
L’évêque de Rome contre la Maison Blanche — et ses crimes
Rubio au Vatican : l’envoyé d’un empire venu demander grâce – Le 7 mai 2026, Marco Rubio a rencontré le pape Léon XIV au Palais apostolique. Un ballon de baseball en cristal contre un stylo en bois d’olivier : l’échange de cadeaux résumait à lui seul l’enjeu de cette rencontre — tenter de retrouver un terrain commun après des semaines de tensions publiques entre Trump et le Saint-Siège. Derrière la mise en scène diplomatique, la réalité est crue : c’est Washington qui est venu faire sa démarche.
La rencontre, à huis clos, a duré environ 45 minutes. Rubio s’est ensuite entretenu avec le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État du Vatican. Selon le département d’État américain, les discussions ont notamment porté sur « la situation au Moyen-Orient et des sujets d’intérêt commun pour l’hémisphère occidental ». Traduction : Gaza, l’Iran, et Cuba.
Élu le 8 mai 2025, Léon XIV était particulièrement attendu sur sa relation avec son pays natal. Le monde voyait se dessiner un duel entre le premier pape américain de l’histoire et les ambitions bellicistes de Donald Trump. Le duel a eu lieu. Et le pape a tenu bon.
Face aux bombardements américano-israéliens sur l’Iran déclenchés fin février 2026, Léon XIV a jugé « inacceptable » la menace de Trump d’« anéantir la civilisation iranienne ». Trump a répliqué en le qualifiant de pape « faible » et « mauvais » en politique étrangère. Il a même prétendu à tort que le pape ne s’opposait pas à ce que l’Iran se dote de l’arme nucléaire, et l’a accusé de « mettre beaucoup de catholiques en danger ».
La réponse pontificale est sans appel. « Je n’ai peur ni de l’administration Trump ni de dire le message de l’Évangile. C’est ce que je crois être appelé à faire et ce que l’Église est appelée à faire. » Et sur les armes nucléaires : « L’Église s’oppose depuis des années à toutes les armes nucléaires, il n’y a aucun doute à ce sujet. »
« Le grand enjeu du monde se joue entre ceux pour qui la force prévaut sur le droit international et ceux qui pensent l’inverse, analyse l’historien Bernard Lecomte. Lui est d’une clarté irréprochable. »
Gaza : des chrétiens tués, une église bombardée, la photo d’un enfant libanais assassiné par Tsahal dans la poche du Pape Léon XIV
La continuité avec François est pleinement assumée sur la question palestinienne. Après la frappe israélienne sur la seule église catholique de Gaza ayant fait trois morts en juillet 2025, Léon XIV a rappelé directement à Netanyahou l’importance de protéger les lieux de culte, renouvelant son appel à un cessez-le-feu et exprimant sa préoccupation face à « la situation humanitaire dramatique de la population de Gaza, dont le prix déchirant est payé en particulier par les enfants, les personnes âgées et les malades ».
Le représentant du Vatican à l’ONU a également fait savoir que Léon XIV soutient « la solution à deux États », qu’il considère comme « la seule voie viable et équitable vers une paix juste et durable ». Pendant que Netanyahou bombarde les lieux saints, Washington applaudit. Et Rubio vient à Rome expliquer sa « vision pour la paix ».
Il y a un geste, discret et bouleversant, qui dit tout de ce que Léon XIV porte en lui depuis son voyage au Liban en novembre 2025. Lors de la conférence de presse dans l’avion en avril 2026, le pape a révélé qu’il garde dans sa poche la photographie d’un enfant. « Je garde en mémoire la photo d’un enfant musulman qui, lors de ma visite au Liban, attendait avec une pancarte « Bienvenue pape Léon », et qui a été tué dans cette ultime phase de la guerre », a-t-il confié aux journalistes. Le pape n’a pas posté cette image sur les réseaux du Vatican. Il ne l’a pas montrée à la presse. Il la garde sur lui, comme une blessure intime et un rappel permanent.
