Du devoir d'espérance – Par Floréal – A la mémoire de Jean-Pierre Hemmen
Ceux qui, à l'inverse de Gramsci, associent l'illusoire « optimisme de l'intelligence » au démotivant « pessimisme de l'action », expliquaient il y a peu que l'impérialisme étatsunien était mort et enterré, que les B.R.I.C.S allaient tout rafler, que la malfaisante UE était en voie de disparition rapide et cent autres contes de fées destinés à bien dormir la nuit, sont désormais forcés de déchanter: certes archi-décadents, honnis par les peuples et minés par une crise systémique, l'Empire yanqui et son vassal européen s'efforcent de contrer leur déclin historique par un terrible regain d'agressivité tous azimuts: après avoir enlevé le président socialiste du Vénézuela, les voici qui, assiègent l'Iran, strangulent Cuba, menacent la Colombie et le Mexique, fomentent l'annexion du Groenland et du Canada, et qui, de ce côté-ci de l'Atlantique, surarment le régime bandériste de Kiev, applaudissent au réarmement du militarisme allemand revanchard, planifient une guerre continentale avec la Russie… tout en attendant de pouvoir seconder l'Oncle Sam dans son projet avoué de fondre le moment venu sur la Chine et la Corée populaires au risque d'un conflit nucléaire mondial. Ajoutons à ce brillant tableau planétaire qu'aux USA, le fascisant (le mot frise l'euphémisme!) Trump a mis en place une police raciste et fasciste, que l'on ignore comment cet gangster mondial réagira s'il perd les élections de mi-mandat (ses partisans ont tenté de prendre le Capitole il y a cinq ans…), tandis qu'en Europe, l'UE criminalise le communisme, laisse la Tchéquie et la Pologne persécuter les communistes et met carrément hors-la-loi ceux qui contestent son action militaire (tel le colonel suisse Jacques Baud). Last and least, dans l'Hexagone, la Macronie diabolise LFI et couvre une démonstration de rue fasciste à Lyon, la ville-capitale de la Résistance durant la seconde guerre mondiale…
Devant cette accumulation de mauvaises nouvelles, il devient difficile de garder espoir, ou plus exactement, il devient impossible, comme l'ont trop longtemps fait certains géopolitistes, de vendre les plumes de l'Aigle yanquie avant de l'avoir tuée. Est-ce à dire qu'il faille grincer des dents, attendre en tremblant le retour du Messie et propager autour de nous la passion triste de la noirceur? C'est certes à quoi voudraient nous réduire les oligarques qui dominent le monde et voudraient bien éradiquer la combativité populaire pour imposer leurs « solutions » de surexploitation et de recolonisation complète de la planète… A cela nous répondrons que, moralement, l'espérance, qui est tout autre chose que les vains espoirs bâtis sur l'illusion, est en permanence un impératifg catégorique pour tous les militants: s'ils ne l'avaient pas eue chevillée au corps, les Jaurès, Liebknecht et autre Rosa Luxemburg n'eussent pas combattu l' « irrésistible » marche à la guerre mondiale de 14/18. Jacques Duclos et ses camarades n'eussent pas reconstitué le P.C.F. clandestin en 40 quand les « élites » faisaient le choix de la défaite. Henri Alleg n'eût pas combattu et vaincu le colonialisme qui asservissait l'Algérie tout en déshonorant notre pays, Roger Landini n'eût pas, dès 1940, fait dérailler un train en garde de Fréjus au nez des occupants mussoliniens. Bref, la vertu d'espérance relève ce cette haute vertu morale qui définit éthiquement le militantisme d'avant-garde.
Pour autant, ce devoir n'est pas seulement fondé sur la morale et le marxisme nous apprend à l'ancrer dans une lecture dialectique et matérialiste du présent: d'une part, les antagonismes de fond n'auront de cesse de déchirer toujours plus le capitalisme-hégémonisme dont les dirigeants ne sont tentés de jouer leur va-tout maintenant que parce qu'ils savent que leur moment historique est passé et que s'ils ne se hâtent pas de jouer, s'ils le peuvent, le « tout pour le tout », y compris en mettant l'humanité en péril d'extermination, alors le moyen et le long termes auront tôt fait de leur échapper au profit des travailleurs et de la jeunesse avides de paix, de soin environnemental et de coopération entre les peuples. Et en effet, les oligarchies financières qui étudient les tendances réelles sans se fier aux médiamensonges destinés aux masses, savent bien que, depuis la fin de la pandémie, des vagues grévistes sans précédent ont ébranlé l'Inde, le Bangladesh, le Mexique, la Corée du Sud, mais aussi la Grande-Bretagne et les USA ; et récemment encore, le Québec, la Grèce, l'Italie le Portugal et la Belgique! Ces personnages cyniques savent aussi qu'en France, ce « pays classique des luttes de classes menées jusqu'au bout » (Marx), il n'est pire eau que l'eau qui dort tant notre pays reste celui des Gilets jaunes insurgés, du mouvement « Bloquons tout! » (qui n'a pas dit son dernier mot!), des syndicats de classe refusant de plier devant Berger et son « syndicalisme » veule, bref le pays du Non à la constitution européenne et d'une majorité de citoyens à la fois eurosceptiques et anti-Trump. Un pays en outre qui honnit Macron et qui, même durant les années trente, n'a jamais voté pour l'extrême droite!
Alors, tout en balayant les faux espoirs vecteurs de démoblisation, cultivons la vertu d'espérance éternellement soeur de Révolution. Pas seulement parce que l'espérance est le signe distinctif de ceux qui luttent, mais parce qu'à cette vertu répond une sage analyse historique à même de prédire tranquillement que, pour peu que nous prenions à bras le corps les contradictions du présent, et « les contre-révolutions sont des parenthèses de l'histoire, l'avenir est aux révolutionnaires » ainsi que l'écrivait Dimitrov au coeur des années trente et de leur « inexorable » montée du péril fasciste,

![#Venezuela : le peuple dans la rue pour soutenir Maduro et la révolution bolivarienne [vidéo – direct #FreeMaduro #Venezuelalibre ]](https://www.initiative-communiste.fr/wp-content/uploads/2026/01/20250101-cacaras-manifestations-chavistes-maduro-Telesur6-350x250.webp)
