
Le verdict du procès en appel de onze élus et apparatchiks du prétendu « Rassemblement national » a été rendu ce mardi 7 juillet 2026. Et le moins que l’on puisse dire est que ce verdict témoigne de la grande mansuétude de la justice de classe pour ceux qui ne cessent de s’auto-proclamer présentés comme des « antisystème » (quel « système », au fait ?). En effet, rappelons qu’à l’origine du procès impliquant vingt-cinq cadres, dont Marine Le Pen, du défunt « Front national » se trouve un gigantesque réseau de détournement de fonds publics – originaires, de surcroît, du… « Parlement européen » – et de recel. De quoi déboucher, en mars 2025, sur des condamnations bien plus lourdes en première instance.
Mais voilà : alors que le parquet général prônait des sanctions déjà allégées par rapport au premier jugement – qui, pour rappel, avait débouché sur une peine de quatre ans de prison, dont deux ans ferme, d’une amende de 100 000 euros et d’une peine de prison de cinq d’inéligibilité avec exécution provisoire (ce qui aurait interdit à Marine Le Pen de se présenter à l’élection présidentielle de 2027) –, les juges ont condamné l’ancienne eurodéputée RN à condamnée à trois ans de prison, dont deux avec sursis et un an ferme aménageable sous bracelet électronique, à une amende de 100 000 euros, et surtout à 45 mois d’inéligibilité, dont 30 mois avec sursis. Marine Le Pen ayant déjà exécuté 15 mois d’inéligibilité, cela tombe pile, elle est donc en mesure de se présenter à l’élection présidentielle de 2027, ce qu’elle s’est empressée d’annoncer le soir même de sa condamnation.
Il est significatif de constater que les condamnés du RN ne contestent nullement la gravité des faits, dont le montant se chiffre à plusieurs millions d’euros. Et pour cause tant il est avéré qu’ a été organisé un vaste système de corruption généralisée pour accroître les recettes d’un Parti dit « antisystème ». De ce point de vue, il est proprement stupéfiant de constater la clémence importante dont a bénéficié un parti impliqué dans des affaires en tous genres depuis l’arrivée de Marine Le Pen à sa tête en 2011.

Cette stupéfaction a été ressentie jusque chez le fascisant Bruno Retailleau : alors que son rival Laurent Wauquiez dénonçait, par avance, le « bâillonnement de la démocratie » si Marine Le Pen ne pouvait se présenter en 2027 – oubliant, au passage, que le jeune parvenu et copain du MEDEF Jordan Bardella constitue un autre « candidat naturel » –, l’ancien ministre de l’Intérieur du gouvernement Bayrou et candidat LR déclaré a jugé plus sage d’affirmer que la justice devait être « impartiale ». Car la colère populaire contre les privilèges de l’oligarchie euro-atlantique au pouvoir, à laquelle se rattache parfaitement le RN – et l’intégration de Jordan Bardella à l’aristocratie par ses fiançailles avec la « princesse instagrameuse » Maria-Carolina de Bourbon des Deux-Siciles en est une spectaculaire illustration, au même titre que ses accointances avec le MEDEF –, ne cesse de s’accroître à mesure qu’est détruite la République une, indivisible, laïque et sociale.
C’est d’ailleurs l’un des paradoxes de la situation : écoeurés par 50 années d’euro-austérité (inaugurée par le gouvernement Barre en octobre 1976 !) de gouvernements de droite (toujours plus réactionnaire) et dits de « gauche » et par de multiples scandales politiques et/ou financiers ayant frappé les partis dits de « gouvernement » (et à ce sujet, la Macronie culmine également), une partie des travailleurs en colère s’apprête à voter pour une bande de délinquants et de corrompus [1], par « rejet du système ».
Pourtant, le Pôle de Renaissance communiste en France, en première ligne du combat contre la fascisation – et encore récemment en soutien à deux agents de la fonction publique territoriale de Hénin-Beaumont qui ont réussi à casser la suspension disproportionnée et, de fait, illégale infligée à leur encontre par le maire RN Steeve Briois –, ne cesse de démontrer que le RN est un parti parfaitement « système-compatible ». En effet, comme ne cessent de le rappeler leurs dirigeants – le duo Le Pen/Bardella en tête –, le RN ne veut sortir ni de l’euro, ni de l’UE du Capital, ni même de l’espace Schengen (ainsi, toutes leurs promesses xénophobes et démagogiques sur l’immigration sont du vent !), ni de l’OTAN, et encore moins du capitalisme exterministe ; c’est-à-dire, tout simplement, du seul système qui existe et qui broie les services publics, les conquêtes sociales, les libertés démocratiques (ce que fait d’ailleurs le RN en poursuivant systématiquement les syndicalistes de combat), mais aussi l’indépendance nationale et la souveraineté populaire que prétend défendre le RN !

