Quel parti révolutionnaire pour le 21e siècle ? les réponses du séminaire de Milan avec les communiste italiens, français, suisses, phillipins

Activités internationales du PRCF. Dans tous les pays, l’exploitation s’aiguise. A l’échelle internationale, l’impérialisme multiplie les guerres. Les peuples résistent. Le système capitaliste en crise profonde a atteint sa limite historique. Pour en sortir, c’est-à-dire pour passer au socialisme, deux conditions sont à réunir:

  • dans chaque pays, la (re)construction d’un véritable .
  • à l’international, une solidarité accrue entre les forces Léninistes.

Le PRCF organise dans ce but des échanges bilatéraux, des échanges internationaux en France et participe activement aux initiatives internationales du mouvement communiste international. Début février, un séminaire, organisé par le Frente Popolare s’est tenu à Milan sur le thème: Quelles caractéristiques pour le parti révolutionnaire dans l’ du 21ème siècle ? Comment le reconstruire? Sur quel programme ? Le Frente Popolare a réuni les représentants de 6 organisations Italiennes, ainsi que le , le  Front Démocratique National des Philippines

retrouvez en vidéo les interventions lors de de ce séminaire en cliquant ici

Point de vue communistes de la Suisse aux Philippines

Voici l’interview synthétique réalisée par Initiative Communiste à Milan :

 Les questions d’Initiative Communiste NDFP
(FND des Philippines)
Rete dei Communisti Parti Communiste Suisse
Quel
est le principal problème dans ton pays ?
La
lutte de libération nationale. Il ne peut y avoir de développement économique
sous domination étrangère.
La
décomposition de l’appareil productif, commencé vers 1980 (avant la France). Crise, précarité
et conditions de vie pèsent sur le rapport de force, intériorisé par beaucoup de
travailleurs.
Privatisations
et concurrence fiscale entre cantons
créent une disparité socio-économique au détriment du Sud
Y-a-t-il
des luttes ? Sur quels sujets? Avec quels résultats ?
Après
300 ans d’oppression, nous avons vaincu l’Espagne, relayée par l’impérialisme
US. Notre guerre populaire progresse et vaincra.
Les luttes sont nombreuses, mais peu,coordonnées. Les secteurs les + mobilisés sont
les transports de marchandises. Quand les syndicats font ce qu’il faut, les plus
combatifs sont les travailleurs immigrés.
Pour
sauver les usines et les transports ferroviaires. Pour exiger que les participations
publiques dans les entreprises pèsent pour des reconversions positives
Les
buts de ton organisation ?
L’actuel
pouvoir populaire est le germe du gouvernement révolutionnaire provisoire.
La transformation sociale. Lier l’expérience historique
aux conditions concrètes. Renforcer notre capacité théorique et notre organisation
dans les secteurs populaires.
Avancer
des propositions concrètes: défense de secteurs sacrifiés comme l’éducation et
la recherche, augmenter les salaires. Notre parti rajeunit et progresse dans sa
propagande.
Tes
commentaires pour le centenaire d’Octobre 17?
Nous
organiserons une initiative à Rome en
Juillet.
La 1ère
tentative pour concrétiser notre idéal. Pour avancer, étudions les
contradictions du socialisme.
Ton
message pour les Léninistes Français ?
Travailleurs
du monde entier et peuples opprimés, unissons nous.
Le
problème principal: la confrontation avec l’impérialisme.
Notre
priorité: renforcer l’internationalisme, notamment contre l’UE que défendent
des forces comme le PSP.

A noter que l’intervention du PRCF a été favorablement accueillie, renforçant l’engagement du PRCF à ne pas ménager ses efforts concernant ces enjeux internationaux, comme l’explique un responsable de la commission internationale du PRCF à Initiative Communiste.

En conclusion des travaux, le secrétaire de Frente Popolare, Alesio Arema souligne: le travail pour définir le cadre théorique et pratique de l’unification des communistes italiens reste énorme, mais un pas  encourageant a été fait.

LE PARTI COMMUNISTE DU XXIe SIÈCLE:ACTUALITÉ DU LÉNINISME.

Intervention du PRCF au Colloque organisé par le Fronte Populare le 4 février 2017 à Milan.

Chers camarades,

Permettez moi tout d’abord de remercier les camarades du Fronte Populare d’Italie pour leur invitation et de saluer fraternellement les camarades présents à notre réunion.

Aucune question n’est taboue. Et nombreux sont ceux qui pensent que la forme parti est obsolète.

Souvent les mêmes  pensent que le léninisme appartient au passé et que sa force propulsive est éteinte.

