INITIATIVE COMMUNISTE
Pas de résultat
Voir tout les résultats
  • PRCF
    • PRCF
    • Le Programme du PRCF : un programme communiste à 100%
    • PRCF 59 – 62
    • PRCF 81 – 12
  • JRCF
    • JRCF sur Initiative communiste
    • JRCF, le site
  • Rubriques IC
    • PRCF
    • JRCF
    • Lutte des classes et renaissance communiste
    • International
    • Europe: en sortir, s’en sortir !
    • Culture débats
  • Contactez-nous
    • Contactez-nous
    • Abonnez-vous
    • ABONNEMENT ÉTINCELLES
    • Bibliothèque IC mensuel
  • Liens
    • Tags Sujets
    • Plan
    • Liens
  • Adhérez au PRCF, Rejoignez le combat !
lundi, 16 mars, 2026
INITIATIVE COMMUNISTE
  • PRCF
    • PRCF
    • Le Programme du PRCF : un programme communiste à 100%
    • PRCF 59 – 62
    • PRCF 81 – 12
  • JRCF
    • JRCF sur Initiative communiste
    • JRCF, le site
  • Rubriques IC
    • PRCF
    • JRCF
    • Lutte des classes et renaissance communiste
    • International
    • Europe: en sortir, s’en sortir !
    • Culture débats
  • Contactez-nous
    • Contactez-nous
    • Abonnez-vous
    • ABONNEMENT ÉTINCELLES
    • Bibliothèque IC mensuel
  • Liens
    • Tags Sujets
    • Plan
    • Liens
  • Adhérez au PRCF, Rejoignez le combat !
Pas de résultat
Voir tout les résultats
INITIATIVE COMMUNISTE
Pas de résultat
Voir tout les résultats
Accueil articles 2-lutte des classes et renaissance communiste

Le paradoxe français : de quoi le mépris pour les professeurs de mathématiques et les professeurs en général est-il le nom ?

16 mars 2026
Temps de lecture9 mins de lecture
A A
0
Share on FacebookShare on Twitter

Une inversion symbolique et un mépris de classe documentés par les statistiques

À l’occasion de la semaine des mathématiques nous souhaitons rendre hommage à nos enseignants de mathématiques et, à travers eux, à tous nos enseignants.

Car le corps enseignant, coupable de tenir ferme la promesse de l’égalité républicaine, de défendre la raison contre l’obscurantisme et de constituer les plus gros corps de fonctionnaires dans le plus gros service public non marchand de France, ne cesse d’être attaqué par la bourgeoisie qui l’accable de reproches infondés et le harcèle de moqueries pour mieux attaquer la fonction publique et le principe d’une école républicaine publique et gratuite, donc par essence non livrée à la concurrence libre et non faussée imposée et consacrée par le Traité de fonctionnement de l’Union européenne.


Nous avons choisi pour ce faire d’étudier les concours de recrutement tels qu’ils étaient lorsque l’immense majorité de nos enseignants en exercice a été recrutée mais, même dans la situation de crise actuelle, crise de niveau scolaire qui frappe tous les secteurs d’études, l’analyse reste valide.


Introduction


Il existe en France une hiérarchie sociale du prestige qui ne correspond pas à la réalité des sélections académiques. Un ingénieur sorti d’une école recrutant sur le concours CCP (actuel CCINP) — concours qui recrute plus d’un candidat sur deux — bénéficie d’une considération sociale et d’une rémunération supérieures à celles d’un professeur certifié de mathématiques, dont le parcours cumule une sélection universitaire impitoyable et un concours national exigeant. Un médecin, dont la sélection directe est comparable à celle du CAPES, jouit d’un prestige et de revenus sans commune mesure avec ceux d’un agrégé de mathématiques, dont la sélectivité cumulée est pourtant vingt fois supérieure.
Cet article entend démontrer, chiffres à l’appui et en deux étapes, que ce prestige inversé n’a aucune justification académique. Il trouve en revanche une explication solide dans la sociologie des classes dominantes.


