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Accueil articles 4-EUROPE: en sortir, s'en sortir !

Paix avec la Russie et la Chine, stop aux guerres et au fascisme : les communistes à l’offensive en Allemagne pour empêcher la troisième guerre mondiale !

23 janvier 2026
Temps de lecture45 mins de lecture
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Le bloc DKP à la manifestation Luxemburg-Liebknecht à Berlin cette année (Photo : Martina Lennartz)

Alors qu’en France, le PCF de Fabien Roussel déploie l’essentiel de l’énergie de son appareil pour, dans nombre d’endroits, de Dunkerque à Marseille en passant par Paris, nouer ses alliances avec les partis de la guerre que sont le PS et EELV, en Allemagne, les communistes, eux, prennent la rue pour répondre à cette priorité essentielle, cette bataille menée en France par le PRCF, empêcher la troisième guerre mondiale, résister à la fascisation.

En janvier 2026, Berlin a été le centre d’une forte mobilisation politique pour la paix et contre l’impérialisme, à l’occasion de la traditionnelle date de mobilisation révolutionnaire des communistes avec la manifestation Liebknecht-Luxemburg-Demonstration, organisée autour du souvenir de Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht, assassinés en 1919 et devenus symboles de lutte anti-guerre, internationalisme et solidarité. Cette marche, qui relie traditionnellement le Frankfurter Tor à la Gedenkstätte der Sozialisten, vise à dénoncer les logiques militaires contemporaines et à réaffirmer : paix contre l’impérialisme et les préparatifs de guerre.

Grande marche pour la paix à Berlin : 10 000 communistes en action

Le dimanche 11 janvier 2026 a rassemblé, souvent sous un froid intense, plus de 10 000 personnes qui se sont mobilisées pour dénoncer le militarisme et les politiques impérialistes actuelles, notamment l’expansion des arsenaux militaires et l’engagement des grandes puissances dans des zones de conflits. L’article Jung und laut für den Frieden (Jeunes et bruyants pour la paix) rapporte que les manifestants ont défilé avec des drapeaux rouges, internationaux et solidaires, exprimant non seulement leur attachement à la mémoire de Luxemburg et Liebknecht, mais aussi leur opposition aux logiques de guerre et aux interventions militaires en cours de l’Axe impérialiste USA-UE-OTAN, de l’Ukraine au Venezuela. Les discours prononcés lors de la marche ont souligné la nécessité d’une solidarité internationale contre l’impérialisme et le militarisme, mettant l’accent sur la lutte contre les préparatifs de guerre, l’opposition à la conscription et l’appel à des solutions diplomatiques aux conflits. Le bloc, organisé par le Parti communiste d’Allemagne (DKP), a particulièrement insisté sur la solidarité avec des peuples confrontés à des attaques extérieures,

Jung und laut für den Frieden

Lorsque la manifestation Luxemburg-Liebknecht s’est élancée, des centaines de drapeaux rouges flottaient au vent. La solidarité avec le Venezuela et son président kidnappé, Nicolás Maduro, était palpable et visible, et pas seulement au sein du contingent du DKP (Parti communiste allemand). De nombreux drapeaux palestiniens et cubains témoignaient également de l’élan de solidarité internationaliste de la manifestation. Patrik Köbele, président du DKP, a expliqué depuis le camion équipé d’un haut-parleur l’importance de cette solidarité : « Les impérialistes résistent par tous les moyens à l’émergence d’un monde multipolaire. Leurs cibles actuelles sont le Venezuela, Cuba, la Palestine et l’Iran. À terme, ils visent la Russie et la Chine. C’est un jeu dangereux qui fait planer la menace d’une guerre mondiale, et il est donc de notre devoir de contraindre les impérialistes à faire la paix. » Une analyse qui rejoint celle des communistes de France, avec le PRCF.

Le bloc DKP, qui regroupait des communistes de Grande-Bretagne, du Danemark, de Grèce, de République tchèque et de Turquie, était suivi par le bloc jeunesse du SDAJ, du SDS et de Linksjugend Solid, fort d’un millier de participants. Leur devise : « Non à la conscription ! Oui à la paix ! »

Cette année, la manifestation s’est déroulée en grande partie sans attaque ni répression majeure de la police, contrairement aux années précédentes, permettant aux participants d’atteindre le Mémorial des socialistes pour déposer des fleurs et rendre hommage aux deux leaders historiques.

https://twitter.com/DSozialismus/status/2010295121657598346

La Rosa-Luxemburg-Konferenz et les événements associés

En parallèle à la marche, la 31ᵉ Internationale Rosa-Luxemburg-Konferenz, organisée par le journal junge Welt, s’est tenue le 10 janvier 2026 à Berlin-Wilhelmsruh. Cette conférence annuelle est un rendez-vous important de la gauche allemande et internationale, réunissant des militants, des intellectuels et des organisations autour de débats sur la paix, l’anti-impérialisme et la justice sociale.

La conférence a été conçue comme un lieu d’échange politique approfondi, avec des prises de parole, tables rondes et discussions analysant les conflits mondiaux actuels, les stratégies du mouvement pacifiste et les moyens de renforcer les luttes contre les interventions militaires et les politiques impérialistes. Des slogans appelant à la solidarité avec les peuples du Venezuela, de Cuba, de Palestine et d’autres régions touchées par des interventions étrangères ont été portés sur scène et retransmis via les plateformes de la conférence.

De fait, c’est bien pour mobiliser pour la paix, contre la montée de l’Axe capitaliste vers la guerre mondiale que s’est tournée l’action.

Dossier spécial de la rédaction d’Initiative Communiste : l’action communiste en Allemagne fait de la paix un axe prioritaire

IC vous propose à travers les traductions de deux textes proposés par les communistes allemand du DKP, de voir combien l’action pour la paix, faisant écho au slogan lancé par le PRCF et désormais repris en masse, « l’argent pour les salaires pas pour la guerre », est un axe majeur de mobilisation en Allemagne. Un axe qui pousse les camarades du DKP a explicitement appeler à rompre avec l’OTAN et avec l’UE.


Den dritten Weltkrieg verhindern

Empêcher la Troisième Guerre mondiale

Le DKP publie un document stratégique pour la lutte pour la paix :

L’année 2026 a débuté brutalement. Les États-Unis ont attaqué le Venezuela et enlevé le président Nicolás Maduro. Parallèlement, les efforts visant à provoquer un changement de régime en Iran se sont intensifiés. C’est donc un signe positif que les communistes aient présenté un document stratégique exposant les perspectives de la lutte pour la paix. Ce document, intitulé « Prévenir la Troisième Guerre mondiale », développe les propositions du Parti communiste allemand (DKP) pour une action conjointe des mouvements ouvriers et pacifistes face aux préparatifs de guerre concrets. Il invite au débat les parties intéressées et les militants du mouvement pacifiste, en décrivant à la fois un consensus nécessaire – notamment les revendications contre le déploiement de nouveaux missiles américains et contre la conscription – et les positions plus générales du DKP. Celles-ci incluent la conviction des communistes que la paix ne pourra être atteinte que par la collaboration et la coopération avec la République populaire de Chine et la Russie. Le DKP développe également des réflexions sur les missions d’un gouvernement de paix et sur la voie à suivre pour y parvenir. Vous trouverez ci-dessous le texte du document stratégique, ainsi qu’une référence à la présentation de Björn Blach, vice-président du DKP, qui contextualise le document et ses objectifs. Une version abrégée a été publiée dans l’UZ le 9 janvier et peut être téléchargée intégralement depuis l’ espace membres du site dkp.de. Le document peut également être commandé sous forme de brochure à la boutique en ligne de l’UZ .

Le DKP sur la stratégie de la lutte pour la paix

Propositions du DKP pour une action conjointe des mouvements ouvriers et pacifistes dans le cadre d’une préparation concrète à la guerre

I. La politique de guerre du gouvernement allemand aggrave nos conditions de vie

Le gouvernement allemand, dirigé par la CDU/CSU et le SPD, a décidé de contracter une dette, qu’il qualifie de fonds spécial. Avec les intérêts, cela représente plus de mille milliards d’euros d’emprunts de guerre à durée indéterminée. En clair, cela signifie que l’État consacre un euro sur deux à la préparation d’un conflit. Cet argent manque donc cruellement pour les dépenses sociales urgentes, l’éducation et la santé. Tandis que les prix augmentent, les salaires réels baissent et les filets de sécurité sociale sont démantelés. Nombreux sont ceux qui se retrouvent à vivre dans des appartements insalubres et n’ont plus les moyens de se nourrir sainement. Parallèlement, on observe une réduction du temps de travail, notamment de la journée de huit heures. Pour détourner l’attention de ses politiques antisociales, le gouvernement attise la haine envers les chômeurs et les migrants.

