“défendre le Venezuela c’est se défendre” – F Kassem #pastoucheauvenezuela #handsoffvenezuela

Le PRCF a participé au rassemblement « Pas touche au Venezuela » le mercredi 6 mars dernier : on retrouvera ci-dessous l’intervention du camarade Fadi Kassem ainsi que le discours originellement conçu pour cet événement.

Contre Trump, Macron, Bolsonaro et Guaido, solidarité avec le Venezuela bolivarien et son peuple face à l’agression impérialiste et fasciste !

            Chers camarades,

Le Pôle de Renaissance communiste en France (PRCF) et les Jeunes pour la Renaissance communiste en France (JRCF) sont heureux et fiers de participer à ce rassemblement pour refuser, condamner et combattre avec détermination et solidarité internationaliste une nouvelle agression de l’impérialisme yankee et de ses affidés, Guaido, Bolsonaro et Macron en tête, en Amérique latine. Ce rassemblement s’inscrit dans la continuité du combat auquel nous avons participé, avec d’autres organisations présentes ce soir, le 11 novembre 2018, lorsque nous avons dénoncé et condamné la venue de D. Trump à Paris pour la « cérémonie » du centenaire de la « Grande Guerre » : ce fut alors l’occasion de s’opposer à la présence des principaux bouchers et fauteurs de guerre de la planète, parmi lesquels Trump, Netanyahou, Ben Salmane et bien entendu Macron, qui participaient à un « Forum de la Paix » rassemblant, de fait, les vrais responsables des guerres et des attaques belliqueuses semant un chaos croissant dans le monde.

Aujourd’hui, le PRCF et les JRCF sont satisfaits de prendre part de nouveau à une action collective qui vise à condamner l’agression impérialiste et fasciste ayant pour cible le peuple vénézuélien et la révolution bolivarienne. Nous concevons ce rassemblement nullement comme un simple témoignage de solidarité et de soutien, mais comme une étape pour une plus large mobilisation afin de sensibiliser et informer nos concitoyens de l’odieuse agression visant le Venezuela, mais aussi aider par tous les moyens possibles le peuple vénézuélien victime de la « guerre économique » menée par les adversaires de la République bolivarienne, que ce soit la grande bourgeoisie vénézuélienne, anticommuniste et fascisante, qui n’a jamais accepté l’arrivée démocratique au pouvoir des partisans du « socialisme du XXIe siècle » dès l’élection de Hugo Chavez – et dont Guaido est le nouveau visage – ou les gouvernements étatsuniens successifs, soutenant la guerre économique et imposant un blocus qui déstabilise le pays depuis des années ; et aujourd’hui, Trump ose affirmer apporter une « aide humanitaire » !

L’Amérique latine, victime éternelle de l’impérialisme yankee

Ce qui se passe au Venezuela ne constitue hélas nullement une nouveauté en Amérique latine et s’inscrit dans le cadre de la lutte à mort menée par l’impérialisme yankee contre tout régime progressiste et/ou socialiste depuis des décennies. Que l’on se souvienne du renversement du président Arbenz au Guatemala en 1954 ou d’Allende le 11 sept. 1973 ; n’oublions pas également le coup d’Etat ayant chassé le président Zelaya du Honduras en 2009 ; et que dire de ces « destitutions faussement institutionnelles », qui sont en réalité des coups d’Etat déguisés, contre le président paraguayen Fernando Lugo en 2012 et contre Dilma Rousseff au printemps 2016. A chaque fois, des coups d’Etat ont été orchestrés soit par l’armée – souvent avec le soutien de la CIA et l’appui pressant de la United Fruits Company –, soit par des nostalgiques des dictatures à commencer par… Bolsonaro : ce dernier proclama à la presse brésilienne en 1993 : « Oui, je suis favorable à une dictature ! Nous ne réglerons jamais les problèmes de la nation avec cette démocratie irresponsable ! » ; et d’apporter son soutien à la destitution de Rousseff en dédiant son vote de 2016 « à la mémoire du colonel Carlos Alberto Brilhante Ustra », l’un des tortionnaires de la dictature militaire qui sévit entre 1964 et 1985, avant d’affirmer à un journal que « l’erreur de la dictature fut de torturer, et non de tuer ».

