Faut-il avoir peur du dia-matérialisme ?
Trois questions à Georges Gastaud, philosophe et auteur familier des enjeux ontologiques, théoriques et politiques, du matérialisme dialectique hérité de Marx, Engels & Lénine :
- le diamat : fin d’une parenthèse historique ou grand rebond pressé par les progrès scientifiques ? L’enjeu ontologique contemporain…
- En pleine guerre froide/chaude (des idées), que répondre aux objections « postmodernes » – voire post-kantiennes – condamnant la métaphysique et les « grands récits », au nom d’une lutte contre les discours totalisants/totalitaires ?
- Comment sortir de la division du travail intellectuel héritée du postmodernisme, condamnant la philosophie à une gnoséologie, voire à une ontologie de la praxis, sinon à une perpétuelle réinterprétation du monde, renonçant en fin de compte… à le transformer ?
Un entretien réalisé en partenariat par l’Université Ch’ti Guevara et les Café Marxiste


Introduction : 00:44 : Intro & contextualisation 01:50 : contexte historique du diamat (une simple parenthèse ?) 05:10 : bibliographie de l’auteur 05:45 : diamat : repères philosophiques & conceptuels
Question 1 : 7:39 : Question & réponse de l’auteur : expliquer le mouvement de la nature (Thalès, Héraclite) 11:40 : Engels, Marx… articuler : matérialisme historique, diamat & dialectique de la nature 19:50 : l’apport de Hegel & la dialectique 20:50 : penser la pluralité des sciences (l’encyclopédisme de Diderot) 24:00 : penser l’affaire Lyssenko… en marxistes. 26:00 : de la mosaïque des sciences à une pensée synoptique naissante
Question 2 : 27:44 : contextualisation : une guerre froide… des idées 31:55 : Question & réponse de l’auteur : parler « comme » (d’un tout), de ce qui « est » (un tout), ne saurait-être totalitaire. L’exemple de la cosmologie… 35:25 : quid des mises en garde kantiennes… 37:00 : … alors que les sciences font système (image du puzzle), 39:00 : … et que la pensée critique (de la connaissance) est elle-même « enchâssée » dans la nature 42:00 : Leibniz, Spinoza et Hegel… plutôt qu’Arendt ! 45:00 : la dialectique comme remède contre… le totalitarisme.
Question 3 : 48:25 : contextualisation : se réarmer intellectuellement… 50:00 : … contre la division du travail intellectuel antimarxistes (Lumières communes) … 53:00 : …en rupture avec le foisonnement des sciences (Lucien Sève) 55:15 : Question & réponse de l’auteur : guerre des idées et idéologie de guerre 57:52 : une gnoséologie « enchâssée » dans la matière… 01:02:12 : … et une ontologie de la praxis « sertie » dans la nature 01:05:36 : primat et « aséité » de la matière 01:09:18 : la philosophie « papillonnante » et sa métaphysique obscurantiste implicite
Dialectique de la nature, vers un grand rebond ?
La dialectique de la nature, génialement explorée jadis par Engels qui l’a assortie d’une réflexion pénétrante sur la classification des sciences, est d’une croissante actualité.
À des années-lumières du dogmatisme de Jdanov, lequel a jadis
contribué à discréditer le « diamat » (matérialisme dialectique) en Occident, et à plus grande distance encore du révisionnisme politico-philosophique qui prétexte de l’ainsi-dite « déstalinisation » pour liquider à la fois le marxisme-léninisme dans le domaine théorico-politique, et l’ontologie matérialiste, la logique dialectique et la théorie matérialiste de la connaissance dans le champ philosophique et scientifique, il apparaît que la dialectique de la nature est indispensable :
— pour fonder en raison le matérialisme historique qui est en quelque sorte enchâssé dans les rapports de l’homme et de la nature tels qu’ils sont médiatisés par le travail et la production
— pour résoudre dynamiquement toute une série de questions insolubles dans le cadre de la philosophie idéaliste classique, y com- pris « dialectique »
— pour aider les sciences modernes, dans leur vertigineux développement présent, à surmonter une série de faux dilemmes et d’autres apories (= embarras théoriques) qui encombrent leur champ conceptuel et dont l’irrésolution persistante ouvre de constantes brèches à l’idéalisme et au créationnisme religieux, voire à la pensée magique
— pour fonder sur des bases matérialistes et scientifiques solides une philosophie de la praxis efficace qui soit capable de comprendre qu’on ne commande à la nature et à l’histoire qu’en leur obéissant. Ce qui implique de comprendre leurs principales dynamiques objectives, indépendantes de la volonté de l’homme, que ce soit sur le plan de l’agir révolutionnaire ou que ce soit sur celui de l’écologie ou sur celui de la résistance à l’exterminisme croissant d’une société capitaliste-impérialiste en voie de pourrissement mortifère.
Georges Gastaud est un philosophe marxiste français, agrégé de philosophie ayant exercé en classes Terminales et en Classes Préparatoires aux Grandes Écoles. Parmi ses ouvrages publiés, sont disponibles aux éditions Delga: Lumières communes, Traité de philosophie générale à la lumière du matérialisme dialectique (en cinq tomes), Matérialisme et Universalisme, Le Nouveau Défi léniniste, ainsi que Mondialisation capitaliste et projet communiste.

Le Verbatim de l’entretien :
Jean-François Dejours :
on fait une université populaire Guevara sous la forme d’un entretien à domicile et désormais en lien en partenariat avec les cafés marxistes C’est une bonne nouvelle.
C’est une bonne nouvelle pour nous d’ailleurs sur la question aussi au fond. Faut-il avoir peur du diamat ou du diamatérialisme ? Pour autant que ce matérialisme dialectique dans sa dimension ontologique est au cœur d’une dialectique de la nature. Alors, puisque notre souci c’est quand même aussi de faire œuvre de pédagogie, la forme de cet entretien sera rythmée par trois questions que je t’adresserai, mais on va essayer à chaque fois de les contextualiser pour que ceux qui trouveront utile de nous écouter puissent en saisir les les tenants et les aboutissants.
Donc pour cette première question, au fond, la contextualisation a besoin d’être d’abord historique et puis un petit peu philosophique, n’est-ce pas? Historiquement parlant, le diamatérialisme, on n’a pas attendu après nous évidemment en 2026 pour en entendre parler. La question c’est de savoir si c’est une parenthèse dans l’histoire qui aurait commencé à la fin du 19e siècle avec Engels et qui aurait été fermé définitivement, allez, en 1950 dans ces eaux-là en URSS avec l’affaire Lissenko ou bien faut-il revenir quand même en détail, comme tu l’as fait à plusieurs reprises, sur ce qui s’est passé exactement notamment avec la théorie jdanovienne des des deux sciences pour montrer que cette parenthèse ne peut pas se refermer sur un claquement de doigt et que on a plutôt affaire à un grand rebond, si on peut dire.
Alors pour ceux qui ne sont pas du tout familiarisés avec ces questions, donc entre Engels qui va et pas dans le dos de Marx, tu auras peut-être l’occasion de leur dire, il y a vraiment une filiation aussi là théorique entre ce que ce qu’a pu faire Marx et ce qu’a pu faire Engels sur la dialectique de la nature. Dialectique de la nature qui est reprise par Lénine qui est en France ensuite enseignée et transmise par George Politzer dans son université ouvrière parisienne.
c’est plutôt les années les années 30. Euh et cette cette ce qui aurait pu être une parenthèse euh va brutalement aboutir à l’épisode qui fait un peu penser au procès de Galilée d’une certaine manière où la science est confrontée comme dans cette première moitié du 17e siècle avec le procès de Galilée à une idéologie qui lui dit « Non, ça tu as pas le droit de le dire.
C’est contraire aux intérêts de l’église ou c’est contraire aux intérêts du parti. » Et donc au fond cet épisode qui va opposer alors c’est la théorie des deux sciences sur laquelle c’est vrai qu’il faut quand même un tout petit peu revenir ce qui est est l’objet d’un chapitre complet dans notamment le la dialectique de la nature le grand rebond vers le grand rebond le dernier ouvrage que tu as publié chez Delga 2024 donc ça là il faut s’y arrêter mais si on en dit deux trois mots euh ce ce cet épisode dramatique des deux sciences et ce procès en sorcellerie qui sera fait finalement sur ledébat de savoir quelle est la part de l’inné et de l’acquis dans l’évolution du vivant. Euh bah il faut déjà rappeler que l’URSS va sortir elle-même par le haut, si je puis dire, de cet épisode en réhabilitant Vavilov et en se débarrassant de cette théorie des de sciences.
