À l’approche des élections municipales françaises de mars 2026, l’école primaire – maternelle et élémentaire – s’impose comme un enjeu politique central. Question d’attractivité, d’égalité des territoires, de finances publiques et de valeurs républicaines, ce dossier illustre la manière dont la politique nationale s’incarne localement.

Élections municipales 2026 : l’école, un enjeu local majeur au cœur du débat politique
Dans une France confrontée à une profonde crise éducative marquée par un déclassement et un mépris de classe profond contre les enseignants, ou baisse des salaires, réforme détruisant le métier patrimoine scolaire publique délaissé et mépris médiatique constant tarissent les vocations et épuisent les hussards noirs de la République. Dans une France où les résultats scolaires sont de plus en plus mitigés fruit des réformes successives et communes du parti maastrichtien unique (du PS/EELV à la droite extrême de Le Pen Bardella soutenant Blanquer et Lecornu en passant donc par le bloc macroniste) et d’une profonde crise sociale. Abimant générations après générations les capacités réelles à progresser. Désormais les violences de plus en plus terribles mettent désormais en danger sans qu’il ne soit plus possible de le cacher ce sanctuaire républicain que devrait être l’école, une insécurité bien réelle qui est censuré par le débat public centré, fascisation oblige, de façon borgne uniquement sur l’Etat policier. Dans une France où les mairies sont l’un des lieux de pouvoir des décisions concrètes qui affectent élèves, familles et le service public d’éducation nationale.
Compétences des communes au regard de la décentralisation et de la loi Debré
Depuis les grandes lois de décentralisation des années 1980, confirmées notamment par la loi du 22 juillet 1983 et codifiées dans les articles L. 212-1 à L. 212-9 du code de l’éducation, les communes ont des responsabilités étendues pour l’école primaire publique : elles sont propriétaires des locaux scolaires, assurent leur construction, leur entretien, l’équipement, ainsi que les dépenses de fonctionnement (hors masse salariale des enseignants, qui reste du ressort de l’État). Le conseil municipal décide de la création et de l’implantation des écoles sur son territoire et fixe les zones de sectorisation scolaire pour les affectations des élèves.
En parallèle, la loi Debré du 31 décembre 1959 est le texte fondateur des relations entre l’État, les communes et l’enseignement privé sous contrat avec l’État. Elle reconnaît un service public de l’enseignement privé en échange du respect des programmes et de l’accès sans discrimination. Aux communes revient une participation financière obligatoire au fonctionnement des écoles privées sous contrat, sur la base d’un forfait calculé selon le coût moyen d’un élève dans le public – obligation renforcée par la loi pour « une école de la confiance » en 2019, qui étend ce financement également aux maternelles privées.
Ce système illustre la logique de financement actuelle : l’État conserve la responsabilité pédagogique (théoriquement puisqu’il n’exerce en réalité aucune inspection tangible sur l’enseignement privé et confessionnel) et rémunère les enseignants, tandis que les collectivités financent les moyens matériels et logistiques, y compris pour les écoles privées sous contrat. Selon le rapport 2023 de la Cour des comptes, les écoles maternelles et primaires privées sous contrat sont financées à 55,2% par l’Etat, d’après des données datant de 2022
Nombre d’écoles en France et évolutions depuis les années 1990
À la rentrée scolaire 2024, l’enseignement du premier degré (maternelle et élémentaire) regroupe environ 47 400 écoles en France, publiques et privées sous contrat. On observe une baisse continue du nombre d’écoles dans le public, liée notamment à des regroupements administratifs et à des fermetures
Historiquement, le paysage des écoles publiques a diminué depuis les années 1990, avec une baisse du nombre total d’établissements, reflétant en partie la contraction démographique, mais aussi d’une logique d’euro austérité : dans les zones rurales, les « petites écoles » à classe unique ou à faible effectif, longtemps nombreuses, ont souvent disparu ou fusionné avec d’autres établissements, malgré leur importance sociale et territoriale. En 2017, 54 % des communes rurales disposaient d’une école, mais près de 20 % des écoles publiques avaient seulement une ou deux classes.
En revanche, le nombre d’écoles privées a légèrement augmenté sur la période récente, signe d’un mouvement de privatisation en cours, à bas bruit mais réel.
La France demeure un pays à majorité d’élèves scolarisés dans le public au premier degré. Selon les chiffres de l’éducation nationale, 86,6 % des élèves du premier degré sont scolarisés dans les écoles publiques, et environ 13,4 % dans le privé à la rentrée 2022. Depuis les années 1990, le pourcentage d’élèves dans le privé au primaire a été relativement stable, tournant autour de 13 % – 14 % du total. Les écoles privées hors contrat, non financées par l’État, ont connu une forte augmentation depuis les années 1990, passant de quelques dizaines en 1994 à près de 2 500 établissements à la rentrée 2024, accueillant entre 100 000 et 130 000 élèves. Une part importante de l’enseignement privé demeure confessionnelle, en particulier catholique, même si d’autres formes (écoles laïques, religieuses diverses) se multiplient dans le hors contrat.