L’accélération de la militarisation de notre pays et la préparation ouverte à la guerre constituent une attaque massive contre des droits sociaux et politiques chèrement acquis.

Les restrictions imposées dans le cadre de la transformation réactionnaire et militariste de l’État et de la société sont mises en œuvre dans l’intérêt des segments les plus agressifs du capital monopolistique allemand. Ce dernier est confronté à la montée en puissance de la République populaire de Chine. L’hégémonie des puissances impérialistes, unies au sein de l’OTAN et du G7, est menacée. Cette menace intensifie la concurrence entre ces puissances, dont la marge de manœuvre se réduit. Parallèlement, elles se préparent conjointement à la guerre contre la RPC, à tendance socialiste, et son allié stratégique, la Russie, afin de préserver leur position dominante.

Voici le contexte des préparatifs de guerre. Sous prétexte de se protéger d’une attaque russe, le gouvernement allemand a annoncé son intention de constituer la plus grande armée conventionnelle d’Europe. Ce projet prévoit notamment le rétablissement de la conscription. Il vise ainsi à consolider l’hégémonie de l’impérialisme allemand au sein de l’UE et en Europe occidentale.

Nous disons : Non à l’économie de guerre !

L’Allemagne s’engage sur la voie d’une économie de guerre : la production s’adapte aux besoins militaires. Tandis que des centaines de milliers d’emplois industriels disparaissent, l’expansion de l’industrie de l’armement est financée par l’argent du contribuable. Les profits des entreprises d’armement explosent. Lever le frein à l’endettement pour le réarmement et supprimer le « fonds spécial pour les infrastructures et la neutralité climatique » n’enrayera pas le déclin économique et la désindustrialisation de l’Allemagne. Ces mesures visent à préparer la logistique allemande à la guerre.

Le gouvernement allemand ne s’en est jamais caché. Il a justifié la modification constitutionnelle autorisant un emprunt de 500 milliards d’euros pour des projets d’infrastructure par le fait suivant : « La capacité effective d’exploiter un potentiel de défense considérablement accru requiert des infrastructures modernes, fonctionnelles et performantes, notamment dans le secteur des transports. » En clair : sans ponts rénovés, gares modernisées et axes de transport efficaces, aucun déploiement de chars et de troupes vers l’est n’est possible. Il ne reste plus grand-chose pour les infrastructures sociales. Celles-ci, à l’instar des services publics, seront démantelées.

Les lois, règlements et contrats liant la Deutsche Bahn aux forces armées allemandes obligent la compagnie ferroviaire à donner la priorité à la mise à disposition de voies ferrées et de wagons pour les mouvements de troupes de l’OTAN. Le programme « Pour la satisfaction des usagers du rail » cite également explicitement la « capacité de défense » comme justification des investissements dans l’infrastructure ferroviaire.

Le rail pour nous, pas pour la Bundeswehr !
Nous disons : Non à la logistique militaire prioritaire. Oui à un fonds d’infrastructures civil, géré démocratiquement, pour les usagers, pas pour les chars ! Nous disons : Non à la priorité donnée aux préparatifs de guerre sous couvert de modernisation. Oui au rail public, aux emplois de qualité et à une mobilité respectueuse de l’environnement !

Selon le ministère des Transports, 8 000 ponts autoroutiers nécessitent des réparations. Ces autoroutes font souvent partie du réseau routier militaire. Nombre d’entre elles ne pourraient plus supporter le passage d’un convoi de chars Leopard de 62 tonnes. Il en va de même pour les hôpitaux. Là aussi, les associations professionnelles soulignent que le système de santé allemand n’est pas conçu pour la prise en charge massive des blessés en cas de guerre. D’après le « Plan d’opérations Allemagne », les hôpitaux doivent se préparer à soigner jusqu’à 1 000 blessés par jour. Au lieu de privilégier la prévention et les soins, le gouvernement souhaite que les hôpitaux se recentrent rapidement sur la médecine de guerre, c’est-à-dire sur la capacité à soigner les soldats destinés à être redéployés au front.

Cette militarisation n’est pas un accident, mais un programme – intégré aux stratégies de l’UE telles que la « Mobilité militaire » et flanqué du « Plan d’opérations Allemagne », qui transforme les infrastructures civiles en logistique de guerre au cas où l’Allemagne deviendrait un champ de bataille.

Nous disons : Non à la transformation réactionnaire-militariste !

Lors des forums de recrutement, sur les panneaux d’affichage des gares et des arrêts de bus, et par courrier personnalisé, les jeunes sont enrôlés de force au service de l’impérialisme allemand. Bien que les bons apprentissages soient rares et que la Bundeswehr (forces armées allemandes) offre une rémunération attractive, la majorité des jeunes refusent le service militaire. Malgré cela, et malgré les grèves scolaires qui secouent le pays, le gouvernement a instauré le nouveau système de conscription. En recrutant des mineurs, la République fédérale d’Allemagne viole depuis des années la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant. Les enfants sont depuis longtemps la cible de la Bundeswehr. Les écoles préparent les élèves aux exercices militaires : des officiers de la Bundeswehr sont de plus en plus présents dans les salles de classe ; en Bavière, c’est même obligatoire. Les universités bavaroises n’ont plus la possibilité de s’engager volontairement dans la recherche civile par le biais d’une clause de vocation civile. Tout est subordonné à l’armée.

Les mesures issues des lois d’urgence de 1968 sont de nouveau appliquées, comme l’a démontré l’exercice de l’OTAN « Tempête rouge Bravo » au cœur de Hambourg. Par exemple, l’Agence fédérale pour l’emploi s’est entraînée à réquisitionner tout travailleur en cas d’état de tension ou de mobilisation. Des « bureaux fantômes » sont mis en place dans les municipalités et les districts pour remplacer le personnel administratif mobilisé en première ligne. Les forces armées allemandes et les autorités locales planifient et répètent conjointement le déploiement vers l’est de 800 000 soldats de l’OTAN. Cependant, l’idée que l’Allemagne puisse servir d’arrière-pays et de plateforme logistique en cas de guerre est totalement irrationnelle. L’Allemagne deviendrait tout simplement un champ de bataille.

La répression croissante se manifeste par le durcissement des lois policières et la restriction juridique et politique de la liberté d’expression. Sont concernés tous ceux qui contestent le discours dominant sur la guerre. Le mouvement pro-palestinien est particulièrement touché. Quelques années seulement après la proclamation du « tournant » militariste, les Allemands possédant la double nationalité risquent désormais de perdre leur nationalité pour avoir protesté contre le génocide à Gaza. Les personnes souhaitant obtenir la nationalité allemande doivent déclarer leur soutien à Israël. Ce faisant, le gouvernement allemand alimente le racisme et favorise la dérive à droite.

Les attaques contre nos droits sociaux et démocratiques et la répression contre les antimilitaristes, les opposants à l’OTAN et ceux qui sont solidaires de la Palestine témoignent de la situation d’urgence de la démocratie dans notre pays.

Viva Venezuela, Kuba und Palästina!

Zehntausende kamen in Berlin zur Ehrung von Rosa Luxemburg und Karl Liebknechthttps://t.co/svN8819WLU

— Deutsche Kommunistische Partei (DKP) (@partei_dkp) January 13, 2026

Des impérialistes au pas cadencé ?

Quatre-vingts ans après la libération du joug de la guerre et du fascisme, l’impérialisme allemand entre dans une phase stratégique qualitativement nouvelle, marquée par le militarisme et le recours à la force pour résoudre les conflits. Toutes les forces politiques établies sont impliquées dans cette entreprise. Même le parti de gauche Die Linke a approuvé au Bundesrat le plan de réarmement de plusieurs milliards d’euros, ouvrant ainsi la voie à une offensive générale contre nos acquis sociaux.

Mais pourquoi les hommes politiques s’engagent-ils dans une telle course aux armements qu’ils s’imposent eux-mêmes ? Parce qu’ils agissent dans l’intérêt du capital monopolistique allemand et partent du principe qu’ils ne pourront se rapprocher de leur objectif de devenir une superpuissance mondiale qu’en enrayant la perte d’hégémonie de l’impérialisme, du G7 et de l’OTAN. La restructuration réactionnaire de l’État et la militarisation de la société dans son ensemble servent à préparer une guerre contre la Chine et la Russie. À cette fin, l’industrie d’armement allemande doit être développée et la Bundeswehr transformée en l’armée la plus puissante d’Europe.

