Gramna le journal du parti communiste cubain vient de publier quelques éléments d’une partie du discours de Raul Castro au 7e sommet des amériques. A lire. www.initiative-communiste.fr reviendra sur ce discours dans les jours prochain.

gramna raul castro 7e sommet amériquesLe président Raul Castro a affirmé ce samedi que Cuba est venue au 7e Sommet des Amériques pour accomplir le mandat de Marti avec la liberté conquise de nos propres mains.

 

Il a remercié la solidarité de tous les pays de l’Amérique latine et des Caraïbes qui a rendu possible le fait que Cuba participe sur un pied d’égalité à ce forum hémisphérique, et le président de la République du Panama pour son invitation et pour les minutes accordées, car « autant d’années d’absence » à ce rendez-vous justifiaient qu’ils s’étende un peu plus que les huit minutes établies pour parler à la session.

Il a déclaré que lorsque les 2 et 3 décembre 2011 fut créée la Communauté des États latino-américains et caribéens, à Caracas, une nouvelle étape de histoire de Notre Amérique a été inaugurée, qui a confirmé son droit bien mérité de vivre en paix et de se développer, comme le décideront librement ses peuples et un chemin de développement et d’intégration pour le futur a été tracé, basé sur la coopération, la solidarité et la volonté commune de préserver l’indépendance, la souveraineté et l’identité.

cuba n'est pas seuleEn 1800, il fut envisagé d’ajouter Cuba à l’Union du Nord en tant que limite de son empire immense. Au 19e siècle, surgirent la Doctrine de la Destinée manifeste, qui avait pour objectif de dominer les Amériques et le monde, et l’idée du Fruit mûr qui prévoyait l’attraction inévitable de Cuba vers l’Union nord-américaine, qui méprisait la naissance et le développement d’une pensée propre et émancipatrice.

Il a affirmé qu’ensuite, par le biais de guerres, de conquêtes et d’intervention, cette force expansionniste et hégémonique dépouilla Notre Amérique de territoires et s’étendit jusqu’au Rio Bravo.

Après l’échec de longues luttes, José Marti organisa la « guerre nécessaire » et créa le Parti révolutionnaire cubain pour conduire et fonder une République « avec tous et pour le bien de tous », qui se proposa d’atteindre « la dignité pleine de l’Homme ».

En définissant avec justesse et anticipation les traits de son époque, Marti se consacra au devoir « d’empêcher à temps, avec l’indépendance de Cuba, que les États-Unis ne s’étendent à travers les Antilles, et ne tombent, avec cette force supplémentaire, sur nos terres d’Amérique ».

Notre Amérique est pour José Marti celle du créole, de l’indien, celle du Noir et du mulâtre, l’Amérique métisse et travailleuse qui devait faire cause commune avec les opprimés et les dépouillés. Aujourd’hui, au-delà de la géographie, c’est un idéal qui commence à devenir une réalité, a-t-il dit.

drapeau cubaIl a ajouté qu’il y a 117 ans, le 11 avril 1898, les président des États-Unis de l’époque demanda au Congrès l’autorisation d’intervenir militairement dans la Guerre d’indépendance, que nous avions déjà gagnée au prix de fleuves de sang cubain, et celui-ci émit sa Résolution conjointe perfide, qui reconnaissait l’indépendance de l’Île « de fait et de droit ». Ils entrèrent comme alliés et s’emparèrent du pays comme des occupants.

Il fut imposé un appendice à la Constitution de Cuba, l’Amendement Platt, qui la dépouilla de sa souveraineté, autorisait le puissant voisin à intervenir dans les affaires internes et fut à l’origine de la Base navale de Guantanamo, qui encore aujourd’hui usurpe une partie de notre territoire. Durant cette période, l’invasion du capital nord-américain augmenta, il y eut deux interventions militaires et le soutien à de cruelles dictatures.

Le 1er Janvier 1959, 60 ans après l’entrée des soldats nord-américains à La Havane, la Révolution cubaine triomphait et l’Armée rebelle commandée par Fidel Castro Ruz arriva dans la capitale.

Le 6 avril 1960, à peine un an après le triomphe, le sous-secrétaire d’État Lester Mallory écrivit dans un mémorandum pervers, déclassifié des dizaines d’années plus tard, que « la majorité des Cubains appuient Castro… Il n’y a pas d’opposition politique effective. Le seul moyen prévisible pour le priver de soutien interne, c’est à travers le désenchantement et le découragement basés sur l’insatisfaction et les pénuries économiques […] affaiblir la vie économique […] et priver Cuba d’argent et d’approvisionnements, afin de réduire les salaires nominaux et réels, provoquer la faim, le désespoir et le renversement du gouvernement », a cité le président.