Et je terminerai tout simplement en disant que comme Galilée au fond et pourtant elle tourne l’ironie de l’histoire, c’est que c’est par la science que ce débat va être dépassé dialectiquement en aux États-Unis à travers les travaux de Gou et en France à travers par exemple les travaux de Suing
Donc grand rebond ou ou parenthèse qui serait ouverte et qui serait fermé au milieu du 20e siècle. Bah, si on se tourne vers tes publications aux éditions Delga. donc qui sont au passage aussi responsable que toi de ce complotisme théorique, hein, euh marxisme et universalisme en 2015, euh le nouveau défi léniniste en 2017, le travail énorme lumière commune au pluriel avec cinq tomes entre 2016 et 2018 qui correspondent à un traité de philosophie générale à la lumière du matérialisme dialectique. Et puis récemment Dialectique de la nature, vers un grand rebond dont on parlait à l’instant et qui est publié en 2024. Bon donc voilà pour le le repère historique un peu survolé, on s’en excuse mais tout ça nécessite des lectures approfondies qu’on peut pas faire ici. Le repère théorique ou philosophique maintenant pour comprendre ce que c’est que le la dialectique de la nature au fond euh le matérialisme dialectique est une sorte de deux en un si on peut dire qui va euh fusionner euh réunir deux traditions philosophiques. le matérialisme d’une part qui renvoie à l’antiquité et qui a une dimension ontologique dès le départ. Le matérialisme nous parle de la nature et de la matière. Donc là, il y a il y a une ambition ontologique avouée et la dialectique au contraire qui elle renvoie à la sphère de du du discours, à la sphère du de la logique et non pas de des choses mêmes qui aurait vocation finalement à euh exclure la logique de la contradiction, enfin cette logique de la dialectique de la réalité des choses pour se concentrer sur l’univers du discours humain et
finalement qui n’aurait absolument aucune portée ontologique. Alors l’intérêt du travail d’Engels, donc il y a à peu près 150 ans, ça va être de dontologiser d’une certaine manière cette logique de la contradiction. Euh alors sans sans entrer dans le dans le détail, au fond, ce qui voudrait dire qu’il y aurait non seulement une logique de la contradiction subjective dans l’univers du discours des sciences par exemple et que cette dialectique subjective serait un reflet d’une dialétique objective, celle-là qui se jouerait dans la réalité des choses. Et c’est cette dialectique objective, j’espère pas être suivi dans ce raisonnement, qu’on appelle la dialectique de la nature. Alors la question la première de toutes au fond, c’est pourquoi cette dimension ontologique et systématique et systémique même que traduit l’expression dialectique de la nature serait-elle indissociable de la philosophie marxiste ? Et pourquoi le serait-elle plus particulièrement à notre époque ?
Georges Gastaud
Bon et bien merci beaucoup pour cette riche introduction. Euh je dirais que la première des choses à avoir en tête, c’est que le matérialisme dialectique n’a pas été inventé par les marxistes. C’est un des plus vieux, si ce n’est le plus vieux courant, même si le nom est récent, date du 19e siècle avec Engels.
C’est un des plus vieux courants de la philosophie occidentale et on en trouve trace aussi par exemple dans la philosophie chinoise. Ce qu’il me paraît important de signaler, c’est que par exemple Chealè qui est le fondateur en réalité de la philosophie occidentale, si j’on généralement avoué, c’est Aristote lui-même qui en fait le point de départ, et bien il y a l’idée que ce qui compte, c’est de comprendre le cycle de l’eau.
Par exemple, comment l’eau s’évapore, comment elle forme des nuages qui à leur tour se condensent et donnent de la pluie. Et comme tout ça, c’est cool, cela permet à la végétation de pousser, ainsi de suite. Et donc il y a ici, même si c’est encore un matérialisme spontané, si l’on peut dire, avec une dialectique extrêmement spontanée, encore un naturalisme disons, et bien il y a déjà ce point de départ, il faut expliquer le mouvement et il faut expliquer le mouvement de la nature par lui-même à partir de données naturelles
sans jamais sortir du quinton naturel. Et donc en proscrivant euh la mythologie, la pensée magique et toutes ces choses qui venaient au fond d’un comment dirais-je d’un arrière-plan extrêmement puissant dans les civilisations contemporaines contemporaine encore aujourd’hui parce qu’on retrouve ces choses-là.
La pensée magique est encore là aujourd’hui et donc ça c’est mais ensuite il y a eu par exemple le grand Héraclite peut-être le premier grand philosophe diamatérialiste de l’histoire Héraclite d’Éphèse ça renvoie à ce qu’on appelle les présoccratiques et c’est le philosophe dont tout le monde connaît au moins la phrase qui dit que on ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve et donc Héraclite ne cesse de montrer que nous sommes et ne sommes pas que les choses ne font font que changer que conflit et père de toute chose. Conflit, c’est-à-dire contradiction. Le mot en grec, c’est Polémos qui a donné polémique, le mot qui désigne la guerre aussi et que par conséquent pour arriver à comprendre la nature par elle-même et bien il faut partir de la contradiction. Et il ajoute que ce monde qui bouge sans cesse, qui a des transformations permanentes, et bien ce monde aucun des hommes ni des dieux dit-il ne l’a créé.
Il est, dit-il, il ajoute, je je me permets de le citer, c’est joli. En plus, c’est un poète hein, il il ajoute que c’est un feu permanent qui s’allume avec mesure et qui s’éteintte avec mesure. Et donc l’ambition déjà d’Héraclites, c’est de comprendre rationnellement quoi qu’on en est dit et même s’il n’a pas été compris dans l’antiquité rationnellement puisque c’est avec mesure et qu’il faut trouver la même mesure au départ et la même mesure à la fin, et bien c’est avec mesure qu’il faut comprendre les transformations des choses, c’est-à-dire en un mot rationnellement. Donc il y a une ambition ici qui est celle de marier la pensée logique et le mouvement et le mouvement lui-même avec la nature, la matière. Voilà déjà l’ambition matérialiste dialectique, je dis diamatérialiste pour faire plus vite qui est posé depuis la plus haute antiquité. Ce sont des philosophes fondateurs en quelque sorte du courant de du courant de la philosophie, de ce qu’on appelle la philosophie, c’est-à-dire l’ambition de chercher la vérité à travers uniquement des moyens rationnels et
observationnels, disons en se passant de la croyance pour aller vite, hein. Voilà. Alors, tout ça, c’est donc très ancien et euh le matérialisme dialectique d’engels puisque c’est lui qui au fond invente le le nom, hein, le mot qu’on trouve dans euh le petit essai d’Ungels qui le petit essai par la taille, pas par l’importance qui s’intitule Ludvish Ferbar et la fin de la philosophie classique allemande.
Il y a un chapitre qui s’intitule le matérialisme dialectique. Je le dis au passage puisque j’ai vu assez souvent des gens qui se disent marxistes et qui disent que le matérialisme dialectique est une invention de Staline. Pas de chance. Bon, les textes sont là, il suffit de lire. Encore faut-il lire, je dirais bien sûr.
Alors donc ça c’est Engels qui en fait retrouve ce courant mais évidemment ça ne signifie pas que Engels se contente de mettre ses pas dans ceux de et Héraclite ou même de Talès évidemment parce qu’entre-temps il y a eu toute l’histoire de la philosophie occidentale. Entre-temps il y a eu la dialectique avec sa naissance est très curieux puisque la dialectique est née sur le terrain de ses ennemis pratiquement, c’est-à-dire les inventeurs de la métaphysique, les penseurs de la ville délénoné par exemple, parménie de délais, zénon délisé et cetera. Donc voilà, il y a ce courant dialectique qui a été ensuite en quelque sorte amplifié et raffiné de la façon la plus la plus subtile qui soit par Platon.
Je recommande à tous, y compris ceux qui veulent véritablement étudier le marxisme de lire Alain Badou a raison de le dire là-dessus le livre de Platon intitulé Le sophiste qui se conclut sur l’idée que l’être c’est l’autre hein. Bon formule quasiment la canienne qu’on trouve déjà dans le sophiste. Donc quelques siècles avant Jésus-Christ.
Et donc ça c’est le courant dialectique qui va s’amplifier jusqu’à gueule. Mais il est vrai que ce courant dialectique va se développer séparément du courant matérialiste pour des raisons diverses qu’on pourrait étudier ici mais on n pas le temps. Et donc en fait ces deux courants vont en quelque sorte diverger ce qui va faire le jeu entre eux de l’idéalisme de la philosophie idéaliste dominante archiominante et d’un autre côté évidemment de la pensée métaphysique.
cette pensée qui cherche par le bia du raisonnement donc en restant sur le terrain de la philosophie à retrouver comme par hasard les résultats de la foi religieuse de la croyance et donc à s’intéresser tout spécialement à Dieu, à l’âme, à l’au-delà essentiellement. Donc le matérialisme dialectique tel que Engels va tenter de l’élaborer, c’est un matérialisme qui reprend en quelque sorte langue, si l’on peut dire avec le matérialisme dialectique initial, avec le courant naturaliste de la philosophie grecque, la philosophie née agoni, hein.
Et donc elle essaie de faire tout cela. Mais évidemment donc entre-temps, il y a tout le développement de la pensée philosophique avec des outils évidemment bien plus performants que ceux dont pouvait disposer euh Héraclit qui est un penseur encore euh comment dire intuitif si l’on peut dire.
Et d’autre part, il y a le développement des sciences, pas seulement de la philosophie. Quand Engels parle, il y a évidemment non seulement les mathématiques qui sont largement consolidées, mais la physique, la mécanique, l’astronomie, la chimie, la biologie. Et avec Marx aussi, ce qui est très important, c’est pas pour rien que Marx et Engels travaillent la main dans la main.
Et bien par exemple, l’économie politique scientifique, c’est-à-dire une possibilité d’accéder à une science de l’homme, pas seulement une science de la nature, mais aussi de la culture et de l’homme. À supposer qu’on doivent distinguer les deux termes, c’est une autre question. et par conséquent à une époque où le panorama en quelque sorte ou le tableau des connaissances commence à faire sens à se comment dire synthétiser à faire en sorte que on puisse avoir ce que Kangel s’appelle une conception scientifique du monde. Tout cela apparaît effectivement
davantage avec un gul, si bien que le matérialisme dialectique et le frère jumeau du matérialisme historique, celui qui permet d’interpréter l’histoire à partir des modes de production, des luttes de classe, des rapports de production, des forces productives. Bref, ce qu’on entend généralement par marxisme, ces deux choses sont étroitement liées.
