https://youtu.be/oCzqMkEaKh8?si=j18qjuUckYnHetXl
  • –21 : Marx, Le Capital, I,4,XV (ici, « valeur d’échange » = prix de la force de travail =  salaire / « valeur d’usage » = utilité d’un savoir-faire, d’un métier) 
  • –22 : Lucien Sève, Pour une critique de la raison bioéthique (1997)
  • –23 : Shoshana Zuboff, Un capitalisme de surveillance, Monde Diplomatique, janvier 2019 : https://www.monde-diplomatique.fr/2019/01/ZUBOFF/59443
  • –24: Shoshana Zuboff, France culture, mai 2024 :

https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-meilleur-des-mondes/capitalisme-de-surveillance-enjeux-et-apprentissages-d-une-theorie-politique-du-numerique-5831994

  • –25: Nvidia, Microsoft, Apple, Google, Amazon, Meta… soit près de 20 000 milliards de dollars de capitalisation boursière cumulée, selon le site netpublic par exemple : https://www.netpublic.fr/blog/classement-10-plus-grandes-societes-au-monde-en-2025/#1-nvidia
  • –26 : Evgeny Morozov :  Le numérique nous ramène-t-il au Moyen-Age ? , Monde Diplomatique, août 2025, en référence au livre de Varoufakis « Les nouveaux serfs de l’économie » (le titre original de 2023 ne laissant aucun doute sur la mort du capitalisme…)
  • –27 : « Faut-il se passer du numérique pour sauver la planète », mars 2025, voir l’exposé de Cédric Durand en 3e partie d’émission https://www.youtube.com/watch?v=lVcIRA_joQ8
  • –28 : Discours de JL Mélenchon en introduction au colloque   « L’IA, un nouveau champ de batailles », le 29 mars 2025 à l’institut La Boétie  https://melenchon.fr/2025/04/07/pour-que-la-pensee-artificielle-reste-sous-protectorat-humain/
  • –29 : En réponse à J-L Mélenchon moquant amicalement les attaques du monde diplomatique (cf. note 25), Frédéric Lordon prolonge la critique de Morozov et se demande si LFI est  anticapitaliste.  L’argument vaut le détour, tant sur le fond que sur la forme. La réponse se fait en 2 temps, en voici le récapitulatif : https://blog.mondediplo.net/la-france-insoumise-anticapitaliste-toujours-pas 
  • –30 : Marx, Le Capital, I,4,XV (1867) cité opportunément par Lordon (note 28). Sur la nécessité de distinguer la « forme » de « l’essence » (qu’il s’agisse du « capitalisme », de « la classe ouvrière » ou plus fondamentalement de la « matière »), on lira avec profit « Matérialisme et empiriocriticisme » de Lénine (instruit par sa lecture de la Logique de Hegel), ou encore Georges Gastaud dans « Lumières communes » (Tome I, appendice 2, retour sur le concept ontologique de matière), Delga 2016. Du même auteur, voir également « Le nouveau défit léniniste » Delga, 2017 (chapitre, Luttes sociales et bataille culturelle, qu’en est-il de l’apport de Lénine à la philosophie ?). 
  • –31 : Rimbaud, Adieu, une saison en enfer (1873)
  • –32 : Lénine, L’impérialisme, stade suprême du capitalisme (1916). A l’issue de cette première mondialisation de la fin du 19e (la seconde attendra les années 1980…), l’impérialisme y est défini économiquement (monopoles, capital financier, parasitisme) au chapitre VII, politiquement (« réaction sur toute la ligne ») et géopolitiquement (la paix comme simple parenthèse entre-deux-guerres de redécoupage du monde…) au chap. IX 
  • –33 : la suraccumulation du capital est un symptôme central de la baisse tendancielle du taux de profit, baisse contrecarrée par la formation de monopoles (caractéristique du capitalisme arrivé au stade de l’impérialisme). Partons donc de cette baisse tendancielle à partir de laquelle s’éclaire la compréhension marxiste du capitalisme, celui-ci étant défini comme l’ensemble des forces qui la compensent. Par comparaison, le physiologiste de génie Bichat définissait la vie comme « l’ensemble des fonctions qui résistent à la mort ». De même on pourrait définir le vol d’un oiseau comme l’ensemble des forces qui résistent à la pesanteur. La pesanteur du capitalisme, ou sa force entropique centrale, réside dans le fait que la concurrence oblige les producteurs à investir toujours davantage dans leur outil de production. Du coup, le taux de profit ne peut être  maintenu, voire momentanément augmenté, qu’en élargissant le marché (en vendant plus et moins cher que la concurrence). Mais ce jeu infini se joue dans un marché (et un monde) fini, a fortiori quand le partage colonial du monde est arrivé à son terme (fin 19e). Il arrive donc un moment où le capital accumulé ne trouve plus d’intérêt à se réinvestir. Il s’accumule alors dans l’attente de trouver un nouveau marché… d’où l’intervention indispensable de l’Etat en régime capitaliste (en 1972, Boccara forgera la notion de capitalisme monopolistique d’Etat). Le taux de profit est exprimé par Marx à travers le ratio : plus-value / capital constant + capital variable. Le dénominateur augmentant plus vite à travers le temps (investissement dans l’outil de travail  + augmentation des salaires suite aux luttes syndicales) que le nominateur, le taux chute tendanciellement. De là la nécessité de trouver de nouveaux marchés, une main d’œuvre  moins coûteuse, etc. (d’où le rôle de l’exportation des capitaux et des colonies dans l’impérialisme observé par Lénine).    
  • –34 : Lénine après Engels (La situation des classes laborieuses en Angleterre, 1892) analyse le risque d’un embourgeoisement d’une partie du prolétariat dans les pays impérialistes comme l’Angleterre, menant à un opportunisme politique social-démocrate, voire à un social-chauvinisme (union sacrée derrière son impérialisme), cf. le chapitre VIII du texte de Lénine cité ci-dessus. 
  • –35 : Notre hypothèse est que : 1) le dernier acte de la guerre froide (années Reagan), 2) l’augmentation colossale de la dette publique qui en découle, et 3) la mondialisation financière des années 80 censée renflouer les caisses des Etats … ont partie liée. Or, dans ce bras de fer budgétaire, les Etats-Unis avait un joker : le dollar, car il est beaucoup plus facile de s’endetter dans sa propre monnaie, bien que l’endettement des USA soit devenu abyssal  (actuellement à 125%  du PIB et sur une dynamique ascendante…). Mais d’une certaine façon, la dette américaine et le dollar, sont devenus « notre problème » et non celui des Etats-Unis, pour reprendre la formule du secrétaire au Trésor de Nixon en 71. Pour le reste du monde, les dégâts collatéraux seront redoutables. Depuis le milieu des années 70, la dette publique mondiale a été multipliée par 3 (et presque par 8 en France, passant de 15% en 1975 à plus de 115 % du PIB). Conjointement, les banques centrales se sont vue interdire le prêt à taux zéro, obligeant les Etats à emprunter auprès des marchés, et à leurs conditions. La crise de la dette des années 80 et les plans d’ajustements structurels, achèveront le travail dans les pays du Sud, avant de ravager les pays de l’Est dans les années 90… tout en condamnant l’UE à une austérité sans fin ! 
  • –36 : lire en particulier à ce sujet Georges Gastaud, « Le nouveau défit léniniste » (chapitre 1 : Le bilan du « bilan »), édition Delga (2017) ou du même auteur, « Mondialisation capitaliste et projet communiste » (partie 3, Pour une analyse révolutionnaire de la contre-révolution), édition Delga (1997). 
  • –37 : Evgeny Morozov, La souveraineté comme marchandise américaine, Monde diplomatique, novembre 2025.  
  • –38 : Lemaire & Plihon (membres du conseil scientifique d’ATTAC), Les deux destins de la cryptomonnaie, Monde diplomatique, septembre 2025.  Ces 2 auteurs précisent que « lorsqu’une société privée émet un tel actif (le stablecoin), elle investit tout ou partie du montant perçu, dans des titres de dette souveraines qui « couvrent » la créance que représente le crypto-actif, et garantissent ainsi sa conversion dans la monnaie sur laquelle il est indexé. » Ainsi, en achetant des puces Nvidia en crypto, surenchérit Morozov, on finance la dette américaine.  