Il a déclaré ensuite que les Cubains ont supporté de grandes pénuries. 77% de la population cubaine est née sous la rigueur imposée par le blocus. « Mais nos convictions patriotiques ont prévalu. L’agression a augmenté la résistance et a accéléré le processus révolutionnaire. Nous sommes ici le front haut et la dignité intacte », a-t-il souligné.

Alors que nous avions proclamé le socialisme et que le peuple avait combattu à Playa Giron pour le défendre, le Président Kennedy fut assassiné, précisément au moment où le leader de la Révolution cubaine, Fidel Castro, recevait un message de celui-ci, qui souhaitait entamer le dialogue, a-t-il poursuivi.

Plus loin, le général d’armée a affirmé qu’il a dit et qu’il le lui répétait aujourd’hui au Président Barack Obama notre disposition au dialogue respectueux et à la coexistence civilisée entre les deux pays, malgré nos profondes différences.

Il a estimé que le président Obama est un homme honnête et, selon lui, sa forme d’être obéit à son origine humble. Mais normaliser les relations, c’est une chose et le blocus en est une autre.

Il a apprécié comme un pas positif sa récente déclaration selon laquelle il prendra rapidement une décision sur la présence de Cuba dans une liste de pays soutenant le terroriste, dans laquelle elle n’aurait jamais dû figurer, a ajouté Raul.

À ce jour, le blocus économique, commercial et financier est appliqué avec toute sa rigueur contre l’Île, provoque des dommages et des pénuries dont souffre le peuple et il est l’obstacle essentiel au développement de notre économie. Il constitue une violation du Droit international et sa dimension extraterritoriale affecte les intérêts de tous les États, a-t-il souligné.

Pour notre part, nous continuerons à travailler au processus de mise à jour du modèle économique cubain, avec pour objectif de perfectionner notre socialisme, avancer vers le développement et consolider les réussites d’une Révolution qui s’est proposée de « conquérir toute la justice », a dit Raul.

Il a réaffirmé que le Venezuela n’est ni ne peut être une menace à la sécurité nationale d’une superpuissance comme les États-Unis et a qualifié de positif le fait que président nord-américain l’ait reconnu.

« Cuba continuera de défendre les idées pour lesquelles notre peuple a assumé les plus grands sacrifices et les risques et a lutté, avec les pauvres, les malades sans soins médicaux, les chômeurs, les enfants abandonnés à leur sort ou obligés de travailler ou de se prostituer, les affamés, les discriminés, lesopprimés et les exploités qui constituent l’immense majorité de la population mondial », a-t-il souligné.

Il a fait également référence à la spéculation financière, aux privilèges de Bretton Woods et au système unilatéral de la convertibilité du dollar en or qui sont de plus en plus asphyxiants. « Nous avons besoin d’un système financier transparent et équitable. »

Il n’est pas possible d’accepter que moins d’une dizaine de gigantesques groupes de médias principalement nord-américaines, déterminent ce qui se lit, se voit ou s’écoute sur la planète, a-t-il dit.

La gouvernance d’Internet doit être internationale, démocratique et participative, spécialement dans la génération de contenus, a-t-il dit. Paraphrasant une fable d’Ésope, il a signalé qu’Internet sert pour le meilleur mais aussi pour le pire.

Il a également considéré comme inacceptable la militarisation du cyberespace et l’utilisation secrète et illégale de systèmes informatiques pour agresser d’autres États. « Nous ne permettrons pas que l’on nous éblouisse ni que l’on nous colonise une nouvelle fois », a-t-il dit.

Pour conclure, il déclaré que les relations hémisphériques doivent changer profondément, en particulier dans les domaines politiques, économiques et culturels afin que, basées sur le Droit international et dans l’exercice de l’autodétermination et de l’égalité souveraine, elles s’orientent vers le développement de liens mutuellement profitables et la coopération au service des intérêts de toutes nos nations et aux objectifs que nous nous fixerons.

Il a rappelé que l’approbation, en janvier 2014, au 2e Sommet de la CELAC, à La Havane, de la proclamation de l’Amérique latine et la Caraïbe comme Zone de paix, a constitué une contribution transcendante dans ce sens, marquée par l’unité latino-américaine et caribéenne dans sa diversité.

Le président cubain a affirmé que l’on doit respecter, comme le déclare la Proclamation de l’Amérique latine et la Caraïbe comme Zone de paix, « le droit inaliénable de tout État à choisir son système politique, économique, social et culturel, comme une condition essentielle pour garantir la coexistence pacifique entre les nations. »

Il a conclu en disant que grâce à Fidel et à l’héroïque peuple cubain, nous sommes venus à ce Sommet, pour accomplir le mandat de José Marti, avec la liberté conquise de nos propres mains, « fiers de Notre Amérique, pour la servir et l’honorer… avec la détermination et la capacité d’avoir contribué au fait qu’on l’estime pour ses mérites et qu’on la respecte pour ses sacrifices ».

