Étudiants : la fin de la compensation et des rattrapages à l’Université ? #loiORE #Parcoursup #NonALaSelection

Le gouvernement envisage actuellement un projet d’arrêté qui permettrait aux établissements de l’enseignement supérieur de « personnaliser » le contenu, la durée et les règles d’évaluation de la .  Ce projet sera examiné par le Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche le 9 juillet prochain. Le syndicat la FAGE et les syndicats professionnels comme la CFDT sont satisfaits, tandis que l’UNEF et d’autres dénoncent la destruction de l’accès à l’ et du diplôme national. Si l’arrêté est pris, sa mise en place pourra s’étendre jusqu’à septembre 2019.

L’idée derrière l’acte administratif ? Permettre aux universités d’organiser les licences comme elles le souhaitent, tant que le plan est validé par le CFVU (Commission de la Formation et de la Vie Universitaire). C’est-à-dire que pour une même licence, les modalités seront différentes d’un établissement à un autre. Nous pouvons prendre l’exemple d’une licence de droit à Paris qui se déroulerait avec des examens en fin d’année (comme c’est le cas actuellement), et une même licence de droit mais à Toulouse qui se déroulerait en contrôle continu.

En effet, désormais les épreuves pourraient se dérouler en contrôle continu si les universités le souhaitent, ce qui, comme l’indique la présidente de l’UNEF, pourrait abolir le droit à l’erreur des étudiants qui n’ayant pas réussi un contrôle dans l’année pouvait au moins se rattraper avec l’examen final qui compte plus de points. D’ailleurs l’arrêté pourrait aussi permettre aux universités de ne plus appliquer le principe national de compensation des notes, ni semestrielles ni annuelles, ce qui signifie que l’étudiant n’aurait d’autres choix que de compter sur la deuxième chance : les rattrapages. Or, les universités pourront aussi s’en passer si elles le souhaitent…

Les 1500 heures obligatoires d’enseignement et d’encadrement pédagogique sont conservées mais avec une possibilité de réaliser des cours à distance…

Tout cela passe par un contrat de réussite pédagogique qui, selon les termes du gouvernement, devrait permettre une « personnalisation » du parcours en tenant compte de la « diversité » et de la « spécificité » des étudiants. Rien de bien nouveau. On fait passer de l’individualisme qui tend à transformer l’étudiant en un simple produit qui sait se vendre en un mouvement émancipateur pour l’être humain. La seule originalité que l’on doit bien reconnaître à ce gouvernement, c’est que cette fois certains de ses membres incultes essayent de nous vendre cette politique en citant Karl Marx… Revenons sur le mot « diversité ». Dans une note que nous avons déjà dénoncée, un conseiller LREM demandait  qu’on remplace les mots « concurrence » et « excellence », trop effrayants, par « ouverture »… et « diversité » ! Vous la voyez la novlangue de l’exécutif pour faire passer ses projets mortifères ?

En conclusion, cet arrêté accentue ce qui était déjà en germe dans la loi ORE : l’idée d’une université à la carte. En permettant aux universités de fixer comme elles le souhaitent les modalités d’une licence sans aucun principe à caractère national, nous aurons bientôt des licences plus réputées que d’autres dans telles universités et les diplômes n’auront pas la même valeur d’une école à une autre. Le gouvernement nous dit que la valeur nationale des diplômes est sauvegardée ? Il nous avait déjà dit que la loi ORE n’organiserait pas de à l’entrée de l’université. Être naïfs et croire béatement, au début, à la bonne volonté de LREM d’accord, continuer à croire un menteur pathologique après tous ses mensonges c’est être le dernier des idiots !

En fait, ce qui s’annonce c’est le remplacement de la licence par un bachelor. C’est ce qui était explicitement proposé par la note précitée. Il s’agit d’un cursus ressemblant à une licence à ceci près que la valeur du diplôme reçu n’est pas nationale, mais seulement locale en rapport à l’établissement qui le délivre. Ainsi si celui-ci a mauvaise réputation le diplôme en est dévalorisé. Pour faire plus simple : jusqu’ici sur un CV on marque seulement la qualité du diplôme obtenu, mais avec le bachelor il sera nécessaire d’inclure le nom de l’établissement. Quand les syndicats dénoncent la mise en concurrence des universités que cet arrêté va créer ils ont raison, et c’est le but ! Toujours dans la note que nous dénonçons, le conseiller LREM souhaite que cette concurrence accrue entre les universités les amène à copier totalement le fonctionnement des écoles de commerce, notamment pour ce qui est de la somme à payer pour étudier ! Cet acte réglementaire n’est qu’un pas de plus vers la destruction de l’enseignement public et une autre grossièreté de Jupiter 1er contre le peuple, mais qu’il soit sur ses gardes, car on a déjà vu des rois vaciller pour moins que ça.

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