Et il y a ici un passage qui est tout à fait central que je recommande à chacun de pouvoir lire, de se donner la peine de lire que l’on trouve dans l’idéologie allemande. idéologie allemande, c’est le premier texte cigné par Marx et Engels qui a été crit écrit été écrit en 1845 et où l’on trouve un passage dans lequel effectivement les deux auteurs écrivent que on peut distinguer l’homme des animaux par la conscience, par la religion, par tout ce qu’on voudra, mais que même commence à se distinguer des animaux quand ils commencent à produire
leurs moyens d’existence et ils ajoutent un pas en avant qui résulte de leur complexion corporelle elle-même. Autrement dit, les fondements du matérialisme historique, la production, l’étude de la production comme socle de la culture, comme socle de l’héritage humain, comme socle de l’accumulation d’objets qui vont permettre à l’homme d’avoir une histoire et pas seulement une évolution naturelle, tout cela est lié au fond à l’évolution naturelle puisque c’est un pas en avant, un pas en avant, ça veut dire forcherite en allemand, un
progrès en fait hein, un progrès qui est lui-même lié à l’évolution de leur propre corps. Si les hommes ne s’étaient pas redressés, s’il n’avaient pas marché sur deux pieds, s’il n’y avait pas eu la bipie et tout ce qui va avec, c’est-à-dire le redressement vertébral, le développement du cerveau, la boîte cradienne, le la libération des mains de toute tâche locomotrice et j’en passe hein bien d’autres aspects qu’on appelle le dispositif corporel de l’homo sapience.
Et avant l’homo sapiens désominien, bon enfin peu importe, j’entre pas dans le détail, il n’y aurait pas eu non plus l’entrée de l’homme dans la culture et dans l’histoire. Et donc matérialisme historique, matérialisme dialectique et dialectique de la nature sont étroitement liés dans la conception des choses qui est celle de Marx et d’Angels.
Ceux qui veulent les séparer, ceux qui disent « Je garde le matérialisme dialectique mais je jette le matérialisme », pardon, j’ai dit le matérialisme historique. Je garde le matérialisme historique mais je jette le matérialisme dialectique à la poubelle où je fais abstraction de la dialectique de la nature disent des choses qui ne n’ont pas de sens.
dans strictement aucun sens parce qu’à ce moment-là, pourquoi être plus pour le matérialisme historique que pour l’idéalisme historique ? les fondements du matérialisme historique, c’est-à-dire le fait de se tourner prioritairement vers le mode de production pour interpréter les développements de l’histoire, ces fondements se trouvent dans la nature.
Dans la nature. Sinon, on ne comprend pas pourquoi l’homme se détache pour autant qu’il se détache. Il ne se détache pas seulement d’ailleurs, puisqueévidemment, il reste toujours un animal, hein, par ailleurs, il reste toujours dans la nature. Il n’échappe pas l’évolution naturelle lui-même mais il monte en quelque sorte un étage ou une strate quelque chose comme ça.
Il ajoute une strate en tout cas qui est effectivement celle qui est liée à la production des moyens de production au fait qu’il produit de plus en plus des outils, des outils de plus en plus perfectionnés qu’on se transmet de génération en génération qui se répandent sur toute la surface de la Terre avec des bouleversements.
par exemple le passage du paléolitique au néolithique ou des choses comme ça qui sont évidemment des révolutions des révolutions que doit étudier en priorité l’histoire et vous voyez tout de suite que ça met du souffle quand on met des choses comme ça et que ça permet à l’histoire de pas être simplement un recueil d’anecdote en quelque sorte.
Bon alors voilà tout cela hein pour bien le saisir. Si bien que à un sens ne fait que répéter Héraclite mais vous voyez bien qu’il le répète dialectiquement, c’est-à-dire à un tout autre niveau évidemment que celui qui était celui d’Héraclite. Et disant cela, je ne minimise absolument pas le côté pionnier d’Héraclite.
Et aussi bien sûr, comme tu l’as dit dans ton introduction et bien Engels, Marx et ainsi de suite se servent de ce produit le plus élaboré qui soit de la de toute l’histoire philosophique, ce progrès qui est la pensée dialectique. Pour eux, le sommet de la le sommet de la pensée philosophique, c’est la science de la logique de Hegel.
C’est le grand ouvrage de Hégel dans lequel celui-ci effectivement va développer une logique. Alors c’est extraordinaire hein ouvrir grand les oreilles une logique de la contradiction. Alors que toute la logique au départ c’était un outil pour forclore pour exclure la contradiction. Et bien comment penser logiquement bien entendu la contradiction ? Il s’agit pas de dire que une chaise est un canard ou que un fer est un rossignol, hein.
Enfin, quoi qu’il y ait des fer qui faitent des rossignoles chez les antiquires, mais on peut dire d’une façon générale que euh on a cet outil élaboré par toute l’histoire de la pensée philosophique qui est la dialectique. Et cet outil et bien il se trouve qu’il est extrêmement utile pour interpréter les modifications, les transformations matérielles.
Pourquoi ? Et bien parce que quand on veut être matérialiste, on est avec les sciences que nous voyons et là on voit qu’on rencontre le problème des sciences, le problème épistémologique. On est confronté à une pluralité de science comme l’a été d’Hidro au 18e siècle avec Tambert et donc l’élaboration de l’encyclopédie des de l’encyclopédie dictionnaire raisonné des sciences et des arts.
Seulement à l’époque de d’Hydro, la classification s’opère en quelque sorte de façon toute extérieure puisque l’encyclopédie est un dictionnaire. et on entre dans les différentes sciences par l’ordre alphabétique, hein. Bon, je dis pas qu’il y a que ça parce que derrière il y a un ordre plus profond que ça et de loin.
Mais bon, on a toute une floppée de science en quelque sorte qui partent dans tous les sens. Et là et bien justement nous revenons au fond de la question. Il s’agit d’ordonner tout cela parce que si les sciences partent dans tous les sens, au fond, on ne sait plus ce qu’on sait. On est devant une sorte de labyrinthe. les sciences elles-mêmes deviennent un lieu dans lequel on se perd et cela d’autant plus que n’oublions pas que les sciences elles ne se mettent pas en place sur la planète Mars ni même sur la planète au hasard Saturne par exemple
mais que les sciences effectivement et bien justement elles sont plongées dans la lutte des classes, elles sont plongées dans le devenir humain général, elles sont plongées dans l’histoire à nos donc à partir de là il comment faire pour en quelque sorte trouver une sorte de fil rouge qui permettent de comprendre comment on va pouvoir passer d’une science à une autre, comment on va pouvoir passer par exemple de la physique à euh la cosmologie, ce qui est déjà en germe à l’époque d’Angels, avec euh plus qu’en germe avec notamment les
travaux euh de Simon de la place ou de Kant sur la formation du système solaire. Comment on va passer de la physique à la chimie ? Comment on va passer de la chimie à la biologie ? C’est un des penseurs d’ailleurs de ce passage du chimique biologique et comme je l’ai dit tout à l’heure, comment on va passer et bien du de l’évolution à l’histoire à travers par exemple Engel c’est un des premiers à écrire un texte lumineux qui s’intitule euh qui s’intitule euh essai sur la transformation du Saint-Jadome par l’intermédiaire du travail. Bon tout ça
euh donc forme l’idée d’une sorte de complexion générale des sciences. Alors, on va me dire effectivement que tout ça est bien totalisant, que bon, on va retomber sur des pensées philosophiques trop contraignante. Non, pas du tout puisque cela ne se fait plus sur la base d’une sorte d’anticipation géniale sur les sciences qui se font, mais à partir de ce qu’elles font puisque le travail d’engs ne se fait plus simplement à partir d’une visée totalisante a priori, mais à partir d’une visée totalisante qui s’opère à postériorie alors que les
sciences sont déjà très développées et que Marx qui pour Engels est un peu l’équivalent pour les sciences économiques de la Voisier pour la chimie ou de Galilée pour la physique et bien donc apporte un élément de plus à la conception scientifique du monde. Et là on retouche à Talè, on retrouve Talè comment interpréter le monde de façon rationnel.
Comment défendre projet de DHDro aussi les lumières comment défendre la raison ? Comment défendre le progrès. Je veux bien qu’on dise que tout ça n’est pas émancipateur. Moi bon je sais pas, je trouve que c’est profondément émancipateur et qu’il faut défendre tout ça. Et j’en reviens maintenant à Lenko. Dernier point. Alors effectivement donc à l’Union soviétique dans des conditions données effectivement qu’il faudrait être étudier de manière plus précise de façon historique avec les textes en main et ainsi de suite. On peut dire que à un
certain moment et bien par exemple des biologistes comme Vavilov ont été persécutés par des gens comme comme Lisenko qui voulaient faire prévaloir des théories qu’il croyait sans doute marxistes. Et bon effectivement à partir de là, il a trouvé des relais dans l’appareil d’État soviétique pour organiser ses persécutions.
Donc évidemment nous ne pouvons que condamner ce genre de choses. Il n’est aucunement question de pactiser avec ses façons de faire bien évidemment. Mais d’abord Vavilov lui-même, il était dialecticien et il était matérialiste. Donc attention, pourquoi on ne voit qu’un des deux côtés du matérialisme dialectique ? Et par ailleurs aussi, comme tu l’as dit tout à l’heure, les soviétiques n’ont pas eu besoin des critiques virulentes contre le matérialisme dialectique venant de l’Occident pour rectifier le tir. Je me souviens moi-même tel que
vous me voyez en personne si vous voulez être allé dans un institut de biologie de Sochi qui est extrêmement connu qui était extrêmement connu à un soviésique avoir discuté avec des biologistes et qui me disaient « Oh mais Lenko et ça c’était l’époque de l’Union soviétique hein c’était dans au début des années 80 je dirais quelque chose comme ça et les biologistes me disaient mais il ça fait longtemps que on lui a réglé son compte que disait-il nous appuyons sur la formule d’engaire de la vérité c’est l’expérience. C’est
pas ce qu’en pense Lisenko. Ce n’est même pas ce qu’en pense Engels. Ce n’est même pas ce qu’en pense Marx. Et euh si l’on peut faire confiance à Marx ou à Engles, ce n’est pas parce que c’est Marx et Engles, c’est parce qu’il s’appuie sur des faits solides, c’est parce qu’ils s’appuie sur la réalité pour finir.