 

le discours de R Castro – en espagnol

(Versiones Taquigráficas-Consejo de Esta­do)

Ya era hora de que yo hablara aquí a nombre de Cuba.

Me informaron al principio que podría ha­cer un discurso de ocho minutos; aunque hice un gran esfuerzo, junto con mi Canciller, de reducirlo a ocho minutos, y como me deben seis cumbres de las que nos excluyeron, 6 por 8, 48 (Risas y aplausos),  le pedí permiso al presidente Varela unos instantes antes de entrar a este magnífico salón, para que me cedieran unos minutos más, sobre todo después de tantos discursos interesantes que es­tamos escuchando, y no me refiero solo al del presidente Obama, sino también al del presidente ecuatoriano, Rafael Correa, a la presidenta Dilma Rousseff y otros.

Sin más preámbulos, comenzaré.

Excelentísimo Señor Juan Carlos Varela, Presidente de la República de Panamá;
Presidentas y Presidentes:

Primeras y Primeros Ministros;

Distinguidos invitados:

En primer lugar, expreso nuestra solidaridad con la presidenta Bachelet y el pueblo de Chile, por los desastres naturales que han es­tado padeciendo.

Agradezco la solidaridad de todos los países de la América Latina y el Caribe que hizo posible que Cuba participara en pie de igualdad en este foro hemisférico, y al Presidente de la República de Panamá por la invitación que tan amablemente nos cursara. Traigo un fraterno abrazo al pueblo panameño y a los de todas las naciones aquí representadas.

Cuando los días 2 y 3 de diciembre de 2011 se creó la Comunidad de Estados Lati­noame­ricanos y Caribeños (CELAC), en Caracas, se inauguró una nueva etapa en la historia de Nuestra América, que hizo patente su bien ganado derecho a vivir en paz y a desarrollarse como decidan libremente sus pueblos, y se trazó para el futuro un camino de desarrollo e integración, basada en la cooperación, la solidaridad y la voluntad común de preservar la independencia, soberanía e identidad.

El ideal de Simón Bolívar de crear una “gran Patria Americana” inspiró verdaderas epopeyas independentistas.

En 1800 se pensó en agregar a Cuba a la Unión del Norte como el límite sur del extenso imperio. En el siglo XIX, surgieron la Doc­trina del Destino Manifiesto con el propósito de do­minar las Américas y al mundo, y la idea de la Fruta Madura para la gravitación inevitable de Cuba hacia la Unión norteamericana, que desdeñaba el nacimiento y desarrollo de un pensamiento propio y emancipador.

Después, mediante guerras, conquistas e in­tervenciones, esta fuerza expansionista y he­gemónica despojó de territorios a Nuestra América y se extendió hasta el Río Bravo.

Luego de largas luchas que se frustraron, José Martí organizó la “guerra necesaria” de 1895 —la Gran Guerra, como fue llamada también, empezó en 1868— y creó el Partido Revolucionario Cubano para conducirla y fundar una República “con todos y para el bien de todos” que se propuso alcanzar “la dignidad plena del hombre”.

Al definir con certeza y anticipación los rasgos de su época, Martí se consagra al deber “de impedir a tiempo con la independencia de Cuba que se extiendan por las Antillas los Estados Unidos y caigan, con esa fuerza más, sobre nuestras tierras de América” —fueron sus palabras textuales.

Nuestra América es para él la del criollo, del indio, la del negro y del mulato, la América mestiza y trabajadora que tenía que hacer causa común con los oprimidos y saqueados. Ahora, más allá de la geografía, este es un ideal que comienza a hacerse realidad.

Hace 117 años, el 11 de abril de 1898, el en­tonces Presidente de los Estados Unidos solicitó al Congreso autorización para intervenir militarmente en la guerra de independencia que por cerca de 30 años libraba Cuba en esos momentos, ya ganada prácticamente al precio de ríos de sangre cubana, y este —el Congreso americano— emitió su engañosa Resolución Conjunta, que reconocía la independencia de la isla “de hecho y de derecho”. Entraron como aliados y se apoderaron del país como ocupantes.

Se impuso a Cuba un apéndice a su Cons­titución, la Enmienda Platt —conocida así por el nombre del senador que la propuso—, que la despojó de su soberanía, autorizaba al poderoso vecino a intervenir en los asuntos internos y dio origen a la Base Naval de Guantánamo, la cual todavía usurpa parte de nuestro territorio. En ese periodo se incrementó la invasión del capital norteño, posteriormente hubo dos intervenciones militares y el apoyo a crueles dictaduras.

