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Accueil articles 2-lutte des classes et renaissance communiste

Non à l’instrumentalisation anticommuniste de l’histoire par Pécresse et Cie

20 janvier 2026
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L’anticommunisme, le bras armé de la fascisation.
Non à l’embrigadement de la jeunesse

En Île-de-France, comme le révèle le Café pédagogique, l’histoire vacille sous les coups de boutoir de politiciens réactionnaires avides d’embrigader la jeunesse et de mettre au pas la science. En votant un amendement permettant de « nouer des partenariats » avec des institutions mémorielles consacrées aux crimes des régimes communistes, la majorité régionale présidée par Valérie Pécresse, appuyée par le Rassemblement national, ressuscite un vieux sophisme : celui du mythe des jumeaux totalitaires. Une fiction intellectuelle, dénoncée par Michel Parenti et analysée par Bruno Guigue pour initiative-communiste.fr , qui place sur le même plan nazisme et communisme, effaçant la singularité absolue du crime nazi et la dimension historique de la lutte antifasciste pleinement assumée par l’URSS depuis Teruel jusqu’à Stalingrad.

Que chacun comprenne bien. Il ne s’agit pas du tout pour (la très réactionnaire) Valérie Pécresse de transmettre, avec toute la rigueur scientifique requise, l’histoire des crimes d’État commis par tel ou tel pays. En effet, cette résolution ne vise pas à soutenir l’École de la République dans l’enseignement de l’histoire des crimes pourtant nombreux et massifs commis par les empires coloniaux. Ni à développer la connaissance de massacres longtemps passés sous silence, comme le génocide indonésien anticommuniste de Suharto, dictateur allié des États-Unis, encore moins à faire réfléchir notre jeunesse sur les effets destructeurs des guerres et coups d’État occidentaux commis pendant la guerre froide.

Il s’agit encore moins de contribuer à l’enseignement de l’histoire du génocide nazi et de la mécanique politique, sociale et économique qui a conduit Hitler au pouvoir, avec le plein soutien de la bourgeoisie européenne anticommuniste, alors même que la mémoire de ces événements s’affaiblit et que le contexte international est marqué par une dangereuse escalade des périls.

Non, il s’agit d’une instrumentalisation politique de l’Histoire visant à discréditer le communisme et à effacer la singularité du régime capitaliste nazi.

C’est scandaleux.

Le choix scandaleux de Horthy et de la Garde Fer plutôt que de l’Armée rouge qui les a vaincus.

Le choix de la Maison de la Terreur à Budapest ou du Mémorial de Sighet comme partenaires potentiels est tristement révélateur de cette entreprise réactionnaire et dangereuse. Le premier, vitrine du régime de Viktor Orbán, réécrit l’histoire en présentant la Hongrie comme victime de l’Allemagne nazie, oubliant volontairement son alliance avec le IIIᵉ Reich et sa participation à la Shoah. Le second, au nom de la mémoire anticommuniste, accorde encore une place d’honneur à des membres de la Garde de Fer roumaine, responsables du pogrom de Bucarest.

« dissoudre la spécificité du régime nazi et relativiser l’extermination des Juifs d’Europe » Nicolas Offenstadt

À travers ces coopérations, c’est une politique de la mémoire instrumentalisée qui s’installe, dans la droite ligne de ce que Nicolas Offenstadt dénonce : un risque de « dissoudre la spécificité du régime nazi et de relativiser l’extermination des Juifs d’Europe ».

Diaboliser les expériences socialistes … et nourrir la fascisation

Cette réécriture historique n’est pas isolée. Elle s’inscrit dans un climat plus large où l’Union européenne elle-même, dans sa volonté d’expansion à l’Est (Drang nach Osten est un slogan de sinistre mémoire), arme à milliards un régime qui exalte le nationalisme d’extrême droite et qui s’est fondé dans le massacre de syndicalistes brûlés vifs à Odessa. Le soutien au régime de Kiev, qui continue d’honorer Stepan Bandera, chef de file d’un mouvement collaborationniste et antisémite, prouve combien la confusion historique nourrit aujourd’hui une réhabilitation implicite de l’Europe brune. L’invocation du « double totalitarisme » sert d’écran pour légitimer, sous couvert d’européisme, une vision post-historique de la guerre froide où le fascisme serait une parenthèse, et le communisme une faute équivalente.

Relativiser la culpabilité de ceux qui avaient collaboré et à diaboliser les forces sociales qui les avaient vaincus

Les travaux d’Annie Lacroix-Riz éclairent cette dérive. Dans Aux origines de l’Union européenne et La non-épuration, elle montre comment, dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, les élites économiques et politiques compromises avec le Reich — tant dans l’entre-deux-guerres que sous l’Occupation — ont été réintégrées dans l’appareil d’État occidental, à commencer par l’Allemagne fédérale. Ces élites, souvent fascinées très tôt par le modèle autoritaire allemand et acquises au fascisme bien avant 1933, ont largement survécu à la défaite militaire du nazisme. Une « Europe » s’est ainsi bâtie sur la continuité des structures sociales et idéologiques d’avant-guerre, prédisposant nos sociétés à relativiser la culpabilité de ceux qui avaient collaboré et à diaboliser les forces sociales qui les avaient vaincus. Ce n’est pas un hasard si, aujourd’hui, certains veulent importer cette lecture falsifiée dans les lycées franciliens.

L’histoire appartient aux chercheurs, aux enseignants, aux citoyens — pas aux élus en quête de revanche symbolique. Le contenu des manuels scolaires ne doit pas être dicté par des majorités circonstancielles, mais fondé sur l’état de la science historique. La République s’honore quand elle protège l’autonomie du savoir, pas lorsqu’elle vote la mémoire comme un budget ou un amendement. Instruire, ce n’est pas choisir : c’est comprendre, et faire comprendre.

L’année 2026, à peine commencée, montre combien la fascisation s’empare d’un monde capitaliste globalisé dans lequel les contre-pouvoirs à cet élan réactionnaire et violent sont faibles et divisés comme jamais. Aussi, il appartient à chacun de prendre conscience combien il est important de défendre l’héritage des combattants de Stalingrad et des libérateurs d’Auschwitz-Birkenau contre ceux qui veulent effacer de nos mémoires la responsabilité du capitalisme, mode de développement économique basé sur l’exploitation de l’homme et de la nature, et dont les crises ont conduit à enfanter le fascisme et le nazisme.

La commission éducation du PRCF, qui tient fermement le fil rouge du combat antifasciste victorieux de Léon Landini, Henri Alleg, Pierre Pranchère, Hermine Pulvermacher, et de tant d’autres camarades héroïques, dénonce fermement l’entreprise ignominieuse de la bourgeoisie francilienne et engage chacun à la rejoindre dans son opposition. Elle apporte son soutien aux enseignants victimes de cette insupportable pression politique et rappelle le mot de Georges Politzer, fusillé par les nazis pour avoir commis ce qui n’est un crime qu’aux yeux des fascistes : être communiste, et avoir incarné un antifascisme et un antinazisme de combat, organisés sans relâche bien avant l’arrivée des hitlériens au pouvoir, et profondément enracinés dans le mouvement ouvrier et intellectuel français :

« L’esprit critique et l’indépendance d’esprit ne consistent pas à céder à la réaction mais à ne pas lui céder. »


Tags: Anticommunisme et fascismecommission éducationéducation
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