Petite actualisation militante de la fable Le Coche et la Mouche, par Floréal

SUPPLEMENT « FLOREALIEN » A LA FABLE DE LA FONTAINE

 LE COCHE et la MOUCHE

Dans un chemin montant, sablonneux, malaisé,
Et de tous les côtés au soleil exposé,
            Six forts chevaux tiraient un Coche. (1)
Femmes, Moine, Vieillards, tout était descendu.
L’attelage suait, soufflait, était rendu.(2)
Une Mouche survient, et des Chevaux s’approche ;
Prétend les animer par son bourdonnement ;
Pique l’un, pique l’autre, et pense à tout moment
            Qu’elle fait aller la machine,
S’assied sur le timon, sur le nez du Cocher ;
            Aussitôt que le char chemine,
            Et qu’elle voit les gens marcher,
Elle s’en attribue uniquement la gloire ;
Va, vient, fait l’empressée ; il semble que ce soit
Un Sergent de bataille (3) allant en chaque endroit
Faire avancer ses gens, et hâter la victoire.
            La Mouche en ce commun besoin
Se plaint qu’elle agit seule, et qu’elle a tout le soin ; (4)
Qu’aucun n’aide aux Chevaux à se tirer d’affaire.
            Le Moine disait son Bréviaire ;
Il prenait bien son temps ! une femme chantait ;
C’était bien de chansons qu’alors il s’agissait !
Dame Mouche s’en va chanter à leurs oreilles,
            Et fait cent sottises pareilles.
Après bien du travail le Coche arrive au haut.
Respirons maintenant, dit la Mouche aussitôt :
J’ai tant fait que nos gens sont enfin dans la plaine.
Ca, Messieurs les Chevaux, payez-moi de ma peine.

Ainsi certaines gens, faisant les empressés,
            S’introduisent dans les affaires :
            Ils font partout les nécessaires,
Et, partout importuns, devraient être chassés.

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Supplément floréalien, juin 2015

Il est mouches en notre France

Qui passent en impertinence

Celles que décrit La Fontaine :

Elles n’ont point pris part à la peine

Se dérobant à tous travaux ;

Pourtant elles tancent les chevaux

D’un ton supérieur et fort sec :

« Mulets, confessez votre échec ! ».

Mais le coche a gravi la pente

Et les chevaux voudraient souffler

Mais la gent ailée bourdonnante

Ne prend son plaisir qu’à piquer !

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Les chevaux poursuivront leur route

Tirant ensemble aux trois sorties.

Les mouches sèmeront le doute

Cheval, prends-en ton parti !