Jawad Ali Ahmad avait neuf ans. Originaire de Hayy el-Sullom, un quartier populaire de la banlieue sud de Beyrouth, il incarnait cette jeunesse libanaise qui, malgré les crises et les guerres, parvenait encore à sourire. Le 8 avril 2026, l’armée israélienne a déversé plus d’une centaine de frappes en dix minutes sur l’ensemble du territoire libanais — 357 morts, plus de 1 000 blessés, majoritairement des civils. Jawad figurait parmi eux. Sa maison, touchée de plein fouet, s’est effondrée sur lui. Piégé sous les décombres pendant quatre jours, son corps ne sera retrouvé que le 11 avril.
Un enfant musulman. Accueilli par un pape catholique. Tué par une armée dont Washington finance les bombes. « En tant que pasteur, je ne peux être favorable à la guerre », a déclaré Léon XIV ce jour-là dans l’avion. Pas de discours. Pas d’anathème. Juste une photo dans la poche. Et une vérité qui suffoque.
Cuba : Rubio, l’architecte du siège médiéval
Rubio au Vatican : l’envoyé d’un empire venu demander grâce
C’est cet homme-là qui s’est présenté au Vatican avec son ballon de baseball en cristal.
Le 7 mai 2026, Marco Rubio a rencontré le pape Léon XIV au Palais apostolique. Un ballon de baseball en cristal contre un stylo en bois d’olivier : l’échange de cadeaux résumait à lui seul l’enjeu de cette rencontre — tenter de retrouver un terrain commun après des semaines de tensions publiques entre Trump et le Saint-Siège. Derrière la mise en scène diplomatique, la réalité est crue : c’est Washington qui est venu faire sa démarche.
L’autre dossier sur la table ce 7 mai, c’est Cuba. Et là, la présence de Marco Rubio prend une tout autre dimension — celle d’un homme venu négocier la paix à Rome tout en conduisant depuis Washington une politique que ses adversaires n’hésitent plus à qualifier d’étranglement délibéré d’un peuple.
Rubio n’a pas caché son souhait de voir le régime cubain s’effondrer : « Nous aimerions beaucoup voir le régime changer », a-t-il déclaré devant le Congrès. « Il ne fait aucun doute que ce serait très bénéfique pour les États-Unis si Cuba n’était plus gouvernée par un régime autocratique. » La méthode pour y parvenir, elle, est la négation même de la démocratie. Et même de l’Humanité.
En décembre 2025, dans le cadre de l’escalade régionale autour du Venezuela, les États-Unis ont intercepté des pétroliers chargés de brut vénézuélien à destination de Cuba et ont annoncé un blocus des exportations pétrolières vénézuéliennes. Puis, le 29 janvier 2026, l’administration américaine a décrété une urgence nationale visant Cuba, assortie de sanctions extraterritoriales contre toute entité fournissant du pétrole à l’île. Cette mesure a transformé l’embargo en un véritable blocus énergétique global.
Le résultat sur le terrain est catastrophique. Des coupures d’électricité atteignant jusqu’à 18 à 20 heures par jour dans certaines provinces, un effondrement partiel du réseau électrique national en mars 2026, une paralysie progressive des infrastructures essentielles. Les hôpitaux fonctionnent au ralenti, les chaînes d’approvisionnement alimentaire sont perturbées. Faute de carburant, de nombreux camions de collecte ont été immobilisés, entraînant l’accumulation d’ordures dans les rues de La Havane
Toute entreprise dans le monde osant commercer avec Cuba — directement ou indirectement — s’expose désormais aux représailles de Washington. Un décret présidentiel menace d’imposer des droits de douane punitifs à tout pays qui vend ou fournit « directement ou indirectement » des produits pétroliers à l’île. Un siège médiéval complet, traduit en langage juridique du XXIe siècle.
Le ministre cubain des Affaires étrangères l’a dit sans détour : « Le secrétaire d’État sait très bien les dégâts et les souffrances qu’il fait endurer au peuple cubain. » Rubio, lui, nie. « Il n’y a pas de blocus pétrolier contre Cuba en soi », a-t-il affirmé lors d’une conférence de presse, attribuant la crise aux seules décisions vénézuéliennes. Mensonge que La Havane a immédiatement démenti, pointant le décret présidentiel signé le 29 janvier par Trump.