La sélectivité directe : premier éclairage


Méthode


Le premier indicateur retenu est le taux d’admission brut : nombre d’admis / nombre d’inscrits. Ce critère, appliqué uniformément à tous les concours, permet une première comparaison honnête. Il présente l’avantage de traiter de façon symétrique les candidats absents le jour J — qu’il s’agisse d’un étudiant en CPGE qui s’inscrit à un concours sans intention d’’en intégrer certaines des écoles qui recrutent sur par ce concours  ou d’un candidat au CAPES qui abandonne sa préparation en cours de route. Dans les deux cas, l’inscription traduit une intention initiale, et l’absence ou l’échec constitue une forme d’élimination.


On pourra nous opposer que seuls les candidats présents concourent vraiment. Cela est faux. Le concours commence à l’inscription et l’abandon avant l’épreuve est un marqueur de la difficulté de préparation. De plus, de nombreux candidats présents abandonnent avant la fin des épreuves du fait du constat qu’ils ne sont pas aux niveaux. Enfin, le concours de médecine ou d’ingénieur se passe en début de parcours alors que le CAPES ou l’agrégation se passent en fin de parcours après une validation difficile de plusieurs titres universitaires. Nous y reviendrons dans un second temps.


Première lecture


Dès ce premier niveau d’analyse, le résultat est contre-intuitif. L’agrégation de mathématiques (10,1%) est deux fois plus sélective que la médecine (~20%) et cinq fois plus que le groupe CCP (55,2%). Le CAPES lui-même (17,1%) est plus sélectif que la médecine. Un ingénieur sorti d’une école du groupe CCP a été recruté par un concours qui admet plus d’un candidat sur deux. Pourtant, aucun discours social ne présente les professeurs certifiés comme une élite plus exclusive que les médecins. 


Seuls des concours comme ceux de l’ENS ou de l’X, et dans une moindre mesure Centrale Paris ou Mines Paris, sont plus sélectifs que l’agrégation.


La sélectivité cumulée : la réalité des parcours


Méthode


La sélectivité directe ne mesure que la dernière étape d’un parcours. Or, passer le CAPES ou l’agrégation suppose d’avoir préalablement survécu à la sélection universitaire : réussite de la licence de mathématiques pour le CAPES, réussite jusqu’au master pour l’agrégation. Ces étapes constituent une présélection silencieuse mais redoutable. De même, le parcours médical comporte des abandons et des échecs après le PCEM1 qu’il convient d’intégrer.


La sélectivité cumulée est le produit de tous les taux de passage successifs, du baccalauréat jusqu’à l’obtention du diplôme. La formule est la suivante :
Sélectivité cumulée = taux L1→L2 × taux L2→L3 × taux L3→diplôme × [taux M1→M2 × taux M2→diplôme] × taux d’admission au concours


Les taux de réussite en licence de mathématiques sont issus des données MESR et des évaluations HCERES : 50% en L1, 66% en L2, 83% en L3. Pour le master : 80% des licenciés poursuivent en M1, 55% passent directement en M2, 56% obtiennent le diplôme de master. Pour la médecine : taux de validation du deuxième cycle ~90%, taux de réussite aux ECN ~92% des étudiants de deuxième cycle validé.


Calcul pour le CAPES de mathématiques 2008


Un bachelier entrant en licence de mathématiques a moins de 5 chances sur 100 d’être admis au CAPES.


Calcul pour l’agrégation externe de mathématiques 2008


Un bachelier entrant en licence de mathématiques a moins de 1 chance sur 140 d’être agrégé. 


Les candidats à l’agrégation sont, au sens littéral du terme, des survivants d’un processus de sélection cumulée qui élimine 99,3% des entrants.
Calcul pour la médecine (~2004)


La sélectivité cumulée pour la médecine est de 16% environ du fait des quelques abandons de parcours au décours des longues études.



Validation interne par le rapport du jury 2008


Cette estimation est confirmée par les données internes du concours. Le rapport du jury de l’agrégation 2008 distingue les résultats par catégorie professionnelle. Les salariés du secteur privé — profil typique des ingénieurs reconvertis, qui disposent d’un niveau mathématique solide mais n’ont pas suivi le parcours universitaire dédié — obtiennent un taux d’admission de 1,1% (1 admis sur 93 inscrits). Cet ordre de grandeur est parfaitement cohérent avec notre estimation de 0,7% pour le parcours complet depuis le L1. La méthode est donc validée par les données primaires du concours lui-même et montre le niveau réel de recrutement de l’agrégation externe de mathématiques quand un candidat présentant les conditions de diplôme pour le passer s’y présente sans avoir subi la sélection complète préalable.