Au lieu de coopérer avec la Chine et la Russie, l’impérialisme allemand se range du côté des États-Unis et lutte à leurs côtés contre leur déclin imminent. Cette stratégie révèle les véritables limites de l’impérialisme allemand. Les sanctions américaines contre Nord Stream 2 et l’attentat terroriste contre l’approvisionnement énergétique de l’Allemagne ont restreint sa marge de manœuvre et exacerbé sa dépendance à l’égard de la principale puissance impérialiste, les États-Unis. Par conséquent, l’impérialisme allemand rompt avec les prévisions stratégiques et économiques antérieures concernant ses relations commerciales avec la Chine et la Russie, en partie à l’encontre de ses propres intérêts.

Les États-Unis tentent de démanteler tous les pans du capital monopolistique allemand présents sur le marché chinois, parfois à l’encontre de leurs propres intérêts. C’est là le point faible de la stratégie actuelle de l’OTAN, menée par les États-Unis, principal instigateur de la guerre. La politique de « découplage » exacerbe les contradictions impérialistes internes avec notre principal ennemi : l’impérialisme allemand.

La guerre détruit l’environnement et le climat.
La crise environnementale exacerbe la situation sociale à l’échelle mondiale, en particulier pour la classe ouvrière, et devient ainsi une cause de conflits violents. Les guerres, à leur tour, contribuent fortement à l’intensification de la crise environnementale. Outre la destruction de vastes quantités de ressources telles que les infrastructures, les forêts et les terres agricoles, ce que nous considérons comme la partie la plus importante de la nature vivante est détruite : les êtres humains.
Les activités militaires sont très énergivores et destructrices. Même en l’absence de guerre, l’empreinte carbone mondiale des forces armées, incluant les chaînes d’approvisionnement mais excluant les effets de la guerre et les émissions liées à la reconstruction, est estimée à environ 5,5 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. L’alimentation du changement climatique capitaliste par le militarisme est dramatique : l’augmentation des dépenses militaires mondiales entre 1995 et 2023 représente 27 % de la variation de l’intensité des émissions mondiales de CO2.
En tenant compte des émissions liées aux infrastructures, à la mobilité militaire, à la production d’armements et aux déploiements à l’étranger, les émissions des forces armées allemandes en 2023 s’élevaient à environ 10 millions de tonnes de CO2. Une augmentation de 50 % est prévue pour 2028.
Même lors de manœuvres telles que l’exercice OTAN de trois jours « Red Storm Bravo » à Hambourg ou les exercices OTAN de plusieurs semaines « Defender Europe », qui se déroulent régulièrement à la frontière occidentale de la Russie, l’environnement est directement endommagé et des gaz à effet de serre sont rejetés. Pour l’exercice de deux semaines « Air Defender 2023 », ces émissions se sont élevées à environ 35 000 tonnes de CO2. Ces exemples, avec des estimations plutôt prudentes, démontrent le lien direct entre la destruction de l’environnement et l’activité militaire.
Chiffres tirés de : « Estimating the Military’s Global Greenhouse Gas Emissions » (2022) par Parkinson/Cottrell dans Scientists for Global Responsibility, « Rising military spending jeopardizes climate targets » par Dong/Ran/Liu et al. dans Nature Communications 16 (2025) et la réponse du gouvernement fédéral allemand à la question parlementaire posée par la Caisse allemande de sécurité sociale (BSW) « Le réarmement de l’Allemagne au sein de l’OTAN et l’empreinte écologique de la Bundeswehr », BT-Drucksache 20/10581 (2024)

Eindrücke von der jährlichen Lenin-Liebknecht-Luxemburg-Demonstration in Berlin. pic.twitter.com/jdVR6n0aJg

— DKP Berlin (@DKPBerlin) January 11, 2026

Les objectifs climatiques sont sacrifiés sur l’autel de la géopolitique.

Le fait que tout soit subordonné à la « préparation à la guerre » est également illustré par la décision du gouvernement allemand d’imposer un embargo sur le gaz naturel et le pétrole bon marché en provenance de Russie. Cette décision est non seulement catastrophique d’un point de vue économique et pour une grande partie de la population active, notamment en Allemagne de l’Est, mais elle constitue également, d’un point de vue environnemental, une atteinte aux moyens de subsistance des populations opprimées du monde entier, car elle implique l’achat de GNL américain, bien plus polluant et coûteux.

Les normes environnementales ont été bafouées lors de la construction des terminaux nécessaires. L’extraction et le transport du GNL génèrent des émissions supplémentaires dans l’atmosphère, dont les effets ne se limitent pas à l’Allemagne, mais se font sentir dans le monde entier. De plus, la destruction de l’infrastructure du gazoduc a compromis les projets de partenariat avec la Russie dans le domaine de l’hydrogène. L’hydrogène joue un rôle central dans la construction d’une industrie neutre en carbone. La Russie dispose des ressources nécessaires à cet effet.

L’impérialisme aggrave la crise environnementale.
Cette crise mondiale se caractérise par des bouleversements profonds des processus en cours au sein de la Terre et du système climatique. Même si la volonté et les moyens politiques d’infléchir cette tendance négative existaient, seul un effort massif et soutenu de nombreux acteurs permettrait de l’inverser efficacement. Les mouvements pacifistes, écologistes et syndicaux doivent reconnaître leur intérêt commun à préserver les fondements naturels de la vie et coopérer en conséquence.

La Chine montre l’exemple en matière d’atténuation des catastrophes écologiques et de lutte contre la destruction de l’environnement. Toutefois, elle ne pourra poursuivre sur cette voie que si elle n’est pas entraînée dans un conflit militaire par l’impérialisme mené par les États-Unis.

II. La guerre est préparée avec des mensonges.

La majorité de la population allemande est opposée aux guerres, aux déploiements de la Bundeswehr (forces armées allemandes) à l’étranger et aux exportations d’armes allemandes. Par conséquent, cette opinion dominante nous est martelée sans cesse par un matraquage médiatique constant.

Le mensonge du sauveur : les armements

Pour nous familiariser avec le concept d’économie de guerre, on nous dit que les temps sont plus durs, mais que nous pouvons trouver du travail dans la production d’armements.

La crise capitaliste est entièrement auto-infligée. Alors que nous nous appauvrissons, les profits des entreprises cotées au DAX explosent. Nous ne profitons pas de leur succès ; au contraire. Ces multinationales nous refilent leurs problèmes, par exemple sous la forme de flambées des prix de l’énergie. Parallèlement, la hausse des coûts sert de prétexte aux suppressions d’emplois dans l’industrie. Dans ce contexte, des entreprises profitant de la guerre comme Rheinmetall encouragent la reconversion vers la production d’armements.

Les syndicats, en tant que représentants des salariés, ne doivent pas instrumentaliser la crise capitaliste pour élaborer conjointement des objectifs de politique industrielle avec les grandes entreprises. Or, c’est précisément ce qu’ont fait les dirigeants d’IG Metall, de concert avec le Forum économique du SPD et la Fédération allemande des industries de sécurité et de défense (BDSV). Ils entretiennent ainsi des illusions, car les investissements dans l’industrie de l’armement n’ont que peu ou pas d’impact sur l’économie nationale. Du fait de sa forte productivité, cette industrie a des besoins en main-d’œuvre faibles et représente donc une part infime de l’emploi total dans le secteur industriel. Les investissements dans tous les autres secteurs ont des retombées économiques bien plus importantes. La production d’armements sert exclusivement des fins destructrices et n’a aucune utilité civile. Elle n’est profitable qu’aux capitaux et promet des profits élevés, garantis par l’État – surtout en temps de guerre.

Le mensonge de « l’Occident fondé sur des valeurs »

Nous assistons à une lutte mondiale pour l’avènement d’un ordre mondial multipolaire et l’émancipation du joug néocolonial. Dans ce contexte, l’influence des acteurs anti-impérialistes s’accroît. Avec les BRICS, les BRICS+ et l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), plusieurs pays autrefois dépendants ont formé des alliances qui, malgré leurs contradictions, commencent à proposer des alternatives aux structures actuellement dominées ou instrumentalisées par l’impérialisme (telles que le FMI, la Banque mondiale et SWIFT). L’alliance des États du Sahel en Afrique de l’Ouest témoigne également de cette émancipation.

