Débat – Grève dans la chimie à Arkema, grève dans le commerce chez Auchan et autres enseignes de la grande distribution, grève des éboueurs dans la métropole marseillaise puis à Toulouse, grève des cheminots… les mobilisations sociales sont très nombreuses et dynamiques pour revendiquer des embauches et des augmentations de salaires.  Des mobilisations totalement invisibilisées par le traitement de la campagne présidentielle dans les médias des milliardaires et de leur pouvoir macroniste. Les mêmes qui censurent à 100% la campagne communiste pour l’alternative rouge tricolore autour de Fadi Kassem. C’est dans ce contexte que Jean-Pierre Combe interpelle sur le rôle des militants communistes durant ces mois de campagnes présidentielles 2022 pour rappeler combien le nom du candidat ne résume pas la question de la mobilisation politique. Une tribune assurément utile au débat.


Faut-il choisir aujourd’hui notre candidat pour les présidentielles de 2 022 ?

Par Jean-Pierre Combe

Nous avons constaté que nous n’atteignions pas le nombre requis des parrainages pour présenter un candidat aux élections présidentielles. Il ne me semble pas utile de nous éterniser sur la signification politique des règles auxquelles doivent se plier les candidats à ces élections.
Nous devons par contre remarquer le développement vigoureux des luttes revendicatives, tant en intensité qu’en qualité, dans toutes les régions de notre pays : elles expriment une conscience de plus en plus haute de la nature capitaliste des obstacles à la vie des travailleuses et des travailleurs ; elles constatent que la survie même des femmes et des hommes est mise en cause par le système capitaliste d’exploitation.
Dans ces circonstances, nous devons absolument nous abstenir de toute initiative susceptible d’opposer le moindre frein à la montée de ces luttes : au contraire, il me semble évident que la simple survie des travailleuses et des travailleurs requiert des communistes que nous sommes que nous accompagnions leur développement en mettant en évidence la nature capitaliste et impérialiste des obstacles qui s’opposent à elles : nous devons considérer cette requête comme notre priorité.
En effet, nous devons garder conscience de ce que les évènements que causent les luttes revendicatives légitimes sont étroitement liés à l’évolution de la conscience populaire engagée et exprimée dans ces luttes ; c’est vrai en tous temps, et encore bien davantage aujourd’hui : la leçon principale que nous devons retenir de Lénine, c’est l’importance de ne pas nous détacher de cette conscience : nous devons l’éclairer en avançant au même rythme que les travailleuses et les travailleurs, juste un pas en avant de leur position !…
C’est assez difficile lorsque comme aujourd’hui, le développement des luttes produit un intense brassage des consciences des travailleuses et des travailleurs !
Par conséquent, le problème essentiel qui se pose à nous est de participer aux débats politiques inhérents au mouvement populaire que nous observons, et pas seulement à ces débats, mais au mouvement populaire lui-même : Mao-Tsé-Toung nous conseillait déjà d’évoluer dans toute la complexité de notre peuple travailleur comme un poisson dans l’eau !…
Sachons aussi que ce sont les progrès de la conscience populaire qui décideront d’abord du niveau de la violence de la suite de l’événement qui se prépare, puis de son issue.
Il ne nous est donc pas possible de deviner, et encore moins de désigner qui dirigera le pays après cet événement : les mouvements véritablement populaires produisent les chefs dont ils ont besoin, et ceux-ci rentrent dans le rang lorsque leur rôle est achevé. Sauf évidemment s’ils ont exploité l’occasion que leur offrait leur notoriété momentanée pour tirer le profit en trahissant la cause populaire, ce qui est arrivé aussi, et que nous ne devons pas permettre.
Notre responsabilité est donc engagée de manière extrêmement complexe.
Dans cette situation, je pense que la question « qui va diriger le pays après le mouvement populaire qui l’ébranle aujourd’hui » n’est pas une question pertinente.