« À mort l’arbitre! » – Par Floréal, 8 janvier 2026
On lira ci-dessous un article commentant la décision prise par Trump de retirer les États-Unis d’Amérique de 66 (!) institutions internationales. Souvent liées à l’ONU et mandatées par elle pour des missions humanitaires et/ou médico-écologiques, ces institutions sont toutes accusées (« Sans autre forme de procès » eût dit Jean de La Fontaine) de partialité, de « progressisme » (quel crime odieux!) ou, pis que tout, d' »anti-américanisme » comme au bon temps du sénateur MacCarthy, l’inventeur de la « chasse aux sorcières ». Au passage, quelle admirable « démocratie » que ces États-Unis où le chef de l’exécutif décide de tout, la guerre, la paix, la vérité, sans aucun contrôle des prétendus « pouvoirs » législatif ou judiciaire soudain frappés de mutisme…
L’auteur de ces lignes ne se porte nullement garant, faut-il le dire, de l’impartialité ou de l’efficacité de chacune des institutions répudiées par Trump mais il est clair que lorsque l’État le plus riche et le mieux nanti militairement de la planète se retire d’un seul coup de 66 institutions internationales possédant chacune sa spécificité, cette décision en dit plus long sur la nature réelle de l’État rétractant que sur chacune des institutions répudiées par lui…
En réalité, la démarche de Trump et de sa clique de suprémacistes ultra-conservateurs confirme et souligne ce que cette sombre clique alliée à Netanyahou vient de faire à Gaza, où elle a aidé l’armée génocidaire d’Israël à faire méthodiquement feu sur les journalistes et sur les humanitaires, à bannir du territoire martyrisé l’association humanitaire pilotée par l’ONU (l’UNRWA). Avec en prime, l’assaut états-unien contre l’Iran souverain et, tout récemment, l’attaque de l’Oncle Sam contre le Venezuela souverain agrémentée de l’enlèvement de son président légitime. Tout cela en violation de la Charte de l’ONU reconnue par Washington (pour combien de temps encore?), sans nulle déclaration de guerre (c’est-à-dire traitreusement), en raflant un président en exercice, en exécutant sans procès aucun ses gardes du corps, en enlevant aussi l’épouse du président (accusée de quoi au juste?) pour faire bon poids, et tout à l’avenant, en attendant de rééditer ce type d’opération à Cuba, en Colombie, au Mexique, en Iran ou, s’il se peut, à Moscou où l’Ukraine bandériste (armée, pilotée et conseillée par Washington…) vient de tenter de bombarder le président russe dans l’une de ses résidences officielles…
De ces comportements de fauteur de guerre mondiale du MAGA-gangster états-unien, il faut tirer deux conclusions pratiques:
L’une, de court terme, est que, hélas, le MAGA-prédateur états-unien affiche son mépris décomplexé pour la « communauté internationale », le droit international, les institutions onusiennes, etc. Terminée la référence au droit, eût-elle toujours été hypocrite de la part de Washington: désormais, on ne fait même plus semblant, on tire dans le tas ou mieux, on entre d’un coup de pied dans le saloon, on abat d’emblée le shérif et l’on s’approprie son étoile pour la donner à Joe Dalton. Cela s’appelle l’unilatéralisme, un concept créé en 1991 par Bush Senior exploitant l’autodislocation contre-révolutionnaire de l’URSS. En clair, même plus besoin de feindre se soucier de législation nationale ou internationale (les USA en sont à lancer des poursuites contre la CIJ qui a osé inculper Netanyahou de crime de guerre !). Mais comment s’appelle cette manière cannibalesque de percuter toutes les formes morales et juridiques et de dire partout « je mange le premier parce que je suis le lion« ? N’en déplaise aux coupeurs de cheveux en quatre de la fausse gauche qui confondent les formes variables d’un processus historique avec son essence permanente, et qui donc, décident qu’il n’y a pas aujourd’hui de fascisation puisque les Chemises brunes ne défilent pas encore dans les rues (quoique…), cela s’appelle le FASCISME, cette dictature ouverte du grand capital désireux de terroriser ses adversaires de classe en supprimant toute trace de loi et d’arbitrage. Énorme régression historique, faut-il le dire, que le philosophe hongrois Lukàcs eût sans doute rattachée à la « Destruction de la raison » propre aux périodes contre-révolutionnaires et que nous ne pouvons manquer de rapporter à l’exterminisme, ce stade suprême du capital-impérialisme, où l’oligarchie en proie à l’hybris le plus débridé qui soit en vient à menacer, croyant ainsi se maintenir historiquement, l’existence même de l’humanité.