Donc voilà un petit peu avec quoi euh on essaie de renouer. Alors un juste un dernier mot encore peut-être, c’est que notre époque, puisque la question que tu as posé était celle-là aussi au départ, notre époque a besoin du matérialisme dialectique plus que jamais parce que les sciences à notre époque mais ça fourmille, ça part dans tous les sens. Euh et tant mieux.
Là par exemple, j’ai un numéro, je ne sais pas si on le voit bien à l’écran, bon de sciencier à venir, je ne suis pas sponsorisé par eux, je signale tout de suite, qui s’intitule donc aux origines de l’univers, de la vie, de l’humanité, de la science. qui ne voit que c’est il y a un appel qui vient des sciences elles-mêmes maintenant pour interpréter les choses de façon un peu harmonieuse, de reposer le cadre, de penser les choses de façon comme disait Platon, premier grand dialecticien de l’antiquité quand même de façon synoptique alors que les
sciences du 19e siècle et du 20e siècle sous la conduite de la bourgeoisie ont éclaté en 1000 morceaux et que le positivisme a étroitement spécialisé chacun dans un tout petit bout de sa conception des choses. C’est très bien d’ailleurs, c’était peut-être indispensable à un certain moment, mais aujourd’hui, on est en train de recoudre tout ça ensemble.
Si on ne veut pas que ce soit seulement un habit d’arlequin, si l’on veut qu’effectivement et bien on conçoive, on comprenne comment l’on passe par exemple des sciences de l’univers aux sciences de la vie. Comment on passe des sciences de la vie aux sciences de l’homme ? sciences de l’homme aux sciences de la science littéralement hein.
Et bien il faut un fil rouge. Ce fil rouge à mes yeux c’est le matérialisme dialectique. Merci George. Bon écoute en tout cas on est dans les temps puisque on arrive à peu près caler tes réponses sur une vingtaine de minutes. Alors justement là, tu nous parles des risques qui que prend dès lors que dans un discours totalisant, on voit bien que vite la critique du camp de la bourgeoisie, si je puis dire, va être de te reprocher et de reprocher au au marxistes de retomber dans un discours totalitaire, enfin du discours totalisant au discours
totalitaire. Alors, ça va être l’objet de ma deuxième question, mais pour la contextualiser elle aussi un petit peu, on voit bien que après la deuxième guerre mondiale, il y a véritablement une guerre froide, pas seulement par le biais de des armes, mais une guerre froide des idées, hein, qui se met en place à peu près à la même à la même date que se crée l’OTAN et que il y a aussi d’ailleurs une alliance transatlantique des intellectuels antimarxistes.
Pour situer un tout petit peu le débat, on peut penser évidemment aux travaux de d’Anent alors aux États-Unis dans son système totalitaire, enfin dans ses ses travaux sur l’origine du totalitarisme qui va cristalliser une critique qu’on pourrait qualifier de Girondine ou de bourgeoise du marxisme en disant finalement que les idéologies parce que c’est quoi c’est quoi le totalitarisme pour un arent ? C’est la rencontre d’une idéologie et de la terreur un petit peu comme Orwell dans 1984, Big Brother plus la neuve langue en quelque sorte. Et
donc euh les idéologies tuent. Enfin, c’est ça l’idée hein. C’est quand on dit aujourd’hui la gauche tue, en fait, c’est les idées de gauche qui tuent dans cet esprit très idéaliste euh qui ferait que les idéologie, les utopies de transformation sociale et finalement les révolutions seraient euh victimes d’une sorte euh de malédiction saturnienne, quoi.
Enfin, Saturne dévorant enfin tout sur son passage et et ses propres enfants. Et donc voilà l’anathème qui va tomber sur les penseurs marxistes outreatlantiques. Et en France, on est bien placé pour connaître aussi les effets dévastateurs de tout un courant de pensée qui sera très à la mode aux États-Unis et qui sera constitué par des penseurs qui viennent de de la France elle-même.
Ce qu’on a donc appelé en bon français la la French Theory qui va euh s’en prendre de manière virulente. Alors là, on est dans les années 60, qui va s’en prendre de manière virulente à la dialectique en fait en ciblant Egle. On veut bien de si on le ramène à Cogève, c’est-à-dire à la dimension purement subjective de la dialectique qui commence avec l’homme et avec le le le logo, si je puis dire, mais surtout pas de dialectique ancré dans la réalité des choses et qui serait donc une ontologie.
Et puis le matérialisme va être passé à la trappe puisque par exemple on va il va s’effacer derrière une approche par le biais du langage, par le biais de de la linguistique, par le biais du structuralisme par exemple et du coup tu tombes ou ceux qui reviennent enfin veulent que ce ne soit pas une parenthèse qui soit fermée mais qui a un grand rebond de la pensée dialectique.
tu tombes sous le coup d’une critique très post-moderne si je puis dire de renouer avec les grands récit. On pense à la critique de Jean-François Liotard et même du discours du maître, on pense à Jacques Lacan. Alors euh on peut que recommander ici la lecture d’un ouvrage excellent euh paru aussi aux éditions d’Elga euh sur la French théorie qui s’appelle Rouiem pour la French théorie avec deux philosophes euh éminents hein.
L’un est français, l’autre est euh américain. Monville d’un côté est Rock Hill, de l’autre Gabriel, je crois Gabriel Rock Hill. et euh qui vont de manière très documentée voir que c’est pas un fantasme, il y a vraiment une contre une une contreoffensive. Euh voilà pourquoi on peut parler de guerre froide mais cette fois-ci au niveau des idées. Il y a une guerre des idées.
Celle-là euh elle est euh elle est elle est financée. Enfin, il il y a des intérêts financiers derrière qui sont évidents. Et donc bon, alors je te rassure parce que ce Ruyem ne te concerne pas. Bien au contraire, tu es cité à plusieurs reprises et de manière plutôt élogieuse dans dans cet ouvrage. Alors, j’en viens euh j’enviens à la question la deuxième question.
Les ontologies prèmarxistes, Spinoza, Linits, Egel ont donné prise à l’accusation d’être des discours fermés, des précritiques dogmatiques. On a même accusé Gul d’être le père finalement des totalitarismes puisque là aussi discours totalisant, donc totalitaire. Alors, en quoi le le diamatérialisme et spécialement l’ontologie diamatérialiste se distingue-t-elle des ontologies spéculative antérieure à Quant ? Enfin bref, est-ce que on peut tenir s’occuper du tout sans être totalitaire ? Oui. Oui. En effet, bon, c’est vrai que
c’est une critique, je dirais un peu quelque enfin quelque part qui joue sur les mots quoi parce que évidemment ce n’est pas le fait de s’intéresser au tout. qui est totalitaire. C’est la façon dont on s’intéresse au tout qui peut être ou ne pas être totalitaire. Ça c’est la première des choses qu’il faut bien concevoir.
Par exemple, depuis en gros Einstein le maître, c’est-à-dire en gros les débuts du 20e siècle, et bien la cosmologie est devenue une science à part entière. Auparavant, il n’y avait pas véritablement de cosmologie. Il y avait une astronomie, il y avait une mécanique céleste par exemple. Mais l’univers comme tel n’était pas un objet.
l’univers a pu s’unifier comme objet quand il y a eu la théorie de la relativité qui a permis de penser dans leur unité l’espace, la matière et le temps et que George le maître hein donc un abé d’ailleurs un oui un abé je crois qui était belge a donc pour la première fois proposé une cosmogonie une cosmogonie scientifique à partir de la des observations qui étaient déjà celles de l’astronomie de son époque sur l’expansion de l’univers, des conceptions qui venaient du terrain de la radioactivité et aussi bien sûr de la mathématique et de la physique issue de la relativité
d’Einstein derrière elle de géométries nonocclidiennes, hein, des espaces de Minkovski ou de Riman par exemple. Donc l’univers à ce moment-là devient un objet total, c’est-à-dire que il n’y a plus simplement à s’intéresser à telle ou telle partie de l’univers, mais on essaie de comprendre par exemple l’expansion de l’univers.
Quand on dit l’expansion de l’univers ou l’inflation de l’univers, est-ce que c’est totalitaire ? Ce ne serait totalitaire que si l’univers n’était pas un tout et qu’on le forçait à être un tout. Ce qui est totalitaire, c’est de vouloir totaliser ce qui n’est pas total. Mais si quelque chose est total, il faut l’étudier comme un tout.
Si on étudie par exemple des êtres vivants, et bien bon, par exemple le mot individu, un être vivant c’est un individu. Je sais bien pourtant que dans mon corps il y a des milliards de milliards de cellules. Et bien pour autant c’est toutes ces cellules fonctionnent ensemble. La preuve c’est que bon, le jour où je vais mourir et bien elles vont se disperser et que la plupart d’entre elles vont tout simplement mourir elles-mêmes.