Ici se développe, de manière paradoxale, une coopération politique, économique et militaire entre pays capitalistes et socialistes, empreinte d’anti-impérialisme. Le gouvernement chinois, sous l’égide du Parti communiste et en tant que leader économique et politique des BRICS, défend activement et ouvertement la diplomatie et le droit international.

Les centres économiques et politiques de l’impérialisme sont acculés. Ils ne parlent que le langage de l’exploitation, de la dépendance, de l’oppression et de la violence. Ils n’hésitent pas à éliminer autrui si cela sert leurs propres intérêts. Ce système, qu’ils entendent défendre par de nouvelles guerres, n’a rien à nous offrir. Le rétrécissement du spectre des opinions acceptables et la gestion des migrations, par exemple par la fermeture des frontières au sein de l’espace Schengen, illustrent la divergence entre le texte de loi et la réalité constitutionnelle dans ce « Occident guidé par les valeurs ».

Le mensonge concernant la menace

Le gouvernement veut nous « préparer à la guerre » au nom de cet « Occident fondé sur des valeurs » et instrumentalise une menace russe. Cette menace est totalement infondée. Les dépenses militaires des États européens membres de l’OTAN dépassent largement celles de la Russie. L’OTAN, avec les États-Unis à sa tête, surpasse ses adversaires, la Russie et la Chine, dans tous les domaines militaires. Il n’est donc pas question d’une menace « russe » ou « russo-chinoise ».

Pas même de la part de l’agresseur russe. L’intervention militaire russe de 2022 dans la guerre qui faisait déjà rage en Ukraine n’était pas une attaque contre un pays membre de l’OTAN. Cette guerre, préparée par le coup d’État de Maïdan soutenu par l’Occident et la militarisation subséquente de l’Ukraine, se poursuit depuis 2014. La Russie a exigé des garanties de sécurité, mais celles-ci ont été systématiquement ignorées et rejetées. L’élargissement de l’OTAN vers l’est en est une illustration. Les accords de Minsk II, censés mettre fin à la guerre, ont été délibérément sapés par les États membres de l’OTAN. Le gouvernement allemand a signé ces accords afin de gagner du temps pour le réarmement des forces armées ukrainiennes. Cette politique a finalement conduit à l’escalade du conflit en 2022.

Non aux armes allemandes et à la bombe atomique allemande

Le prétendu « tournant » n’était pas une réaction à la guerre en Ukraine, mais le fruit d’une planification à long terme. Avant même 2022, 100 milliards d’euros étaient demandés pour le ministère de la Défense. Aujourd’hui, c’est clair : ce réarmement s’inscrit dans une stratégie de puissance européenne visant à l’armement nucléaire et à la suprématie militaire de l’Allemagne.

Nous condamnons les livraisons d’armes au régime de Kiev, qui collabore avec des forces fascistes, ainsi que le soutien apporté au gouvernement israélien, en partie fasciste. Depuis 2023, ce dernier mène une guerre d’anéantissement contre le peuple palestinien, attaque régulièrement le Liban, la Syrie, le Yémen, le Qatar et l’Iran, et œuvre sans relâche à la création d’un Grand Israël sioniste.

Nous exigeons la fin de tout déploiement des forces armées allemandes à l’étranger. Les soldats allemands ne doivent ni former les troupes ukrainiennes, ni exploiter de bases en Lituanie ou en Ukraine, ni occuper les voies commerciales de la mer Rouge. Tout déploiement à l’étranger engendre la guerre et la misère au lieu de la sécurité et de la paix.

Nous condamnons le nouveau nationalisme européen, dont la logique n’est pas moins agressive que la politique de guerre des États-Unis. Nous refusons tout nouveau missile américain en Allemagne. Nous exigeons le retrait de notre pays de l’OTAN. Les missiles nucléaires américains, ainsi que l’infrastructure de l’OTAN, doivent être retirés d’Allemagne.

Le Parti communiste allemand (DKP) soutient l’Appel de Berlin du mouvement pacifiste « contre les nouveaux missiles à portée intermédiaire et pour un monde pacifique » afin d’attirer l’attention sur les dangers que ces armes de première frappe contre la Russie représentent également pour notre pays. Le déploiement des missiles américains doit être empêché.

Der Andrang ist riesig! Bis zum S-Bahnhof reicht die Schlange vor der 31. Internationalen Rosa-Luxemburg-Konferenz. Rund 4.000 Menschen sind gekommen, um sich über Krieg und Ausbeutung zu informieren und zwecks Widerstand zu vernetzen. Auch online kann zugeschaut werden: im… pic.twitter.com/wW8Jx6D1A0

— junge Welt (@jungewelt) January 10, 2026

Non au pouvoir des médias et à la manipulation de l’opinion.

Les médias monopolistiques portent la responsabilité de la préparation idéologique à la guerre par le biais d’une information sélective, de la production d’images de l’ennemi et de la censure. Ils occultent les véritables intérêts qui sous-tendent la politique de renforcement des armements et confortent l’idée d’une « guerre défensive » nécessaire.

Le porte-parole du gouvernement, Stefan Kornelius, illustre parfaitement les liens étroits qui unissent les médias et l’État. Ancien directeur de la rubrique politique étrangère de la Süddeutsche Zeitung, il a veillé avec constance à diffuser efficacement la ligne d’un « Occident fondé sur des valeurs ». M. Kornelius est membre des groupes de pression « Conseil allemand des relations étrangères », « Académie fédérale de politique de sécurité » et « Atlantic Bridge », dont le président fut l’actuel chancelier de la CDU, Friedrich Merz.

Nous nous opposons à toute forme d’incitation à l’agression militaire, qu’elle provienne de Washington, de Bruxelles ou de Berlin.

III. Paix et coopération avec la Chine et la Russie

Du point de vue du Parti communiste allemand (DKP), le système capitaliste, dont la République fédérale d’Allemagne est un centre impérialiste, est la cause des guerres. L’émergence de l’impérialisme engendre une contradiction : le partage du monde entre les puissances impérialistes est quasiment achevé, tandis que les monopoles des différentes nations exigent toujours un accès de plus en plus urgent aux matières premières, aux marchés et aux nouveaux capitaux. Lénine analysait que l’expansion et la confrontation sont donc des caractéristiques essentielles de l’impérialisme.

Poussés par l’avidité, les impérialistes exploitent le développement des forces productives dans le cadre de conflits avec d’autres États, de sorte que des guerres alimentées par la puissance destructrice des armes nucléaires menacent l’existence même de la planète. Il est donc essentiel d’empêcher les impérialistes de déclencher une guerre mondiale, malgré l’agression inhérente à l’impérialisme.

La lutte contre la menace de guerre est un devoir pour tous ceux qui souhaitent s’opposer à l’anéantissement potentiel de l’humanité. Nous, communistes, sommes prêts à nous joindre à la lutte commune pour la paix avec tous ceux qui sont sincères dans leur engagement. Leurs motivations pour cette lutte peuvent différer des nôtres ; elles peuvent, par exemple, découler de convictions pacifistes ou religieuses.

Seul un mouvement ouvrier et pacifiste fort peut imposer la paix.

L’impérialisme ne pourra être contraint à la paix que si nous parvenons à développer un vaste mouvement pacifiste suffisamment fort pour contrer le matraquage médiatique et politique incessant en faveur du réarmement et de la guerre par une perspective alternative et pacifique de désarmement, de diplomatie et de coopération.

Nous, communistes, définissons la diplomatie comme l’activité étatique visant à poursuivre la politique étrangère de l’État dans l’intérêt de la classe dirigeante par des moyens pacifiques. Nous partons donc du principe que, sous certaines conditions, il est possible de persuader même les États impérialistes de défendre leurs intérêts sans recourir à la guerre. La durée et la stabilité d’une telle situation dépendent des rapports de force internationaux et nationaux.

L’alternative à la politique de confrontation de l’impérialisme allemand et de l’OTAN réside dans la coopération avec la Russie et la Chine. Cette coopération offre également à certains segments du capital allemand la perspective de réaliser leurs profits. Par cette déclaration, nous ne préconisons aucun plan visant à préserver le système du profit. Notre objectif est d’exploiter toute dissidence au sein de la classe capitaliste, voire au sein du capital monopolistique, afin de prévenir une guerre mondiale. En définitive, une telle réorientation sera impossible sans une rupture avec l’OTAN, voire avec l’UE en tant que puissance militaire. Ceci implique, à son tour, un bouleversement de l’équilibre des pouvoirs internationaux au détriment de l’OTAN et du G7.