L’offensive privée et confessionnelle : le cas de Marseille, le PS démontre qu’il est bien de droite
À Marseille, 2e ville de France, la question de l’école est à nouveau cœur du débat des municipales 2026. La municipalité menée par Benoît Payan (PS) qui s’est installé dans le fauteuil de maire à la faveur d’une pitoyable manipulation menée de concert avec EELV (Michelle Rubirolla) a lancé un vaste « Plan écoles » visant la rénovation ou la construction de centaines d’écoles publiques, avec un investissement total estimé à 1,8 milliard d’euros intégré au plan « Marseille en grand », partiellement financé par l’État et la ville. Ce plan porte sur la rénovation ou construction de près de 470 écoles à travers différents volets, dont 188 écoles rénovées ou totalement reconstruites via la Société Publique des Écoles Marseillaises (SPEM) – structure conjointe Ville-État. Un plan rendu urgent de part la ruine des écoles publiques de la ville : fuite d’eau, effondrement de toitures, rats, la situation après des décennies de gestion par la droite privilégiant l’école privée confessionnelle, était devenue catastrophique. En 2025, le budget éducation de la ville de Marseille est d’environ 156 millions d’euros du budget municipal. La Ville investit chaque année environ 35 millions d’euros pour des travaux courants de rénovation des écoles, en plus des travaux d’ampleur programmés dans le plan. En parallèle, 40 millions d’euros ont été engagés spécifiquement pour les travaux d’été 2025 hors du plan SPEM, destinés à améliorer les conditions matérielles dans les 470 écoles de la ville.
Concernant la participation de la Ville de Marseille aux dépenses des écoles privées sous contrat, il n’existe pas de chiffre global consolidé publié officiellement dans les documents budgétaires disponibles en ligne pour 2025. Des documents anciens montrent que cette participation forfaitaire était calculée par élève : par exemple, environ 1 507 € par élève de maternelle et 721 € par élève élémentaire, multipliés par les effectifs des écoles privées locales.
Depuis l’arrivée de Jean-Claude Gaudin à la tête de la mairie en 1995, les établissements scolaires privés accueillent 23 % d’élèves en plus quand le public voyait ses effectifs ne croître que de 2%
Au niveau national, environ deux millions d’élèves, soit près de 17% de l’effectif national, qui, regroupés au sein de 7 500 établissements, sont scolarisés dans l’enseignement privé sous contrat avec l’Etat. À Marseille, 14 000 écoliers sont scolarisés dans le privé. Chaque commune est responsable de déterminer par convention le forfait communal, sur la base des grands principes définis par les articles L. 442-5 et L. 442-5-1 du code de l’éducation. Dans la cité phocéenne, le forfait communal est de 1 507 euros en maternelle et 721 euros au primaire. Le calcul de ce forfait est remis en cause par le collectif des écoles de Marseille. « Une scolarité de la maternelle au CM2 coûte donc 8 126€ dans une école privée marseillaise, et 8 097€ dans une école privée à Paris. La scolarité privée coûte plus à Marseille qu’à Paris » !, s’est insurgé le collectif. Déjà sous la municipalité Gaudin, le collectif était monté au créneau pour le montant du forfait communal alloué : le tribunal administratif leur avait donné raison en retoquant le montant. Le collectif des écoles de Marseille veut revoir les bases du calcul du forfait communal. La circulaire n° 2012-025 du 15 février 2012 précise les dispositions législatives relatives au financement des établissements privés d’enseignement et entérine les jurisprudences administratives. L’annexe de cette circulaire recense les dépenses d’externat des écoles publiques qui doivent servir de base au calcul du forfait communal étant précisé que cette liste n’est pas exhaustive. « N’est pas exhaustive ». C’est bien ce que dénonce le Collectif des écoles de Marseille. « On veut que le curseur soit clair, par exemple dans le calcul, on souhaite que l’électricité , le chauffage, les salaires des agents soient pris en compte sur le temps scolaire et non périscolaire ou des vacances, donc de 8h30 à 11h30 et de 13h30 à 16h30 »
Selon le collectif, le forfait est bien trop élevé et englobe des dépenses qui ne devraient pas y être. Le collectif des écoles de Marseille veut revoir les bases du calcul du forfait communal.
« Dans les prochains conseils municipaux, la ville devra présenter son nouveau forfait communal pour l’année 2024, ce sera alors l’occasion d’en reparler ». Le collectif dit avoir « annoncé la couleur sur les réseaux sociaux » pour prévenir qu’ils interviendront lors des prochains conseils municipaux au sujet du re-calcul du forfait communal.
« La mairie de Marseille ne change donc pas de braquet vis-à-vis de l’école privée, c’est la continuité de Gaudin, c’est scandaleux de voir autant d’argent public partir dans le privé pendant que nos écoles publiques sont défaillantes avec des agents municipaux à bout de souffle ».