Donc c’est bien une totalité et ce n’est pas quelque chose d’inventé. ce n’est pas quelque chose, comment dirais-je, de plaquer en quelque sorte. Donc le problème de fond, c’est de savoir si euh on s’intéresse à une totalité objective ou pas. Si euh c’est une idée de subjectitude, une idée de totalité qui est purement et simplement forgée par l’esprit et projetée sur les choses ou si réellement donc il y a une totalité réellement existante.
Quand je dis ça, je provoque quelque part les canciens parce que bon, dans la critique de la raison pure, Kant qui donc est le père comme on le sait des trois grandes critiques de la raison pure, la raison pratique et du jugement, Kant nous explique que par exemple et bien l’univers c’est une idée c’est une idée de la raison pure, une idée régulatrice.
Il faut tendre à étudier l’univers, mais que ça ne peut pas être un objet empirique, qu’il ne peut pas y avoir d’expérience de l’univers, ne serait-ce que parce qu’on est dedans et ainsi de suite. Oui. Et bien, il faudra expliquer ça aux cosmogonistes, il faudra expliquer ça aux cosmologistes actuels. C’est on parlait tout à l’heure de Jdanov ou de Gisenko qui voulait enclore la science dans des formules toutes faites fuselle marxiste.
Mais il faut pas non plus enclore la science dans les formules toutes faites fuselle qu’ancienne par exemple ou fuselle issue d’Auguste Comte que j’ai un petit peu étudié aussi lorsque j’étais étudiant. Tous ces gens-là ont dit des choses fortes, intéressantes, mais attention, la théorie de l’expérience scientifique ne doit pas remplacer l’expérience scientifique elle-même qui est la mesure des théories de l’expérience scientifique et non pas le contraire.
Et non pas le contraire. Et c’est moi, disant cela, qui ne suis pas idéaliste justement, hein, qui donne le dernier mot à travers euh l’expérience à la matière elle-même, à la nature elle-même. C’est elle qui doit dire, c’est elle qui est la mesure de nos idées et non nos idées qui sont la mesure de la nature ou alors c’est connaî euh du côté de l’idéalisme le plus ééré.
Et donc en fait, est-ce que quand on va parler de matérialisme dialectique ou de conception scientifique de la nature par exemple, on va être exagérément totalisant et donc exagérément totalitaire ? Bah je crois que non. D’abord, je l’ai dit tout à l’heure parce que les différentes sciences aujourd’hui tendent à faire système, elles tendent à se rejoindre.
Vous avez aujourd’hui des dizaines de mill et centaines de milliers en fait de chercheurs dans les domaines les plus divers. Et donc forcément quand bien même il ne le voudrait pas tous ces chercheurs, ils vont forcément travailler sur les interstices qu’il y a entre les différentes sciences. Ils vont forcément travailler sur les interstices qu’il y a entre par exemple la science cosmogonique ou cosmologique et la chimie.
Et ils vont par exemple s’apercevoir que le tableau périodique des éléments euh de MindLeayf, hein, qui est dans toutes les bonnes classes de chimie, euh c’est pas simplement un tableau statique que tous les éléments ne sont pas donnés en même temps, mais qu’ils apparaissent successivement car il a fallu des générations d’étoiles et de supernova pour forger ces éléments de plus en plus complexes et pour passer de l’atome d’hydrogène qui est le plus simple aux atomes et aux itotopes et enfin de de l’uranium par exemple.
Bon donc voilà, en quelque sorte le tableau le caneva des différentes sciences c’est comme un puzzle dont les pièces les unes après les autres se rapprochent entre en contact directement les unes avec les autres quand bien même il n’y aurait personne pour faire le puzzle si l’on peut dire parce que tout simplement la nature a une continuité et que s’il y avait des univers totalement étrangers les uns aux autres dans l’univers, ça serait pas l’univers justement à ce moment-là.
Hein, s’il y a univers, c’est bien que il y a une continuité si faible soit-elle. Peut-être qu’elle est extrêmement tenue. Peut-être même qu’un jour ou l’autre, l’expansion de l’univers s’accélérant, qui sait, elle sera perdue. Je n’en sais rien. Mais en tout cas, pour l’instant, en tant que univers il y a et bien il faut chercher les contacts entre les différentes parties de l’univers comme dans le domaine de la société.
Il faut tenter aussi de faire la même chose. Alors ensuite, évidemment ça dépend totalement de ce qu’on en fait. Et notamment par exemple, il y a la question de la critique. Est-ce que c’est critique de voir les choses ainsi ? Parce qu’on va me dire « Oui, mais ça c’est de l’ontologie au sens traditionnel du mot, c’est des philosophies de la nature.
Tout ça, ça date d’avant quente en gros. Et donc on ne sait pas encore on s’est pas encore interroger avec tout ça sur les outils que nous avons en tête pour pouvoir comprendre l’univers. Nous ne savons pas encore comme K quand nous l’a appris à distinguer les formes de la sensibilité, les formes a priori de la sensibilité, les catégories de l’entendement, les idées de la raison et cetera et cetera.
Très bien. Mais si, nous le savons, nous le savons parce que nous le savons même beaucoup mieux qu’à l’époque de Kant puisqu’il y a eu la psychologie génétique, puisqu’il y a eu Piager, puisqu’il y a eu Wallon, puisqu’il y a eu les philosophes et les psychologues soviétiques comme Léon Kief ou Vigotski par exemple qui ont étudié comment le reflet mental est lié aux pratiques humaines, lié aux opérations en quelque sorte de l’être humain et donc du même coup qui ont chassé la critique elle-même dans l’ontologie. en quelque
sorte la critique est en quelque sorte une composante de l’antologie et c’est bien parce que justement l’ontologie c’est donc l’étude de la réalité l’étude des choses directement et donc effectivement l’étude de la connaissance elle-même est enchassée là-dedans. Et d’ailleurs, si ce n’était pas le cas, la critique ne nous servirait à rien parce que que nous servirait-il d’avoir dans notre tête toute une série d’outils, disons disposés pour la connaissance si rien ne nous indique que cela cadre avec l’être même des choses ? À ce moment-là,
il y aurait une sorte de yatus fondamental. Évidemment, bon, il faut supposer qu’il y a un dieu quelque part pour que les idées coïncident avec les choses, que la connaissance puisse marcher en quelque sorte, puisse fonctionner, que la que la vérité puisse rattraper la réalité, si j’ose dire, en quelque sorte.
Il est bien évident que c’est pas comme ça que ça fonctionne. Il est bien évident que c’est l’inverse, que c’est notre raison elle-même qui est en fait un produit aussi lointain, indirect et cetera qu’on voudra de l’histoire même de la nature et que la rationalité, comme tu l’as dit très bien dans ton introduction, la rationalité subjective, c’est-à-dire celle qui nous sert à penser, étant chassée, est disposé en quelque sorte à l’intérieur même de la rationalité beaucoup plus large qui n’a pas la forme mentale, qui n’a pas la forme conceptuelle. Le
concept de chien la boit pas qui c’est déjà Spinoza hein mais elle est là bien sûr les choses quand on dit que de et de font quatre si quand on prenait deux pommes et qu’on ajoutait deux pommes, ça faisait pas quatre pommes, ça ne nous servait à rien que de le penser. Les mathématiques seraient toujours valides mais elles seraient valides comme le jeu d’échec ou comme le bridge.
Elles ne nous permettrait pas de d’interpréter la nature. Il faut donc bien saisir ceci. Et donc un peu de critique éloigne de l’ontologie mais beaucoup de critiques en rapprochent à condition que ce soit une ontologie matérialiste. Pour finir simplement, on a parlé de Spinoza, de Limits, de Hegel, hein, en voyant dans ces grands philosophes des penseurs systématiques et par conséquent totalitaire, hein. Voilà.
Donc une critique qui me paraît quand même bien superficielle. D’abord, lisons vraiment. Lisons vraiment plutôt je je un petit conseil pour les étudiants de philo, lisons vraiment plutôt Spinoza, Laimit et Hegel que Anna Harent, hein. Je pense que c’est beaucoup plus consistant pour commencer, ne serait-ce que par le rapport aux sciences que ces trois grands penseurs pouvaient pouvaient avoir le penson à l’admit qui est un un géhématiqu par exemple.
Et bien quand on est devant des penseurs de ce genre, on s’aperçoit que certes ils sont systématiques mais que même leur systématicité et bien est une systématicité beaucoup plus ouverte qu’on le dit et productive en plus hein puisque des penseurs comme l’mitz euh on leur doit beaucoup par exemple pour accéder puisqu’il était question de la camp il y a 5 minutes euh à la notion d’inconscient euh à l’idée des petites perceptions qui parvenu à un certain seuil et bien deviennent des imperceptions et deviennent conscientes et ainsi de suite. Donc la qualité et le
produit d’une accumulation de quantité et ainsi de suite. Donc ces gens-là, ils produisent des résultats et c’est quand même à cela que finalement on va les juger pour finir. Sinon encore une fois, ce serait ils seraient des producteurs de jeux de société. Les systèmes philosophiques ne seraient que des jeux de société. Or, ils ne sont pas que ça.
Ce sont des boîtes à outils pour comprendre la nature à condition bien sûr peut-être de les dépasser. Et euh pour en revenir surtout au derniers d’entre eux, à Egel, et bien Hegel, il produit quelque chose qui s’appelle la science de la logique. Là encore faut-il l’ouvrir hein que les que les étudiants en philosophie s’y mettent qu’ils plongent leur nez dedans.
Que les marxistes en particulier entendre ce que Marx a dit sur la grande logique de Hegel qu’ils entendent ce qu’a dit Lenine sur la grande logique de Hegel. L’énine allant jusqu’à dire que ceux qui n’avaient pas compris la grande logique de Hegel n’avaient aucune chance de comprendre quoi que ce soit à Marx hein.
