Depuis le mois de janvier 2026, les Etats-Unis ont considérablement durci le blocus de Cuba, transformé en un siège complet avec un blocus douanier et désormais naval des approvisionnements énergétiques vitaux du peuple cubain. Avec des conséquences qui ne concernent pas que le peuple cubain, mais aussi directement la France.
Un enjeu maritime lointain mais extrêmement proche pour la France… aux conséquences immédiates pour les territoires français
À première vue, la trajectoire d’un pétrolier russe traversant actuellement l’Atlantique et dont certaines sources indiquent qu’il transporterait 200 000 barils de diesel pour Cuba pourrait sembler relever d’une problématique n’intéressant que Cuba et la Russie. Pourtant, pour France, puissance riveraine de la Caraïbe par ses territoires de Guadeloupe, de Martinique, de Saint Barthélémy et Saint Martin ainsi que de la Guyane, la question dépasse largement le cadre cubain. Car le trajet de ce navire intervient à un moment où les Etats-Unis bloque non seulement par des sanctions douanières extra territoriales violente mais aussi par un réel blocus naval l’accès des pétroliers à Cuba.
Elle pose une question stratégique : jusqu’où une puissance tierce peut-elle peser sur les routes commerciales d’un bassin maritime où la France exerce elle-même des responsabilités souveraines ?
Dans cette région semi-fermée, où transitent hydrocarbures, gaz, denrées alimentaires et marchandises à destination des populations antillaises, toute entrave durable à la navigation commerciale crée un précédent susceptible d’affecter l’ensemble des échanges. Il ne peut échapper à aucun analystes maritimes que la pression exercée par États-Unis sur les flux énergétiques vers Cuba constitue un test grandeur nature de contrôle indirect des routes maritimes régionales — un sujet qui concerne mécaniquement les voisins européens présents dans l’arc antillais, et à commencer par la France, membre du conseil de sécurité de l’ONU et puissance navale qui à ce titre doit garantir la liberté de navigation.
Le Sea Horse, un tanker au centre d’une opération discrète
Les données de suivi maritime ont identifié un pétrolier, le Sea Horse, dont diverse sources supputent qu’il acheminerait vers Cuba une cargaison d’environ 200 000 barils de produits pétroliers d’origine russe, principalement du gasoil.
Cette cargaison aurait été constituée par un transbordement offshore en Méditerranée orientale, à proximité de Chypre, méthode fréquemment employée pour compliquer la traçabilité d’hydrocarbures soumis à sanctions.
Le navire aurait multiplié les modifications de destination déclarée — La Havane, puis « Caraïbes », puis « Gibraltar pour ordres » — un comportement considéré par les spécialistes comme caractéristique des routes commerciales sous contrainte géopolitique.
Cuba privée de carburant : blocage des transports, pénurie d’électricité et une crise humanitaire dangereuse
Cuba traverse aujourd’hui une crise énergétique profonde : avec l’interdiction des approvisionnements en pétrole de Cuba proclamée par Washington et suivant son attaque contre Caracas et l’enlèvement sanglant du président légitiment élu Nicolas Maduro, Cuba n’a plus reçu de carburant depuis la fin de l’année 2025. Les conséquences sont terribles : baisse drastique de la production électrique difficilement compensé par la seule production photovoltaiques et difficultés d’approvisionnement pour les transports, pour la santé et les services essentiels (santé, eau, assainissement…) comme pour les usages domestiques vitaux. Un pétrolier cubain s’est ainsi vu refusé de charger du GPL à la Jamaïque pour approvisionner les appareils de cuisson domestique.
La contraction des flux s’explique par la pression croissante exercée sur les fournisseurs et transporteurs : sanctions, risques juridiques, arraisonnement des navires.
Plusieurs tankers initialement destinés à l’île ont ainsi été empécher d’accoster, retardé leur chargement ou modifié leur destination.
D’autres navires empêchés d’approvisionner l’île, le New York Times titre : « un nouveau blocus américain étrangle Cuba »
L’itinéraire du Sea Horse s’inscrit dans une série d’épisodes révélateurs :
- Le tanker cubain de GPL Gas Exelero a tenté de charger du gaz dans la région, notamment en Jamaïque, sans y parvenir, repartant avec un tirant d’eau inchangé, signe d’absence de cargaison.
- Un autre tanker chargé en Colombie, l’Ocean Mariner, a été suivi de près par des moyens militaires américains qui l’ont ainsi obligé à dévier sa route et à renoncer à livrer Cuba.
