L’enquête d’Ariane Chemin, journaliste au Monde, fait froid dans le dos

Zemmour: créature de Bolloré

Elle montre comment l’oligarque (chut, ce mot ne doit être employé que pour la Russie!) Vincent Bolloré littéralement créé le médiacrate Zemmour, l’homme qui, sans aucun parti constitué derrière lui, sans avoir jamais conquis un poste d’élu (ça ne vous rappelle personne?), sans jamais avoir rien écrit de neuf sur les plans philosophique, théorico-politique, économique ou historique (son rapport à l’ « histoire » est des plus fantasmés), mais en disposant d’un énorme groupe médiatico-journalistique derrière lui, accapare l’attention de nos médias monopolisés par une poignée de multimilliardaires. Le projet politique pseudo-« identitaire » est clair, il s’agit de créer un Trump hexagonal fédérant la droite et l’extrême droite pour, au final, éradiquer tout ce qui fait notre pays depuis les Lumières et la Révolution française (ne parlons pas des acquis de 68, 45, 36, 1905, etc.!). Pas pour rien que Zemmour tente d’ériger, de la manière la plus négationniste qui soit, la figure de proue du fascisme « français », le collabo en chef Philippe Pétain, en quasi défenseur des juifs français !

Bolloré: destructeur de la France

 
L’enquête du Monde montre aussi et surtout qui est Vincent Bolloré, cet archi-milliardaire sans scrupules, à la fois « catho » et « amoral en affaires », soucieux d’ « identité française » (lisez: islamophobe), suppôt du tout-anglais (c’est le « boss » himself qui choisi d’appeler « sa » chaîne-vedette « C-News », avec l’accord empressé de sa cour de « yesmen »), pontife à la fois de la « Françafrique » néocoloniale et de l’autonomisme breton le plus rétro. Comme quoi, pour peu qu’on soit clairement campé sur des positions fortement oligarchiques et populaires, on peut à la fois être « identitaire français » et quasi séparatiste breton, destructeur de la France une et indivisible, militant de l’euro-atlantisme (Zemmour vient de déclarer – on s’en doutait – qu’il « n’est pas pacifiste ») et pointe avancée du néocolonialisme « français ». Mais les tenants historiques de Versailles, de Vichy et de l’OAS ne se sont jamais embarrassés de cohérence théorique, ni de patriotisme réel dès lors qu’il s’agissait de faire la peau du mouvement ouvrier et démocratique et de cette République, fût-elle bourgeoise, que leurs grands ancêtres ligueurs appelaient « la Gueuse » ! 

Extrémisme de droite et intégrisme religieux

 
Bien entendu, Bolloré s’est entouré d’un parterre d’intégristes cathos (qui doivent hérisser nombre de praticiens véritables des Évangiles) et de survivants de l »Ancien Régime (le Chouan non repenti De Villiers…), de l’OAS et du groupuscule fasciste Occident, l’ancêtre du GUD hyperviolent qui traquait les et tabassait les militants de gauche après mai 68. Derrière le « BZH » d’apparence sympathiquement folklo que promeut cette camarilla pseudo-bretonnante se cache de moins en moins un « BZE » (Bolloré, Zemmour-Éric) ultradroitier qui menace de septicémie idéologique, non seulement la péninsule armoricaine, mais le pays des Lumières et de 1789 tout entier ! Après quoi, tout un cénacle de militants de la « gauche alternative » persistera encore à ergoter et à mégoter au sujet de l’existence, de plus en plus patente, et de moins en moins insidieusement violente, de la fascisation (dont il faut être aveugle volontaire pour ne pas voir les métastases proliférantes dans l’appareil d’État policier et militaire…).
 

Le prix de l’euro-trahison

Voilà où l’on en est en France, berceau des Lumières, après quarante ans d’euro-trahison* de la « gauche » mitterrando-jospino-hollandienne, de dérives antimarxistes et européistes du PCF-PGE, d’errance euro-réformiste des confédérations syndicales, de « construction » euro-atlantique sapant les bases sociales, institutionnelles, voire linguistiques et « territoriales » de notre pays (on en est aux « Grandes Régions » à l’allemande, au tout-anglais aliénant à l’Université et dans les grandes entreprises, au « pacte girondin » démolissant la République indivisible…). 
 

Une alternative rouge et tricolore

Il est donc urgent de reconstruire une Alternative rouge et tricolore, c’est-à-dire patriotique, antifasciste et populaire, de militer pour le « tous ensemble » du monde du travail, de relever le syndicalisme de classe. 
Et de passer une vitesse dans la reconstruction du parti communiste de combat qu’ détruit la « mutation ». C’est à quoi travaillent résolument les militants franchement communistes, à la fois antifascistes et 100% anti-Maastricht, du PRCF et des JRCF. Rejoignez leur combat, il y urgence démocratique, voire existentielle, pour notre peuple ! – Georges Gastaud, directeur politique d’Initiative communiste