Des relations amicales plutôt que des sanctions qui violent le droit international !

Ce qu’il faut, c’est une architecture européenne de paix et de sécurité. Celle-ci ne peut exister qu’avec la Russie, et non contre elle. Une perspective pacifique n’est possible que par la coopération, principalement avec la Chine et la Russie. Après les actions destructrices de ces dernières années, il est impératif de rétablir des relations amicales avec ces deux pays. C’est d’autant plus impératif que l’Allemagne, en tant que l’un des principaux instigateurs de la Seconde Guerre mondiale, a une responsabilité envers les deux nations qui ont subi les plus lourdes pertes.

Les politiques de sanctions et d’isolement menées par les impérialistes contre la Russie et la Chine, par exemple, mais aussi contre l’Iran, Cuba, la RPDC et d’autres États, entravent le développement des forces productives et nuisent aux populations. Elles s’opposent à la coopération pacifique et sont contraires au droit international.

Privilégier la coopération avec la Russie et la Chine est judicieux pour tous ceux dont les intérêts ne sont pas directement liés aux politiques d’agression, de guerre, de crise et d’armement propres à l’impérialisme. Cela inclut non seulement la classe ouvrière, mais aussi les intellectuels, la petite bourgeoisie (les classes moyennes), la paysannerie, et même une partie du capital. Il existe ici des possibilités de mettre en œuvre une politique d’alliance anti-monopolistique. Par conséquent, nous, communistes, ne faisons ni de notre analyse – selon laquelle le capitalisme et l’impérialisme comportent toujours une tendance à la guerre – ni de notre conviction que seul le socialisme peut garantir une paix durable, une condition préalable à la coopération.

La classe ouvrière est celle qui n’a absolument aucun intérêt pour la guerre impérialiste. C’est pourquoi nous veillons à ce que les organisations du mouvement ouvrier – syndicats, sociaux-démocrates, socialistes et communistes – constituent le noyau du mouvement pacifiste. Ainsi, au sein du mouvement ouvrier et syndical, nous combattons toute velléité d’intégration aux politiques de guerre et de militarisation de la classe dirigeante. À cette fin, il est nécessaire de démontrer que la dévastation sociale, la destruction des infrastructures et l’érosion de la démocratie sont les corollaires des politiques de guerre.

Lutte contre la guerre et le capitalisme :
Nous, communistes, estimons que le développement d’une coexistence pacifique, tel que décrit ici, exige une transformation profonde de l’équilibre des pouvoirs actuel. Cela pourrait contraindre l’Allemagne à se retirer de l’OTAN et de l’UE. Un retrait de ces deux alliances impérialistes réduirait considérablement la capacité du capital monopolistique allemand à réaffirmer sa prétention à la puissance mondiale. Un tel affaiblissement créerait un espace anti-monopolistique et offrirait l’opportunité de défendre les droits fondamentaux inscrits dans la Loi fondamentale. Ce serait la condition préalable à l’amorce d’une transformation économique, sociale, démocratique et écologique ouvrant la voie à une perspective socialiste.
La lutte du DKP pour une rupture révolutionnaire avec ce système requiert un changement significatif de l’équilibre des pouvoirs au détriment du capital monopolistique dominant. Cela implique principalement d’organiser la classe ouvrière en une classe consciente de sa situation et d’étendre son influence aux autres classes et strates non monopolistiques. De cette manière, une pression peut être exercée sur une large base de classe afin d’imposer un abandon des politiques de guerre agressives. Le droit international, inscrit dans la Charte des Nations Unies, peut servir de fondement à cette démarche. Nous sommes conscients que le droit international, lui aussi, se compose de traités et de droit coutumier et qu’il est constamment sujet à évolution en raison des rapports de force internationaux.
Pour nous, communistes, les luttes quotidiennes sont intégrées à nos orientations stratégiques et font partie intégrante de notre combat pour dépasser le capitalisme/impérialisme et progresser vers le socialisme. Dépasser le capitalisme/impérialisme est, à nos yeux, nécessaire pour éliminer durablement et définitivement la menace de guerre.
En tant que communistes, nous défendons ces positions plus larges dans nos luttes et nos mouvements. Cependant, nous n’en faisons pas une condition préalable à notre lutte commune. Nous pensons qu’un consensus en faveur de la coopération peut se fonder sur des revendications telles que celles que nous exposons dans la dernière partie de ce document, « Pour un mouvement pacifiste fort en Allemagne ». Toutefois, toutes les forces, y compris les communistes, doivent avoir le droit de défendre des positions et des revendications plus ambitieuses dans le cadre de la coopération, sans pour autant chercher à les imposer à autrui.

Pour un mouvement pacifiste fort en Allemagne !

Le monde est au bord d’une troisième guerre mondiale. Empêcher ce conflit est aujourd’hui l’objectif principal du DKP. Dans ce pays, cela signifie contrecarrer la stratégie de la classe dirigeante visant à préparer l’Allemagne et sa population à la guerre d’ici 2029, et développer une résistance efficace contre la transformation réactionnaire et militariste de l’État et de la société et la transition vers une économie de guerre.

Les restrictions sociales, l’érosion de la démocratie et la militarisation affectent la majorité de la population. De l’autre côté, une minorité profite de la politique de guerre. Le gouvernement fédéral poursuit leurs intérêts, ceux du capital monopolistique.

Cette politique gouvernementale favorisant les entreprises exige un vaste mouvement pacifiste centré sur la classe ouvrière. Celle-ci est particulièrement touchée par les atteintes aux droits sociaux et démocratiques. Ce sont les enfants de la classe ouvrière qui seront sacrifiés dans les guerres à venir. Or, la classe ouvrière est objectivement la force capable de prévenir les guerres, notamment par la grève. Il est donc nécessaire de libérer les travailleurs et leurs syndicats des politiques de guerre et de gestion de crise du gouvernement.

Cela signifie aussi les libérer de l’emprise du SPD, parti cogouvernant, et creuser les divisions au sein de la social-démocratie. D’une part, la social-démocratie est un moteur d’intégration aux politiques de guerre et de crise et, en particulier, empêche les dirigeants syndicaux de s’opposer systématiquement au gouvernement fédéral. D’autre part, elle est vulnérable aux pressions des forces sociales et pacifistes à la base. Il est essentiel de renforcer les forces pacifistes au sein des organisations sociales-démocrates (SPD, Parti de gauche et BSW) et de les rallier au mouvement pour la paix.
Nous avons besoin d’un large mouvement pour la paix, inclusif. Il puise sa force dans la diversité des perspectives et des expériences. Les manifestations contre le génocide à Gaza et en solidarité avec la Palestine ont mobilisé de nombreux jeunes issus de l’immigration. Ils doivent faire partie intégrante du mouvement pour la paix, au même titre que les groupes féministes, religieux et environnementaux, les organisations de jeunesse opposées à la conscription et les syndicats. En tant que communistes, nous faisons également partie de ce mouvement.

Ceux qui sont au pouvoir tentent d’empêcher cette unité en divisant et en diffamant certains aspects du mouvement pacifiste. Il faut s’y opposer.

Nous, communistes, plaidons pour un mouvement pacifiste fort qui, tout en acceptant les différentes positions, s’accorde sur des actions et des revendications communes susceptibles de perturber les préparatifs de guerre et, à long terme, de les empêcher.