Donc bon voilà c’est pas n’importe qui qui a dit ça. Ce sont les marxistes les plus éminents qui ont dit cela. Et donc effectivement, il faut aller au-delà simplement de la phénoménologie de l’esprit de Hegel qui est d’ailleurs géniale par ailleurs, mais qui ne s’intéresse effectivement qu’à l’histoire et qu’à l’homme.
Alors que la grande logique s’intéresse à l’être d’une façon globale. Elle est ontologique. Bien sûr que elle a des elle présente des défauts. C’est pour ça qu’il faut la retravailler. C’est pour ça qu’il faut produire ce que j’appelle une grande logique diamatérialiste. il faut la retravailler parce que par exemple elle n’exclut pas des catégories fondamentales comme l’antagonisme hein parce qu’elle a tendance à séparer l’histoire de l’évolution et qu’elle refuser l’idée d’évolution par exemple d’évolution biologique. Donc il y a
énormément de choses à rectifier chez Hegel. Personne ne dit que c’est la fin la fin de l’histoire de la philosophie mais encore faut-il partir de là. Et euh de ce point de vue, si on en part, on est garanti contre le totalitarisme dans une large mesure par la nature même de la pensée dialectique.
Puisqu’une pensée dialectique est une pensée toujours en mouvement, inachevée, ouverte, que les grands récits dont je parle contre le post-modernisme à la fois, pardon, et contre, je dirais le messianisme. À notre époque, c’est un peu ça qui se dispute l’horizon idéologique, hein. bourgeois est fermé réactionnaire dans notre époque.
D’un côté, bon le messianisme religieux qui envahit tous les domaines et qui parasite les grands récits en leur donnant un début qui est la création et une fin qui est le jugement dernier avec peut-être à la clé le champignon atomique. Et vous voyez que les enjeux actuels sont très grands derrière tout ça.
Et d’un autre côté pour les intellectuels face à cela qui évidemment ne peuvent pas trop croire à ces histoires là de créationnisme et de jugement dernier, et ben pour les intellectuels, le post-modernisme qui nous dit « C’est fini, plus de grands récit. Bon, les choses n’ont aucun sens, ell n’ont aucune signification, la raison dans l’histoire, ça n’existe pas.
C’est une invention de végel et cetera et cetera. » Si on dit des choses de ce genre et bien tout simplement on laisse le terrain au grand récit religieux, au grand récit mythologique et on leur fait un cadeau énorme, on leur abandonne en réalité les lumières tout bonnement. On en revient toujours à ça.
Et donc l’enjeu est ici vraiment extrêmement important. Si on a une pensée dialectique, on peut au contraire non seulement parler contenus, c’est-à-dire en s’appuyant sur les sciences, en s’appuyant sur ce que dit réellement à notre époque, et bien je reprends mon numéro de science et à venir, hein, donc euh la cosmogonie, euh la physique contemporaine, l’histoire de la chimie, la biologie et cetera et cetera.
On peut construire au moins les rudiments, au moins les je dirais les linéaments d’un grand d’un grand récit. Et comme nous sommes dialecticiens, ça c’est le contenu, mais comme nous sommes dialecticiens, ce grand récit qui nous interdit de lui donner une forme ouverte, une forme non totalisante peut-être, mais pas totalitaire puisque la nature elle-même ne l’est pas.
C’est-à-dire qu’elle est bifurquante, que euh l’évolution des espèces n’est pas linéaire. Les mathématiques ont suffisamment travaillé aujourd’hui sur les équations non linéaires et ainsi de suite pour le chaotique et ainsi de suite pour savoir que l’évolution des espèces est buissonnante, qu’elle part dans différentes directions.
Même la littérature contemporaine sur laquelle il faut également s’appuyer a appris à ouvrir le récit, hein. de nouveaux romans et toutes ces choses-là depuis les années 60 et compagnie nous ont appris à ne pas simplement être dans un récit qui commence au début, qui finit à la fin et avec bon, on ouvre les choses, il y a même des romans où on propose au lecteur d’être lui-même de de faire lui-même son chemin dans le roman en quelque sorte.
Bon voilà ce qu’on peut faire. Ça n’empêche pas que ce soit totalisant, mais c’est totalisant d’une façon dialectique, c’est-à-dire ouverte, bifurquante, laissant à l’homme la possibilité à tout instant d’intervenir, autrement dit euh d’exercer sa liberté au lieu de la détruire. Voilà en gros ce que je pourrais répondre un peu schématiquement.
Merci George. On arrive à la 3è et dernière partie de cet entretien. Euh on va essayer de finir quand même sur une une note positive, un optimisme de la raison et de l’intelligence pour ne pas se dispenser d’un optimisme de la volonté d’ailleurs. Euh en fait, si on euh si on s’en tenait à cette euh parenthèse de l’histoire qui nous interdirait évidemment au retour à cette dialectique de la nature, on arrive à une division du travail qui est absolument pas satisfaisante puisque dans cette division du travail, la
philosophie et la philosophie marxiste est cantonnée dans une théorie de la connaissance gnoséologique. science, elle est privée d’un accès à la réalité et elle est sommée en quelque sorte de se contenter de fabriquer des modèles en ajoutant aussitôt que on sait absolument pas si ce modèle a un quelconque rapport avec la réalité des choses.
Et puis l’ontologie finalement resterait le précarré d’une philosophie tournée vers le langage un peu mystérieuse et un petit peu irrationaliste enfin dans la mouvance de penseur aille de guerrien. Alors, comme l’objectif quand même c’est de mettre les gens qui écouteront cette vidéo en rapport avec des textes que tu as pu écrire, je propose ici de lire un premier extrait euh très bref hein bien sûr, mais tiré de du tome 1 de lumière commune.
Donc un travail de fond là qui t’a pris plusieurs années et qui acte cette division du travail dont on ne peut pas se satisfaire et qui dit ceci hein. On est donc dans l’apindice là sur le retour sur le concept ontologique de matière. Euh tétanisé à l’idée que l’on puisse l’assimiler au diamat jdanovien, donc Jdanov dont on parlait tout à l’heure, une certaine tradition marxiste postérieure au 20e congrès du PCUS a décidé de réduire la voilure en rabattant la philosophie sur le sol terrain de la théorie de la
connaissance. Bref, ce qu’on pourrait appeler la gnoséologie. Ces marxistes minimalistes escomptaient ainsi échappé à l’accusation d’ingérence dogmatique, si bien que le domaine ontologique fut abandonné pendant plusieurs décennies aux sciences particulières qui n’en voulaient pas euh tant elles étaient travaillées par les le néopositivisme.
Si bien que aujourd’hui quand j’entends parler d’ontologie, je sors mon high de guerre. L’ontologie est redevenue en plein 21e siècle au moment où le tableau scientifique du monde se précise, se densifie et se complexifie chaque jour le monopole des philosophes irrationalistes. Bon, alors voilà, cette division du travail si on ne se on remet pas en question cette cet interdit qu’il y aurait sur une prétention à conserver de la philosophie marxiste sa portée ontologique.
Euh alors, puisqu’on a évoqué avant de de de poser la dernière question, puisqu’on a évoqué quand même Lucien Sève, faut lui rendre le mérite d’un travail de fond qu’il a pu élaborer. Alors, on est à la fin du 20e siècle. Il publie en euh en 1998 à la dispute un travail de fond où il va faire dialoguer des scientifiques de premier rang comme Atlan euh ou comme Kohen Tanui sur euh les les l’hypothèse même d’une dialectique de la nature.
Euh il y a des débats de fonds que tu as pu avoir avec lui, y compris d’ailleurs en le en le fréquentant puisque on a eu l’honneur tous les deux de le de le connaître et de le rencontrer à plusieurs reprises. Mais dans le ton dernier ouvrage dialectique de la nature vers un grand rebond qui finalement permet une entrée dans tous les tout le travail que tu as pu élaborer depuis maintenant une bonne dizaine une quinzaine d’années qui te qui permet finalement de peut-être d’entrer plus facilement dans tes travaux que de commencer par les
symptômes de lumière commune. qui qui qui sont évidemment incontournables, mais qui sont quand même d’une d’une approche et d’une lecture un petit peu plus exigeante. Dans ce dans cette dialectique de la nature, donc par en 2024, tu reviens sur les travaux de Lucien Sève et euh là encore, je me permets de de lire un un cours un court extrait.
Donc dans tu dis ceci hein, dans son passionnant essai introductif Sève, Lucien Sève veut courageusement en finir avec l’anachronisme qu’il y a du côté des savons comme du côté des philosophes à ignorer, à méconnaître ou à mépriser la dialectique en général et la dialectique de la nature en particulier.
Celle-ci a été durablement discréditée par le dogmatisme de l’époque stalinienne, notamment par les effets désastreux en URSS et dans le monde de la sinistre affaire Lisenko dont on parlait tout à l’heure. Le propos de Lucien Sèv est de montrer que la dialectique de la nature s’f jaillit hein de la science contemporaine par tous les ports alors même que ceux qui la construisent ignorent parfois jusqu’au mot de dialectique.
Bon et puis puisque tout à l’heure on citait on citait Rock Hill, le philosophe américain euh comment on fait pour sortir en quelque sorte de ce cette philosophie de marché quoi hein ce capitalisme de la connaissance qui fait que euh si on reste prisonnier de ce que nous avait élégué cette French théorie au fond Les théories philosophiques sont comme des marchandises qui ont une valeur d’échange dit Rockill et puis une valeur une valeur d’usage et forcé de constater que leur valeur d’échange est inversement proportionnelle à leur
valeurs d’usage. C’est que plus elles sont côtées sur le plan de l’édition, plus elles sont côté sur le plan de universitaire et même tout simplement côté sur le plan financier. Moin elles sont utiles. Elles finissent par ne plus servir à rien. Bon alors euh finalement c’est du Didro à l’envers quoi.