La défaite historique subie par le mouvement communiste international en 1990 avec l’effondrement de l’URSS et du bloc du «socialisme réellement existant» a certes accéléré de façon spectaculaire un processus de social-démocratisation de nombre  de partis communistes. Mais les prémices de cette déferlante opportuniste existaient depuis de longues années, l’eurocommunisme étant l’un de ses visages.

Dans cette perspective la question du parti est centrale. L’opportunisme s’est très vite débarrassé du parti dans sa conception léniniste. Il est vrai que le mode d’organisation et la conception même du parti léniniste implique une conception et une organisation de «type nouveau» par rapport à l’héritage de la IIe Internationale, à la tradition social-démocrate.

La victoire d’Octobre 1917 a bien entendu donné un prestige particulier au parti léniniste qui s’est imposé dans une partie importante et dynamique du mouvement ouvrier et socialiste avec la fondation de la IIIe Internationale, puis la bolchevisation des partis communistes.

Le développement du MCI, du mouvement de libération national, les défaites de l’impérialisme avec la cubaine ou la lutte victorieuse du peuple vietnamien montrèrent avec force que la synergie du combat de classe et du combat national permettait des victoires pour les peuples et montrèrent aussi l’efficacité de l’outil de lutte qu’est le parti léniniste.

Ces événements permirent de contenir l’opportunisme.

Cependant les difficultés que rencontraient les pays socialistes, qui ont des causes externes mais également internes, la division du MCI (Chine/URSS, Tchécoslovaquie en 1968…), les contradictions de classe dans les pays nouvellement indépendants, tout cela a créé un affaiblissement du courant marxiste-léniniste, du courant révolutionnaire et un renforcement du révisionnisme. Conjuguant des tactiques et des stratégies diverses mais allant toute vers la remise en cause du léninisme les forces opportunistes s’épanouissent totalement avec la fin de l’Union Soviétique. Des PC sont liquidés, comme en Italie, ou mutent en partis sociaux-démocrates, comme en France. D’autres résistent comme le PC Portugais ou le Parti Communiste de Grèce.

Les bourgeoisies, débarrassées de l’URSS, dont le PC était lui-même gangrené par des opportunistes liquidateurs, victorieuses de la «guerre froide», pensent le moment venu de lancer une très grande offensive contre le travail. La vague reagano-thacherienne, la mondialisation capitaliste balaye le monde capitaliste et le monde entier. La social-démocratie classique , qui prospérait du fait d’un rapport de forces équilibré entre le bloc socialiste et capitaliste, se transforme elle-même en social-libéralisme. Le socialisme s’effondre en 1990.

Le fascisme qu’on croyait enterré dans les ruines du Reichstag montre de nouveau son masque hideux en Europe.

Bien entendu la lutte des classes et les luttes sociales ne cessent pas malgré un cadre politique gravement détérioré et peu favorable à leur développement.

Et aujourd’hui sous les coups de la crise du capitalisme et des menaces de guerre généralisée que les impérialistes font courir à l’humanité, les travailleurs et les peuples cherchent en luttant des formes politiques leur permettant de faire aboutir leurs revendications.

En Asie, en Amérique Latine, en Europe et ailleurs des forces progressistes tentent de desserrer l’étau. Des pays tentent d’échapper à l’hégémonie du plus puissant des impérialismes, celui des États-Unis d’Amérique. Les BRICS se posent en forces émergentes et tentent de constituer des zones insoumises à l’impérialisme yankee.

Des pays comme le Venezuela s’engagent dans des processus révolutionnaires.

Dans les pays du sud de l’Europe des forces politiques et sociales tentent aussi d’organiser une alternative progressiste.

Toutes ces expériences, avec leurs contradictions et leurs limites mais aussi leurs dynamiques finissent par se heurter à la question de l’organisation des forces populaires et à poser la question du parti.

Les réponses des couches petites-bourgeoises tentent de trouver une réponse qui évite de poser les termes du choix en termes de classe et n’acceptent pas le rôle dirigeant de la classe ouvrière. Le mouvementisme, l’horizontalité, le spontanéisme, un certain apolitisme et un refus de l’organisation deviennent des thèmes à la mode, relayés par des médias complaisants.

Certes l’attitude des léninistes ne doit pas être de rejeter de façon sectaire ces mouvements mais de démontrer dans l’action l’efficacité de l’organisation communiste.

Et cela permet de toucher à un des axes de la renaissance, de la reconstruction de partis communistes. Les léninistes doivent, nous semble-t-il, comme l’ont fait les Bolcheviks, mener une politique d’alliance, une politique de Front. L’emblème du parti bolchevik, la faucille et le marteau, symbolise cette politique d’alliance.