Pour la paix, le travail, la solidarité

Du point de vue du DKP, les revendications suivantes font partie du consensus d’un mouvement pacifiste fort :

  • Non au réarmement et aux préparatifs de guerre !
    Le « tournant » proclamé par le gouvernement allemand est présenté comme une réaction à la guerre en Ukraine. C’est un mensonge. Les plans du programme de réarmement de 100 milliards d’euros étaient déjà au ministère de la Défense. Désormais, on peut s’endetter sans limite pour financer ce réarmement. La chancelière veut constituer la plus grande armée d’Europe pour faire la guerre.
  • Non aux livraisons d’armes et aux déploiements de forces armées allemandes à l’étranger !
    On nous vend des armes et des soldats allemands à travers le monde comme moyen de défendre la démocratie et la sécurité. C’est un mensonge. Les exportations d’armes allemandes ont soutenu le génocide à Gaza et prolongent la guerre en Ukraine. La brigade allemande en Lituanie constitue une menace directe pour la Russie.
  • Non à la conscription !
    Le gouvernement allemand rétablit le service militaire et nous le présente comme une mesure volontaire pour la défense nationale. C’est un mensonge. Selon les critères de l’OTAN, la Bundeswehr devrait compter 260 000 hommes dans les années à venir. Ils veulent sacrifier la jeunesse ouvrière à la guerre.
  • Non à l’expansion de l’industrie d’armement allemande !
    Alors que la désindustrialisation progresse en Allemagne et que des centaines de milliers d’emplois industriels sont détruits, on nous vend l’industrie d’armement comme une solution miracle et une panacée économique. C’est un mensonge. Seule une infime partie des ouvriers y trouvera du travail. La production d’armements est destructrice et n’apporte aucun avantage économique.
  • Non au déploiement de missiles de première frappe américains en Allemagne ! Les armes nucléaires américaines hors d’Allemagne !
    Le déploiement d’armes hypersoniques américaines en Allemagne nous est présenté comme une menace russe hypothétique. C’est un mensonge. Les armes de première frappe ne garantissent pas la sécurité. Au contraire, elles font de l’Allemagne une cible. Cela vaut également pour les armes nucléaires américaines stockées en Allemagne.

Les mouvements syndicaux et pacifistes vont de pair.

La dévastation sociale et l’érosion des droits démocratiques sont le revers de la politique de guerre. Le financement de la guerre par le gouvernement fédéral dépend de la contribution de la population, qui ne résiste pas à l’exploitation accrue. Le gouvernement de coalition « feu tricolore » s’est effondré sur cette question, et le budget de la guerre demeure le principal défi du gouvernement Merz-Klingbeil. C’est pourquoi l’AfD est maintenue en réserve comme partenaire fiable en matière de réarmement et de guerre.

L’implication de la classe ouvrière dans l’effort de guerre, ou plutôt la question du financement de la guerre, est le talon d’Achille des bellicistes. Les préparatifs de guerre ne peuvent plus être financés aux dépens de la population ouvrière si les syndicats s’y opposent unis. Par conséquent, le mouvement pacifiste doit s’allier aux mouvements sociaux et ouvriers. Leurs revendications communes sont les suivantes :

  • Il faut annuler tous les emprunts de guerre et mettre fin à l’endettement lié à la guerre !
    La course aux armements est financée par des emprunts de guerre illimités. Près d’un euro sur deux du budget fédéral est consacré à la guerre. À cela s’ajoutent les intérêts et le remboursement du capital des « fonds spéciaux » et des emprunts de guerre. Les paiements d’intérêts du gouvernement fédéral sont passés de 4 milliards d’euros (2021) à près de 62 milliards d’euros (2029). Le prétendu « programme d’infrastructures » sert également à la préparation de la guerre, en adaptant les ponts, les routes et les voies ferrées au passage des chars.
  • Halte aux coupes budgétaires dans les services sociaux et les finances publiques !
    L’éducation, la santé et la protection sociale sont drastiquement sacrifiées pour financer le budget de guerre. La pauvreté et le sans-abrisme sont tolérés. Les infrastructures se dégradent, les villes et les villages sont ruinés et bradés, avec des pertes record chaque année.
  • Halte aux attaques contre le secteur public !
    Les fonctionnaires subissent depuis longtemps des pertes de salaire réelles. Leur lutte pour obtenir des allégements et de meilleurs salaires est au cœur de notre combat commun contre la course aux armements et pour des services publics fonctionnels.
  • Halte à la désindustrialisation !
    Les suppressions d’emplois massives et les licenciements dans le secteur industriel peuvent être évités si la production est reconvertie vers des biens socialement nécessaires, avec la participation des syndicats. La lutte contre les pertes d’emplois et pour la reconversion fait partie intégrante de la lutte contre le réarmement et la guerre.

La lutte pour ces revendications se déroulera dans les rues et sur les lieux de travail. Du point de vue du DKP, ce conflit doit aboutir à une rupture avec le gouvernement actuel et à une politique de compromis, de paix et de coopération.

Les forces de la paix au pouvoir ! Pour la coopération avec la Russie et la Chine !

La politique de guerre du gouvernement allemand repose sur le mensonge de la menace, celui de la menace que représenteraient la Russie et la Chine. En réalité, c’est tout le contraire : l’impérialisme allemand, dans le sillage des États-Unis et au sein de son alliance militaire avec l’OTAN, menace la Russie et la Chine, moteurs d’un mouvement vers un ordre mondial multipolaire. L’impérialisme occidental mène une guerre militaire et économique contre son propre déclin.

Pour le bien-être de la population allemande, pour mettre fin à la militarisation et à la désindustrialisation, il faut faire le contraire. Un gouvernement de paix doit prôner la coopération avec la Russie et la Chine plutôt que la confrontation. Un gouvernement de paix, dirigé par la classe ouvrière et les autres travailleurs, serait antimilitariste, antifasciste et démocratique. Il doit reposer sur une alliance de toutes les forces démocratiques et pacifistes, sur des syndicats engagés dans la lutte des classes et sur un mouvement pacifiste cohérent.

Cela implique une rupture avec les alliances militaires impérialistes de l’UE et de l’OTAN. La mise en œuvre d’une telle politique exige une transformation profonde des rapports de force dans ce pays et une réduction de l’influence des bellicistes.

Une telle évolution pourrait nous offrir un répit. Ce répit serait absolument nécessaire pour résoudre les crises qui frappent l’humanité : la menace de guerre nucléaire ; le déclin économique et l’effondrement des services publics ; la pauvreté, le sans-abrisme, le manque de perspectives et l’abandon ; la faim et le sous-développement, et par conséquent le déplacement de millions de personnes ; la destruction des fondements naturels de la vie.

Le DKP exige :

  • Une politique de coexistence pacifique, c’est-à-dire de coopération et de relations amicales avec la Russie et la Chine !
  • L’Allemagne hors de l’OTAN et de l’UE – Les missiles de l’OTAN et des États-Unis hors d’Allemagne !

Dans la lutte pour une politique de coopération avec la Russie et la Chine et pour une coexistence pacifique, il est possible de prendre conscience que le remplacement du système économique capitaliste et l’exercice du pouvoir politique par la classe ouvrière sont indispensables à la résolution des problèmes fondamentaux de l’humanité. Cette conscience de classe est une condition préalable au succès de la lutte pour le socialisme – une société de paix, de prospérité et de démocratie.

Le Comité fédéral de consultation pour la paix publie un « Appel à l’action » : La paix exige du mouvement !

Cette année, le gouvernement allemand prévoit de déployer de nouveaux missiles américains à portée intermédiaire sur son territoire. Cela accroît considérablement le risque d’être la cible d’une attaque préventive. Cette décision a été prise sans aucun débat public ni parlementaire. 2026 sera donc l’année de la décision – un fait que Peter Brandt, Reiner Braun, Michael Müller et Willi van Ooyen nous rappellent. Ils ont publié un appel urgent à l’action. Parmi les soutiens figurent Patrik Köbele, président du Parti communiste allemand (DKP), et Andrea Hornung, présidente fédérale de la Jeunesse socialiste des travailleurs allemands (SDAJ). Nous publions cet appel dans son intégralité :

2026 – l’année de la décision : paix et solidarité ou réarmement et préparatifs de guerre

2026 est une année de décisions existentielles pour l’avenir de notre pays, des décisions qui nous concernent tous. En 2026, des missiles américains à portée intermédiaire seront stationnés en Allemagne, et uniquement en Allemagne. L’enjeu fondamental est le suivant : soit nous nous engageons pour une Allemagne pacifique, sociale et durable, soit nous sombrons dans une « préparation à la guerre » paralysante et autodestructrice.

En matière de paix, nous avons tous le droit de nous impliquer. C’est pourquoi nous appelons à une mobilisation publique massive contre le déploiement de nouveaux missiles à portée intermédiaire dans notre pays !

Nous disons non au déploiement de nouveaux missiles à portée intermédiaire dans le sud de l’Allemagne.

Ce sont des armes de première frappe. Elles font de l’Allemagne une cible de guerre prioritaire et déclenchent une nouvelle course aux armements. Les missiles hypersoniques « Dark Eagle », dont le développement est prévu, exacerbent les tensions et représentent un risque particulier pour l’Allemagne, la désignant comme cible d’une attaque préventive. De plus, les délais d’alerte très courts augmentent le risque de tirs accidentels.

Ce déploiement a été décidé sans aucun débat public ni parlementaire. Aucune négociation de désarmement n’est prévue.