- Plusieurs cargaisons ont été suspendues ou redirigées face aux risques de sanctions secondaires visant les armateurs ou les assureurs.
Pris isolément, ces incidents peuvent apparaître techniques. Ensemble, ils dessinent un phénomène de dissuasion maritime complète. En un mot un blocus naval, le retour d’un siège médiéval et criminel.
Une pression maritime sans déclaration officielle de blocus
Il n’existe pas de blocus naval formel déclaré contre Cuba par Washington. Il est d’ailleurs probable que cet acte de guerre nécessite selon la constitution américaine elle même un vote du congrès.
Cependant, les mesures coercitives, le ciblage financier des transporteurs et la surveillance des navires produisent des effets exacts d’un blocus naval.
Cette situation est tranché par un un débat juridique ancien : dans quelle mesure des sanctions nationales peuvent-elles avoir des effets extraterritoriaux sur la liberté de commerce maritime ? Chaque année depuis 1992, l’Assemblée générale de Organisation des Nations unies adopte — à une extrêmement large majorité isolant les USA— une résolution appelant à la levée de l’embargo américain contre Cuba. Ces résolutions ne sont pas juridiquement contraignantes, seul le conseil de sécurité de l’ONU où Washington exerce son véto peuvent l’être, mais elles expriment une position constante de la communauté internationale sur la question.
Pourquoi la France est directement concernée
Il faut d’abord rappeler le droit international. L’article 2 §4 de la Organisation des Nations unies, dans la Charte des Nations unies, prohibe « la menace ou l’emploi de la force » dans les relations internationales. Selon la Charte, il n’existe que deux exceptions : La légitime défense (article 51) en cas d’attaque armée ou L’autorisation du Conseil de sécurité agissant au titre du chapitre VII pour maintenir ou rétablir la paix. En dehors de ces cas, toute action coercitive — y compris un blocus naval — est par principe illicite. En droit des conflits armés, un blocus constitue une méthode de guerre navale. Il n’est légal que s’il intervient dans un conflit armé lui-même licite (autodéfense ou mandat du Conseil de sécurité). Le blocus de Cuba par les Etats-Unis et leurs alliés est donc une violation complète du droit international.
Le Protocole additionnel I aux Conventions de Genève interdit explicitement « d’affamer les civils comme méthode de guerre » (art. 54). Ainsi, un siège devient illégal s’il empêche délibérément l’accès à la nourriture, à l’eau ou aux secours humanitaires indispensables. Le Statut de Rome de la Cour pénale internationale qualifie de crime de guerre le fait d’utiliser la famine contre les civils ou d’entraver l’aide humanitaire (art. 8 §2 b xxv). Si le siège s’inscrit dans une attaque généralisée et systématique contre une population civile, il peut aussi relever du crime contre l’humanité au sens du Statut de Rome (art. 7).

Pour Paris, l’enjeu n’est pas seulement diplomatique. Il ne répond pas seulement à une obligation humanitaire de faire respecter le droit international, ce qui est une obligation qui incombe complètement à la France en tant que membre permanent du conseil de sécurité de l’ONU. Mais c’est aussi une obligation stratégique.
Les Antilles françaises :
- partagent le même espace maritime que Cuba,
- dépendent de routes d’approvisionnement énergétiques comparables : la caraïbes française reçoit son énergies d’approvisionnement en hydrocarbures venant d’Amérique Latine et d’Afriques
- abritent des infrastructures pétrolières capables de servir de hubs logistiques régionaux. Avec la SARA, détenue principalement par TotalEnergies et Rubis, la France dispose d’une raffinerie de 700 000 tonnes de capacité à Fort de France en Martinique, qui assure par cabotage maritime l’approvisionnement de la Guadeloupe et de la Guyane. Un important dépôt pétrolier est situé à Baie Mahault en Guadeloupe et un port pétrolier est situé à Dégrad des Cannes près de Cayenne, assurant également l’approvisionnement du centre spatial stratégique de Kourou. Ces installations sont certes plus modestes que celles de Trinidad et Obago et Curaçao, mais elles dépendent entièrement de la liberté de navigation dans la zone, tout en permettant un secours d’urgence si nécessaires des pays et population voisine.
