Les injustices du capitalisme tuent

Nous publions ci-après un article de l’ Obs.

On conviendra que ce journal n’a rien de bolchévik : propriété à 66% de grands patrons (feu-Pierre Bergé, Xavier Niel et Mathieu Pégasse  et à 34% du groupe Pédriel), anti-communiste et partisan de l’ “économie de marché”(le ), virant des femmes de gauche comme Aude Lancelin  ou Cécile Amar accusées de déviationnisme de gauche. Parlant du licenciement d’Aude Lancelin, l’actionnaire Pédriel déclare “Notre journal est social-démocrate. Or elle publie des articles antidémocratiques dans ses pages”. Antidémocratiques parce que de gauche….Quant à Cécile Amar elle a eu la scandaleuse idée de publier un livre d’entretien avec JL Mélenchon….

Bref ce canard est de droite. Et pourtant….des vérités parfois apparaissent dans des articles qui échappent aux censeurs “sociaux-démocrates”.

Nous, qui ne pratiquons pas la chasse aux sorcières et qui respectons le débat démocratique, nous avons donc décidé de publier cet article en espérant que cela ne provoquera pas le licenciement de son auteur.

Cet article, chiffres à l’appui, démontrent que loin de la propagande, la terrible réalité du système capitaliste c’est que ses profondes et intrinsèques inégalités qui ne vont qu’en s’aggravant tuent. Des millions de personnes voient leurs vies raccourcies à cause du Capitalisme et de ses injustices.


Les inégalités de revenus affectent fortement l’espérance de vie : les plus aisés vivent plus longtemps que les plus modestes. En moyenne, 13 ans de plus pour les hommes et 8 ans pour les femmes, selon une étude de l’Insee publié mardi 6 février.

Ainsi, parmi les 5% les plus aisés (en moyenne 5.800 euros par mois), l’espérance de vie des hommes à la naissance est de 84,4 ans. Elle n’est que de 71,7 ans pour les 5% les plus modestes (470 euros par mois), relève l’institut, se basant sur des données fiscales de 2011 et la mortalité entre 2012 et 2016.

Pour les femmes les plus aisées, l’espérance de vie à la naissance atteint 88,3 ans contre 80 ans pour les plus modestes.

Espérance de vie à la naissance par sexe et niveau de vie mensuel – Insee

Le gain d’espérance de vie associé à une légère augmentation de niveau de vie n’est pas le même pour les personnes les moins aisées et celles qui le sont le plus, observe l’étude :

“Plus on est aisé, moins ce gain est élevé. Ainsi, aux alentours d’un niveau de vie de 1.000 euros par mois, 100 euros supplémentaires sont associés à 0,9 an en plus d’espérance de vie chez les hommes et 0,7 an chez les femmes. Autour de 2.000 euros par mois, le gain d’espérance de vie n’est plus que de 0,3 an chez les hommes et 0,2 an chez les femmes. Il atteint seulement 0,2 an et 0,1 an pour 2.500 euros par mois.”

Le niveau de vie affecte la longévité

Le niveau de vie peut être “la cause directe d’un état de santé plus ou moins bon, et donc d’une durée de vie plus ou moins longue”, explique l’Insee. Les auteurs rappellent que “d’après l’enquête Santé et protection sociale de 2014, 11% des adultes parmi les 20% les plus modestes disent avoir renoncé pour des raisons financières à consulter un médecin au cours des 12 derniers mois, contre 1% des adultes parmi les 20% les plus aisés.”

Mais le niveau de vie peut aussi avoir “un effet indirect sur la santé” car il est également “lié à la catégorie sociale, le diplôme ou la région de résidence”. Les cadres sont par exemple moins soumis aux risques professionnels (accidents, maladies, exposition à des produits toxiques) que les ouvriers, ou les 15-64 ans sans diplôme fument davantage que les diplômés du supérieur (39% contre 21%).

Mais avoir un diplôme du supérieur influe peu sur les écarts d’espérance de vie: “Avec ou sans diplôme, plus on est aisé, plus l’espérance de vie augmente.”

Article de l’Obs 07/02/2018