Face à un tel « parti antisystème » adoubé par le MEDEF et dragué par les faux « Républicains » (le fascisant Eric Ciotti ayant déjà, de son côté, franchi le Rubicon), voire la Macronie (que l’on se souvienne des pseudo débats d’Attal et Darmanin « contre » Bardella !), combien il serait possible pour une gauche réellement patriotique et populaire de rassembler une large majorité de travailleurs ! Encore faut-il que cette gauche-là rompe avec les politiques mortifères qu’elle revendique : éclatement de la République une et indivisible illustré récemment par l’adoption de la loi sur « l’autonomie de la Corse » ; refus catégorique de sortir de l’euro et de l’UE, en faisant croire qu’il est possible de changer l’UE de l’intérieur et de « désobéir » sans aucune conséquence (!) ; soutien au régime pronazi de Kiev et, de fait, à une « Europe de la Défense » nourrie par une gargantuesque économie de guerre et qui menace de précipiter l’Europe, voire le monde, dans l’apocalypse nucléaire contre la Russie ; vagues et timides annonces contre le capitalisme, avec lequel il est urgent de rompre ; poids croissants des questions sociétales, au risque de favoriser les logiques essentialistes et communautaristes chères à l’extrême droite.
Hélas : ni le PCF qui vient de confirmer son orientation eurocommuniste adoptée il y a 50 ans, ni l’état-major de LFI toujours plus social-démocratisé (ne parlons pas du PS, des « Verts » et de Place publique, sociaux-impérialistes et, de fait, de droite), pas davantage les états-majors syndicaux confédérés qui prônent le « syndicalisme d’accompagnement », ne décident de prôner le Frexit progressiste. Ce dernier est pourtant seul en mesure de rassembler largement les travailleurs sur des bases patriotiques, populaires, pacifiques et écologiques, et ainsi de porter une voie franchement anticapitaliste, antifasciste, anti-impérialiste et républicaine. Et par là-même, de stopper l’ascension d’un RN alors même que, selon une récente étude réalisée par le Centre de la vie politique (CEVIPOF) de Sciences Po, 85% des Français n’ont confiance ni dans les partis dans le Président de la République ! Et les chiffre sont assez similaires pour le carcan européiste que la « gauche » euro-compatible veut absolument préserver (mais dans quel but ?!).
Voilà pourquoi le PRCF appelle les principaux candidats du bloc de gauche populaire et patriotique à en finir avec leur orientation euro-atlantico-compatible et à proposer une véritable alternative rouge et tricolore, seule à même d’empêcher l’accès au pouvoir du corrompu et délinquant à grande échelle RN. Une arrivée au pouvoir qui achèverait la République une et indivisible tout en précipitant le pays dans une fascisation incontrôlable et un chaos social, sans mettre fin au risque majeur de guerre exterministe – et comment pourrait-il en être autrement pour des aficionados du fanatique Donald Trump ?
Déclaration du Secrétariat national du Pôle de Renaissance communiste en France (PRCF) – Mercredi 8 juillet 2026
[1] Plusieurs des condamnés de cette vaste entreprise délictueuse de détournement de fonds publics n’ont pas fait appel du jugement de première instance et sont donc définitivement condamnés. Il est utile de rappeler que si Jordan Bardella n’a pas fait l’objet de poursuite, il était collaborateur parlementaire de l’euro député RN Jalkh, tout en figurant à l’organigramme du RN comme collaborateur du N°2 du RN d’alors, Florient Philippot. Comme le rapport wikipedia : Selon le journaliste Tristan Berteloot dans son ouvrage La Machine à gagner paru en septembre 2024, Jordan Bardella aurait aidé à produire de fausses preuves pour justifier a posteriori son activité d’assistant parlementaire. Le 19 septembre 2024, Libération publie une partie des faux documents élaborés par Jordan Bardella, dont un agenda calendrier daté de 2015 mais commandé et livré au siège du Rassemblement national en 2018. Selon des témoins, le calendrier est remis à Jordan Bardella, dont l’écriture apparait sur douze pages : « On lui a dicté ce qu’il fallait mettre dans l’agenda. Jalkh insistait pour que ce soit Jordan, et lui seul, qui remplisse ce document. Il était très prudent, il fallait absolument que ce soit l’écriture de Jordan Bardella dessus ». Après avoir évoqué de « fausses accusations », Bardella laisse supposer que l’écriture pourrait bien être la sienne, tout en contestant avoir travaillé à la fabrication de ces documents[