Euh quand Didro disait « Attons-nous de rendre rendre la philosophie populaire ». On a l’impression que cette philosophie-là euh se hâte de devenir inutile et totalement impopulaire. Alors dernière dernière question, qu’est-ce que tu réponds finalement à ceux qui prétendraient que à notre époque et bien la philo ne peut plus être au mieux qu’une critique de la connaissance ? Donc référence tout à l’heure à Lucien SV ou qu’une ontologie de la praxise.
Euh au pire un discours fragmentaire, aphorique de nature purement littéraire euh comme c’est le cas chez Nietzsche notamment. Bref, une philosophie un peu papillonnante mais qui serait d’autant plus brillante qu’elle ne servirait pas à grand-chose en fin de compte. Oui. Oui. Et ben c’est spirituellement dit effectivement.
Donc merci d’avoir cité les deux passages de dialectique de la nature, le grand rebond que tu as cité. Euh d’abord sur ce que tu disais à la fin de ton propos, sur les philosophies actuelles qui pour beaucoup d’entre elles sont d’autant moins utiles qu’elles sont plus côté quoi et que donc il y a une espèce de de divergence hein de rapport inversement proportionnel si l’on peut dire entre bon l’utilité qu’elles peuvent avoir d’un point de vue social et leur cotation politico politico médiaticouniversitaire.
Euh j’irai même plus loin quelque part en disant que quelquefois bon certains de ces penseurs, je pense par exemple au nouveaux philosophes des années 70, à des gens comme Bernard Henry Léville ne se contentent pas si c’était que ça ne se contente pas d’être inutile. Et on voit bien pour finir que leur propos débouche sans arrêt sur la guerre, la guerre et encore la guerre, hein.
En fait, ici euh nous ne discutons pas d’enjeux complètement éérés hein. Point s’en fout. Tout à l’heure, tu parlais de guerre idéologique ou de guerre des idées, mais la guerre des idées, c’est ce sont les idées de guerre, les idées de guerre. Euh donc la guerre idéologique, c’est une comment dirais-je ? C’est une idéologie de guerre quoi, véritablement.
Donc euh euh nous avons le sentiment quand même quand nous discutons de ces choses-là, alors qu’aujourd’hui même ce se ce s’approfondit le conflit euh déclenché par les États-Unis contre l’Iran et que Cuba est menacé d’un siège et ainsi de suite, euh nous avons bien le sentiment de l’urgence. Nous ne parlons pas de philosophie d’une façon complètement éthere. Nous sommes matérialistes.
Nous avons le sentiment que la discussion philosophique est tellement engagée dans un combat. On ne préférait que ce soit peut-être pas le cas, que ce soit le jardin d’picur que ce soit l’Académie de Platon ou le lycée d’Aissot. Mais voilà, nous ne décidons pas de la scène historique, elle est comme elle est et nous la prenons telle qu’elle.
Ça c’est un premier point. Le 2e point, c’est que effectivement euh il y a la question ici que tu as posé de la euh de la gnoséologie pour parler grec, c’est-à-dire de la théorie de la connaissance et donc de la philosophie de la praxis, c’est-à-dire bon pour ne pas parler grec de la philosophie de l’action, disons-le comme ça quoi, pour aller vite.
Alors, je suis est-ce que je suis contre la philosophie de la fractis et contre la théorie de la connaissance ou le marxisme comme théorie de la connaissance ? Évidemment que non. Je suis simplement pour qu’on n’oublie pas que le marxisme a aussi une dimension anthologique parce que c’est toujours celle-là qui est écartée par bien des marxistes qui plus.
Or, quand il procède à ce geste soit-disant antidogmatique, soit-disantsique, écartons la réalité, écartons la nature, écartons la matière, ne gardons que l’action, ne gardons que la connaissance, et ben ils ne se rendent pas compte à quel point ils détruisent leur possibilité d’agir et leur possibilité de connaître. Car enfin, encore faut-il que le réel soit connaissable, encore faut-il que le réel soit rationnel pour que la raison soit réaliste quelque part.
Encore sinon la science évidemment ne pourrait pas mordre sur la réalité ou elle ne le pourrait que bon comme c’est à la mode de le dire aujourd’hui que de manière toujours partielle, fragmentaire, provisoire et ainsi de suite. Ce qui finalement aboutirait tout simplement non pas à nourrir la science mais à nourrir le scepticisme, à nourrir l’idée que de toute façon bien la science est comme la mode.
Aujourd’hui, c’est une chose, demain ça sera le contraire. Et dans ce cas, je souhaite bien du plaisir aux enseignants quand ils voudront enseigner quelque chose aux élèves. Pourquoi enseigner quelque chose qui serait à oublier le lendemain quelque part ? Il faut bien qu’il y ait un progrès scientifique possible. Si on ne croyait pas ça, on ne ferait pas enfin la recherche scientifique ne vaudrait pas une heure de peine.
Et si on croit qu’il y a un progrès scientifique au moins possible, c’est que l’on croit qu’on peut se rapprocher de plus en plus de la réalité et que donc la réalité elle-même se laisse approcher quelque part, hein. Donc bon, on n’est pas comme Einstein qui disait le plus incompréhensible, c’est que le monde soit compréhensible.
on part de l’idée que il est compréhensible. Sinon, c’est pas la peine de s’engager là-dedans. C’est un postulat, si l’on veut, de la raison théorique. La raison théorique, elle-même a besoin de de postuler cela, sinon on peut poser le sac immédiatement. Donc ça c’est le premier élément.
Le deuxième élément par rapport toujours aux goséologies, aux théories de théories de la connaissance, c’est que ces théories de la connaissance elles-mêm et elles ont à faire avec l’ontologie. Elles ont à faire avec l’ontologie d’une façon extrêmement directe, c’est parce que tout simplement et bien euh les catégories de la pensée sont prises dans le développement du réel, sont prises dans le développement de l’histoire urbaine, mais que la le développement de l’histoire humaine ne sort pas du néant.
Le développement de l’histoire humaine sort des pratiques de travail sur la nature, de langage. Bon, le langage s’il prend d’accord, c’est le langage qui ordonne notre rapport aux choses. Mais pour que le langage ordonne notre rapport aux choses, encore faut-il qu’il ait une certaine efficacité et qu’il saisisse quelque chose du réel comme je le disais tout à l’heure, que ce ne soit pas un pur jeu disons destiné à nous distraire, hein.
Et au-delà de cela, il faut également que notre raison elle-même ait des bases comment dirais-je matériell pratique réel. Nous avons un cerveau. Faudrait peut-être pas oublier les choses aussi élémentaires. Et le cerveau fait partie du corps et le corps lui-même il a toute une toute une histoire naturelle en quelque sorte bien au-delà de bien en de ça de nous quelque part.
Donc les catégories elles-mêmes, la psychologie génétique, les gens comme Piagé et cetera ou l’histoire des sciences nous montre quand même qu’elle ne sort pas du néant. Autrement dit, encore une fois, la théorie de la connaissance est enchassée dans une certaine ontologie, mais une anthologie non pas figée, statique, bloquée en quelque sorte, mais une anthologie évidemment euh ouvante, mobile, hein.
L’histoire a une nature, c’est ça que je suis en train de dire, c’est pour ça que je suis matérialiste, mais la nature a une histoire, hein. Donc ça marche dans les deux sens. Et quant à la philosophie de la praxis, il en va de même. On montre son insuffisance. Si cette philosophie de la praxis tout au moins s’arrête à elle-même, si elle croit être le socle, le socle dernier alors qu’elle est une des branches de l’arbre, de la connaissance en quelque sorte, comme le disait Descartes quelque part, et bien c’est tout simple, c’est que comme le
disait philosophe matérialiste anglais qui s’appelait Bécon, on ne commande à la nature qu’en lui obéissant. Nous ne pouvons agir sur la nature que parce que nous comprenons quelque chose d’elle, que nous saisissons quelque chose de ce que nous appelons ces lois. hein et que par conséquent en agissant sur elle nous pouvons du en agissant sur disonsle grossièrement comme ça pourrait raffiner sur les causes nous pouvons agir sur les effets puisque la fin de la citation de bécon c’est non seulement bon on ne commande à la nature qu’en lui
obéissant et ce qui est cause dans la théorie devient moyen dans la pratique. Et donc ici bien sûr, n’importe quelle personne ayant déjà utilisé, je ne sais pas moi, un rabau, une sc, un marteau et cetera, des choses comme ça, c’est bien que nous utilisons les lois de la nature.
Alors peut-être on en est pas toujours conscient, mais quand on plante un clou dans du bois, par exemple, c’est quand même parce que le clou pénètre le bois et que le fer est plus dense que le bois pour finir. C’est pas du on prend pas des clous en bois pour les planter dans des dans de la tole. Et ça, c’est pas moi qui l’ai inventé, c’est la nature qui est comme ça en quelque sorte.
Je ne comprends pas comment des matérialistes peuvent ne pas voir des évidences pareilles. Ou alors, je me suis entendu dire quelquefois « Mais tout autour de nous est fait par euh l’action de l’homme et on se tourne autour de moi et dans cette pièce, on va me dire il y a un canapé derrière, il y a des murs, il y a euh un tapis, tout ce qu’on voudra.
