Le Parti Socialiste, l’un des fers de lance de l’économie de guerre s’est lancé le 18 mai dernier avec la député Mélanie Thomin au coté du régime macroniste qu’il soutien, représenté par Nicolas Roche secrétaire générale de la Défense, dans un exercice de propagande de guerre. Occupant pour cela un amphithéâtre de l’université de Bretagne pour un débat au titre aussi évocateur qu’inquiétant : « Les Finistériens face à la guerre : rapprocher les citoyens des enjeux de Défense à l’heure des nouvelles conflictualités ». Le PRCF était bien sûr présent, alors que les organisations syndicales de l’université avaient fort heureusement appelé à se réunir « contre la propagande guerrière ». La mobilisation populaire à fait échec à cette mécanique de guerre. Une banderole proclamant, en reprenant et adaptant le mot d’ordre lancé dès 2023 par le PRCF, l’argent pour les facs pas pour l’armée, comme en témoigne la vidéo reportage du Telegram de Brest. Le point sur la situation avec Huguette, présente pour le PRCF.
Lundi soir, dans l’amphithéâtre de la faculté des lettres de Brest, une réunion-débat intitulée « Les Finistériens face à la guerre : rapprocher les citoyens des enjeux de la Défense à l’heure des nouvelles conflictualités », initiée par la députée socialiste Mélanie Thomin, a été annulée face à l’opposition de manifestants. Ceux-ci, issus de la FERC-CGT de l’UBO, de SUD Éducation, de Force Ouvrière et de l’Union Pirate, dénonçaient une « propagande guerrière » et la volonté d’Emmanuel Macron d’intégrer « coûte que coûte » l’armée dans les programmes et établissements scolaires.
Opposition populaire à la guerre
Une cinquantaine de personnes avaient déjà pris place dans l’amphi, dont quelques officiers de marine en tenue d’apparat, accueillis par des cris hostiles : « On ne fera aucune concession aux militaires ! », « Vous vouliez un débat avec la jeunesse, vous l’avez eu ! », « Macron, on n’ira pas au front ! ». La chanson « Le Déserteur » de Boris Vian a également résonné dans la salle.
Face à cette irruption démocratique, Mélanie Thomin a réagi avec violence :
« C’est très grave pour la démocratie dans le Finistère. Quelques jeunes et enseignants empêchent la tenue d’un débat dont le but est de rapprocher les citoyens des questions de Défense. Il ne s’agit pas d’endoctriner qui que ce soit. Ce débat aura lieu à une date ultérieure ! »
Les élus municipaux du PCF, alliés du PS, aux abonnés absents.
Pas un mot des élus socialistes locaux évidemment, mais aussi silence du PCF, aux abonnés absents dans la suite sans doute de son alliance avec le PS. Un élu municipal de la France Insoumise (FI) est monté sur scène pour soutenir les manifestants, provoquant une altercation vive avec la députée, qui a immédiatement exigé sa démission du conseil municipal.
Une irruption de ce peuple censé être rapproché d’une défense sous commandement intégré de l’OTAN, devant des officiers de la Marine nationale convoqués pour cet évènement de propagande de guerre ayant fort peu à voir avec la défense nationale, mais en réalité partie liée uniquement des guerres de l’Union Européenne et de l’OTAN . Des officiers cramoisis, avec leurs galons, un peu vexés quand même…
la presse relayait le lendemain un communiqué du PS intitulé « Empêcher un débat n’a jamais servi la paix ! », défendant l’initiative de Mélanie Thomin :
« L’initiative de notre députée était légitime dans une ville dont l’histoire est intimement liée à celle de la Marine. »
C’est oublier l’histoire de Brest comme le rapelle Huguette avec force : « L’histoire de Brest est aussi liée aux manifestations ouvrières, comme celle au cours de laquelle Édouard Mazé a été tué, ou les charges de CRS contre les manifestants, où Pierre Cauzien a eu la jambe broyée – ce qui ne l’a pas empêché, les années suivantes, de continuer à manifester avec une prothèse. Et de manifester contre l’envoi des jeunes en Algérie. »
L’odieux chantage : vendre sa chair aux canons pour avoir accès à l’éducation
« Vous ne pouvez pas poursuivre vos études à l’université ? Engagez-vous ! Vous voulez bénéficier d’avantages pour poursuivre vos études ? Engagez-vous ! »
L’Université de Bretagne Occidentale a en effet signé des contrats avec Thales et un partenariat avec la Marine nationale.