Ne déclamons cependant pas trop contre Trump puisque, dans notre belle UE, il a récemment suffi d’un décret pris en Conseil des ministres (des Affaires étrangères) pour que, notamment, le colonel suisse Jacques Baud (qui a la criminelle particularité de réfuter, faits à l’appui, le narratif mensonger de l’UE à propos de l’Ukraine…) soit interdit d’expression publique, de recours à ses comptes bancaires (au point de ne plus pouvoir s’acheter à manger!), de toute liberté de circulation dans les pays de l’UE, tout cela sans même avoir été averti des charges censément retenues contre lui par ses étranges « juges »...
Quelle est alors la seule conclusion que l’on puisse tirer du comportement de plus en plus ouvertement fasciste de Trump? C’est qu’il ne sert à rien de geindre contre le prétendu « droit du plus fort ». Puisque le plus fort ne connaît plus – momentanément – que la force, cela signifie logiquement que ses victimes n’ont plus d’autre ressource que de s’armer et s’unir pour devenir plus forts que celui qui les persécute. C’est ce qu’a compris l’ex-guérillero qu’est présentement le président colombien Gustravo Petro: menacé de mort par Trump, Petro vient de lui répondre non sans courage : « j’ai déposé les armes, mais vu les circonstances, je les reprendrai pour défendre la patrie ».
La deuxième conclusion qu’il faut tirer du comportement de Trump, c’est que, certes, ce grossier personnage mange aujourd’hui son dernier pain (ô combien!) blanc en sortant son colt pour tirer à vue sur tout ce qui bouge et qui lui semble rouge. Mais en réalité, et les choses étant considérées sur le long terme, un État ou un Parti qui, bien qu’il ait lui-même fixé ses règles de fonctionnement, s’assoit sur elles, injurie l’arbitre, humilie l’ONU et se fiche de la justice et des modes de fonctionnement (à vrai dire très élastiques) de la « démocratie » américaine, eh bien, un tel cannibale moral avoue par là-même qu’il renonce à obtenir, fût-ce en lui mentant, le consentement de la majorité des peuples et des travailleurs du monde qu’il opprime. Or, comme le disait le militant antifasciste Gramsci, « l’hégémonie est la dictature matelassée de consentement« . Exit le consentement car exit du même coup la loi, le « logos », l’arbitre, le commun, le TIERS qui substituent la raison la meilleure à la pseudo-raison du plus fort. Lequel, comme le disait Rousseau dans Le Contrat social, « n’est jamais assez fort pour être toujours le maître s’il ne transforme son usurpation en droit et l’obéissance en devoir« .
Bref, le fascisme est l’aveu que le Maître bourgeois, qui dirigeait hier de grandes et progressistes révolutions populaires (Angleterre, USA, France, Italie…) n’a désormais plus d’autre « raison » d’être obéi que le fouet. Dès lors, si l’esclave finit par surmonter sa compréhensible peur du « fouet », en l’occurrence de l’US Navy, si les esclaves comprennent que le plus fort cesse aussitôt de l’être quand les opprimés s’unissent enfin contre lui, alors il n’y a plus de raison véritable autre que la lâcheté – que nul n’a jamais reconnue comme une raison DIGNE – pour obéir au tyran. Et quand les opprimés ont commencé de saisir cela, ce à quoi les aide puissamment et à son insu l’oppresseur qui leur clame « marche ou meurs! », alors il ne consentent plus. Au pire, ils font semblant… quelque temps de croire et de craindre ! Puis, tôt ou tard, ils s’unissent, s’organisent et s’arment, et en attendant ils nourrissent une haine légitime contre qui les tyrannise.
Alors sonne, comme en 1793 ou comme en 1917, l’heure des peuples qui est à la fois celle de l’universel et celle de la force la plus irrésistible qui soit: celle du nombre guidé par la raison. Ce qui, d’un seul mot, se dit « communisme », refus conséquent de toute exploitation d’un homme par un autre homme et d’un peuple par un autre peuple.
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Les États-Unis vont se retirer de soixante-six organisations internationales
Donald Trump a décidé de retirer les États-Unis de soixante-six organisations internationales. Environ la moitié des instances ou traités visés sont liés à l’ONU
Publié le 8 janvier 2026 à 07:00 l’Opinion
Le multilatéralisme en prend encore un coup. Mercredi 7 janvier, le président américain Donald Trump a ordonné le retrait des États-Unis de 66 organisations internationales qui « ne servent plus les intérêts américains », selon la Maison Blanche, qui s’exprimait sur X, rapporte Le Monde. Parmi ces organisations, 31 sont liées à l’ONU, dont la fameuse Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), ou encore le comité d’experts scientifiques de l’ONU sur le climat (GIEC).
« L’administration Trump a jugé ces institutions redondantes, mal gérées, inutiles, coûteuses, inefficaces, instrumentalisées par des acteurs poursuivant des objectifs contraires aux nôtres, ou menaçant la souveraineté, les libertés et la prospérité générale de notre nation », a indiqué le département d’État dans un communiqué… ».