Quant au Venezuela bolivarien, il est, avec Cuba socialiste, l’ennemi constant et majeur de l’impérialisme yankee et de toutes les forces fascistes d’Am. latine. Comment ne pas rappeler la tentative de coup d’Etat d’avril 2002 (déjà !) ayant visé Hugo Chavez ? Et comment oublier que D. Trump a lui-même appelé à un changement de président au Venezuela, envisageant un coup d’Etat dès 2017 et considérant cette option plausible en marge de la réunion annuelle de l’ONU en septembre 2018 ? Car l’impérialisme yankee ne peut se satisfaire que lui résistent des régimes et sans fermer les yeux sur les erreurs et les insuffisances des politiques menées par les différents régimes cités, coupables de nationaliser les hydrocarbures, mettre en œuvre des réformes agraires, promouvoir les droits des minorités (notamment indiennes), inscrire dans la constitution le principe de la souveraineté alimentaire comme l’a fait l’ancien président équatorien Rafael Correa – lui aussi la cible d’une tentative de coup d’Etat ayant échoué en septembre 2010 ! –, partager les richesses afin de réduire la pauvreté (ce qui a été le cas au VNZ), défendre l’indépendance et la souveraineté nationales et populaires, s’opposer aux traités de libre-échange (rappelons que le Venezuela s’est fermement opposé à la ZLEA et est l’un des initiateurs, avec Cuba socialiste, de l’Alternative bolivarienne pour les Amériques créée en 2004 pour proposer un front anti-impérialiste et anticapitaliste à Washington et ses alliés) – que la Commission européenne peut désormais signer et faire adopter sans demander l’avis des parlements nationaux ! –, et plus généralement mettre fin à la tutelle impérialiste et belliciste de Washington. En effet, comme l’affirmait déjà en 1845 le journaliste et politique John O’Sullivan : « Les Etats-Unis feront battre en retraite tous ceux qui tenteront de s’opposer à notre politique ou de faire obstacle à notre puissance, de limiter notre grandeur et d’empêcher la réalisation de notre destinée manifeste qui est de nous répandre à travers tous les continents pour assurer le libre épanouissement de millions de personnes ».

Combattre la fascisation croissante

Face à la situation actuelle au Venezuela et comme par le passé, l’équivoque ne saurait être de mise : face à la tentative de renverser un président démocratiquement et légitimement élu – et certainement davantage que D. Trump qui a obtenu ¼ des voix américaines et près de 3 millions de voix de moins que la non moins belliciste et impérialiste Clinton, ou que Macron qui n’a obtenu que 16,55% des voix des inscrits (et pourtant près de 60% des sièges au sein de l’Assemblée nationale : voilà la « démocratie » macroniste !), nous affichons notre solidarité internationaliste avec le peuple vénézuélien et notre détermination absolue pour combattre l’impérialisme yankee, son affidé téléguidé Guaido – le pseudo autoproclamé « président » partisan de « la libre entreprise de marché, l’autonomisation de l’entrepreneuriat et la compétitivité » (autrement dit le capitalisme sauvage et son visage néolibéral qui a tant ravagé le continent latino-américain depuis au moins… Pinochet), le fasciste Bolsonaro qui déclarait le soir de son élection : « Nous ne pouvons plus continuer à flirter avec le socialisme, le communisme, le populisme de gauche », et plus généralement tous les dirigeants qui s’alignent sur cette nouvelle tentative de coup d’Etat, à commencer par « Jupiter » Macron qui, flanqué de son Sinistre de l’Intérieur Castaner et de son serviteur fidèle E. Philippe, matraque chaque samedi les gilets jaunes, réprime violemment les syndicats et mouvement sociaux, rogne davantage sur les libertés de manifester et de s’exprimer, lance des perquisitions contre des partis politiques de gauche, arase toutes les conquêtes sociales et démocratiques et promet de soumettre la République sociale et souveraine à l’UE capitaliste, impérialiste et atlantiste.

            Nous devons toutes et tous avoir conscience, chers camarades, que ce qui se passe au Venezuela, où les adversaires de la révolution bolivarienne désormais jouent le pourrissement, accentuent la guerre économique et renforcent le blocus afin de faire tomber le président Maduro démocratiquement et légitimement élu, est en réalité une offensive plus vaste, celle de la fascisation qui menace non seulement l’Amérique latine, mais également le reste du monde, et notamment l’Europe. Car si le Venezuela bolivarien tombe, le Nicaragua sandiniste et Cuba socialiste – et probablement, en dernier ressort, la Bolivie de Morales – seraient plus que jamais sous le feu de l’impérialisme belliciste, comme l’a annoncé de façon tonitruante Trump fin novembre dernier en déclarant : « Je considère que la situation au Nicaragua constitue une menace extraordinaire et inhabituelle pour la sécurité nationale et la politique étrangère des Etats-Unis et, par conséquent, je déclare l’urgence nationale pour combattre cette menace ». Même Benoît Hamon a concédé au soir de l’élection de Bolsonaro : « L’ombre du fascisme s’étend dans le monde. Il faut s’y opposer, y résister. Les digues sont fragiles » !

