Willy Ronis: RDA la vie avant tout

Une exposition du Travail de Willy Ronis en RDA se tient à Versailles du 19 mai 2021 au 19 septembre 2021. Elle présente le reportage photos conçu par l’immense photographe communiste français.

Du fait des restrictions de circulation, initiative-communiste.fr n’a pu visiter l’ mais a pu acheter le catalogue de l’exposition.

Voici quelques commentaires qui peuvent être faits, non pas tant sur le contenu photographique dont la qualité, comme celle du reste de la production photographique du génie Ronis vaut assurément la visite, mais plutôt sur les contorsions risibles qui accompagnent la présentation de cette œuvre qui au moment de sa création souffrit de la censure, non pas de la Stasi, mais bien des autorités et de la presse française et occidentale, puisque l’ ne put être montée que dans des communistes et socialistes, tandis que l’œuvre immense de Ronis était ostracisée, pour ne reparaitre qu’à l’arrivée du programme Commun au pouvoir…

Le Catalogue est bien présenté et correctement imprimé par Parenthèses. (39 euros)

Nous serons plus circonspects, mais pas surpris, par le discours des commissaires de l’ qui vient percuter les images et le fond du travail du photographe.
On constate que le mot communiste leur écorche la bouche et qu’ils ne veulent ni peuvent admettre que le regard porté par Ronis sur la RDA est positif, d’où des contorsions intellectuelles gênantes sinon risibles dans la présentation qui est faite. L’idéologie c’est quelque chose, même quand il s’agit de l’idéologie dominante.

Bien sûr les images de Ronis ne correspondent pas à la vision que le monde occidental veut imposer de la RDA: le mur le mur le mur…

Et si Ronis déclare qu’il ne voulait pas le photographier parce qu’il voulait montrer autre chose, c’est forcement qu’il faut y voir la main de la Stasi, de la censure, des chapeaux gris qu’Hollywood a inséré de force dans les tête occidentales…

Pauvres commissaires d’exposition qui consciemment ou pas se comportent en commissaires politiques et tentent d’imposer au lecteur et au visiteur leur vision étriquée, quand ce travail de reportage reste l’un des seuls (le seul?) réalisé par un occidental communiste et assumant un regard positif, ce qui fait tout l’intérêt documentaire du travail.

Bien sûr, il n’est pas nécessaire d’être communiste ou ostalgique (bien que ce soit le sentiment actuel majoritaire pour les ex-citoyens de RDA dans toutes les enquêtes d’opinions qui se succèdent) pour apprécier la lecture de ce livre et y apprécier ce regard profondément humain de Ronis et cette manière si particulière de composer ses images alliant force graphique et douceur dans le regard. Toutefois celui qui veut y voir des images démontrant qu’il était horrible de vivre en RDA doit passer son chemin, il ne les trouvera pas. Pour les clichés hérités de James Bond il trouvera une maigre consolation dans les textes de présentation qui sonnent bien creux à côtés de ceux écrits par Ronis lui-même.