Il est temps de décider ! Rejoignez plus de 90 000 citoyens et signez l’Appel de Berlin : contre les nouveaux missiles à portée intermédiaire et pour un monde pacifique. Soutenez la campagne « Une Europe capable de paix plutôt que de première frappe : pour une Europe sans missiles à portée intermédiaire ! » Participez aux manifestations contre les missiles à portée intermédiaire à Grafenwöhr et Wiesbaden. La paix exige des actions concrètes !

En disant « non » aux missiles à portée intermédiaire, nous nous rangeons du côté de la paix, du développement durable et de la solidarité. C’est la décision que nous devons prendre cette année. Rejoignez-nous.

Lancé par Peter Brandt (historien, initiative « Nouvelle politique de détente maintenant ! »), Reiner Braun (membre du conseil d’administration de NatWiss Responsabilité pour la paix et le développement durable, Bureau international de la paix), Michael Müller (ancien secrétaire d’État parlementaire, président des Amis de la nature Allemagne), Willi van Ooyen (Conseil fédéral pour la paix, Atelier Paix et avenir)

Les partisans de l’appel :

Yusuf As (Fédération des associations de travailleurs démocratiques DIDF, Conseil exécutif fédéral), Dietmar Bartsch (Député au Bundestag, « La Gauche »), Desiree Becker (Députée au Bundestag, « La Gauche »), Karl-Hans Bläsius (Professeur d’informatique), Lothar Binding (Ancien député au Bundestag, Président fédéral du groupe de travail 60plus du SPD), Britta Brandau (ver.di), Christoph Butterwegge (Chercheur sur la pauvreté, « La Gauche »), Klaus Causemann (Ancien député au Parlement régional, SPD, Groupe de travail sur la politique de paix Ostalb), Sevim Dagdelen (Communicatrice, Conseil exécutif fédéral de la BSW), Daniela Dahn (Écrivaine), Özlem Demirel (Députée européenne, « La Gauche »), Barbara Dieckmann (Ancienne maire de Bonn, Présidente de Welthungerhilfe, Ancienne vice-présidente du SPD), Wiebke Diehl (Journaliste, auteur), Holger Egger (président du district du DGB) Ulrike Eifler (secrétaire syndicale), Michael Erhardt (représentant d’IG Metall, Francfort-sur-le-Main), Axel Fersen (coordinateur du Cercle de paix Erhard Eppler), Stephan Gorol (responsable culturel, producteur), Andreas Grünwald (Forum de Hambourg), Reiner Hammelrath (ancien directeur de l’Association pour l’éducation des adultes de Rhénanie du Nord-Westphalie), Rita-Sybille Heinrich (Cercle Karl Liebknecht, Brandebourg), Lühr Henken (Comité fédéral du Conseil de la paix), Peter Hennicke (chercheur en environnement et énergie), Friedhelm Hilgers (vice-président fédéral du groupe de travail SPD 60plus), Andrea Hornung (Initiative contre la conscription, SDAJ), Margot Käßmann (théologienne), Jutta Kausch-Henken (actrice, Berlin Peace Coordination), Patrick Köbele (président du le Parti communiste allemand), Ralf Krämer (secrétaire syndical), Gesine Lötzsch (ancienne députée de La Gauche), Wolfgang Lieb (secrétaire d’État) Rainer Mausfeld (psychologue, conférencier, auteur), Pablo Miro (compositeur et auteur-compositeur argentin-allemand), Hans Misselwitz (ancien secrétaire d’État, négociateur des négociations 2+4), Jule Neigel (chanteur), Christof Ostheimer (Forum pour la paix de Neumünster), Jürgen Peters (ancien président de l’IG Metall), George Rashmawi (communauté palestinienne), Tommy Rödel (groupe de soutien contre les missiles à portée intermédiaire à Grafenwöhr, DFG-VK), Wiltrud Rösch-Metzler (Pax Christi), Georg Stein (édition Palmyra), Christa Schmaus (membre du conseil d’administration du Centre de paix et de rencontre de Mutlangen), Michael von der Schulenburg (député européen, BSW), Joachim Schuster (ancien député européen, SPD), Marina Spilner (ancienne vice-présidente du groupe parlementaire SPD à Düsseldorf), Heinz Stapf-Finé (professeur de politique sociale), Eva Stassek (ancienne représentante d’IG Metall à Braunschweig), Helga Schwitzer (ancienne membre du conseil d’administration d’IG Metall), Reinhard Schwitzer (ancien secrétaire syndical), Gerhard Strauch (Alliance de Wiesbaden contre le déploiement de missiles), Peter Wahl (publiciste, co-fondateur d’Attac), Sahra Wagenknecht (ancienne Député BSW), Dr. Theodor Ziegler (professeur en éducation religieuse)

Dans quelle mesure la situation actuelle est-elle susceptible de basculer dans le fascisme ?

Le nouveau numéro de Marxistische Blätter est paru en début de mois. Il traite principalement de la montée de l’extrême droite et de la menace fasciste. Nous reproduisons ici une version abrégée et légèrement remaniée de l’article de Joachim Hösler. Ce numéro est disponible aux éditions Neue Impulse Verlag.

Selon Reinhard Kühnl, on distingue jusqu’à présent trois phases dans l’histoire du fascisme : premièrement, l’émergence des mouvements fascistes après la Première Guerre mondiale ; deuxièmement, l’accession au pouvoir du fascisme (par exemple, en Italie à partir de 1922, en Allemagne à partir de 1933) ; et troisièmement, l’exportation du fascisme après 1945. Lors de cette troisième phase, les gouvernements bourgeois des principaux pays capitalistes tolèrent les mouvements fascistes et, afin de préserver leurs intérêts géostratégiques, installent le fascisme au pouvoir dans les pays périphériques du système capitaliste mondial. Aujourd’hui, la question se pose de savoir dans quelle mesure le fascisme risque de revenir au pouvoir, même dans les principaux pays capitalistes. Ce risque est né de la phase impérialiste du capitalisme et persistera tant que le capitalisme monopolistique existera.

Recherche sur le fascisme

Il existe une multitude de théories et d’approches explicatives. L’explication la plus influente est la doctrine du totalitarisme. Fondamentalement antidémocratique, elle est particulièrement problématique pour la gauche. En effet, elle affirme que les mouvements totalitaires de droite et de gauche, ce qu’on appelle l’extrémisme de droite et d’extrême gauche, sont essentiellement identiques. Les forces totalitaires auraient détruit la première démocratie allemande et menaceraient la démocratie actuelle. Cette approche a été scientifiquement discréditée dans les années 1980, mais réhabilitée après 1990 dans le contexte de la transformation contre-révolutionnaire. Par conséquent, les médias, les partis politiques et les universitaires bourgeois ne parlent que de « national-socialisme », auquel la bourgeoisie libérale serait censée s’opposer. Cette conception phénoménologique occulte les causes du fascisme et, par son anticommunisme virulent, discrédite même les antifascistes les plus convaincus.

Contrairement aux recherches bourgeoises sur le national-socialisme, les analyses marxistes s’intéressent aux causes systémiques et à la nature du fascisme. À la suite de Clara Zetkin et Georgi Dimitrov, l’Internationale communiste définissait le fascisme au pouvoir en 1935 comme « une dictature ouverte et terroriste des éléments les plus réactionnaires, chauvins et impérialistes du capital financier ». La crise économique et politique de la République de Weimar apparaît ici non comme la cause du fascisme, mais comme une bonne occasion pour certains groupes capitalistes de mettre fin à la démocratie honnie.

Selon la théorie de l’alliance de Kühnl, le fascisme résulte essentiellement d’une alliance entre un mouvement fasciste et le capital. Jamais les mouvements fascistes n’ont conquis le pouvoir politique de manière autonome. Ce pouvoir leur est transféré par les classes supérieures traditionnelles du monde des affaires, de l’appareil d’État et de l’armée, qui ont conclu que le vote majoritaire en faveur des partis capitalistes monopolistiques n’était plus garanti et qu’un mouvement fasciste se présentait comme un moyen de faire respecter les intérêts politiques du capital monopolistique. Reinhard Opitz réfute cette théorie de l’alliance en soulignant la « liberté de choix du capital monopolistique » de transférer le pouvoir à un parti fasciste de masse, ou, à défaut, de recourir à la dictature avec l’aide de l’armée. La recherche marxiste s’accorde à dire que le fascisme représente une forme de domination bourgeoise. C’est ce qui explique l’urgence actuelle du problème.