La paix de l’Évangile contre la loi du plus fort ?
Le pape a rappelé à plusieurs reprises que « la paix de Jésus ressuscité est désarmée » et qu’il « a toujours répondu à la violence et à l’agression de manière non violente, nous invitant à faire de même ». Une boussole morale qui s’applique aussi bien aux bombardements sur l’Iran, aux crimes contre les chrétiens de Gaza, qu’au blocus qui affame Cuba.
« On s’attendait à ce qu’il calme le jeu. Au contraire, il a répondu : je n’ai pas peur ni de lui ni de son administration », résume un observateur du Vatican. Face à l’empire, l’évêque de Rome a choisi l’Évangile. Sans doute le signe d’un rapport de force qui voit le centre de gravité des catholiques – de plus en plus en Amérique latine comme en Afrique – affectés par le poids terrifiant des crimes du capitalisme conduit par l’hegemon exterministe etats-unien.
JBC pour www.initiative-communiste.fr
par Manlio Dinucci – Le Département d’État, au terme de la rencontre du secrétaire Marco Rubio avec le Pape Léon XIV à Rome pour “discuter de la situation au Moyen-Orient”, ”l’engagement commun des États-Unis et du Saint Siège en faveur de la promotion de la paix et de la dignité humaine”. La façon dont les États-Unis sont engagés dans la promotion de la paix au Moyen-Orient est démontrée par le fait que, peu de temps avant de rencontrer le pape, le secrétaire d’État a approuvé une ultérieure fourniture militaire à Israël : 10 000 projectiles à guidage de précision produits aux États-Unis par l’industrie britannique BAE Systems. Des donnée partielles, relatives à la période 2023-2025, indiquent que les États-Unis ont fourni à Israël des armes pour le montant de 21,7 milliards de dollars, utilisées principalement pour attaquer Gaza, l’Iran et le Liban. Simultanément les USA ont dépensé 12 milliards de dollars pour les attaques qu’ils ont conduites contre le Yémen et l’Iran. Ils ont ainsi dépensé en deux années, pour la guerre au Moyen-Orient, 34 milliards de dollars. Se sont ajoutés à ceux-ci plus de 25 milliards de dollars pour l’Opération Epic Fury contre l’Iran, portant à 60 milliards de dollars (en augmentation continue) leur dépense pour la guerre au Moyen-Orient.
La façon dont les États-Unis sont engagés à la promotion de la dignité humaine au Moyen-Orient est démontrée par les conséquences de l’opération militaire conduite par Israël à Gaza, avec le plein soutien militaire et politique des États-Unis. Un rapport détaillé rédigé par la Banque mondiale, par l’Union européenne et par les Nations unies résume ainsi l’actuelle situation à Gaza : “Les privations en matière de logement, sécurité alimentaire, santé, instruction et moyens de subsistance se vérifient quotidiennement et se renforcent mutuellement. Les chocs multi-sectoriels génèrent un cercle vicieux qui alimente la faim, les maladies, la perte d’apprentissage, la perte de revenu, la violence de genre et la fragmentation sociale. La portée et l’entité des privations relatives aux conditions de vie, aux moyens de subsistance/revenu, à la sécurité alimentaire, à l’égalité de genre et à l’inclusion sociale ont fait régresser de 77 ans le développement humain dans la bande de Gaza. »
“Plus de 40% des femmes enceintes et qui allaitent sont atteintes de malnutrition grave et deux tiers souffrent d’anémie. En août 2025, 65% des femmes dépistées par les cliniques de Save the Children étaient en état de malnutrition. Un nouveau-né sur cinq naît prématuré ou en insuffisance pondérale, et pourtant l’accès aux cures néonatales d’urgence a diminué de 70%. Presque tous les enfants nécessitent un soutien psychologique et psychosocial. L’escalade du conflit a conduit à un nombre élevé d’enfants blessés sans proches survivants. 728 000 enfants et jeunes en âge scolaire ne fréquentent pas l’école depuis plus de deux ans et au moins 792 enseignants et membres du personnel scolaire ont été tués. L’instruction pour les enfants handicapés a été quasiment interrompue. La situation est aggravée par le manque d’eau potable, avec plus de 90% des enfants atteints d’une ou plusieurs maladies.”