Cuando los cubanos, al comienzo del siglo XX, hicieron su proyecto de Constitución y se la presentaron al gobernador, autonombrado por su país, un general norteamericano, este les contestó que ahí faltaba algo, y al preguntar los cubanos constituyentistas, les respondió: Esta enmienda que presenta el senador Platt, que da derecho a intervenir en Cuba cada vez que sea considerado por los Estados Unidos.
Hicieron uso de ese derecho; por supuesto, los cubanos lo rechazaron y la respuesta fue:  Muy bien, nos quedaremos aquí. Eso se man­tuvo hasta 1934.

Hubo dos intervenciones militares, además, y el apoyo a crueles dictaduras en ese periodo mencionado.

Predominó hacia América Latina la “política de las cañoneras” y luego del “Buen Ve­cino”. Sucesivas intervenciones derrocaron gobiernos democráticos e instalaron terribles dictaduras en 20 países, 12 de ellas de forma simultánea. ¿Quién de nosotros no recuerda esa etapa bastante reciente de dictaduras por todas partes, fundamentalmente en Suda­mérica, que asesinaron a cientos de miles de personas?  El Presidente Salvador Allende nos legó un ejemplo imperecedero.

Hace exactamente 13 años, se produjo el golpe de Estado contra el entrañable Pre­si­dente Hugo Chávez Frías que el pueblo derrotó. Después vino, casi inmediatamente, el cos­toso golpe petrolero.

El 1ro. de enero de 1959, 60 años después de la entrada de los soldados norteamericanos en La Habana, triunfó la Revolución Cubana, y el Ejército Rebelde, comandado por el Co­mandante Fidel Castro Ruz, llegó a la capital, el mismo día, exactamente 60 años después.  Esas son las  incomprensibles ironías de la historia. El pueblo cubano, a muy alto precio, iniciaba el pleno ejercicio de su soberanía. Fueron seis décadas de dominación absoluta.

El 6 de abril de 1960 —apenas un año después del triunfo—, el subsecretario de Estado Lester Mallory escribió en un perverso me­morando —y no encuentro otro calificativo que darle. Este memorando fue desclasificado decenas de años después—, cito algunos párrafos:  “(…)  la mayoría de los cubanos apoya a Castro… No hay una oposición política efectiva. El único medio previsible para restarle apoyo interno es a través del desencanto y el desaliento basados en la insatisfacción y las penurias económicas (…), debilitar la vida económica (…) y privar a Cuba de dinero y suministros con el fin de reducir los salarios nominales y reales, provocar hambre, desesperación y el derrocamiento del gobierno”. Fin de la cita. El 77 % de la población cubana nació bajo los rigores que impone el bloqueo, más terribles de lo que se imaginan, incluso, muchos cubanos, pero nuestras convicciones patrióticas prevalecieron, la agresión aumentó la resistencia y aceleró el proceso revolucionario. Eso sucede cuando se hostiga al proceso revolucionario natural de los pueblos. El hostigamiento trae más revolución, la historia lo demuestra y no solo en el caso de nuestro continente o de Cuba.

El bloqueo no empezó cuando lo firmó el presidente Kennedy en 1962, que después haré una breve referencia a él por una iniciativa positiva de ponerse en contacto con el Jefe de nuestra Revolución para comenzar lo que ahora estamos empezando el presidente Oba­­­ma y yo; casi simultáneamente llegó la noticia de su asesinato, cuando se recibía un mensaje suyo.

Es decir que la agresión aumentó.  Fue en el año 1961 la agresión a Playa Girón, una invasión mercenaria, apadrinada y organizada por Estados Unidos. Seis años de guerra contra grupos armados que en dos ocasiones abarcaron todo el país. No teníamos ni un radar, y aviación clandestina —no se sabe de dónde salió—, arrojando armamento en pa­racaídas. Miles de vidas nos costó ese proceso; el costo económico no hemos logrado llevarlo con exactitud. Fue en enero de 1965 cuando concluyó, y lo comenzaron a apoyar a fines de 1959, unos 10 u 11 meses después del triunfo de la Revolución, cuando no habíamos declarado todavía el socialismo, que se declaró en 1961, en el entierro de las víctimas de los bombardeos a los aeropuertos el día antes de la invasión. Al día siguiente nuestro pequeño ejército en aquel momento y todo nuestro pueblo fue a combatir esa agresión y cumplió la orden del Jefe de la Revolución de destruirla antes de las 72 horas.  Porque si llegan a consolidarse ahí en el lugar del desembarco, que estaba protegido por la más grande ciénaga del Caribe isleño, hubieran trasladado un gobierno ya constituido —con Pri­mer Ministro y el nombramiento de los de­más ministros—, que estaba en una base mi­litar norteamericana en la Florida.  Si llegan a consolidar la posición que ocuparon inicialmente, trasladar ese gobierno a Playa Girón era fácil. E inmediatamente la OEA, que ya nos había sancionado por proclamar ideas ajenas al continente, le hubiera dado su reconocimiento. El gobierno constituido en Cuba, basificado en un pedacito de tierra, hubiera pedido ayuda a la OEA y esa ayuda estaba sobre barcos de guerra norteamericanos a tres millas de la costa, que era el límite que entonces existía de las aguas territoriales, que como ustedes conocen ahora son 12.

