Par Georges Gastaud, vice-président du PRCF
« SALUT ET FRATERNITE », CAMARADE JEAN-PIERRE

La famille de Jean-Pierre Hemmen, président du PRCF, vient de nous apprendre la triste nouvelle: à l’issue d’une longue et difficile hospitalisation dont nous espérions tous qu’il sorte enfin rétabli, et où il aura sans cesse été assisté par son épouse Geneviève, notre cher camarade et ami vient de nous quitter.
Dans ce premier hommage surtout destiné à informer ses amis et camarades de la triste nouvelle, je me contenterai de dire ceci à propos de celui qui fut de tous les combats pour fonder successivement la Coordination communiste du PCF, la Fédération Nationale des Associations pour la Renaissance Communiste (lFNARC) et enfin, le PRCF dont Jean-Pierre devint d’emblée l’un des vice-présidents (Georges Hage étant président d’honneur et Léon président exécutif) aux côtés du métallo breton (d’adoption) Jacques Coignard et des anciens Résistants corrézien et nantais Pierre Pranchère et Simone Nicolo-Vachon. Sans oublier Henri Alleg qui était également l’ami de Jean-Pierre.
Disons, pour résumer les choses que, d’un bout à l’autre de son existence, Jean-Pierre aura été digne de ses parents, tous deux militants internationalistes, et notamment de son père Jean Hemmen; lequel fut envoyé par le Komintern en Espagne pour y organiser les Brigades internationales, puis pour structurer la Résistance française dès les débuts de l’Occupation (Jean Hemmen sera du reste arrêté et fusillé au Mont-Valérien).
Devenu dirigeant de la Jeunesse communiste dans les Hauts-de-Seine, Jean-Pierre fut journaliste à L’Avant-Garde et, dans les années 1950, lorsque les Américains placèrent à la tête de l’OTAN l’ex-officier nazi qu’était le général Speidel, Jean-Pierre alors appelé sous les drapeaux refusa de porter les armes dans ces conditions infamantes et fut durement réprimé pour cela. C’est à cette époque qu’il fit du reste la connaissance de la famille Landini, elle aussi porteuse de nobles traditions antifascistes et patriotiques, et que Jean-Pierre devint le frère de lutte de Léon Landini.

Dès la fin des années 1970 et le début des années 80, Jean-Pierre fut de ceux, pas si nombreux que cela hélas, qui s’opposèrent ici et là à l’abandon du marxisme-léninisme et de l’internationalisme prolétarien par le PCF devenu euro-compatible et « mutant », puis pro-gorbatchévien… et antisoviétique. Le lent suicide politico-idéologique du PCF officiel, puis le rapide suicide de l’URSS sous la prétendue « perestroika », lui furent de vrais crêve-coeur.
Il fut de ceux qui, comme il aimait à le dire, « retroussèrent les manches » et « sortirent de la tranchée »

Mais les communistes ne se lamentent pas et il fut de ceux qui, comme il aimait à le dire, « retroussèrent les manches » et « sortirent de la tranchée » pour aider ses camarades nordistes, corréziens et franciliens à mettre en place le Comité Erich Honecker de Solidarité Internationaliste (qui venait en aide aux communistes est-allemands persécutés et qui déclarait déjà avec clairvoyance que la criminalisation du communisme serait le marchepied de la fascisation de l’Europe et d’une guerre de revanche sur la patrie de Stalingrad de la part de la nouvelle Europe germano-étatsunienne). Jean-Pierre joua aussi un rôle moteur dans la création de la première JRCF autour de camarades comme Rémi, Thomas, Clément, Lucas, Vladimir et bien d’autres.
Militant de terrain et penseur marxiste, Jean-Pierre fut longtemps le juriste de référence de la Confédération Nationale du Logement (CNL), qui aida d’innombrables familles ouvrières à défendre leur droit au logement, et, dernièrement, le directeur politique de la revue théorique du PRCF, Etincelles. Il était une bibliothèque vivante du communisme français et international, il connaissait parfaitement la geste révolutionnaire jacobine et communarde (l’un de ses ancêtres avait du reste fait partie du Comité central de la Commune) et ne s’en détournait pas pour autant de la défense la plus ardente, et hélas la plus actuelle, de la paix mondiale, de l’indépendance de la France et des combats les plus actuels pour la continuité de la Renaissance communiste dont il aura jusqu’au bout, même sérieusement affaibli et malade, partagé tous les engagements.
Enfin, Jean-Pierre, qui n’en aimait pas moins sa « petite patrie » bretonne, n’en était pas moins un grand militant de la langue française qu’il défendait contre le tout-anglais envahissant. Le PRCF salue la mémoire de ce grand camarade et lui dit, comme il aimait à le faire en souvenir des combats de l’Espagne républicaine « SALUT ET FRATERNITE » camarade Jean-Pierre. Malgré la dure agression qu’est ta soudaine absence, nous continuerons, non seulement d’entendre ta voix, mais de suivre ta voie, celle de ce fil rouge et tricolore que ne cesse de tresser le Pôle de Renaissance Communiste en France.
Georges Gastaud (qui croit possible, sans leur permission formelle et dans l’urgence, d’associer à cet hommage les camarades Fadi Kassem, Mireille et Gilda Landini).