Toute évolution vers une régulation unilatérale américaine des flux dans la Caraïbe affectent de fait immédiatement les chaînes d’approvisionnement de territoires français et leur autonomie énergétique. Laisser faire le blocus de Cuba, c’est permettre à Trump de s’arroger le droit d’un blocus de toutes les iles de la Caraïbe. Laisser faire l’agression militaire US contre Caracas, c’est permettre à Trump et aux USA de s’emparer demain de Cayenne et Kourou. Et donc pouvoir faire chanter la France en prenant en otage le millions de nos compatriotes qui y vivent entre la Guadeloupe (375 000) , la Martinique (360 000) et la Guyane (300 000).
De fait, une agression américaine contre les territoires ultra marins français n’est pas une vue de l’esprit : Trump n’entreprend il pas actuellement d’annexer le Groenland, un territoire européen rattaché au Danemark pourtant l’un des plus proches alliés de Washington au sein de l’OTAN ? n’a t il pas renvendiqué également aussi de vouloir annexer le Canada ? Et le département d’Etat américain n’a t il pas fait profession de foi que de déclarer l’ensemble de l’hémisphère occidental, propriété des Etats-Unis d’Amérique ?
Certains experts en droit maritime soulignent que la Caraïbe constitue un espace où la liberté de navigation — principe fondamental du droit international — est essentielle à la stabilité économique de l’ensemble des États riverains.
Une question humanitaire autant que géopolitique
Au-delà des considérations juridiques, la crise cubaine soulève également une question humanitaire plus qu’urgente : la raréfaction du carburant affecte directement la production d’électricité, la distribution alimentaire, le fonctionnement hospitalier et les transports publics.
Plusieurs observateurs estiment que l’assistance énergétique, même limitée, est indispensable pour stabiliser la situation vitale de très nombreux cubains. Même si le gouvernement cubain a pris des mesures pour assurer la solidarité nécessaire pour prioriser et répartir de la façon la plus juste, équitable et efficace hydrocarbures et électricité, la pénurie est une agression violente qui frappe de façon terrifiante l’ensemble du peuple cubain.
Dans ce contexte, comme le souligne les responsables politiques du PRCF, la France doit faire immédiatement face à ses responsabilités. Le cas échéant en utilisant sa capacité logistique entre chaines énergétiques aux Antilles et moyens des forces navales française – notamment via ses pétroliers ravitailleurs – pour participer de façon urgente à des opérations d’acheminement humanitaire – et pourquoi pas commercial – auprès de Cuba.
Le Sea Horse, marqueur d’une recomposition mondiale des routes énergétiques
Alors que Moscou vient de réaffirmer son soutien à Cuba, en allégeant la dette de l’ile et en s’engageant à l’approvisionner en hydrocarbure, la navigation du Sea Horse illustre une transformation plus large :
- Les sanctions redessinent les routes pétrolières mondiales.
- Les cargaisons deviennent juridiquement « mobiles », changeant d’identité au fil des transbordements.
- Les espaces maritimes régionaux — comme la Caraïbe — deviennent des zones de concurrence dangereuse entre puissances.
Le transport d’hydrocarbures n’est plus seulement une activité commerciale : il devient un instrument de géopolitique internationale. Et chacun peut constater que l’agresseur est bien l’impérialisme américain. Certainement pas Cuba. Et qu’en la matière ni la Chine, ni la Russie, ni aucun pays des BRICS ne menacent les routes maritimes internationales et le libre commerce entre les peuples souverains.
De fait, la France a une capacité d’action, depuis ces dépôts pétroliers des Antilles, à peine plus de 1500 km de distance de Cuba, Paris peut décider très rapidement de livrer l’assistance humanitaire en pétrole au peuple cubain.
Ce peuple cubain qui, avec ses médecins, est déjà venu au secours des Antilles françaises. Ce faisant, la France marquerait un acte fort de souveraineté et une affirmation claire de la liberté du peuple français refusant lui aussi le joug ignoble du régime Trump. Rappelons que les sondages d’opinions récents le prouvent : pour un français sur deux, les USA sont une menace militaire contre la France. Un sondage de l’Ifop publié en janvier 2026 indique que 42 % des Français considèrent désormais les États-Unis comme un « pays ennemi », contre 30 % seulement en avril 2025. Cette évolution reflète une perte de confiance spectaculaire dans l’administration Trump, avec seulement 24 % des sondés voyant les États-Unis comme un allié.
Briser le blocus de Cuba : une obligation pour la France
L’affaire du Sea Horse ne constitue pas seulement un épisode de contournement des sanctions énergétiques.