« demain matin, j’irai distribuer des textes du PRCF à l’entrée de la fac des lettres, histoire de remettre de l‘ambiance de paix face à leur propagande de guerre » insiste la militante du PRCF. Et de rappeler que chacun a pu à nouveau voir tomber le masque de la sociale démocratie : même plus de gauche en parole, elle est déjà engagée avec la droite dans l’union sacrée pour la guerre.
L’appel syndical Rassemblement lundi 18 mai à 18h contre la propagande guerrière à l’UBO (CGT-SUD-FO-UP)
L’UBO accueille lundi 18 mai à 18h30 une réunion-débat intitulée « Les Finistériens face à la guerre : rapprocher les citoyens des enjeux de Défense à l’heure des nouvelles conflictualités » animée par Mélanie Thomin (députée PS de la sixième circonscription Châteaulin-Carhaix) et Nicolas Roche (secrétaire général de la Défense et de la Sécurité nationale).
Contre la propagande guerrière
Un vent militariste balaie l’Europe. Au prétexte du conflit en Ukraine et de l’instabilité internationale, on nous rejoue la sainte alliance des industriels, des politiciens et des militaires comme avant 1914 et 1940. Et donc, sous l’impulsion du président Macron, se remettent en avant des formes de service national ou militaire rénovées, se développe la réserve, se facilite l’engagement des réservistes, et se multiplie les discours sur la préparation au conflit. Des responsables gouvernementaux ont même expliqué qu’il faudrait être prêts à envoyer nos enfants à la guerre. Ces signaux ne sont pas neutres.
Si l’hypothèse de la guerre ne doit jamais être considérée avec légèreté, nous nous devons d’agir là où nous vivons contre toute montée à la guerre, et donc contre toutes formes de propagande militariste.
Contre l’enrôlement militariste de la jeunesse !
Ce n’est pas un hasard si une telle réunion se tient à l’université. L’objectif est de mener une propagande pour enrôler la jeunesse dans la « défense nationale » et l’armée. Macron avait essayé via le SNU de le faire… et heureusement que ce fut un fiasco grâce à la mobilisation lors de tous les salons vantant le SNU.
Mais la volonté de faire entrer coûte que coûte l’armée dans les programmes et les établissements scolaires amène aux « Classes de défense globale », l’intervention de gradés dans les écoles, la diffusion de la propagande militariste financée par les industriels de l’armement, l’organisation de « projets » prétendument « pédagogiques » en lien direct avec le ministère de la défense, la mention sur le diplôme du baccalauréat…
Les universités s’y mettent aussi, comme l’Université Aix-Marseille qui donne 0,5 points de plus à la moyenne générale aux étudiant·es qui suivent des « séminaires » organisés par les militaires ou associés. L’université de Lorraine a signé une convention de soutien aux politiques de réserve opérationnelle avec les ministères de l’Intérieur et de la Défense.
Tout ceci cherche à rendre désirable aux yeux de la jeunesse l’armée, la défense nationale et les conflits guerriers. Nous devons contester dans nos universités cette propagande.
Contre la collaboration de l’UBO avec les entreprises guerrières
L’augmentation importante du budget militaire amène une manne financière aux entreprises d’armement. En conséquence, les laboratoires sont sollicités par ces entreprises pour collaborer… et développer des travaux de recherche au service de ces entreprises militaires. L’UBO a ainsi des contrats avec Thalès, entreprise accusée par différentes ONG de complicité de crime de guerre. L’UBO a récemment mis en place un partenariat avec la marine militaire (voir ici)
Ce n’est donc pas par hasard si l’UBO a accepté que la réunion du 18 mai se déroule en son sein. La présidence collabore clairement à cette politique belliciste.
Nos activités de recherche et pédagogiques ne doivent pas être utilisées pour développer de nouvelles armes ou favoriser la propagande guerrière. Nous ne devons pas accepter que nos étudiant·es soient enrôlé·es dans un esprit guerrier.
Nous devons affirmer notre opposition à toute collaboration guerrière de l’UBO, en premier lieu à toute propagande dans ce sens.
En conséquence, nous appelons tout·es les collègues et étudiant·es à venir dénoncer l’utilisation de notre université pour de la propagande guerrière
![Partage et repartage du monde – par Annie Lacroix-Riz [vidéo]](https://www.initiative-communiste.fr/wp-content/uploads/2026/05/20260525-lescapitalistessepartentlemonde-350x250.jpg)