Le forfait communal aux écoles privées est inscrit à hauteur de 13,7 M€, soit un ajustement de +100 k€ en 2025.
A Marseille ce soutien aux écoles privées, non remis en cause par Payan et le PS, est toujours acceléré par la droite, avec Martine Vassal et ses amis de l’extrême droite.
Comme le dénonce l’Observatoire sur le financement des établissements privés, dans un communiqué relayé par la CGT Éduc’action 13, le Département a largement facilité l’ouverture d’un collège privé catholique dans le 15ᵉ arrondissement, inauguré ce jeudi 13 novembre 2025. Le communiqué précise que le Département a voté une garantie d’emprunt à 100 % pour un prêt de 10 millions d’euros contracté par l’École de Provence, ainsi qu’une subvention d’investissement de 1,95 million d’euros.
Par ailleurs, le collège a été construit sur un terrain destiné à un établissement public, vendu par le Conseil d’administration d’Euroméditerranée, où siègent l’État, la Région, le Département et la Ville. Rien d’étonnant : ce projet a été volontairement pensé pour exclure les classes populaires du centre de Marseille. L’ouverture du collège Loyola est une étape supplémentaire dans la ségrégation des classes populaires, largement dénoncé à Marseille. Le 13 novembre, comme le rapporte le journal L’impertinent et la Libre Pensée, un rassemblement a eu lieu, organisé par l’OFSESP, l’observatoire des financements publics aux établissements privés, mobilisant la plupart des organisations syndicales. Le collectif souligne que le département verse des millions d’euros par ans aux établissements privés (17 millions en 2024, 2?2 millions en investissements). Dans le même temps les problèmes rencontrés par les collèges publics sont légions. On peut par exemple citer le très lourd sujet sanitaire de l’amiante, qui a conduit à un dépôt de plainte au regard de la situation dangereuses présumées dans des dizaines d’écoles et collèges des Bouches du Rhone.
Lors de la pose de la première pierre le 20 février 2024, Martine Vassal osait déclarer : « Il faut qu’il y ait cette pluralité, car les parents sont libres de choisir où ils mettent leurs enfants, que ce soit en établissement public ou privé. » C’est une provocation directe à l’égard des travailleurs de l’éducation et des habitants du 15ème arrondissement, alors que les syndicats déplorent le manque de moyens dans les établissements publics d’enseignement.
Choisir de se rassembler devant la Cité scolaire internationale Jacques-Chirac (2e) était avant tout symbolique, pour l’intersyndicale Sud Éducation, CGT Région et le syndicat national FO collèges et lycées, soutenue par la Libre pensée 13. Réunis ce lundi 28 avril devant cet établissement scolaire public qui a « coûté 100 millions d’euros d’argent public mais qui ne recrute que sur dossier et ambitionne de concurrencer le privé« , les personnels de l’Éducation nationale et représentants des agents de lycées ont dénoncé « le manque de moyens dédiés à l’école publique par rapport au privé« , dixit Michel Chilitopoulos, délégué syndical CGT représentant les agents de la Région dans les lycées.
Camille Curioni, prof au collège Henri-Wallon (14e), de Sud Éducation, énumère : « La baisse des heures allouées aux élèves, le manque d’accompagnants d’élèves en situation de handicap, d’infirmiers scolaires, d’assistantes sociales… Et dans ce quartier, alors que les collèges sont saturés, les seules ouvertures sont celles d’un collège jésuite privé et d’une Cité scolaire élitiste. »
La représentante PS de la ville de Marseille, Samia Gahli s’est positionné en soutien de l’école privée, au coté de Martine Vassal. L’impertinent rapporte ses propos « l’école privée n’est pas l’énnemie du public, elle est sa soeur. »
L’objectif est simple : permettre aux enfants des riches de disposer d’un collège privé et de contourner la carte scolaire. Ce qui va permettre de poursuivre la gentrification, tout en continuant de retirer les moyens des collèges publics du 15eme.
72% des parents estiment qu’il n’est pas normal que le public finance l’enseignement privé
De fait, les scandales violents qui ont enfin percé la barrière de la censure médiatique ont remis l’attention sur l’enseignement privé et confessionnel. Des affaires Stanislas à Paris à celle de Bétharram impliquant l’ex premier ministre Bayrou, la question doit être posé prioritairement. Dans le faible nombre de compétence exercées par les communes, et alors que leur budget sont aujourd’hui étranglé par l’euro austérité, quelle est la priorité budgétaire que de financer les écoles privées ?
L’impertinent le rappelle à justice titre, l’engagement progressiste et le vrai front républicain avait fait l’objet du serment de Vincennes en 1960 : fonds publics à l’école publique, fonds privé à l’école privée. Un sondage de l’IFOP souligne que 72% des parents interrogés sont d’accord avec cette évidence de bonne gestion républicaine.
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