Y la Revolución se siguió fortaleciendo, ra­dicalizándose. Lo otro era renunciar. ¿Qué hubiera pasado? ¿Qué hubiera pasado en Cuba? ¿Cuántos cientos de miles de cubanos hubieran muerto?, porque ya teníamos cientos de miles de armamentos ligeros; habíamos recibido los primeros tanques que no sabíamos ni manejar bien. La artillería, sabíamos tirar cañonazos, pero no conocíamos dónde iban a dar; lo que unos milicianos aprendían por la mañana, tenían que enseñárselos a los otros por la tarde.

Pero hubo mucho valor, había que ir por un solo itinerario, porque era una ciénaga por donde las tropas no se podían desplegar, ni transitar los tanques o vehículos pesados.  Tuvimos más bajas que los atacantes.  Por eso se cumplió la orden de Fidel:  liquidarlos antes de las 72 horas.

Y esa misma flota americana fue la que acompañó a esa expedición desde Cen­tro­amé­rica, y estaba ahí, desde la costa se veían, a solo tres millas algunos de sus barcos.

¿Cuánto costó a Guatemala la invasión fa­mosa en 1954?, que recuerdo bien porque estaba preso en el presidio de Isla de la Juventud —o de Pinos, llamada así entonces—, por el ataque al cuartel Moncada un año antes. ¿Cuántos cientos de miles de in­dios mayas, aborígenes y otros ciudadanos guatemaltecos perecieron en todo un largo proceso que durará años recuperar?  Ese fue el comienzo.

Cuando ya habíamos proclamado el socialismo y el pueblo había combatido en Playa Girón para defenderlo, el Presidente John F. Kennedy —al que ya hice referencia hace un instante— fue asesinado precisamente en el mismo momento, el mismo día en que el líder de la Revolución cubana Fidel Castro recibía un mensaje suyo —de John Kennedy— buscando iniciar el diálogo.

Después de la Alianza para el Progreso y de haber pagado varias veces la deuda externa sin evitar que esta se siga multiplicando, se nos impuso un neoliberalismo salvaje y globalizador, como expresión del imperialismo en esta época, que dejó una década perdida en la región.

“La propuesta entonces de una asociación hemisférica madura resultó el intento de imponernos el Área de Libre Comercio de las Américas (ALCA), asociado al surgimiento de estas Cumbres, que hubiera destruido la economía, la soberanía y el destino común de nuestras naciones, si no se le hubiera hecho naufragar en el 2005, en Mar del Plata, bajo el liderazgo de los Presidentes Chávez, Kirchner y Lula. Un año antes, Chávez y Fidel habían he­­cho nacer la Alternativa Bolivariana, hoy Alianza Bolivariana Para los Pueblos de Nues­tra América.

Excelencias:

Hemos expresado —y le reitero ahora— al Presidente Barack Obama, nuestra disposición al diálogo respetuoso y a la convivencia civilizada entre ambos Estados dentro de nuestras profundas diferencias.

Aprecio como un paso positivo su reciente declaración de que decidirá rápidamente so­bre la presencia de Cuba en una lista de países patrocinadores del terrorismo en la que nunca debió estar —impuesta bajo el gobierno del presidente Reagan.

¡País terrorista nosotros!  Sí, hemos hecho algunos actos de solidaridad con otros pueblos, que pueden considerarse terroristas, cuando estábamos acorralados, arrinconados y hostigados hasta el infinito, solo había una alternativa: rendirse o luchar.  Ustedes saben cuál fue la que escogimos con el apoyo de nuestro pueblo. ¡¿Quién puede pensar que vamos a obligar a todo un pueblo a hacer el sacrificio que ha hecho el pueblo cubano para subsistir, para ayudar a otras naciones?!  (Aplausos). Pero “la dictadura de los Castro los obligó”, igual que los obligó a votar por el socialismo con el 97,5% de la población.

Reitero que aprecio como un paso positivo la reciente declaración del presidente Obama de que decidirá rápidamente sobre la presencia de Cuba en una lista de países patrocinadores del terrorismo en la que nunca debió estar, les decía, porque cuando esto se nos impuso resulta que los terroristas éramos los que poníamos los muertos —no tengo en la mente el dato exacto—, solo por terrorismo dentro de Cuba, y en algunos casos de diplomáticos cubanos en otras partes del mundo que fueron asesinados.  Me aportan el dato ahora mis compañeros:  en esa etapa tuvimos 3 478 muertos y 2 099 discapacitados de por vida; más otros muchos que fueron heridos.