Bon, les appareils qui nous servent à enregistrer tout ça et cetera. Et tout ça, c’est l’homme qui l’a fait. Oui, c’est l’homme qui l’a fait, mais c’est pas lui qui l’a créé. Ce n’est pas vrai. C’est naïf comme comme façon de voir les choses car mon ordinateur comme mon canapé et ainsi de suite, il est constitué d’atomes, d’électrons, de protons et autres quarc qui se baladent les uns par rapport aux autres avec des lois aussi étranges qu’on voudra, mais quand même, c’est pas moi qui les ai inventé.
et ne convienne pas me dire que oui mais d’accord mais la mécanique quantique nous explique que c’est l’observateur en regardant fixement l’objet je suis un peu sarcastique si vous voulez qui le fait exister qui peut croire ça qui peut croire ça nous pouvons effectivement par nos opérations de mesure agir sur les éléments extrêmement petits sur lesquels effectivement porte la microphysique pouvront agir dessus mais bon ça ça montre plutôt qu’effectivement il n’y a pas de connaissance sans action Mais pour autant euh si nous pouvons
produire un effet sur ces objets, c’est bien parce que nous nous leur parlons leur langage à travers nos appareils de mesure. Nous leur parlons leur langage. Et c’est pas nous ce langage qui l’avons inventé. C’est nous qui devons, au contraire arriver à le percer à jour, à comprendre en quelque sorte quelle quelle langue parle la nature.
Même si bon, c’est une métaphore que de dire ça, je sais bien que la nature ne parle pas, hein. Il faut bien ici tenter de se faire comprendre. Donc d’une façon globale, il me semble que quand on est quand on dit le marxisme se limite à la philosophie de la praxisse ou le marxisme se limite à la philosophie critique de la connaissance, on dit des choses qui ne tiennent pas.
Et le dernier le dernier argument que je donnais à Lucien Sève lui-même d’ailleurs quand nous discutions, c’était que quand on est matérialiste, on pense d’une manière ou d’une autre, quel que soit le sens qu’on donne au mot reflet. que l’esprit que l’esprit donc est second par rapport à la matière, hein, que par exemple donc ce n’est pas Dieu qui a pensé le premier puis la nature qui est apparu après en vertu du Fiatl divin.
Dieu a pensé fort et hop, la lumière est apparue. Mais on pense que c’est l’inverse. On pense que la matière est première et que par exemple l’apparition d’un être doté d’un puissant cerveau qui soit capable de faire des mathématiques est beaucoup plus tardive. Et ce n’est pas simplement que nous le pensons, c’est que nous le savons.
Maintenant, ce n’est pas une croyance. On peut croire que Dieu a fabriqué le monde en sent très fort, mais on peut savoir parce que il y a la cosmologie, il y a la chimie, la physique, la biologie et ainsi de suite. On peut savoir quand même que avant que n’apparaisse sur terre des des êtres dotés d’un encéphale avec des centaines de de millions voire des milliards de de cellules de neurones, et bien il y a eu des phases où il y avait même pas il y avait même pas un être vivant sur terre.
Bon, donc on peut le savoir ça. Ce n’est plus l’objet d’une croyance où on peut se décider d’aller dans un sens ou dans un autre. C’est en ce sens que la philosophie marxiste appuie sur les sciences. Et donc à partir du moment où l’on sait cela, on se rend compte que le rapport entre l’esprit et la matière est donc toujours déterminé ontologiquement.
D’abord, ce qui est premier, c’est que l’être est comme il est et que deuxièmement la la pensée apparaît, qu’à partir de là, elle doit prendre appui sur lui pour être une pensée juste, une pensée vraie. car évidemment je peux toujours penser 100000 choses absurdes hein et donc tomber à côté de la plaque là bon toutes les enchères sont ouvertes en quelque sorte mais si on fait de la science ça suffit pas de délucubrer dans tous les sens il faut retomber sur ses pattes quelque part et pour retomber sur ces pattes il faut qu’il y ait un sol et
pour qu’il y ait un sol il faut qu’il y ait une matière et pour qu’il y ait une matière il faut que cette matière existe par elle-même. Ce qu’on appelle l’asséité de la matière. Voilà. Donc il y a tout cet ensemble des choses. Il faut simplement comprendre que le rapport entre la matière et l’esprit est lui-même, j’emploie ce terme pour la 3è fois aujourd’hui, enchassé euh serti l’on veut, si l’on veut, une image de de joillerie si l’on peut dire et lui-même serti le rapport, il est lui-même serti dans la matière puisque le rapport entre
l’esprit et la matière passe par mon corps, passe par mon cerveau, passe par les objets que le scient scientifique utilise, que ce soit des télescopes comme le Just ou que ce soit des accélérateurs de particules à notre époque, pardonnez-moi, mais ce sont quand même de fameux appareillages matériel matériel.
Et donc ce n’est pas la pensée, ce n’est pas pardon la matière qui est en quelque sorte enchassée dans le rapport entre l’esprit et la matière. Mais il y a d’abord la matière quand bien même il y aurait pas la pensée et après il y a le rapport entre la matière et l’esprit qui est lui-même un aspect du développement de la matière.
Et donc le matérialisme peut non seulement poser mais démontrer mais démontrer que le rapport entre l’esprit et la matière est second, que la matière est première et que par conséquent il faut penser la gnoséologie à partir de l’ontologie, la philosophie de la praxis à partir de l’antologie et non pas le contraire, ce qu’il fallait démontrer.
Voilà. Oui, peut-être sur le la philosophie papillonnante. Ah oui, alors sur la philosie. Oui, c’est une chose intéressante ça aussi effectivement parce que de nos jours, on on dit alors à bas les systèmes euh Spinoza, tout ça. En plus, les systèmes ça donne mal à la tête, hein. Donc effectivement, lire la monadologie de de l’imid ou lire l’éthique de Spinoza ou la science de la logique ou l’encyclopédie de Hegel, c’est extrêmement migré nos gènes si on peut dire.
Alors que bon, c’est vrai quand vous lisez Kirkegard, quand vous lisez Nietzsche, quand vous lisez Jean Kevic, ce sont d’ailleurs des philosophes que j’apprécie hein, que que j’aime lire quelque sorte Alain voilà par exemple. Voilà effectivement bon là c’est des extraits assez brefs. Bon on peut les traiter séparément les uns des autres. On peut d’ailleurs trouver des passages de Nietzsche qui contredisent d’autres passages à loisir et ainsi de suite.
C’est très bien ça papillonne dans tous les sens. Bon, c’est comme le pavillon qui butine tantôt des roses, tantôt des des Dalia et ainsi de suite. Parfait. Mais premièrement, cette manière de faire effectivement, pardon, qui est aujourd’hui très très à la mode, très courue quelque part et qui entre dans ce que tu appelais tout à l’heure ben cette philosophie de la valeur he qui bon peut effectivement se répandre sur sur le marché de la philosophie qui est très vendeuse parce qu’elle est très littéraire et qu’en plus elle est très
lointaine par rapport aux sciences, qu’elle n’a pas le rapport substantiel aux sciences qui a été celui des grands philosophes des gens comme Platon. qui qui ont permis l’éclosion de quelqu’un comme Euclide, hein. Eclid était était platonicien au départ et Aristote qui est ce diman savant d’antiquité. Tous les grands penseurs ont été des scientifiques.
Bon là du coup hop la science on la jette à la poubelle ou en tout cas on veut pas savoir qu’elle existe. Elle n’a rien à nous apprendre et c’est l’idée un peu aille de guerrienne que la science ne pense pas hein. La pensée pense oui c’est découverte mais la science ne pense pas. Ce qui est stupide. Bachelor lui-même a bien montré que en fait la science pense que la science est une pensée he que la science il faut simplement savoir la trouver quoi cette pensée là-dedans c’est une chose deuxièmement que cette façon de parler en réalité est une quelque part
une escroquerie je vais jusque là quelque part une escroquerie parce que nos postes modernes qui disent il n’y a pas de grand récit les choses n’ont pas de sens euh il y a pas d’ontologie D’ailleurs, on ne sait pas si on connaît vraiment le réel. Nos connaissances elles-mêmes sont tellement fragmentaires, dispersées, elles peuvent être remises en cause à tout instant et ainsi de suite.
Et comment ne pas voir qu’il y a une ontologie qui ne dit pas son nom là derrière et une ontologie qui est obscurantiste qui revient à dire que le fond des choses est irrationnel, qu’on ne pourra jamais connaître la nature, qu’on ne pourra jamais la dominer et que l’homme par conséquent ne pourra jamais s’émanciper et que Talè a eu bien tort de lancer tout ce mouvement là qu’on aurait mieux fait de continuer à croire que Jupiter disons envoie la foudre à qui à qui il lui plaît quand ça lui plaît et que tout nous échappe et qu’il faut faire des sacr sacrifice et
jeter des des couper la gorge d’ffigénie pour que le vent tourne et que les Grecs puissent attaquer trois. Bon voilà. Alors à ce moment-là, bien sûr que derrière tout ça, il y a une systématique pas la systématicité scientifique critique révolutionnaire émancipatrice ouverte, bifurquante, buissonnante en quelque sorte de la dialectique matérialiste qui peut conduire effectivement au lutte d’émancipation.
Mais bon, en réalité un vieux discours, un très vieux discours, à savoir bon que on ne peut rien, nos choses, elles sont toutes, elles sont données comme elles sont et il ne nous reste plus qu’à prier en attendant la catastrophe finale. Ben ça c’est une anthologie et c’est pas la meilleure. Et celle-là, je la rejette.
Et donc laissez-moi choisir ma bonne anthologie en quelque sorte, celle qui permet non seulement d’interpréter le monde mais de le transformer. ser puid sero
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