Échec aux maths, ou 25 années de déconstruction maastrichtienne de l’enseignement des mathématiques

initiative-communiste.fr s’est penché sur les résultats catastrophiques obtenus par les petits Français en mathématiques. Voici le premier épisode de l’enquête qui en compte trois au total. L’intégralité de l’article est à retrouver dans la revue Étincelles.

Allègre, Fillon, Chatel, Vallaud-Belkacem, Blanquer, ils ont détruit l’excellence mathématique française: la France sur la voie du sous-développement !

Les enquêtes internationales se succèdent et leurs résultats sont sans équivoque. Les élèves français qui étaient parmi les meilleurs du monde développé en 1995 sont maintenant parmi les pires, avec des résultats qui les classent au niveau des Balkans dans la dernière enquête TIMSS 2019. (Ces mauvais résultats sont constants quelles que soient les enquêtes : PISA, Cedres, TIMSS.)  

En 25 ans de réformes de Fillon à Blanquer, un effondrement des élèves en mathématiques.

D’après les enquêtes TIMSS

Un rapport remis en octobre 2006 par l’Inspection Générale de l’Éducation Nationale nous apprend par ailleurs que :

« Ainsi l’on a pu constater, dans l’enquête PISA 2003, que les élèves de 15 ans scolarisés en France se situaient au-dessus de la moyenne en culture mathématique et en culture scientifique et à la moyenne en compréhension de l’écrit »

Si les collégiens français avaient maintenu le niveau de 1995 ils se classeraient à la septième place du classement TIMSS juste derrière la Russie. 

Mais depuis 1995, de nombreuses contre-réformes de l’Éducation nationale ont été imposées, et à chacune d’entre-elles les enseignants du primaire comme du secondaire ont, dans leur majorité, dénoncé leurs conséquences néfastes. 

Les écoliers français sont avant-derniers de l’OCDE dans l’enquête TIMSS 2019.

Ce n’est pas un naufrage, c’est une mise à mort de l’enseignement des mathématiques au pays de Viète, de Descartes, de D’Alembert, de Monge, de Germain de Laplace, de Fourier, de Cauchy, de Galois, de Lebesgue, de Cartan, de Choquet, de Dieudonné, de Grothendiek de Schwartz de Lafforgue, de Connes… La liste est si longue de ces mathématiciens français brillants qui ont tant apporté à l’Humanité….

Il ne s’agit pas ici de faire du nationalisme scientifique mais de saluer l’École mathématique qui a placé la France en tête des médailles Fields (équivalent du prix Nobel pour les mathématiques) avec les États-Unis. Or il n’y a pas d’excellence de la recherche sans un système de formation robuste et démocratique.

Des CONTRE-réformes au service du marché européen de la connaissance et de la compétence ont ravagé l’école de la république et violenté les enseignants. Le niveau des élèves s’effondre.

Cette agonie douloureuse et qui va en s’accélérant n’est pas la conséquence d’erreurs de jugements, elle est la conséquence d’une stratégie politique et systémique méticuleusement mise en place depuis des décennies et dont les effets délétères éclatent maintenant au grand jour.

Depuis 2002 et le sommet européen de , tous les ministres de l’Éducation, qu’ils soient réactionnaires de droite ou réactionnaires de « gauche » ou les deux « en même-temps », ont mené en européistes fidèles avec un acharnement systématique un train continu de  contre-réformes structurelles et pédagogiques afin d’ériger une économie de la connaissance et de la compétence. Ces contre-réformes profondément corrosives ont eu pour but :

  • de s’en prendre à l’universalisme scientifique hérité des Lumières, en arasant dans les programmes les notions liées à la preuve scientifique pour les remplacer par du pragmatisme d’inspiration libérale.
  • de s’en prendre à l’universalisme républicain permettant un égal accès à tous à une école de la République performante. C’est un système scolaire à plusieurs vitesses, profondément inégalitaire qui n’a eu de cesse d’être promu. Nivellement par le bas pour les enfant du Peuple, écoles d’Élite pour la progéniture de la Caste dominante.
  • de briser la liberté pédagogique et de piétiner les garanties statutaires des professeurs afin d’imposer à des enseignants violentés, méprisés, et caporalisés ces réformes injustes et nuisibles.
  • De détruire un système d’enseignement public efficient et gratuit pour ouvrir la voie à sa marchandisation. Rappelons que l’UE est une économie de marché ouverte sur le monde dans laquelle la concurrence et le marché sont sacrés : rien ne doit échapper au profit !
  • De faire des économies dans le cadre de la politique d’euro-austérité permettant de satisfaire aux critères de convergences de Maastricht et de l’euro.

À suivre…