Los terroristas eran los que ponían los muertos. ¿De dónde venía el terror entonces?  ¿Quié­nes lo provocaban?  Algunos de los que incluso han estado por Panamá en estos días, como el agente de la CIA Rodríguez, que fue el que asesinó al Che y se llevó sus manos cortadas para probar por sus huellas digitales, no sé en qué lugar, que se trataba del cadáver del Che, que después recuperamos por la gestión de un gobierno amigo en Bolivia. Pero, bueno, desde entonces somos terroristas.

Realmente pido disculpas, incluso, al presidente Obama y a otros presentes en esta actividad por expresarme así. Yo a él mismo le dije que a mí la pasión se me sale por los poros cuando de la Revolución se trata. Le pido disculpas porque el presidente Obama no tiene ninguna responsabilidad con nada de esto.  ¿Cuántos presidentes hemos tenido? Diez antes que él, todos tienen deuda con nosotros, menos el presidente Obama.

Después de decir tantas cosas duras de un sistema, es justo que le pida disculpas, porque yo soy de los que pienso —y así se lo he manifestado a unos cuantos jefes de Estado y de Gobierno que veo aquí, en reuniones privadas  que he tenido con ellos en mi país al recibirlos— que, según mi opinión, el presidente Obama es un hombre honesto. Me he leído algo de su biografía en los dos libros que han aparecido, no completos, eso lo haré con más calma. Admiro su origen humilde, y pienso que su forma de ser obedece a ese origen humilde (Aplausos prolongados).

Estas palabras las medité mucho para decirlas, incluso las tuve escritas y las quité; las volví a poner y las volví a quitar, y, al final, las dije, y estoy satisfecho.

Hasta hoy, el bloqueo económico, comercial y financiero se aplica en toda su intensidad contra la isla, provoca daños y carencias al pueblo y es el obstáculo esencial al desarrollo de nuestra economía. Constituye una violación del Derecho Internacional y su alcance extraterritorial afecta los intereses de todos los Estados.

No es casual el voto casi unánime, menos el de Israel y el propio Estados Unidos, en la ONU durante tantos años seguidos.  Y mientras exista el bloqueo, que no es responsabilidad del Pre­sidente, y que por acuerdos y leyes posteriores se codificó con una ley en el Con­greso que el Presidente no puede modificar, hay que seguir luchando y apoyando al presidente Obama en sus intenciones de liquidar el bloqueo (Aplausos).

Una cuestión es establecer relaciones diplomáticas y otra cuestión es el bloqueo.  Por eso les pido a todos, y la vida nos obliga además, a seguir apoyando esa lucha contra el bloqueo.

Excelencias:

Hemos expresado públicamente al Pre­si­dente Obama, quien también nació bajo la política del bloqueo a Cuba,  nuestro reconocimiento por su valiente decisión de involucrarse en un debate con el Congreso de su país para ponerle fin.

Este y otros elementos deberán ser resueltos en el proceso hacia la futura normalización de las relaciones bilaterales.

Por nuestra parte, continuaremos enfrascados en el proceso de actualización del modelo económico cubano con el objetivo de perfeccionar nuestro socialismo, avanzar hacia el desarrollo y consolidar los logros de una Revolución que se ha propuesto “conquistar toda la justicia” para nuestro pueblo.  Lo que haremos está en un programa desde el año 2011, aprobado en el Congreso del Partido.  En el próximo Congreso, que es el año que viene, lo ampliaremos, revisaremos lo que hemos hecho y lo mucho que nos falta todavía para cumplir el reto.

Estimados colegas:

Debo advertirles que voy por la mitad, si quieren corto y si les interesa continúo.  Voy a acelerar un poco (Risas).

Venezuela no es ni puede ser una amenaza a la seguridad nacional de una superpotencia como Estados Unidos (Aplausos).  Es positivo que el Presidente norteamericano lo haya reconocido.

Debo reafirmar todo nuestro apoyo, de ma­nera resuelta y leal, a la hermana Re­pú­blica Bolivariana de Venezuela, al gobierno legítimo y a la unión cívico-militar que encabeza el Presidente Nicolás Maduro, al pueblo bolivariano y chavista que lucha por seguir su propio camino y enfrenta intentos de desestabilización y sanciones unilaterales que reclamamos sean levantadas, que la Or­den Eje­cutiva sea derogada, aunque es difícil por la ley, lo que sería apreciado por nuestra Co­munidad como una contribución al diálogo y al entendimiento hemisférico.