La renaissance du Parti et la constitution du Front (nous, au PRCF, nous proposons un Front Antifasciste, Populaire, Patriotique et Écologique) ne sont pas deux objectifs séparés mais des objectifs qui se soutiennent l’un l’autre. Plus vite nous forgeons le Parti, plus vite nous réalisons le Front et inversement. Plus vite ces deux objectifs stratégiques se réaliseront, plus proche sera l’heure de nouvelles victoires pour le mouvement ouvrier et populaire.

Rien de ce qui a fait l’efficacité des partis léninistes n’est devenu obsolète. Le centralisme démocratique reste le mode d‘organisation adéquat pour faire vivre la démocratie dans le parti et en faire une arme performante au service ds travailleurs. Loin des auto-proclamations, mais en unissant sur des bases politiques cohérentes des mouvements à la recherche de solutions pérennes nous pourrons avec patience et ténacité parvenir à reconstruire des partis communistes. Construction d’un parti d’avant-garde, politique d’alliance des classes populaires, rôle dirigeant de la classe ouvrière, non pas proclamé mais acquis par l’intelligence de la situation, de ces contradictions et de la compréhension des dynamiques contenues dans ces contradictions, bref « l’analyse concrète de la situation concrète », c’est ainsi que Lénine et le parti bolchevik purent vaincre. C’est ainsi que nous pourrons faire renaître de grands partis communistes.

Nous ne partons pas de rien mais d’une longue expérience. Nos pays ont connu de grands partis qui ont joué un rôle éminent dans la vie de nos peuples. Le génie stratégique et tactique de Lénine, un penseur comme Gramsci, des chefs ouvriers comme Thorez ou Togliatti éclairent toujours le chemin.

Le parti nous allons le forger en célébrant le centenaire d’Octobre 17.

Il nous faut faire deux efforts. Le premier consiste à adopter une vision historique.Le second consiste à adopter une vision politique. Historiquement ce qui fut, ne peut plus être. Les conditions spécifiques, particulières d’Octobre ne se reproduiront pas.Nous ne prendrons pas le Palais d’hiver. Mais politiquement nous devons affirmer, en opposition totale avec Berlinguer, que la force propulsive d’Octobre est bien vivante et active. Acte de foi ? Certainement pas. Affirmation identitaire ? Encore moins. Si on ossifie Octobre, si on le momifie, si on le met dans un mausolée et qu’on s’agenouille trois fois par jour devant il est évident que la propulsion n’aura rien à y gagner. En revanche si l’on considère que méthode léniniste et l’outil léniniste sont les bonnes , alors oui nous pouvons sans crainte de nous tromper que la force propulsive d’Octobre est intacte. A savoir un parti qui grâce au centralisme démocratique allie liberté de discussion et de l’unité d’action. Un parti qui analyse fait l’analyse concrète de la situation, des contradictions et des rapports de forces. Qui est capable de déterminer  l’ennemi principal et donc sa politique d’alliance. Qui a une vision claire et dynamique de ce dont une situation est porteuse. Qui rejette les reniements opportunistes et les postures dogmatiques au profit d’une lucidité d’acier et d’une vison en perspective. Un parti qui saisit les dynamiques portées par une situation. Ces leçons-là d’Octobre, vivifiées par la démarche du VIIe Congrès de l’IC, vivifiées par la grandiose épopée des Résistances antifascistes et patriotiques, animées partout par les communistes guident notre conception du parti.

Gramsci avait bien vu la question face aux dogmatiques-opportunistes de la IIe Internationale en répliquant, à leurs jérémiades et leurs faux-semblants, que « Octobre était une révolution contre le Capital » : Lénine ne s’agenouillait pas chaque matin devant les icônes de Marx et Engels, récitant son mantra de citations, il les faisait vivre. Il en faisait une force propulsive par sa compréhension de la dialectique marxiste et une force matérielle en faisant en sorte que les masses s’emparent de façon créatrice de la stratégie définie par le parti.

Aujourd’hui Octobre est force propulsive à condition d’en tirer « la substantifique moëlle » en édifiant le parti et en élaborant une stratégie politique capable d’ouvrir une perspective concrète aux masses.
Une politique au contenu de classe exigeant qui rencontre l’expérience populaire : les « 4 sorties » de l’euro, de l’UE, de l’OTAN et du capitalisme, et la nécessaire renaissance du Parti communiste, qui impliquent tous deux l’unité d’action d’abord puis l’unité des communistes, et un Front Antifasciste Populaire, Patriotique et Écologique.

Mettons en œuvre la ligne léniniste avec audace et détermination. Camarades ! Soyons l’avenir d’Octobre, car Octobre a perdu une bataille, il n’a pas perdu la guerre. Pour la bonne et simple raison que la lutte des classes continue. Construisons le parti léniniste et nous vaincrons !