L’explication sociologique : le prestige par procuration


La classe dominante bourgeoise et ses institutions


Si les chiffres démontrent sans ambiguïté que les enseignants de mathématiques — et a fortiori les agrégés — sont le produit d’une sélection plus sévère que les ingénieurs moyens ou les médecins, comment expliquer l’inversion symbolique qui les frappe ?


La réponse se trouve dans la sociologie des classes dominantes. En France, le prestige social n’est pas distribué selon la difficulté objective des parcours, mais selon la position dans les rapports de production et d’autorité. Les médecins exercent une profession libérale à revenus élevés, disposent d’une autonomie professionnelle considérable, et entretiennent des rapports de clientèle avec l’ensemble de la population. Les ingénieurs des grandes écoles occupent des postes de cadres supérieurs, de dirigeants d’entreprise ou de hauts fonctionnaires : ils sont au cœur de l’appareil économique et administratif dominant.


Le prestige des ingénieurs « moyens » — ceux issus du groupe CCP, dont nous avons vu que la sélection est modeste — est en réalité un prestige par procuration. Il découle du fait que le titre d’ingénieur est partagé par l’ensemble d’une catégorie dont les membres les plus visibles — polytechniciens, centraliens, dirigeants du CAC 40 — incarnent le sommet de la hiérarchie sociale. L’ingénieur de province sorti d’une ENSI bénéficie symboliquement du prestige de son homologue énarque ou X, sans que la proximité réelle de leurs parcours le justifie.


Les fonctionnaires enseignants : exclus de la classe dominante donc méprisés


Les enseignants certifiés et agrégés sont des fonctionnaires de catégorie A et A+. Ils appartiennent au service public, sont rémunérés par l’État, et n’occupent aucune position dans les circuits de la production économique privée. Ils ne disposent ni de l’autonomie du professionnel libéral, ni du pouvoir hiérarchique du cadre dirigeant. Leur autorité — réelle, intellectuelle, et fondée sur une sélection académique rigoureuse — est une autorité symbolique, exercée sur des mineurs dans le cadre de l’institution scolaire, et donc structurellement dévalorisée dans une société qui mesure la valeur au revenu et au pouvoir économique.


Ce déclassement symbolique se traduit directement dans les rémunérations. Un professeur certifié est un fonctionnaire de catégorie A. Son traitement de début de carrière est inférieur à celui de nombreux ingénieurs issus de concours bien moins sélectifs. 


Un agrégé, fonctionnaire de catégorie A+, perçoit une rémunération qui, à ancienneté et qualification comparables, demeure très en dessous de celle d’un cadre du secteur privé de niveau académique équivalent. Cette distorsion salariale n’est pas le fruit du hasard : elle est le reflet institutionnalisé du mépris de classe envers une profession dont la valeur n’est pas exprimable en termes marchands.
Conclusion : rendre à César ce qui lui appartient


Les données sont sans appel. Qu’on les lise en sélectivité directe ou en sélectivité cumulée, les enseignants de mathématiques — certifiés et agrégés — sont le produit d’une sélection parmi les plus exigeantes du système éducatif français. Un agrégé de mathématiques représente moins de 1% des bacheliers qui ont tenté le parcours. Un certifié représente moins de 5%. Ces chiffres placent ces professionnels, objectivement, au niveau des élites académiques les plus sélectionnées de la nation — devant les médecins et devant les ingénieurs des groupes CCP. La comparaison s’arrête naturellement aux sommets absolus du système : un normalien, dont le niveau mathématique est exceptionnel, réussit quasi certainement les épreuves théoriques du CAPES et a de très bonnes chances de réussir celles de l’agrégation — ce qui confirme d’ailleurs, a contrario, que les concours enseignants testent une excellence mathématique réelle, et non une simple technique concourante. Les épreuves pratiques — stage et titularisation — constituent une sélection distincte dont il n’est pas question ici.


Le mépris qui frappe les enseignants n’est pas fondé sur leur niveau académique, qui est indiscutable. Il est le produit d’une construction sociale qui confond prestige et revenu, valeur et pouvoir économique, excellence et appartenance de classe. Cette confusion a un coût collectif considérable : elle décourage des générations de jeunes talents d’embrasser une vocation enseignante, elle démoralise des professionnels dont l’engagement repose sur des convictions profondes plutôt que sur des perspectives financières, et elle fragilise l’institution qui porte l’essentiel de la transmission du savoir dans notre pays.