Un rapport de Francesca Albanese, rapporteur spécial sur la situation des droits humains dans les Territoires palestiniens occupés, documente que “la torture systématique des Palestiniens est devenue partie intégrante du génocide colonial perpétré par Israël, faisant office d’instrument de violence anéantissante dirigée contre le peuple palestinien. Quand la torture est perpétrée sur tout un territoire, contre une population en tant que telle, et soutenue par des politiques qui détruisent les conditions de vie, l’intention de génocide est évidente”.
Les chrétiens aussi sont persécutés par Israël. “Le Rossing Center for Education and Dialogue, un groupe inter-religieux qui a son siège à Jérusalem, documente un phénomène persistant et en extension d’intimidations et agressions, ou actes de violence perpétrés à l’égard des chrétiens en Israël par les juifs israéliens en 2025. Le rapport décrit 155 épisodes, entre agressions physiques à des personnes et attaques à des propriétés de l’Église. La manifestation la plus commune a été celle de cracher contre les églises et les membres du clergé, souvent en plein jour, voire devant les agents de police.”
Malgré cela le président Trump continue à soutenir Israël sur tous les fronts. En même temps Trump attaque le pape en l’accusant de mettre en danger les catholiques parce qu’“il trouve normal que l’Iran ait l’arme nucléaire”. En réalité l’Iran, signataire du Traité de non-prolifération et donc sous contrôle de l’ONU, n’a pas d’armes nucléaires (bien qu’étant un des 30 pays qui, ayant un nucléaire civil avancé, peuvent un jour arriver à construire des armes nucléaires). Israël est l’unique pays au Moyen-Orient doté d’armes nucléaires et, n’ayant pas adhéré au Traité de non-prolifération, n’est sujet à aucun contrôle. Israël a pu se doter d’un puissant arsenal nucléaire grâce au fait que, depuis le début, il a été aidé par les États-Unis d’Amérique, par la France et par d’autres pays de l’OTAN.
Les États-Unis se déclarent “Une Nation sous Dieu” comme il sera écrit sur le colossal Arc de Triomphe qui sera érigé à Washington en commémoration du 250e anniversaire. Pour le célébrer le président Trump a participé – avec 500 dirigeants religieux, gouvernementaux, entrepreneuriaux et du spectacle – à la lecture (qui a duré une semaine) de tous les versets de la Bible. Dans son Message présidentiel Trump a appelé tous les citoyens à “reconnaître une fois de plus les extraordinaires fondements bibliques de notre Nation, rendre grâce pour les innombrables façons dont Dieu a été la source sacrée de notre Unité et de notre Force nationale, redécouvrir les vérités bibliques qui ont animé les États-Unis d’Amérique pendant deux siècles et demi et prier afin que la Bible continue à nous guider -en tant qu’individus, en tant que peuple et en tant que nation – pour les prochaines 250 années et plus.”
Bref résumé de la revue de presse internationale Grandangolo de vendredi 8 mai 2926 sur la chaîne TV italienne Byoblu
https://www.byoblu.com/2026/05/08/una-nazione-sotto-il-dio-della-guerra-pangea-grandangolo/


![[ Avis Ouvrier ] 54e congrès de la CGT : dans la triste continuité de l’ère Martinez, un document d’orientation qui acte le renoncement ?](https://www.initiative-communiste.fr/wp-content/uploads/2026/05/20260501-avis-ouvrier-15-54-congres-CGT-120x86.jpeg)

![FTP MOI : Ils ont choisi de résister [Vidéo – Gilda Landini ]](https://www.initiative-communiste.fr/wp-content/uploads/2026/05/202600507-histoire-resistance-ftp-moi-gilda-landini-120x86.jpg)