Elle révèle la fragilité de l’équilibre maritime dans la Caraïbe, espace partagé où coexistent intérêts américains, États insulaires indépendants et territoires européens.
Pour la France, puissance présente dans la région et membre permanent du Conseil de sécurité, la question dépasse la seule relation avec Cuba : elle touche aux principes mêmes de liberté de navigation, de sécurité des approvisionnements et de stabilité régionale, il s’agit aussi plus fondamentalement d’un enjeu de souveraineté.
Le devenir de ce tanker, et des routes qu’il incarne, pourrait ainsi marquer une étape décisive dans la manière dont les grandes puissances entendent — ou non — réguler l’accès à l’énergie dans l’un des bassins maritimes les plus sensibles du globe.
En France, chacun peut agir en se mobilisant pour défendre, avec Cuba, la liberté et la souveraineté des peuples en général, et concrètement de la France.
JBC pour www.initiative-communiste.fr
Analyse juridique : le droit de la mer déchiqueté par le blocus américain des flux énergétiques vers Cuba
La situation créée par le blocus des acheminements d’hydrocarbure vers Cuba à travers non seulement des sanctions financières extraterritoriales américaines mais désormais avec des actions militaires américaines contre des navires civils — qu’il s’agisse de navires dissuadés, retardés ou déroutés — doit être examinée à l’aune du droit international de la mer, corpus juridique largement codifié depuis la seconde moitié du XXᵉ siècle.
Elle met en tension deux logiques : la liberté de navigation commerciale, principe cardinal, et l’usage extraterritorial de sanctions nationales, instrument de politique étrangère.
Pour un État tiers riverain comme France, cette tension soulève des enjeux directs de souveraineté maritime et de sécurité des échanges dans la Caraïbe.
Le principe fondamental : la liberté de navigation en haute mer
Le droit de la mer repose sur un pilier central :
la haute mer est ouverte à tous les États, qu’ils soient côtiers ou sans littoral.
Ce principe implique :
- liberté de circulation des navires marchands,
- liberté de commerce maritime,
- interdiction pour un État d’exercer sa juridiction sur un navire étranger hors des cas strictement prévus par le droit international.
Un pétrolier battant pavillon d’un État donné relève en principe de la juridiction exclusive de son État du pavillon lorsqu’il navigue en haute mer.
Aucun autre État ne peut l’arraisonner ou entraver sa route sans base juridique internationale reconnue (piraterie, traite d’êtres humains, absence de nationalité du navire, etc.).
Le transport de pétrole ou de diesel n’entre évidemment dans aucune de ces exceptions.
L’absence de base juridique à un « blocus » non déclaré
En droit international, le blocus maritime est une mesure exceptionnelle, licite uniquement :
- en cas de conflit armé international,
- s’il est déclaré officiellement,
- s’il est appliqué de manière impartiale,
- et s’il respecte le droit humanitaire (notamment l’accès aux biens essentiels).
En temps de paix, empêcher un navire commercial d’atteindre un port étranger constitue en principe :
- soit une mesure de police relevant de la compétence de l’État côtier dans ses eaux territoriales,
- soit une atteinte à la liberté de navigation si l’action se produit au-delà de ces eaux.
Si des pressions, interceptions indirectes ou menaces de sanctions conduisent des armateurs à renoncer à commercer, on se trouve dans une zone grise juridique :
ce n’est pas un blocus formel, mais cela peut produire des effets comparables sans en avoir la légalité.
La question des sanctions extraterritoriales
Les mesures adoptées par États-Unis contre les flux énergétiques à destination de Cuba relèvent de sanctions dites extraterritoriales, c’est-à-dire visant des acteurs non américains opérant hors du territoire américain.
Or, en droit international classique :
- un État ne peut exercer sa compétence normative que sur
- son territoire,
- ses ressortissants,
- ou des activités ayant un lien substantiel avec lui.
Sanctionner un armateur tiers transportant du carburant entre deux États étrangers constitue juridiquement une extension contestée de compétence — souvent critiquée comme contraire au principe de non-ingérence économique.
C’est précisément pour cette raison que la majorité des États membres de Organisation des Nations unies votent régulièrement des résolutions dénonçant ces mesures comme incompatibles avec la liberté du commerce international.
Le statut particulier des eaux caribéennes
La Caraïbe n’est pas une haute mer uniforme : c’est un espace maritime enchevêtré de zones économiques exclusives (ZEE) appartenant à de nombreux États.