Nosotros conocemos.  Creo que puedo ser de los que estamos aquí reunidos uno de los pocos que mejor conoce el proceso de Ve­nezuela, no es porque estemos allí ni estemos influyendo allí y ellos nos cuenten todas las cosas a nosotros, lo sabemos porque están pasando por el mismo camino por el que pasamos nosotros y están sufriendo las mismas agresiones que sufrimos nosotros, o una parte de ellas.

Mantendremos nuestro aliento a los esfuerzos  de la República Argentina para recuperar las islas Malvinas, las Georgias del Sur y las Sandwich del Sur, y continuaremos respaldando su legítima lucha en defensa de la soberanía financiera.

Seguiremos apoyando las acciones de la República del Ecuador frente a las empresas transnacionales que provocan daños ecológicos a su territorio y pretenden imponerle condiciones abusivas.

Deseo reconocer la contribución de Brasil, y de la Presidenta Dilma Rousseff, al fortalecimiento de la integración regional y al desarrollo de políticas sociales que trajeron avances y beneficios a amplios sectores populares, las cuales, dentro de la ofensiva contra diversos gobiernos de izquierda de la región, se pretende revertir.
Será invariable nuestro apoyo al pueblo latinoamericano y caribeño de Puerto Rico en su empeño por alcanzar la autodeterminación e independencia, como ha dictaminado decenas de veces el Comité de Descolonización de las Naciones Unidas.

También continuaremos nuestra contribución al proceso de paz en Colombia hasta su feliz conclusión.

Debiéramos todos multiplicar la ayuda a Haití, no sólo mediante asistencia humanitaria, sino con recursos que le permitan su de-sarrollo, y apoyar que los países del Caribe reciban un trato justo y diferenciado en sus relaciones económicas, y reparaciones por los daños provocados por la esclavitud y el colonialismo.

Vivimos bajo la amenaza de enormes arsenales nucleares que debieran eliminarse y del cambio climático que nos deja sin tiempo.  Se incrementan las amenazas a la paz y proliferan los conflictos.

Como expresó entonces el Presidente Fidel Castro, “las causas fundamentales están en la pobreza y el subdesarrollo, y en la desigual distribución de las riquezas y los conocimientos que imperan en el mundo. No puede olvidarse que el subdesarrollo y la pobreza actuales son consecuencia de la conquista, la colonización, la esclavización y el saqueo de la mayor parte de la Tierra por las potencias coloniales, el surgimiento del imperialismo y las guerras sangrientas por nuevos repartos del mundo. La humanidad debe tomar conciencia de lo que hemos sido y de lo que no podemos seguir siendo. Hoy” —continuaba Fidel— “nuestra especie ha adquirido conocimientos, valores éticos y recursos científicos suficientes para marchar hacia una etapa histórica de verdadera justicia y humanismo. Nada de lo que existe hoy en el orden económico y político sirve a los intereses de la hu­manidad. No puede sostenerse. Hay que cam­­­­biarlo”, concluyó Fidel.

Cuba seguirá defendiendo las ideas por las que nuestro pueblo ha asumido los mayores sacrificios y riesgos y luchado, junto a los pobres, los enfermos sin atención médica, los desempleados, los niños y niñas abandonados a su suerte u obligados a trabajar o a prostituirse, los hambrientos, los discriminados, los oprimidos y los explotados que constituyen la inmensa mayoría de la población mundial.

La especulación financiera, los privilegios de Bretton Woods y la remoción unilateral de la convertibilidad en oro del dólar son cada vez más asfixiantes.  Requerimos un sistema financiero transparente y equitativo.

No puede aceptarse que menos de una decena de emporios, principalmente norteamericanos —cuatro o cinco de siete u ocho—, determinen lo que se lee, ve o escucha en el planeta.  Internet debe tener una gobernanza internacional, democrática y participativa, en especial en la generación de contenidos.  Es inaceptable la militarización del ciberespacio y el empleo encubierto e ilegal de sistemas informáticos para agredir a otros Estados.  No dejaremos que se nos deslumbre ni colonice otra vez. Sobre la Internet que es un invento fabuloso, de los mayores en los últimos años, bien pudiéramos decir, recordando el ejemplo de la lengua en la fábula de Esopo, que Internet sirve para lo mejor y es muy útil, pero a su vez, también sirve para lo peor.

Señor Presidente:

Las relaciones hemisféricas, en mi opinión, han de cambiar profundamente, en particular en los ámbitos político, económico y cultural; para que, basadas en el Derecho In­ternacional y en el ejercicio de la autodeterminación y la igualdad soberana, se centren en el desarrollo de vínculos mutuamente provechosos y en la cooperación para servir a los intereses de todas nuestras naciones y a los objetivos que se proclaman.

La aprobación, en enero del 2014, en la Segunda Cumbre de la CELAC, en La Ha­ba­na, de la Proclama de la América Latina y el Caribe como Zona de Paz, constituyó un trascendente aporte en ese propósito, marcado por la unidad latinoamericana y caribeña en su diversidad.

