BRICS, l’autre dénominateur commun

Par Georges Gastaud – 22 septembre 2021

C’est une banalité d’affirmer que l’ensemble passablement hétéroclite que résume, en globish bien entendu, l’acronyme BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) constitue désormais un obstacle majeur à l’hégémonie impériale de l’Oncle Sam et de ses vassaux germano-europeens. Donc aussi, potentiellement, un point d’appui important, pour les luttes anti-impérialistes, même s’il ne faut pas idéaliser globalement ces pays majoritairement capitalistes, dont deux d’entre eux sont travaillés par des courants fascistes, l’Inde de Modi et le Brésil de Bolsonaro.

Néanmoins, ce serait une erreur grave que d’ignorer que désormais, Washington et le groupe de maxi-predateurs qui la suivent, devront de plus en plus compter sur l’émergence de ces grands pays dynamiques qui, pris ensemble, comptent plus de trois milliards d’individus. D’où d’ailleurs l’empressement de Biden et Cie à provoquer rapidement un « conflit de haute intensité » avec la Chine et la Russie pendant que le bloc agressif euro-atlantique dispose encore de la maîtrise sur la monnaie mondiale et du plus gros stock d’armes de la planète…

Mais on néglige le plus souvent une autre donnée hautement réjouissante pour les forces progressistes de tous les pays : les cinq pays que nous venons de citer sont tous dotés de puissants partis communistes ou, au minimum, d’une riche histoire et de solides traditions prolétariennes. Qu’il s’agisse du Brésil, qui fut la terre de Carlos Prestés, d’Oscar Niemeyer et de Jorge Amado, de la Russie, où la contre-révolution se heurte à la popularité massive de Lénine, voire de Staline, de la Chine, qui se réclame haut et fort de la faucille et du marteau, de l’Inde, où des MILLIONS d’ouvriers et de paysans ont récemment fait grève à l’appel des deux partis communistes, ou de l’Afrique du Sud, où le CPSA fut la colonne vertébrale de la résistance à l’apartheid, le communisme continue plus que jamais de hanter l »euro-mondialisation capitaliste à bout de souffle.

Par conséquent, les renégats du communisme, mutants, eurocommunistes et autres rénovateurs à la petite semaine, ne sont pas seulement des opportunistes sans honneur. Ce sont des gens à courte vue auxquels il faut continuer d’opposer la parole de Dimitrov en 1935: « les contre-révolutions sont des parenthèses de l’histoire, l’avenir est aux révolutionnaires ».