La France ne peut pas se permettre de mépriser ceux sur qui repose l’avenir de ses enfants et, à travers eux, l’avenir de la nation tout entière. Respecter les enseignants, c’est d’abord les reconnaître pour ce qu’ils sont : des professionnels hautement qualifiés, rigoureusement sélectionnés, qui exercent l’une des fonctions les plus essentielles qui soit dans une société démocratique. Cette reconnaissance doit se traduire concrètement — dans les salaires, dans le regard social, et dans les politiques publiques — avant que la crise du recrutement enseignant, déjà visible dans les 25% de postes non pourvus au CAPES de mathématiques en 2025, ne devienne irréversible.


La nécessaire revalorisation des enseignants passe par une augmentation de leur salaire et un respect de leurs revendications et de leur autorité morale.


Cela ne peut se faire dans une France à genoux devant l’UE et l’OTAN et qui saigne son école pour obéir aux critères de convergence et de stabilité européens tout en finançant les guerres impérialistes de l’OTAN.


C’est pourquoi le PRCF, tout en apportant son total soutien à nos enseignants, lutte pour la paix et pour la sortie de l’euro, de l’OTAN, de l’UE et du capitalisme.


Cet article s’appuie exclusivement sur des sources primaires : rapports de jury publiés par les présidents de jury sous leur responsabilité (agreg.org, capes-math.org), données statistiques SCEI de la filière MP 2005, statistiques du Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche sur la réussite en licence et master de mathématiques, et données DREES sur la validation du deuxième cycle médical et les ECN.

Tags: commission éducationéducationEducation Nationale
- -

- -

A lire sur le même thème

Résultat de la libéralisation imposée par l’UE, les tarifs de l’électricité augmentent de 6% !

De l’âge d’or du service public de l’Energie à l’impasse libérale européenne : la France en déroute face au défi de sa transition énergétique et du nouveau choc pétrolier.

15 mars 2026
Le redoublement coûte trop cher : derrière l’alibi de l’expertise scientifique, l’agenda budgétaire d’Europa 2020

Le redoublement coûte trop cher : derrière l’alibi de l’expertise scientifique, l’agenda budgétaire d’Europa 2020

14 mars 2026
J’accuse Macron ! Benoît Quennedey nouveau Dreyfus ? – Par A Monville éditeur.

Spéculation, guerre impérialiste, choc pétrolier capitaliste sur l’économie de la France

14 mars 2026
Sarkhomorchestre Et son Grand Ensemble des Casseroles de Paris

Tousseux

14 mars 2026
Racket à la pompe : comment briser le pillage capitaliste et imposer la justice énergétique [ Prix de l’essence ]

Racket à la pompe : comment briser le pillage capitaliste et imposer la justice énergétique [ Prix de l’essence ]

13 mars 2026
À propos du « Globe d’or » promis par Trump pour « défendre la paix » – par Georges Gastaud

L’impérialisme occidental n’a pas partie gagnée !

13 mars 2026
Charger plus
  • Comité de rédaction et CGU
  • PRCF (Pôle de Renaissance Communiste en France)
  • Contactez-nous
  • Abonnez-vous à IC
  • Plan
Pas de résultat
Voir tout les résultats
  • PRCF
    • PRCF
    • Le Programme du PRCF : un programme communiste à 100%
    • PRCF 59 – 62
    • PRCF 81 – 12
  • JRCF
    • JRCF sur Initiative communiste
    • JRCF, le site
  • Rubriques IC
    • PRCF
    • JRCF
    • Lutte des classes et renaissance communiste
    • International
    • Europe: en sortir, s’en sortir !
    • Culture débats
  • Contactez-nous
    • Contactez-nous
    • Abonnez-vous
    • ABONNEMENT ÉTINCELLES
    • Bibliothèque IC mensuel
  • Liens
    • Tags Sujets
    • Plan
    • Liens
  • Adhérez au PRCF, Rejoignez le combat !

© 2026 JNews - Premium WordPress news & magazine theme by Jegtheme.