Opitz et Kühnl soulignent que le capital monopolistique s’intéresse généralement à la préservation de l’État de droit et n’est pas intrinsèquement enclin au fascisme. La démocratie libérale, selon Opitz, est glorifiée comme un « état de liberté et la seule réalisation concevable de la démocratie ». Ce n’est que lorsque toutes les possibilités d’intégration capitaliste ont échoué que le capital monopolistique se tourne vers le fascisme ; autrement dit, lorsque les partis bourgeois, qui gouvernent dans l’intérêt du capital monopolistique, perdent leur soutien populaire, ne remportent plus les élections et ne voient aucune option démocratique pour mettre en œuvre leurs programmes. « L’échec (…) de tous les instruments d’intégration capitaliste monopolistique (…) constitue une situation extrêmement propice au fascisme. »

Formation et fascisme

Opitz nous apprend à utiliser le concept de « formation » pour saisir les processus inhérents au capitalisme monopolistique, processus qui servent à maintenir la démocratie bourgeoise comme forme de gouvernement, bien qu’elle soit constamment gouvernée à l’encontre des intérêts de la majorité. La formation signifie intégration capitaliste et requiert « l’adaptation de l’État (…) à la volonté ou aux intérêts de la minorité dirigeante », ainsi que « l’inclusion socio-psychologique et politique des différentes couches sociales dans la volonté de l’État de gouverner ». Le chancelier Ludwig Erhard (CDU) a utilisé le terme « formation » dans les années 1960 pour caractériser son concept de solution à la crise économique de l’époque – qui paraît aujourd’hui bien modeste. Erhard s’appuyait sur une coopération coordonnée entre l’État, les entreprises et les syndicats pour parvenir à une « société formée » où n’existaient ni antagonisme de classe ni pluralisme. Opitz souligne que cela ne renvoie pas au fascisme. Le fascisme ne constitue qu’une menace si la société ne se soumet pas volontairement et subjectivement.

Les deux heures supplémentaires non rémunérées par semaine exigées par Erhard furent finalement évitées. Grâce au mouvement de 1968, la société gagna effectivement en pluralisme et en libéralisme, précisément ce qu’Erhard avait cherché à empêcher. Cependant, en 1965, le Bundestag adopta des lois d’urgence simplifiées sans modifier la Loi fondamentale. En mai 1968, malgré des manifestations massives, ces mesures d’urgence furent intégrées à la Loi fondamentale par les votes de la première Grande Coalition. Le 28 janvier 1972, une conférence des ministres-présidents des Länder, présidée par le chancelier social-démocrate Willy Brandt, adopta le décret dit « des radicaux », qui entraîna environ 3 000 interdictions d’exercer des professions, dont 95 % visaient des communistes. Le 11 septembre 1973, au Chili, l’armée, avec le soutien de la CIA, perpétra un coup d’État contre le gouvernement socialiste démocratiquement élu d’Allende ; une dictature militaire fasciste instaura le libéralisme économique conçu par Friedrich Hayek et ses « Chicago Boys ». Les années 1970 furent donc une décennie paradoxale de gauche. Elles s’achevèrent avec les gouvernements de Thatcher (1979), Reagan (1981) et Kohl (1982). David Harvey qualifie ces événements de « restauration du pouvoir de la classe bourgeoise ».

La formation de la société est toujours orientée à la fois vers l’intérieur et vers l’extérieur. Dans les années 1980, elle a délibérément exacerbé la crise de l’URSS et du monde socialiste, qui s’est effondré entre 1989 et 1991. La transition du capitalisme au socialisme s’en est trouvée ralentie. Immédiatement, sous l’impulsion du capital monopolistique nord-américain et ouest-européen, des accaparements territoriaux impérialistes, des politiques d’austérité et une remilitarisation ont été mis en œuvre. Malgré toutes les protestations, le plus grand démantèlement de la protection sociale de l’histoire de la République fédérale d’Allemagne et l’important élargissement de l’OTAN vers l’Est ont été simultanément mis en œuvre au début des années 2000.

La crise économique et financière de 2008-2009 se révèle être une nouvelle crise systémique du capitalisme monopolistique. La formation de la société bourgeoise se poursuit, ostensiblement néolibérale, mais en réalité « illibérale et antisociale », comme elle l’a été depuis Erhard, et se manifeste par une « domination impitoyable des détenteurs de capitaux ». Depuis février 2022, ces derniers et leurs représentants politiques abandonnent l’idéologie monétariste qu’ils défendaient depuis le début des années 1970 et cherchent leur salut, comme depuis le milieu des années 1930, dans un keynésianisme axé sur les armements, associé à l’austérité et à la répression.

Opitz souligne que la situation « extrêmement propice au fascisme » ne se manifeste pas uniquement lorsque le capitalisme est menacé. Le seuil à partir duquel la démocratie parlementaire est mise à l’épreuve par les premières factions du capital monopolistique se situe bien avant ce point. Il est atteint lorsque « le soutien majoritaire nécessaire à une guerre, au maintien d’une alliance militaire et économique particulière, ou à certaines réformes de la législation économique et fiscale ne peut plus être raisonnablement réuni ». Nous en sommes loin. Hormis le parti Die Linke, tous les partis représentés au Bundestag sont prêts à faire avancer le réarmement et le démantèlement de la protection sociale, y compris par des amendements à la Loi fondamentale. Les forces critiques, voire systémiques, sont muselées par des politiques d’austérité, la diffamation publique et une répression ciblée et sélective. Le parti Die Linke subit également des pressions pour s’intégrer au système capitaliste. Deux réseaux se sont formés en son sein afin de le préparer au gouvernement par le biais d’un « renouveau programmatique ». Nous savons, grâce à Johannes Agnoli, que le « non » parlementaire et l’abstention tactique ouvrent la voie au « oui » conforme au système si un groupe au Parlement n’est pas soutenu par un mouvement extraparlementaire progressiste.

Tant que la formation de la société parvient à créer des majorités dirigeantes et à intégrer ou paralyser les forces critiques du système, une situation propice au fascisme ne se présente pas. Le fascisme détruit les syndicats et les partis ; dans la société bourgeoise, ils se forment et s’intègrent. Avec l’AfD, un terreau fertile pour des processus de formation d’une intensité renouvelée se dessine – celui d’un conservatisme radicalisé (Natascha Strobl) qui puiserait dans le potentiel fasciste qui se développe depuis longtemps et accroîtrait considérablement la pression sur les forces non conformistes et critiques du système. Cette forme exacerbée de capitalisme autoritaire, elle aussi, restera inscrite dans le cadre de l’État de droit bourgeois. Pour Opitz, il est clair que la démocratie « ne sera pas renversée cette fois-ci », mais plutôt « manipulée de la manière la plus imperceptible possible pour la population, c’est-à-dire par une manipulation plus “moderne” ». Voilà ce à quoi nous sommes confrontés depuis la fondation de la République fédérale d’Allemagne, et plus particulièrement depuis la crise systémique de 2008. La République fédérale d’Allemagne, à l’instar de la République de Weimar, est « le fruit d’un effondrement imprévu » des politiques capitalistes monopolistiques. Cependant, cette seconde démocratie bourgeoise allemande a été conçue par des représentants du capital, de concert avec des représentants du parti nazi et de la SS, dès 1943, et mise en œuvre à partir de l’automne 1945 avec le soutien de l’administration Truman et d’anciens nazis, en tant qu’État de première ligne anticommuniste. Contrairement à la première démocratie allemande, attaquée dès ses débuts par la classe dirigeante, la République fédérale d’Allemagne est leur création. L’antifascisme n’est pas attaqué pour être aboli, mais plutôt, depuis sa création, il a été affiné et façonné afin de réduire les excès démocratiques antifascistes inévitables entre 1945 et 1949. Aujourd’hui, contrairement à 1933, le capital monopolistique ne se trouve confronté ni à un puissant mouvement socialiste national, ni à un État socialiste d’envergure en Europe de l’Est. L’Europe de l’Est est largement ouverte au capital allemand ; la guerre est déjà menée contre le capitalisme forteresse russe. La course aux armements bat son plein. Il est donc plus important que jamais de comprendre comment l’impérialisme et le militarisme exacerbent tous les problèmes de la crise historique actuelle. C’est pourquoi l’antifascisme aujourd’hui consiste à critiquer la formation de la société, à identifier la complicité des partis bourgeois dans ce processus et, avant tout, à lutter pour le désarmement et la paix afin d’établir les conditions préalables essentielles à un développement sociétal progressiste.

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