Dans ces ZEE :
- l’État côtier dispose de droits économiques sur les ressources,
- mais la navigation internationale y demeure libre.
Autrement dit, un navire transportant du pétrole peut traverser ces zones sans autorisation préalable, tant qu’il ne mène pas d’activités d’exploitation.
Entraver un tanker en transit énergétique dans ces espaces peut donc soulever un contentieux relatif à la liberté de transit reconnue par le droit de la mer.
Le droit de transit dans les détroits et routes internationales
Certaines routes maritimes menant à Cuba empruntent des détroits ou des passages utilisés pour la navigation internationale.
Dans ces zones, le régime juridique est encore plus protecteur :
- le droit de « transit inoffensif » ne peut être suspendu,
- aucun État riverain ne peut empêcher un passage continu et rapide,
- la cargaison transportée ne peut justifier une interdiction.
Ainsi, même un navire transportant du pétrole sous sanction nationale conserve, du point de vue du droit de la mer, un droit de passage.
Les implications pour la France : protection de ses propres lignes d’approvisionnement
La France, en tant qu’État présent dans la Caraïbe via la Guadeloupe et la Martinique, dispose :
- d’une vaste ZEE régionale,
- de ports énergétiques stratégiques,
- de lignes d’approvisionnement dépendantes du commerce maritime international.
Si le précédent cubain consacrait la possibilité pour une puissance extérieure d’entraver indirectement certains flux commerciaux dans cette zone, cela pourrait :
- affecter les chaînes logistiques françaises,
- fragiliser la sécurité énergétique des territoires ultramarins,
- créer une pratique contraire à la liberté de navigation que la France défend historiquement.
Le droit de la mer repose largement sur la coutume et la pratique des États : tolérer une restriction contestée peut contribuer à la normaliser.
Une évidence juridique : l’illégalité de l’agression américaine contre Cuba
Juridiquement, l’acheminement de diesel par un tanker vers Cuba relève d’une activité commerciale ordinaire protégée par les principes fondamentaux du droit de la mer : liberté de navigation, compétence de l’État du pavillon et neutralité des routes maritimes.
Les entraves indirectes, lorsqu’elles ne reposent ni sur un mandat international ni sur un cadre de conflit armé, se situent dans une zone de contestation juridique persistante — tolérées dans les faits, mais fragiles au regard des normes maritimes établies.
Pour la France, puissance maritime présente dans la Caraïbe, l’enjeu dépasse le cas cubain : il touche à la préservation d’un ordre juridique océanique fondé sur l’ouverture des mers, condition essentielle à la sécurité de ses propres territoires et de ses échanges.
Chronologie détaillée des mouvements de navires liés à la crise d’approvisionnement cubaine
Fin 2025
- Réduction progressive des livraisons énergétiques traditionnelles à Cuba.
- Premiers signaux de raréfaction du trafic de tankers vers l’île.
Janvier 2026
- Renforcement des mesures américaines visant les exportations pétrolières vers Cuba, avec applications de sanctions douanières aux pays commerçant avec Cuba
- Hausse des risques juridiques pour les armateurs et assureurs.
Début février 2026
- Le Sea Horse reçoit sa cargaison via un transfert navire-à-navire en Méditerranée orientale.
- Les données AIS commencent à montrer des changements fréquents de destination déclarée.
Mi-février 2026
- Le transporteur de GPL Cubain Gas Exelero tente de charger dans plusieurs ports caribéens, dont Kingston (Jamaïque), sans succès.
- Il repart sans cargaison confirmée.
Même période
- Le tanker Ocean Mariner, chargé en Colombie pour Cuba, modifie sa trajectoire après avoir été suivi par des moyens américains à proximité d’Haïti, puis se détourne vers les Bahamas.
Fin février 2026
- Les analystes maritimes identifient la route du Sea Horse comme potentiellement destinée à Cuba.
- Les estimations évoquent une cargaison d’environ 200 000 barils de diesel.
Début mars 2026 (fenêtre d’arrivée estimée)
- Le navire poursuit sa traversée transatlantique sous surveillance commerciale et satellitaire.
- L’issue de la livraison reste incertaine, dépendante du contexte politique et des pressions exercées sur les opérateurs maritimes.



![Défendre Cuba, un « saillant » du front mondial pour l’avenir de l’humanité ! – par Georges Gastaud [vidéo]](https://www.initiative-communiste.fr/wp-content/uploads/2026/02/20260220-defendre-Cuba-Georges-Gastaud-120x86.jpeg)