Défendre le Venezuela bolivarien, c’est SE DEFENDRE !

Et pour s’y opposer, il ne faut fléchir à aucun prix : c’est pourquoi le PRCF et les JRCF affirment clairement leur soutien au peuple vénézuélien et à la République indépendante et souveraine du Venezuela. Une barricade ne comprenant que 2 côtés, nous choisissons de nouveau, et nous choisirons toujours, celui du camp progressiste, antifasciste, anti-impérialiste et antiraciste, qui lutte pour l’indépendance et la souveraineté des peuples et qui a tant souffert des coups d’Etat et des dictatures militaires appuyées par la CIA et le capitalisme en Amérique latine, comme l’a si bien montré le journaliste John Dinges dans son ouvrage phare, Les Années Condor. Car défendre le Venezuela bolivarien, Cuba socialiste et le Nicaragua sandiniste, ce n’est pas seulement défendre des processus progressistes et révolutionnaires, aussi imparfaits et incomplets soient-ils, c’est aussi NOUS DEFENDRE et DEFENDRE NOS CONQUETES SOCIALES ET DEMOCRATIQUES face à la grande vague fasciste qui submerge le monde. En Europe essaiment allègrement les nostalgiques du franquisme, de Mussolini et du IIIe Reich, en Espagne, en Italie, en Suède, en Lettonie, en Hongrie, en Pologne ou en Ukraine, et bien entendu en France sans que cela émeuve le pseudo « progressiste » Macron qui, tout en affirmant soutenir le peuple vénézuélien pour retrouver la « liberté » et tout en reconnaissant le faussement « légitime » Guaido, s’entend avec son « ami » Netanyahou, avec l’Arabie saoudite wahhabite et l’Egypte de Sissi, reçoit le néo-nazi ukrainien Parouby, président de la Rada, tolère les milices fascistes pour repousser des migrants à la frontière franco-italienne ou tabasser des étudiants comme à Montpellier en 2018, musèle la presse (surtout de gauche), détruit tous les services publics et les fondements sociaux, démocratiques et laïques de la République une et indivisible, met fin à la souveraineté nationale et populaire du peuple français en promouvant le « saut fédéral européen », etc., autant d’éléments ouvrant un boulevard au fasciste « RN ».

« Nous sommes à un moment existentiel de la vie vénézuélienne. Nous avançons vers le socialisme, et rien ni personne ne pourra l’empêcher » : ainsi s’exprimait Hugo Chavez en 2007. Chers camarades, le temps nous est compté pour apporter tout notre soutien sans faille au peuple vénézuélien et à ses dirigeants démocratiquement et légitimement élus. Au-delà des divergences et sans fermer les yeux sur les erreurs et les insuffisances des politiques menées par le régime bolivarien, force est de constater que l’impérialisme yankee et ses fidèles affidés sèment le chaos et le désordre au Venezuela par le biais du pseudo « président autoproclamé » Guaido. Ne nous laissons pas aveugler par le vocabulaire mensonger des forces impérialistes, que dénonçait déjà H. Chavez en 2006 : « Les impérialistes voient des extrémistes partout. Ce n’est pas que nous soyons des extrémistes. C’est que le monde se réveille. Il se réveille partout. Et les gens se lèvent. »

A notre tour de nous lever pour promouvoir un large front antifasciste, anti-impérialiste, antiraciste et progressiste, et ainsi soutenir le combat du peuple vénézuélien pour son indépendance et sa souveraineté, et qui a démocratiquement et légitimement choisi en son âme et conscience ses dirigeants bolivariens. Comme le proclamaient déjà F. Castro et T. Sankara, et comme le proclamait Guevara, tous confrontés aux agressions impérialistes : « La patrie ou la mort », « Le socialisme ou la mort », « Nous vaincrons ! », VENCEREMOS !