Conclusion 

  • –39 : Cécile Gorré & Nico Hirtt, A l’école du capitalisme, chapitre IV, Carte de compétences
  • –40 : Ibid, Chapitre VI, Les catalyseurs TIC et IA
  • –41 : Ibid. chapitre III, La place centrale des technologies de l’information. Rapport de l’OCDE p.55, puis travaux de Benoît Galand, p. 57
  • –42 : classement mondial 2025 des entreprises de l’EdTech (Time & Statista) :  https://share.google/UPsVUcSnsWSBMpBj7 
  • –43 : idem note 39, chapitre I, les trois axes du nouveau contexte économique, rapport de l’OCDE de 2012. Voir surtout la mention des travaux de Gregory Verdugo en p. 10 (« la polarisation des marchés du travail », ENS Lyon, 2020). 
  • –44 : site national du snes, décembre 2025 : résister syndicalement à l’imposition des IA dans nos métiers.  https://www.snes.edu/article/resister-syndicalement-a-limposition-des-ia-dans-nos-metiers/
  • –45 : manifeste à l’initiative d’universitaires de Toulouse, appelant à « l’objection de conscience » face à l’IA générative : https://atecopol.hypotheses.org/13082
  • –46 : collectif Hiatus, résister à l’IA et à son monde : https://hiatus.ooo/
Tags: commission educationDejoursécoleéducationeuropa2020frexitStratégie de LisbonneUE
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