Lo demuestra el hecho de que avanzamos hacia procesos de integración genuinamente latinoamericanos y caribeños a través de la CELAC, UNASUR,  CARICOM, MERCOSUR, ALBA-TCP, el SICA y la Asociación de Estados del Caribe, que subrayan la creciente conciencia sobre la necesidad de unirnos para garantizar nuestro desarrollo.
Dicha Proclama nos compromete a que “las diferencias entre las naciones se resuelvan de forma pacífica, por la vía del diálogo y la negociación u otras formas de solución, y en plena consonancia con el Derecho In­ternacional”.

Vivir en paz, cooperando unos con otros para enfrentar los retos y solucionar los problemas que, en fin de cuentas, nos afectan y afectarán a todos, es hoy una necesidad im­periosa.

Debe respetarse, como reza la Proclama de la América Latina y el Caribe como Zona de Paz, firmada por todos los Jefes de Estado y de Gobierno de NUESTRA AMÉRICA, “el de­recho inalienable de todo Estado a elegir su sistema político, económico, social y cultural, como condición esencial para asegurar la convivencia pacífica entre las naciones”.

Con ella, nos comprometimos a cumplir nuestra “obligación de no intervenir directa o indirectamente, en los asuntos internos de cualquier otro Estado y observar los principios de soberanía nacional, igualdad de derechos y la libre determinación de los pueblos”, y a respetar “los principios y normas del Derecho Internacional (…) y los principios y propósitos de la Carta de las Naciones Unidas”.

Ese histórico documento insta “a todos los Es­tados miembros de la Comunidad Internacional a respetar plenamente esta declaración en sus relaciones con los Estados miembros de la CELAC”.

Tenemos ahora la oportunidad para que to­dos los que estamos aquí aprendamos, como también expresa la Proclama, a “practicar la tolerancia y convivir en paz como buenos vecinos”.

Existen discrepancias sustanciales, sí, pero también puntos en común en los que podemos cooperar para que sea posible vivir en este mundo lleno de amenazas a la paz y a la supervivencia humana.

¿Qué impide, a nivel hemisférico —como ya se refirieron algunos de los presidentes que me precedieron en el uso de la palabra—, cooperar para enfrentar el cambio climático?

¿Por qué no podemos los países de las dos Américas, la del Norte y la del Sur, luchar juntos contra el terrorismo, el narcotráfico o el crimen organizado, sin posiciones sesgadas políticamente?

¿Por qué no buscar, de conjunto, los recursos necesarios para dotar al hemisferio de escuelas, hospitales —aunque no sean lujosos, un hospitalito modesto, en aquellos lugares donde la gente muere porque no hay un médico—, proporcionar empleo, avanzar en la erradicación de la pobreza?

¿No se podría disminuir la inequidad en la distribución de la riqueza, reducir la mortalidad infantil, eliminar el hambre, erradicar las enfermedades prevenibles y acabar con el analfabetismo?

El pasado año, establecimos cooperación hemisférica en el enfrentamiento y prevención del ébola y los países de las dos Américas trabajamos mancomunadamente, lo que de­be servirnos de acicate para empeños mayores.

Cuba, país pequeño y desprovisto de recursos naturales, que se ha desenvuelto en un contexto sumamente hostil, ha podido alcanzar la plena participación de sus ciudadanos en la vida política y social de la nación; una cobertura de educación y salud universales, de forma gratuita; un sistema de seguridad social que garantiza que ningún cubano quede desamparado; significativos progresos hacia la igualdad de oportunidades y en el enfrentamiento a toda forma de discriminación; el pleno ejercicio de los derechos de la niñez y de la mujer; el acceso al deporte y la cultura; el derecho a la vida y a la seguridad ciudadana.

Pese a carencias y dificultades, seguimos la divisa de compartir lo que tenemos. En la actualidad 65 000 cooperantes cubanos laboran en 89 países, sobre todo en las esferas de  medicina y educación. Se han graduado en nuestra isla 68 000 profesionales y técnicos, de ellos, 30 000 de la salud, de 157 países.

Si con muy escasos recursos, Cuba ha podido, ¿qué no podría hacer el hemisferio con la voluntad política de aunar esfuerzos para con­­tribuir con los países más necesitados?
Gracias a Fidel y al heroico pueblo cubano, hemos venido a esta Cumbre, a cumplir el mandato de Martí con la libertad conquistada con nuestras propias manos, “orgullosos de nuestra América, para servirla y honrarla… con la determinación y la capacidad de contribuir a que se la estime por sus méritos, y se la respete por sus sacrificios”, como señaló Martí.

Señor Presidente:

Perdón, y a todos ustedes, por el tiempo ocupado.

Muchas gracias a todos (Aplausos).